Emancipées

Don d’ovocytes : une alternative précieuse en cas d’infertilité féminine

don d'ovocytes

Les idées clés

  • Lorsqu’une infertilité trouve son origine, au moins en partie, au niveau des ovocytes, il est possible d’avoir recours au don d’ovocytes.
  • Les couples hétérosexuels, ainsi que les couples de femmes et les femmes seules, ont la possibilité d’accéder au don d’ovocytes. Par ailleurs, toute femme en bonne santé entre 18 et 37 ans peut donner ses ovocytes !
  • Le protocole est encadré, autant pour la donneuse que pour les receveurs. En France, le don d’ovocytes n’est pas rémunéré.

La fertilité d’une femme ou d’un couple peut être mise à mal par différents facteurs : des spermatozoïdes de mauvaise qualité, un déséquilibre hormonal, une anomalie anatomique… et parfois, l’origine vient (au moins en partie) des ovocytes.

Et si la qualité ou la quantité des ovocytes sont en cause, même si cela nécessite souvent un long cheminement avant d’envisager cette option, une solution existe : le don d’ovocytes. Dans ce cas, la grossesse est rendue possible grâce aux ovocytes d’une autre femme.

Dans ce qui suit, on va revenir ensemble sur les conditions et le déroulé du don d’ovocytes, qui pourront vous être utiles, que vous soyez en attente d’un don d’ovocytes, ou une potentielle candidate au don 🙂

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Peut on être enceinte et avoir ses règles ?

peut on être enceinte et avoir ses règles

Les idées clés

  • Les règles sont toujours la conséquence de l’ovulation : sans ovulation, il n’y a pas de règles ! Or, durant la grossesse, l’ovulation est bloquée par la présence de la progestérone, donc techniquement, on n’ovule pas et on n’a pas ses règles enceinte.
  • En début de grossesse, certaines femmes observent toutefois des petites pertes de sang, souvent liées à la nidation ou à une sensibilité plus grande du col de l’utérus. Il peut être naturel de confondre ces saignements avec les menstruations 🙂
  • En début de grossesse, les saignements sont généralement brefs (1-2 jours), bruns/rosés et peu abondants.
  • Dans une minorité de cas, des saignements abondants (rouges ou bruns) en début de grossesse peuvent être le signe d’une grossesse extra utérine ou d’un arrêt de grossesse, surtout s’ils s’accompagnent de douleurs. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à consulter un médecin en cas de doute !
  • Seul un test de grossesse permet de confirmer ou d’écarter une grossesse, car l’absence ou la présence de saignements ne peuvent pas apporter de réponse tranchée (puisque certaines femmes enceintes ont bel et bien des saignements).

S’il y a bien une interrogation qui nous a déjà toutes traversé l’esprit, c’est celle-ci : « Peut-on être enceinte et avoir ses règles ? » ! En effet, le début de grossesse et les règles sont deux mécanismes hormonaux et physiologiques bien particuliers que l’on ne connaît pas forcément très bien, et qui soulèvent un grand nombre de questions (légitimes !) comme celle-ci.

Spoiler : non, il n’est pas possible d’avoir ses règles pendant la grossesse, que ce soit au premier trimestre ou plus tard ! Néanmoins, on peut être enceinte et avoir des saignements vaginaux, qui ont une toute autre explication et sont très souvent sans risque pour le bébé. On vous explique tout ça ? 🙂

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Hormone LH : l’essentiel à connaître sur cette hormone clé de l’ovulation

hormone LH

Les idées clés

  • La LH, ou hormone lutéinisante, est une hormone clé de l’ovulation : son augmentation très rapide permet la rupture du follicule ovarien et la libération de l’ovule.
  • On peut procéder au dosage de la LH lorsque le cycle menstruel est irrégulier voire à l’arrêt, et/ou en cas d’infertilité.
  • La LH peut parfois être trop élevée (en cas d’insuffisance ovarienne ou de SOPK par exemple) ou trop basse (en cas de blocage au niveau cérébral, de prise de pilule ou de certains traitements médicaux, ou de grossesse !)
  • Dans ce cas, le médecin peut préconiser un traitement en fonction de la cause d’une LH « en dehors des clous », en complément d’ajustements d’hygiène de vie.
  • Les tests d’ovulation, qui se basent sur la détection de la LH, ne sont pas toujours fiables pour détecter l’ovulation (ou du moins difficiles à interpréter).

Quand on parle des hormones féminines, on pense essentiellement aux oestrogènes et à la progestérone, qui sont effectivement capitales pour notre équilibre hormonal, notre fertilité et notre santé globale.

Mais il y a une hormone dont on parle peu, alors qu’elle a elle aussi une mission très importante dans notre cycle menstruel : il s’agit de la LH (ou hormone luténéisante, et luteinizing hormone en anglais, d’où son acronyme), dont le pic (la sécrétion brutale) déclenche l’ovulation ! Sans elle, aucune libération de l’ovule n’est possible et il est très important qu’elle soit sécrétée de manière suffisante… sans être trop élevée non plus !

Dans cet article, on vous explique quelles sont les implications de la LH dans notre fertilité, et dans quels cas elle peut être trop haute ou trop basse. On va aussi revenir sur les fameux tests d’ovulation qui se basent sur la détection de la LH pour déterminer votre fenêtre de fertilité (spoiler, ils ne sont pas toujours très fiables !). Prêtes ? 🙂



Quel est le rôle de la LH au cours du cycle menstruel ?

La LH (ou hormone lutéinisante) fait partie des hormones cruciales de notre cycle menstruel, et donc, de notre fertilité. Elle fait partie des hormones gonadotrophines (c’est-à-dire les hormones qui régulent le fonctionnement des gonades – ovaires chez la femme et testicules chez l’homme – et qui sont produites par l’hypophyse, dans le cerveau), comme la FSH.

Elle est sécrétée à un moment bien précis : la phase ovulatoire, et environ 16 heures avant l’ovulation proprement dite.

Pour rappel, le cycle menstruel est scindé en 4 différentes phases :

phases cycle menstruel
  • Les règles, au cours desquelles l’endomètre se détache et est évacué grâce aux saignements.

  • La phase pré-ovulatoire (ou folliculaire), durant laquelle le cerveau (et plus précisément l’ hypophyse, une petite glande de notre cerveau) envoie de la FSH aux ovaires pour faire maturer les follicules ovariens. En se développant, les follicules sécrètent des oestrogènes.

  • La phase ovulatoire, durant laquelle l’un des follicules se développe plus rapidement que ses petits camarades (c’est le follicule de De Graaf) et sécrète beaucoup d’oestrogènes : passé un certain seuil, l’ hypophyse envoie donc la LH en quantité maximale (on parle de « pic de LH ») pour permettre l’ovulation, c’est-à-dire l’expulsion de l’ovule hors du follicule.

  • La phase post-ovulatoire, durant laquelle l’ovule est capté par le la trompe utérine voisine et s’y « installe », en vue d’une potentielle fécondation par un spermatozoïde. Sa durée de vie est de 12 heures environ : s’il n’est pas fécondé dans ce laps de temps, il se désagrège. Son follicule devient lui le corps jaune, qui sécrète de la progestérone. Sans grossesse, il finit par s’atrophier et les règles surviennent maximum 16 jours après l’ovulation.

pic de LH

La sécrétion de la LH a donc un timing très précis et est orchestrée par le dialogue permanent entre l’hypophyse et nos ovaires. C’est son pic qui permet la rupture de la membrane du follicule et donc l’expulsion de l’ovocyte (qu’on appellera ovule dès qu’il aura quitté l’ovaire !). Sans pic de LH, pas d’ovulation ! C’est aussi elle qui permet la transformation du follicule rompu en corps jaune (jaune = luteum en latin, c’est la raison pour laquelle on parle d’ hormone lutéinisante ;))

Autrement dit, c’est la LH qui est responsable de la sécrétion de progestérone, puisque c’est elle qui transforme le follicule en glande produisant cette hormone dès l’ovulation passée.


Comment doser son taux de LH ?

La LH étant une hormone très importante chez la femme (et chez l’homme aussi, d’ailleurs !), il peut arriver qu’on souhaite la doser, pour voir si son taux est suffisant ou non.

Le dosage est réalisé chez la femme en cas de souci de fertilité, d’aménorrhée (absence de règles – lien), de suspicion de SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ou de périménopause, par exemple.

L’ hormone lutéinisante est généralement dosée en début de cycle menstruel, entre le troisième et le cinquième jour des règles : elle est en effet à son niveau basal à ce moment-là et cela permet également de mesurer, en même temps, la FSH (une autre hormone hypophysaire permettant la maturation des follicules, on l’a vu), mais aussi les oestrogènes, ainsi que d’autres hormones si besoin (androgènes ou thyroïdiennes, par exemple).

Le dosage ne se fait pas forcément le matin à jeun et est réalisé, de préférence, sur ordonnance de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Néanmoins, vous pouvez aussi faire doser votre LH sans ordonnance et dans ce cas, vous devrez régler l’examen (qui coûte une vingtaine d’euros, par hormone testée, si vous choisissez de tester FSH, oestrogènes, etc. en même temps).


taux normal LH

Quel est le taux normal de LH ?

Le taux normal de LH varie selon les phases du cycle menstruel et la situation hormonale de la femme. Voici les valeurs de référence générales en UI/L (Unités Internationales par litre) :

  • Phase folliculaire : 2-12 UI/L

  • Phase ovulatoire : 10-75 UI/L (elle fait donc un pic brutal pour permettre l’ovulation)

  • Phase post-ovulatoire : 1-8 UI/L (la LH redescend car elle n’a plus de follicule à faire éclater – c’est littéralement le cas !)).

En général le taux de LH en début de cycle est le même que celui de FSH, on dit qu’il y a un rapport de 1 à 1, ou alors une FSH légèrement plus élevée que la LH.

Que signifie un taux élevé de LH ?

Voici les cas de figure dans lesquels on peut observer un taux de LH élevé (même s’il faut bien sûr prendre en compte la phase du cycle à laquelle a été réalisée l’analyse, et le comparer à celui des autres hormones du cycle) :

  • Ovulation imminente : un taux élevé peut indiquer que vous êtes sur le point d’ovuler !

  • Une insuffisance ovarienne : lorsque les ovaires sont un peu paresseux et que la maturation des follicules ovariens peine à se faire, le cerveau essaie généralement de les sur-stimuler en envoyant un maximum de FSH et, dans une moindre mesure, de LH. Lorsque l’ovulation ne se fait pas du tout, la femme n’a pas ses règles et on parle d’aménorrhée au niveau ovarien. Dans ce cas, la LH et la FSH sont élevées, mais les oestrogènes restent bas. Cela peut aussi arriver en périménopause.

  • Un SOPK : les femmes atteintes de ce syndrome présentent souvent un rapport LH/FSH déséquilibré, avec une LH plus élevée que la FSH, ce qui peut perturber l’ovulation. En effet, dans ce cas, la LH reste constamment haute, sans véritablement faire de « pic ». Attention néanmoins, on peut avoir un SOPK sans que la LH ne soit impactée, et certaines femmes avec un SOPK ont une LH normale.

  • Une tumeur bénigne de l’hypophyse (qui sécrète la LH)

  • Pour les femmes qui suivent un parcours PMA, il faut savoir que le Clomid peut provoquer une augmentation de la LH. En effet, ce traitement leurre le cerveau, en lui « cachant » les oestrogènes sécrétés par les ovaires : il pense donc qu’il n’y a pas assez d’oestrogènes et que les follicules ne maturent pas. Pour contrer cela, il augmente sa sécrétion de FSH et de LH.

    Idem pour l’Ovitrelle, qui contient de la beta HCG recombinante, qui ressemble beaucoup à la LH sur le plan moléculaire et qui est généralement utilisée pour déclencher l’ovulation.

Que signifie un taux bas de LH ?

A contrario, voici ce que peut indiquer une LH un peu basse :

  • Que la prise de sang n’a pas été faite au bon moment, ou en tout cas hors de la phase ovulatoire

  • Une absence d’ovulation (et une aménorrhée), en raison d’un blocage au niveau de l’ hypophyse. Cela peut se produire en cas de stress intense (physique ou émotionnel), de masse grasse trop faible, de problème de thyroïde, etc. Le cerveau dans ce cas, estime qu’une grossesse ne pourrait pas être menée à bien et bloque la sécrétion de LH et de FSH menant à l’ovulation.

  • Une grossesse éventuelle, si la FSH est également basse mais que les oestrogènes et la progestérone sont élevés. Cette dernière inhibe en effet la sécrétion de LH, empêchant qu’une ovulation ait lieu alors qu’on est déjà enceinte !

  • Cela peut aussi se produire en cas de prise de médicaments, comme certaines pilules combinées ou progestatives, les corticoïdes, les antagonistes et agonistes à la GnRH. La GnRH est l’hormone envoyée par l’hypothalamus, le chef de l’hypophyse, pour lui commander d’envoyer de la FSH et de la LH.


gynécologue

Que faire en cas de LH trop haute ou trop basse ?

La question qui se pose ensuite si les résultats du dosage de la LH révèle qu’elle sort des fourchettes des laboratoires est « que dois-je faire pour la booster ou la faire baisser ?!« .

Premièrement, on attire vraiment votre attention sur la nécessité de faire un test hormonal complet, incluant FSH, estradiol (oestrogènes) et d’autres paramètres, qui peuvent aider à interpréter votre taux de LH selon votre contexte. Si vous avez des doutes ou des symptômes associés (cycles irréguliers, absence d’ovulation, troubles menstruels, problèmes de fertilité), une consultation médicale est essentielle !

En effet, travailler sur sa LH ne s’improvise pas et il est essentiel de creuser avec votre médecin. Il pourra trouver la cause de votre LH trop basse ou trop élevée et vous proposer un traitement en fonction, hormonal ou non.

En revanche, on a vu ensemble que l’hygiène de vie (et notamment le stress, l’excès de sport et la masse graisseuse) peut jouer sur la LH : dans ce cas, vous pouvez également travailler sur votre sphère émotionnelle, votre pratique sportive et votre alimentation pour retrouver une ovulation de qualité et une LH dans les clous. Si vous souhaitez être accompagnée dans ce sens, le Fertility Club vous est ouvert ! 🙂


test d'ovulation hormone LH

Hormone LH et tests d’ovulation pour repérer l’ovulation et la période de fertilité

On ne peut pas parler de l’hormone lutéinisante sans évoquer les tests d’ovulation, qui sont très souvent utilisés dans le cadre des essais bébé, pour ne pas « louper le coche » ! En effet, la LH est l’hormone détectée par les tests d’ovulation : quand elle est haute, et donc qu’en théorie, on s’apprête à ovuler, le test d’ovulation est positif.

Le « hic », c’est que les tests d’ovulation ne sont pas toujours fiables, pour plein de raisons, parmi lesquelles :

  • Leur niveau de sensibilité peut être trop bas (ils vont donc « sur-réagir ») ou trop haut (ils ne vont pas réagir)

  • La présence d’un SOPK, avec une LH constamment élevée : vous allez donc obtenir des résultats faussement positifs, car la LH ne redescend pas totalement entre les cycles.

  • Vous pouvez aussi les faire au mauvais moment, si vous pensez ovuler autour du 14ème jour du cycle (comme on nous l’apprend dans tous les manuels). Or, chez la femme, l’ovulation peut se faire plus tôt, ou plus tard ! Si c’est votre cas, vos tests seront négatifs et vous pourrez penser que vous avez un souci d’ovulation, alors que pas du tout.

  • Enfin, on peut avoir un pic de LH sans ovulation : l’ovulation peut en effet être stoppée dans la dernière ligne droite, pour pleins de raisons. La présence de LH indique que l’on s’apprête à ovuler et non que l’ovulation a eu lieu ! Le pic de LH est nécessaire mais pas suffisant pour déclencher l’ovulation, notamment en cas de SOPK, d’insuffisance ovarienne ou de non réponse du follicule au pic de LH.

Il faut aussi noter qu’un test d’ovulation est négatif après le pic de LH, alors que vous êtes au max de votre fertilité ! En effet, l’ovulation peut survenir 18 heures après le pic de LH : ainsi, quand le test redevient négatif, l’ovulation peut être en cours ou sur le point de se produire. Ainsi, si vous avez un test positif + un test négatif, gardez en tête que vous restez fertile après le dernier test positif, le temps d’ovuler (environ 18 heures après le pic) et que l’ovule meure (environ 12 heures après l’ovulation).

Ainsi, vous pouvez avoir un test d’ovulation positif sans ovuler, et un test d’ovulation négatif alors que vous ovulez bien ! La Direction Générale des Fraudes a même publié une enquête révélant que 4 tests de grossesse et d’ovulation sur 10 sont défectueux.

signaux ovulation

On ne vous recommande donc pas de suivre votre ovulation au moyen de tests d’ovulation, et il est préférable de plutôt s’appuyer sur les signaux envoyés par le corps au moment de l’ovulation, selon les principes de la symptothermie :

  • La glaire cervicale (ce mucus sécrété par le col de l’utérus et qu’on appelle souvent « pertes blanches »), qui devient abondante, crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru à l’approche de l’ovulation, puis s’assèche et se tarit une fois qu’elle est passée

  • La température, qui augmente de 0,3 degré environ après l’ovulation.

En apprenant à observer ces deux signaux combinés, vous aurez une vision bien plus précise de votre ovulation 😉 On a rédigé tout un article sur les tests d’ovulation, n’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin !


questions fréquentes LH

Pour résumer – Questions fréquentes


Vous savez désormais quasiment tout sur la LH, notre hormone lutéinisante si importante pour l’ovulation, la fertilité et le cycle menstruel ! Son dosage est parfois préconisé lorsque les essais bébé s’éternisent ou que les règles jouent aux abonnées absentes, et heureusement, des solutions médicales ou plus « naturelles », axées sur l’hygiène de vie, existent.

On peut également essayer de la suivre de près grâce à des tests d’ovulation, pour avoir des rapports au bon moment 🙂 Du moins, on vous recommande plutôt de vous fier aux signaux envoyés par votre corps, comme la glaire cervicale, bien plus fiables.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez d’autres questions sur la LH, que nous n’aurions pas abordées ici ? N’hésitez pas à les poser en commentaire !

Contraception masculine : le point sur les méthodes existantes et celles à venir

contraception masculine

Les idées clés

  • Les méthodes de contraception masculine généralement proposées sont le préservatif masculin, le retrait et la stérilisation à visée contraceptive, aka la vasectomie.
  • Le préservatif masculin et le retrait ne sont pas des méthodes reconnues comme très efficaces, tandis que la vasectomie est une méthode contraceptive considérée comme définitive.
  • D’autres moyens de contraception sont à l’étude, qu’il s’agisse d’une pilule contraceptive masculine (sur le même modèle que la pilule contraceptive féminine) ou de traitements venant bloquer la production des spermatozoïdes. Les méthodes thermiques, comme le slip chauffant ou l’anneau thermique, sont également des pistes explorées.

Généralement, quand on parle de contraception, on s’adresse principalement aux femmes : en effet, ce sont les femmes qui sont en première ligne en cas de grossesse non désirée ! Donc, très souvent, dans un couple, la femme prend la pilule (ou un autre moyen de contraception) et l’homme reste un peu passif sur cette question. Pourtant, outre la charge mentale que cela peut engendrer (devoir penser à prendre son comprimé tous les jours, par exemple), les contraceptifs féminins ne sont pas dénués d’effets secondaires sur la santé hormonale et générale. On peut donc se retrouver un peu démunie lorsqu’on a envie d’arrêter sa contraception pour ne plus avoir à les subir, sans savoir quelles solutions s’offrent à notre partenaire pour qu’il puisse prendre le relais.

La bonne nouvelle, c’est que des méthodes de contraception masculine existent bel et bien, telles que le préservatif masculin, le retrait ou encore la vasectomie ! D’autres, comme la fameuse « pilule masculine », sont l’objet de recherches et d’essais cliniques, afin d’être proposées aux hommes qui ne veulent pas concevoir à l’avenir. D’autres méthodes naturelles, comme l’anneau thermique ou le slip chauffant, sont également prometteuses !

Dans cet article, nous allons décrypter chacune de ces méthodes de contraception masculine, afin que vous puissiez, comme pour la contraception féminine, avoir toutes les cartes en main pour faire vos choix en toute conscience 🙂



Spermatozoïdes et fertilité masculine

Avant de nous lancer dans l’explication des différents moyens de contraception mis à la disposition des hommes, faisons un tour du côté de leur physiologie et de leur fertilité 🙂

Une fertilité permanente

Il se trouve tout d’abord que les hommes sont fertiles 365 jours par an, à la différence des femmes qui, elles, ne peuvent concevoir que 5-6 jours par cycle menstruel : le jour de leur ovulation (qui correspond à l’expulsion de l’ovule, qui doit être fécondé dans les 12 heures qui suivent avant de mourir), et environ 5 jours avant l’ovulation, grâce à la glaire cervicale qui maintient les spermatozoïdes en vie dans le vagin.

fertilité masculine

Les hommes quant à eux, produisent des spermatozoïdes de leur puberté jusqu’à leur mort, de manière continue, au rythme de 1500 spermatozoïdes par seconde environ ! En effet, contrairement aux femmes qui naissent avec leur stock d’ovocytes (stock qui arrive à épuisement au moment de la ménopause), les hommes produisent des gamètes tout au long de leur vie (même si leur quantité et leur qualité baissent avec l’âge).

La spermatogénèse

Comment se déroule la fabrication des spermatozoïdes ? Comme chez la femme, tout démarre dans le cerveau, puisque l’hypophyse envoie de la LH et de la FSH aux testicules, pour les stimuler. En réponse, ils vont alors sécréter de la testostérone, responsable de la maturation des spermatozoïdes, qui se déroule en 4 phases :

  • Au premier stade, les gamètes mâles sont des spermatogonies : ce sont des cellules souches en dormance jusqu’à la puberté.

  • Ensuite, au deuxième stade, les gamètes deviennent des spermatocytes de premier ordre. Ils vont se diviser en deux cellules strictement identiques : l’un des spermatcytes va poursuivre le process de développement, quand l’autre sera gardé en stock.

  • Au troisième stade, les spermatocytes de premier ordre subissent une deuxième division cellulaire, pour devenir des spermatocytes de deuxième ordre. Chacun des spermatocytes de deuxième ordre contient la moitié du patrimoine génétique.

  • Une autre division cellulaire permet aux spermatocytes de type 2 de devenir des spermatides : on passe de 2 cellules à 4 cellules, de deux spermatocytes à 4 spermatides.

  • Enfin, au dernier stade, le spermatide devient spermatozoïde en acquérant une tête, un corps et un flagelle.

spermatogénèse

Tout ce processus, de l’éveil de la spermatogonie à la finalisation du spermatozoïde, prend environ 3 mois (74 jours environ, pour être plus précis).

Tout ceci se passe dans les tubes séminifères, à l’intérieur des testicules : plus la division cellulaire est avancée, plus les spermatozoïdes se rapprochent du centre du tube. Lorsqu’ils sont complètement formés, ils se détachent du tube et sont expulsés vers l’épididyme (un tube qui relie les testicules et le canal déférent) par des contractions du testicule, pour être stockés et finir leur maturation. Ainsi, une fois fabriqués, au bout de 60 jours, ils restent encore 14 jours dans l’épididyme pour les “peaufiner” et les rendre plus aptes que jamais à la fécondation !


Les méthodes de contraception masculine disponibles

Ces bases étant posées, voyons ensemble quels sont les moyens de contraception masculine disponibles ! Comme vous allez pouvoir le constater, le choix est plus restreint que chez les femmes, essentiellement parce qu’aucune contraception hormonale ne leur est proposée à ce jour.

préservatif masculin

Le préservatif masculin

On connaît tous le préservatif masculin, notamment parce qu’il s’agit de la seule méthode contraceptive à protéger des infections sexuellement transmissibles.

Concernant son taux de fiabilité pratique, il est de 85% : pourquoi parler de fiabilité « pratique » ? Il se trouve que pour évaluer l’efficacité d’un moyen de contraception, féminine ou masculine, on se base sur l’Indice de Pearl : cet indice, nous donne, sur 100 personnes utilisant un moyen de contraception donné, combien d’entre elles ont tout de même conçu un enfant au cours de l’année écoulée.

La subtilité, c’est que cet indice de Pearl a l’intelligence de distinguer :

  • L’efficacité théorique d’un moyen de contraception, quand il est utilisé dans des conditions absolument parfaites de laboratoire

  • Mais aussi son efficacité pratique, en prenant en compte la manière dont il est utilisé dans la « vraie vie », avec toutes les erreurs et tous les aléas possibles.

Ainsi, en pratique, sur 100 couples ayant utilisé un préservatif masculin dans l’année, 15 d’entre eux ont vécu une grossesse non prévue (ce qui est loin d’être négligeable). En effet, le préservatif peut glisser ou se craquer durant le rapport, par exemple, ce qui permet aux spermatozoïdes de se frayer un chemin jusqu’à l’ovule si la femme est dans sa période de fertilité !

retrait

Le retrait

Le retrait ou « coitus interruptus » est une méthode de contraception masculine assez répandue : elle consiste tout simplement pour l’homme à se retirer avant l’éjaculation, pour éviter que les spermatozoïdes ne puisse entrer en contact avec l’ovule, si ovule il y a.

Le problème, c’est que cette méthode n’a rien de réellement efficace : en effet, son taux d’efficacité pratique n’est que de 78% ! Pourquoi ? Les raisons sont multiples :

  • Il peut être délicat pour un homme de se retirer à temps.

  • Les spermatozoïdes n’ont pas besoin d’être déposés tout au fond du vagin pour aller féconder l’ovule : même s’ils sont seulement présents au niveau de la vulve, ils peuvent nager jusqu’au col de l’utérus. Ils sont littéralement faits pour ça (grâce à leur flagelle) et la glaire cervicale peut aussi les y aider si la femme est en période fertile.

  • Des spermatozoïdes peuvent aussi être présents dans le liquide pré-séminal, qui est le liquide d’excitation sexuelle sécrété par les hommes dès le début d’un rapport. Il y en a moins que dans le sperme, certes, mais il suffit d’un spermatozoïde pour féconder l’ovule !

La méthode du retrait est donc plutôt réservée aux couples qui ne sont pas contre une grossesse imprévue 🙂

vasectomie

La vasectomie

Bien qu’elle existe depuis les années 20 (mais elle est légale en France depuis 2001 seulement), la vasectomie est une méthode de contraception masculine dont on entend de plus en plus parler ! Il s’agit d’une stérilisation à visée contraceptive : cette intervention, assez rapide et très souvent réalisée sous anesthésie locale (plus rarement sous anesthésie générale), consiste à bloquer ou couper les canaux déférents, afin que les spermatozoïdes ne puissent pas rejoindre le pénis et être éjectés par l’urètre lors de l’éjaculation.

Il faut préciser que les spermatozoïdes sont bien toujours produits, mais on bloque leur passage dans le liquide séminal. Au bout d’un moment, les spermatozoïdes finissent par s’auto-détruire et ne s’accumulent pas dans les testicules.

De plus, l’homme continue bien à éjaculer, mais son sperme ne contient aucun spermatozoïde : un spermogramme est d’ailleurs réalisé trois mois après l’intervention (puisqu’il s’agit du délai pour fabriquer des spermatozoïdes complets, souvenez-vous) pour s’assurer que la vasectomie a bien fonctionné. Le volume d’éjaculat n’est pas impacté, car le sperme est surtout composé de liquide séminal et les spermatozoïdes n’en représentent qu’une petite partie (moins de 1%).

Cette méthode de contraception masculine est la plus fiable à ce jour, avec une efficacité théorique comme pratique de 99,8%. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’elle est considérée comme définitive : en effet, si en théorie, on peut rétablir les canaux déférents, en pratique, l’opération est délicate et ne se solde pas forcément par une réussite. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle en France, seuls les hommes majeurs y ont accès, après un délai de réflexion de 4 mois suivant la première visite chez l’urologue. Chez la femme, son équivalent est la ligature des trompes.

Si vous voulez en savoir davantage sur la vasectomie, n’hésitez pas à regarder ou écouter notre épisode de podcast La vasectomie en 10 idées reçues, réalisée avec l’ urologue et andrologue Valentine Frydman !


Les futures méthodes de contraception masculine ?

Bref, vous l’aurez compris, à part des méthodes moyennement efficaces ou définitives, il est compliqué pour les hommes de choisir une méthode de contraception aussi sûre que réversible… Toutefois, la recherche et les essais cliniques avancent pour pallier cet écueil !

pilule masculine

La pilule masculine

La pilule masculine est régulièrement évoquée, mais à ce jour, aucune n’est commercialisée. Pourtant, une pilule contenant des androgènes (hormones mâles) et parfois des progestatifs pour supprimer la production de spermatozoïdes a démontré son efficacité ! En effet, en réduisant la sécrétion des gonadotrophines (LH et FSH, qui sont les hormones envoyées par le cerveau aux testicules), essentielles à la spermatogenèse, ces traitements diminuent la production de spermatozoïdes à des niveaux infertiles.

Néanmoins, elles ne sont pour le moment pas proposées sur le marché, car les autorités scientifiques estiment qu’elles ont trop d’effets secondaires sur le désir et l’équilibre hormonal masculins (ce qui est assez curieux quand on voit tous les effets indésirables subis par les femmes qui prennent la pilule contraceptive, mais passons).

Des molécules venant bloquer la spermatogénèse

D’autres traitements contraceptifs masculins sont également à l’étude : ces derniers n’ont pas réellement une visée hormonale, mais permettraient plutôt de bloquer la spermatogénèse à la source.

Parmi ces traitements, on peut citer ceux visant une molécule bien particulière, la YCT529, qui est un antagoniste des récepteurs de l’acide rétinoïque, essentiel à la spermatogenèse. D’autres études se penchent sur les protéines BRDT et JAM-C, également indispensables à la fabrication des spermatozoïdes. Entre autres !

Les études se poursuivent pour vérifier leur absence d’effets secondaires et leur réversibilité.

Une vasectomie réversible sous forme de gel

Afin de résoudre le souci d’irréversibilité de la vasectomie, d’autres chercheurs ont mis au point un gel venant boucher les canaux déférents, le Vasalgel : il n’empêche pas l’éjaculation, car comme la vasectomie, il empêche simplement les spermatozoïdes de rejoindre le sperme.

Lorsque l’homme veut finalement concevoir, l’injection d’un solvant vient dissoudre le gel. Comme pour les méthodes précédemment citées, les essais cliniques sur l’homme sont encore à réaliser !

L’anneau thermique ou slip chauffant

Est-ce que vous savez pourquoi les testicules « pendouillent » ? Tout simplement parce que, comme nous l’expliquait Valentine Frydman dans un épisode de podcast dédié, pour pouvoir produire des spermatozoïdes, les testicules doivent être à une température légèrement inférieure à celle du corps (environ 2 à 3 degrés de moins).

C’est la raison pour laquelle certains spécialistes ont mis en place des slips « chauffants » permettant de remonter les testicules, afin de les rapprocher du corps et de les réchauffer pour entraver la spermatogénèse. Il faudrait les porter environ 15 heures par jour pour assurer l’effet contraceptif, en adoptant un moyen de contraception complémentaire durant les trois premiers mois. Un spermogramme est recommandé au bout de ce délai imparti ensuite pour être sûr que le slip fonctionne.

L’anneau thermique, comme l’Andro-switch, fonctionne sur le même principe : il est positionné à la base du pénis, en englobant le scrotum, de manière à remonter les testicules !

Le slip chauffant et l’anneau thermique sont des méthodes réversibles, puisque la fertilité revient généralement au bout de 3 mois après le port d’un de ces deux dispositifs 🙂

Là encore, les études (bien qu’encourageantes !) sont toujours en cours pour permettre leur mise sur le marché en France.

La symptothermie

On triche un peu avec cette dernière méthode, car elle n’est pas spécifiquement masculine, mais premièrement, la symptothermie est efficace (98,2% d’efficacité pratique) et deuxièmement, elle permet de faire reposer la charge contraceptive sur les deux membres du couple 🙂

Comme nous le disions au début de cet article, une femme n’est fertile que quelques jours par mois : or, cette fenêtre de fertilité est détectable, grâce à deux bio-marqueurs que sont la glaire cervicale et la température. Ainsi, lorsqu’un couple ne souhaite pas concevoir, il « suffit » de pratiquer l’ abstinence sexuelle sur ces jours fertiles, ou du moins d’éviter tout rapport pénétratif.

L’homme a donc toute sa part à jouer dans la réussite de la méthode symptothermique pour un couple, il est lui aussi acteur de cette méthode de contraception, car il doit lui aussi respecter cette période plus « slow-sex » pour éviter une grossesse non désirée. Certains couples partagent également l’accès à une application de symptothermie, pour que l’homme ait le même niveau d’information que sa partenaire concernant sa fertilité du jour 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Voici notre tour d’horizon des méthodes de contraception masculine qui peuvent être utilisées par nos +1, ou qui le seront un jour ! Parfois imparfaites, elles ont néanmoins le mérite d’exister, afin de soulager la charge contraceptive des femmes 🙂 Bien sûr, cela ne nous empêche pas, en tant que femme, d’utiliser une méthode de contraception de notre côté, mais au moins chaque membre du couple fait sa part 🙂

Quand pensez-vous ? Est-ce que dans votre couple, l’homme se pose la question de sa contraception ? Et si vous êtes vous-même un homme (on sait que vous êtes quelques-uns à nous lire !), est-ce que vous avez une méthode contraceptive, est-ce que vous vous sentez concerné par la question ? 🙂 Dites-nous tout en commentaire, on a hâte de vous lire !

Spotting ovulation : tout comprendre sur ce saignement en milieu de cycle

spotting ovulation

Les idées clés

  • Le spotting d’ovulation est un léger saignement qui se produit parfois quand on ovule, sous l’influence du shift hormonal entre oestrogènes et progestérone ou de la rupture du follicule lorsqu’il libère son ovocyte.
  • Il peut être systématique, ou intervenir de manière plus ponctuelle !
  • Il se distingue des règles, du saignement d’implantation, du saignement anovulatoire et des spottings prémenstruels.

    Vos règles ne sont censées arriver que dans une quinzaine de jours et vous constatez de légers saignements ? 

    Même si on vous accorde que ce n’est pas le top pour vos sous-vêtements, on vous rassure tout de suite : ce n’est probablement pas grave du tout, juste le signe que votre corps s’apprête à ovuler !

    En effet, alors que pour la plupart des femmes, l’ovulation se passe dans la plus grande discrétion (sauf pour celles qui savent observer leur glaire cervicale bien sûr !), il arrive qu’elles s’accompagnent de petites pertes de sang, aussi appelées spotting

    D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles là ? Signifient-elles vraiment que vous ovulez ? Quel est le lien entre ces saignements d’ovulation et une grossesse éventuelle ? Comment bien les distinguer des règles ? Quand faut-il s’inquiéter et consulter ? On vous explique tout !



    Saignement d’ovulation : de quoi s’agit-il ?

    Le spotting d’ovulation est une légère perte de sang qui intervient plus ou moins au moment où vous ovulez, c’est-à-dire lorsque l’un de vos ovaires libère un ovule. L’ovulation intervient généralement 11 à 16 jours avant vos prochaines règles (mais parfois avant, en cas d’insuffisance en progestérone, par exemple), sachant que l’ovule ne vit que 12 à 24 heures.

    Un tel saignement est donc souvent mélangé à la glaire cervicale (produite les jours qui précèdent l’ovulation et qui vous permet de la détecter), plutôt pâle, rosé ou rouge clair ou marron clair, et ne dure qu’1 à 2 jours.

    Il peut être systématique, à tous les cycles, ou intervenir de façon isolée sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Une étude a révélé que de telles pertes de sang lors de l’ovulation sont observées par 3% des femmes.


    Quand intervient le spotting d’ovulation ?

    Le saignement d’ovulation survient, comme son nom l’indique, au moment de l’ovulation !

    Vous le savez si vous avez l’habitude de nous lire, il n’est pas possible de prédire la date d’ovulation par un calcul, chaque femme et chaque cycle étant uniques. Toutefois, grâce à l’observation de sa glaire cervicale, on peut la voir venir de façon très fiable.  

    Si vous utilisez une méthode naturelle d’observation de votre cycle comme la symptothermie, vous pourrez ainsi vous rassurer en présence d’un tel saignement, si vous pouvez confirmer qu’il coïncide avec votre ovulation.

    Le spotting d’ovulation peut apparaître juste avant ou pendant l’ovulation.

    timing spotting ovulation


    cause

    Quelle est la cause du saignement d’ovulation ?

    L’ovulation est marquée par un changement hormonal brusque, les oestrogènes qui étaient hauts pendant la phase pré-ovulatoire chutant brusquement, remplacés par une hausse rapide de la progestérone, sécrétée par le corps jaune. 

    Le rôle des oestrogènes, dans la première partie du cycle, est de faire maturer l’ovule et d’épaissir l’endomètre (la muqueuse utérine) pour qu’un embryon puisse éventuellement s’y implanter s’il y a eu fécondation (on dit souvent qu’elle crée un nid). Elle chute lorsqu’elle a “fait son job”, c’est-à-dire lorsque l’ovule est libéré.

    La progestérone, hormone de la seconde moitié du cycle, est là pour maintenir ce nid et favoriser l’implantation, si nécessaire. S’il n’y a pas eu de fécondation, le corps s’en rend compte au bout de 11 à 16 jours environ et la progestérone chute à son tour, provoquant l’évacuation du nid : ce sont les règles. 

    Pas traumatisé pour autant, votre corps remet ça dès le cycle suivant, et les oestrogènes reconstruisent patiemment un nouvel endomètre bien accueillant : et ainsi de suite, jusqu’à la ménopause (avec des interruptions lorsqu’une grossesse arrive !). 

    Tout cela pour dire qu’au milieu du cycle, lorsque l’ovule est libéré, se produit un “shift” hormonal qui peut entraîner un saignement, une petite partie de la muqueuse utérine étant éliminée du fait de la poussée rapide puis de la baisse brutale des oestrogènes : on parle d’ailleurs de “saignement de poussée oestrogénique” (cela est bien expliqué dans cette étude). 

    Une autre raison pourrait être la tension exercée au moment de la rupture du follicule lorsque l’ovaire libère l’ovocyte, qui pourrait rompre des vaisseaux sanguins et provoquer un saignement. 

    En effet, le follicule, c’est-à-dire l’enveloppe qui abrite le futur ovule, grossit en première partie de cycle sous l’effet des oestrogènes. Lorsqu’il arrive à maturité et que les oestrogènes atteignent un seuil critique, cela déclenche un pic de LH (par le cerveau), qui fragilise la paroi du follicule, jusqu’à littéralement le faire éclater, pour permettre la libération de l’ovocyte dans la cavité péritonéale (où il sera capté par la trompe utérine). 

    Lors de cette rupture, les petits capillaires sanguins entourant le follicule peuvent se rompre, et libérer une petite quantité de sang (mais ça reste discret car le follicule n’est pas très vascularisé en réalité !).


    Comment différencier le spotting d’ovulation des autres saignements ?

    On vous a déjà parlé des différents types de saignements vaginaux qui pouvaient intervenir en dehors des règles, certains bénins et d’autres plus graves. 

    Plus précisément, il est parfois difficile de distinguer la perte de sang lors de l’ovulation de quatre principaux types de saignement.

    sang culotte règles

    Saignement d’ovulation vs menstruations

    Comment savoir que la perte de sang ne correspond pas à l’arrivée de vos règles ? En principe c’est assez simple, le spotting d’ovulation est : 

    • Moins abondant (il ne nécessite pas forcément une protection périodique)

    • Plus clair 

    • Plus court (1 ou 2 jours)

    • Plus tôt dans le cycle (environ 11 à 16 jours avant l’arrivée prévue de vos règles)

    spotting prémenstruel

    Spotting d’ovulation vs spottings prémenstruels

    La progestérone est l’hormone qui maintient l’endomètre en place : lorsqu’elle entame sa chute en fin de cycle menstruel et atteint un seuil minimum, la muqueuse utérine commence à se détacher, ce qui provoque de légères pertes de sang avant les règles. Généralement, le flux s’intensifie de plus en plus, pour laisser place aux règles.

    Ces spottings sont plutôt normaux lorsqu’ils interviennent 2-3 jours avant les règles ; en revanche, si vous avez des spottings prémenstruels plus tôt, cela peut également indiquer que la progestérone chute trop tôt avant les règles.

    saignement anovulatoire

    Saignement d’ovulation vs saignement anovulatoire

    Il faut savoir que les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie, qui n’a pas donné lieu à une fécondation. L’endomètre, bâti sous l’égide des oestrogènes et de la progestérone, se détache lorsque la progestérone chute en fin de cycle. Généralement, quand l’ovulation est bloquée, on n’a donc plus nos règles.

    Sauf que cette règle a bien sûr une exception ! En effet, des saignements peuvent, au contraire, vous indiquer que votre ovulation a été défectueuse (on parle de saignements anovulatoires, ou saignements intermenstruels) et donc une absence d’ovulation.

    Mais alors comment faire la différence entre ce saignement révélateur d’un échec d’ovulation et celui qui, au contraire, confirme que vous ovulez bien ? Cela est important, surtout si vous cherchez à tomber enceinte !

    Pour cela, il est préférable de suivre son cycle car le spotting d’ovulation intervient juste avant ou pendant l’ovulation (quand vous observez de la glaire cervicale de qualité et que votre température est encore basse), tandis que le saignement anovulatoire se produit alors que vous n’avez pas encore ovulé. Si, pour les règles, c’est la chute de la progestérone qui déclenche les saignements, c’est plutôt la chute des oestrogènes qui déclenche un saignement anovulatoire (ou saignement inter-menstruel).

    De plus, le saignement anovulatoire peut être tout aussi voire plus abondant que les règles, avec de gros caillots ; toutefois, il peut aussi être rosé et plus léger, si les oestrogènes ont été un peu faibles (et il pourra alors plus facilement être confondu avec le spotting d’ovulation). Côté timing, c’est assez aléatoire, en fonction du laps de temps que mettent les oestrogènes à jeter l’éponge.

    Si vous n’observez pas votre cycle, vous pouvez faire un test sanguin de votre taux de progestérone, idéalement le 21e jour du cycle, où il est censé être le plus élevé (sur la base d’un cycle de 28 jours – pour un cycle d’une autre durée, comptez 7 jours après votre date présumée d’ovulation). Un taux ≥ 3 ng/mL suggère qu’une ovulation s’est produite. Dans tous les cas, on vous conseille vivement d’en parler avec votre médecin !

    Petit point fertilité : si, pendant les règles, le risque de grossesse est minime (mais existe quand même), vous pouvez être tout à fait fertile pendant un saignement inter-menstruel, car l’ovulation peut se produire tout de suite après !

    À noter : si vous avez des saignements qui surviennent de manière aléatoire en termes de timing, pensez aussi à consulter, car ils peuvent aussi venir d’un fibrome ou d’un polype, par exemple.

    saignement de nidation

    Saignement d’ovulation ou saignement d’implantation

    Enfin, une perte de sang pendant la seconde partie du cycle peut être le signe d’un début de grossesse ! Cela concerne environ 1 grossesse sur 4. On parle alors de saignement d’implantation ou encore de saignement de nidation.

    Il se produit 6 à 12 jours après la conception et correspond au moment où l’oeuf vient se nicher dans la paroi de l’utérus, sachant qu’il était jusque là dans la trompe utérine. Il n’est pas du tout synonyme de complication dans la grossesse, au contraire, il signifie que l’embryon s’est bien installé !

    Il est, comme le spotting d’ovulation, plus clair que des règles, plus léger et plus court (moins d’1 jour à 2 jours max). Vous ne devriez donc pas le confondre avec des règles. En revanche, comment le distinguer du saignement pendant l’ovulation ?

    Le saignement d’implantation intervient quelques jours avant la date prévue de vos règles, donc bien plus tard que le saignement d’ovulation. Par définition, il est plus tardif dans le cycle, puisqu’il signifie qu’une fécondation a bien eu lieu lors de l’ovulation, et que plus d’1 semaine s’est écoulée depuis. Là encore, il est bien plus facile de les différencier si vous suivez vos cycles, on vous encourage donc à le faire !

    Sinon, la solution est bien sûr de faire un test de grossesse, pour en avoir le coeur net. 

    Tableau récap des différents saignements au cours du cycle menstruel


    signes de l'ovulation

    Quels sont les autres signes de l’ovulation ?

    Si un saignement peut révéler une ovulation, c’est loin d’être l’indice le plus fiable pour détecter que vous entrez dans votre fenêtre de fertilité ! Concentrez-vous plutôt sur :

    • L’aspect de votre glaire cervicale (surtout !)

    • Votre courbe de température

    • La position de votre col de l’utérus

    • D’autres symptômes d’ovulation éventuels comme une libido en flèche, des douleurs au niveau de l’aine, une vulve douce et gonflée, une tension dans la poitrine, des ballonnements, etc.

    Encore une fois, il est précieux de suivre son cycle menstruel pour savoir de quel type de saignement il s’agit, notamment pour s’y retrouver en termes de timing, pour savoir dans quelle phase de votre cycle vous vous trouvez. Pour ce faire, vous pouvez vous appuyer sur la symptothermie, considérée comme fiable à 98% selon le gouvernement français !


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    Spotting d’ovulation : quand consulter un médecin?

    Une perte de sang lors de l’ovulation est un signe parmi d’autres que votre corps est fertile, mais elle est loin d’être systématique. On vous invite plutôt à observer votre glaire cervicale si vous cherchez à identifier avec certitude votre période fertile. 

    Si le saignement observé ne remplit pas les caractéristiques d’un saignement d’ovulation, s’il est plus long, plus abondant ou qu’il s’accompagne d’autres symptômes (des douleurs, un sentiment de malaise, etc.) on vous invite à en parler avec votre médecin, pour vous assurer qu’il ne cache pas une infection ou un dysfonctionnement hormonal. 

    Pour rappel, on a rédigé un article qui fait le point sur tous les saignements en dehors des règles, lesquels sont normaux ou non, n’hésitez pas à le consulter !


    questions fréquentes spotting ovulation

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Pour conclure, retenez bien que le saignement d’ovulation n’est absolument pas le signe que vous avez un problème de fertilité ! C’est même plutôt bon signe, donc ne vous inquiétez pas 🙂

    Il peut parfois se confondre avec d’autres saignements vaginaux (spotting d’implantation, saignement prémenstruel, etc.), mais s’il s’accompagne d’une glaire de qualité + est suivi d’une montée de température, il est bien probable qu’il s’agisse d’un spotting d’ovulation !

    Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez déjà repéré ces petits saignements au moment de l’ovulation ? Dans tous les cas, n’hésitez pas à venir nous partager vos réflexions en commentaire !

    PS : je reçois beaucoup de commentaires chaque jour, dont certains sont des questions personnelles qui justifient un échange approfondi pour que je puisse apporter un éclairage.

    Aussi, plutôt que d’alourdir la lecture des commentaires pour les autres lectrices, il est possible que je ne valide pas votre commentaire ici mais que je revienne vers vous par email ! : )

    Je ne laisse donc désormais que les commentaires apportant un complément à l’article utile à tous.

    Mais sentez-vous libre d’un écrire un, j’y répondrai dans tous les cas, ici ou en privé ! (et pensez d’ailleurs à bien noter votre vrai email, il n’apparaitra nul part sur le site ne vous inquiétez pas, et à vérifier vos spams !)

    Les œstrogènes, hormones essentielles de la santé féminine

    œstrogènes

    Les idées clés

    • Les œstrogènes sont des hormones féminines, capitales pour notre fertilité et notre cycle menstruel.
    • Il existe 4 types d’œstrogènes naturels : l’estradiol (sécrété par les ovaires), l’estrone (produit par les glandes surrénales et le tissu adipeux), l’estriol et l’estétrol (uniquement présents pendant la grossesse).
    • Ils ont également des impacts positifs sur notre santé physique et mentale (système cardiovasculaire, ostéo-articulaire, peau, cheveux, humeur, etc.)
    • Les œstrogènes de synthèse, que l’on trouve dans les contraceptifs notamment, n’ont pas les mêmes effets bénéfiques.
    • L’excès ou la carence en oestrogènes se manifestent par certains symptômes caractéristiques, mais se décèlent aussi par prise de sang.

    Quand on s’intéresse un tant soit peu à notre cycle menstruel et notre fertilité, on entend forcément parler des oestrogènes. Ces hormones féminines sont en effet essentielles à l’ovulation et donc, à la conception ! Néanmoins, le rôle des œstrogènes ne s’arrête pas là et ils ont véritablement un impact sur tout notre organisme. Ainsi, un manque d’oestrogènes, tout comme un excès de ceux-ci, peut avoir des répercussions sur notre santé hormonale, physique et mentale.

    Pourquoi, comment ? Préparez-vous, on va tout vous dire sur les oestrogènes !



    définition oestrogènes

    Les œstrogènes, définition

    Les œstrogènes font partie des hormones féminines, essentielles au cycle menstruel et à la fertilité. Ce sont des hormones stéroïdiennes, car elles sont synthétisées à partir du cholestérol (et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas bannir les bons gras de votre alimentation !).

    Les œstrogènes sont fabriqués à partir des hormones dites « hormones mâles » ou androgènes, comme la testostérone ou l’androstènedione, qui sont converties en oestrogènes grâce à une enzyme bien particulière appelée l’aromatase.

    Trois types d’oestrogènes

    On parle des œstrogènes au sens large, mais en réalité, il faut distinguer 3 types d’oestrogènes bien distincts :

    • Estradiol (E2) : chez la femme, c’est celui qui est sécrété par les follicules en développement dans les ovaires au cours du cycle menstruel. C’est aussi le plus puissant, qui a le plus de retentissements sur le corps.

    • Estrone (E1) : il est sécrété par les glandes surrénales et le tissu adipeux et lorsque le cycle menstruel s’arrête à la ménopause, il s’agit de la principale (et seule) source d’oestrogènes. Sa puissance oestrogénique est modérée.

    • Estriol (E3) : il s’agit d’un type d’oestrogènes particulier, sécrété par le placenta au cours de la grossesse à partir des cellules stéroïdiennes foetales (du bébé). Sa puissance oestrogénique est faible, il sert surtout d’indicateur de la santé du placenta et du fœtus.

    On a aussi découvert un quatrième type d’oestrogènes, l’estétrol (E4), lui aussi synthétisé pendant la grossesse, par le foie du bébé. Les recherches sont à leurs débuts, mais il servirait au développement du foetus ! Plus puissant que l’estriol mais moins que l’estradiol (les oestrogènes sécrétés par nos follicules ovariens), les scientifiques travaillent sur son utilité dans les traitements hormonaux de la ménopause, car il présenterait moins d’effets secondaires de part son « action sélective sur certains récepteurs œstrogéniques ».

    L’évolution des oestrogènes au cours du cycle menstruel

    Les œstrogènes (ou plutôt l’estradiol, donc) sont les hormones prédominantes pendant la première moitié du cycle, du premier jour des règles à l’ovulation.

    Ils sont sécrétés par les follicules ovariens en développement, et plus ces derniers maturent, plus ils en sécrètent. D’ailleurs, le follicule dominant, appelé follicule de De Graaf et qui libérera son ovocyte lors de l’ovulation, en sécrète énormément. Lorsque le cerveau détecte un certain seuil d’oestrogènes, quand leur production est au maximum à l’approche de l’ovulation, il envoie l’hormone LH pour permettre cette dite ovulation.

    fluctuations oestrogènes cycle

    Les œstrogènes sont donc produits de manière exponentielle sur toute la première moitié du cycle menstruel, avant de diminuer ensuite pendant la phase post-ovulatoire (qui est plutôt la phase de la progestérone) même s’ils restent présents.

    En réalité, en phase post-ovulatoire, les oestrogènes sont bien moins importants que la progestérone ! Voici à quoi ressemble, en vrai, le ratio oestrogènes / progestérone après l’ovulation :

    hormones oestrogènes et progestérone


    Quel est le rôle des œstrogènes ?

    Pour la fertilité

    On l’a dit, les œstrogènes sont essentiels au cycle menstruel et à la fertilité féminine et voici pourquoi ! C’est une vraie hormone de croissance, qui agit à différents niveaux pour permettre l’implantation d’un embryon, à chaque cycle.

    rôle oestrogènes

    Tout d’abord, ils permettent l’épaississement de l’endomètre : l’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus et il est capital qu’il soit suffisamment épais, douillet et « accueillant » pour un futur embryon. En effet, l’embryon s’accroche à l’endomètre, puis reçoit tous les nutriments dont il a besoin pour se développer au cours de la grossesse. Les œstrogènes sont chargés de superviser la mise en place de couches de muqueuse, qui est au max de son épaisseur aux alentours de l’ovulation ; en phase post-ovulatoire, la progestérone vient peaufiner le travail en ajoutant des vaisseaux sanguins dans cette couche épaisse.

    Ensuite, les œstrogènes permettent la sécrétion d’une glaire cervicale propice à une fécondation : la glaire cervicale est un mucus sécrété par les cryptes du col de l’utérus, chargé de protéger et nourrir les spermatozoïdes, en plus de les escorter vers l’ovule pendant la période fertile. Au fur et à mesure que l’ovulation approche, la glaire devient plus translucide et lubrifiée, comme du blanc d’oeuf cru et ce, grâce aux oestrogènes ! En modifiant la composition de la glaire, les œstrogènes la rendent plus accueillante pour les spermatozoïdes, ce qui signifie qu’ils peuvent mieux s’y déplacer et y survivre. D’autres études ont même démontré que la glaire cervicale favorise la capacitation des spermatozoïdes, c’est-à-dire leur capacité à féconder l’ovule.

    Les œstrogènes ont aussi un impact sur la position du col de l’utérus : sous leur influence, il remonte, devient plus mou, plus doux et s’entrouvre un peu, en plus de s’aligner avec le vagin ! C’est un peu comme si le pont-levis était abaissé pour permettre aux spermatozoïdes de rentrer dans le château qu’est l’utérus 🙂

    De plus, les œstrogènes influencent l’expression des récepteurs de la progestérone dans l’endomètre, hormone essentielle du cycle menstruel et de la grossesse ! Ainsi, si la progestérone est essentielle au maintien d’une grossesse parce qu’elle stabilise et maintient l’endomètre, les oestrogènes lui préparent le terrain en amont 🙂

    D’ailleurs, chez la femme enceinte, les œstrogènes permettent aussi le bon développement du placenta, la croissance de l’utérus et sa vascularisation. Avec la progestérone, ils stimulent aussi les canaux galactophores en prévision de l’allaitement.

    Enfin, les œstrogènes ont également une influence sur la répartition des graisses et c’est pour ça que nous les femmes, avons des hanches et des fesses plus développées que les hommes ! Cette répartition des graisses ne doit rien au hasard, car elle nous permet d’augmenter nos chances de reproduction, notamment pour fournir de l’énergie pendant la grossesse et l’allaitement 😉 Ils développent aussi la glande mammaire !

    Pour la santé générale

    Hormis la fertilité, les œstrogènes sont essentiels pour notre santé globale ! On s’en aperçoit d’ailleurs à la ménopause, quand la production d’estradiol se tarit et qu’il ne reste que l’estrone, un oestrogène beaucoup moins puissant.

    Les oestrogènes sont essentiels à la santé cardiovasculaire : ils permettent la bonne dilatation des vaisseaux sanguins et une bonne circulation sanguine, ce qui réduit les risques d’hypertension artérielle. Ils améliorent aussi les contractions du coeur, qui est donc plus « efficace » pour envoyer le sang dans les artères. Les oestrogènes permettent aussi de faire baisser le mauvais cholestérol et donc de limiter les plaques d’athérome et réguleraient aussi la coagulation du sang, et réduisant ainsi le risque de caillots.

    Les oestrogènes participent aussi à une bonne santé ostéo-articulaire : en effet, ils inhibent les cellules responsables de la destruction du tissu osseux (les ostéoclastes) et soutiennent celles qui, au contraire, favorisent la construction osseuse (les ostéoblastes). C’est d’ailleurs pour cela que le risque d’ostéoporose augmente à la ménopause, puisque les oestrogènes ne sont quasiment plus là ! Ils ont aussi des propriétés anti-inflammatoires, stimulent la production de collagène et modulent l’activité des enzymes qui dégradent le cartilage. Néanmoins, selon une étude, ils ont aussi tendance à trop assouplir nos articulations pendant la phase ovulatoire par exemple, durant laquelle les femmes sont davantage exposées au risque de blessure.

    Par ailleurs, les œstrogènes sont impliqués dans notre bonne santé mentale : il se trouve qu’ils ont des effets positifs sur nos neurotransmetteurs, comme la dopamine (le neurotransmetteur de la bonne humeur et de la motivation) et la sérotonine (neurotransmetteur de l’apaisement), en améliorant à la fois leur sécrétion et notre sensibilité à leurs effets ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on est généralement de meilleure humeur, plus conciliante et pleine de projets à l’approche de l’ovulation 🙂 Les oestrogènes réduiraient aussi le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez la femme.

    Enfin, comme collagène, acide hyaluronique et œstrogènes sont liés, ces derniers permettent une bonne élasticité de notre peau. Ils sont aussi responsables de la beauté de nos cheveux à l’approche de l’ovulation, car ils diminuent la sécrétion de sébum 🙂 Ils permettent aussi de maintenir nos muqueuses bien hydratées, en activant les glandes responsables des sécrétions (comme la glaire cervicale) et en améliorant la circulation sanguine, ce qui favorise un apport constant en nutriments et en humidité.


    Quels sont les signes d’hypoœstrogénie ou d’hyperoestrogénie ?

    Maintenant qu’on a dit tout ça, vous avez compris à quel point il est crucial d’avoir suffisamment d’œstrogènes, mais il est surtout essentiel que leur quantité soit équilibrée, sous peine d’être en situation de déséquilibre hormonal. En effet, avoir trop d’oestrogènes n’est pas non plus souhaitable !

    manque oestrogènes

    Hypoestrogénie (manque d’oestrogènes)

    Voici les symptômes d’une carence en oestrogènes :

    • Règles rosées

    • Règles peu abondantes, courtes, voire absentes (aménorrhée)

    • Anovulation (absence d’ovulation)

    • Peau sèche, sécheresse vaginale, cheveux fins et en « mauvaise » forme

    • Douleurs articulaires, manque de densité osseuse

    • Troubles de l’humeur : anxiété, irritabilité

    • Baisse de la libido

    • Fatigue

    • Bouffées de chaleur

    D’où peut venir cette carence en œstrogènes ? Cela dépend de chaque femme et elle peut être multifactorielle, mais on peut citer : les carences alimentaires (notamment en protéines et en bons gras), l’insuffisance ovarienne précoce, la périménopause (notamment en deuxième partie, quand le cycle commence à vraiment ralentir) et tout ce qui peut bloquer l’ovulation et la sécrétion d’oestrogènes par les follicules, comme une prise de poids soudaine, l’anorexie mentale, l’excès de sport et des problèmes de la commande centrale (au niveau du cerveau) pour déclencher l’ovulation.

    excès oestrogènes

    Hyperoestrogénie

    Beaucoup de femmes souffrent aussi d’un excès d’ œstrogènes, dont voici les principaux symptômes :

    Entre autres ! L’hyperoestrogénie, notamment en deuxième partie de cycle, peut être réelle (la progestérone est OK, mais les oestrogènes sont trop hauts) ou relative (les oestrogènes sont tout à fait dans les normes, mais il y a une carence en progestérone).

    Cette prédominance des œstrogènes peut, là encore, être multifactorielle : elle peut venir d’une exposition aux perturbateurs endocriniens, à un certain surpoids (puisque le tissu adipeux stocke et sécrète des oestrogènes), ou encore à un souci de détoxification des oestrogènes.

    En effet, une fois que l’ovulation est passée, le corps doit éliminer les oestrogènes : pour ce faire, ils doivent passer par le foie pour être transformés en déchets hydrosolubles (éliminables par les urines). Le foie en profite pour les désactiver grâce à ce qu’on appelle un processus de conjugaison. Ensuite, plusieurs voies d’élimination des oestrogènes sont possibles : la voie 2-OH, qui est la plus protectrice, la voie 4-OH (qui est neutre) et 16-OH, la plus dangereuse. Lorsque les oestrogènes prennent cette troisième voie, ils sont dégradés sous forme de métabolites toujours actifs, assez agressifs et potentiellement cancérigènes.

    Ensuite, les oestrogènes doivent passer par les intestins pour être éliminés ! Or, notre microbiote abrite l’estrobolome, qui sont des bactéries capables de déconjuguer les œstrogènes grâce à une enzyme, la bêta-glucuronidase : cela leur permet de rejoindre la circulation sanguine sous leur forme active ! Ils peuvent ensuite se loger dans le tissu adipeux et continuer à avoir un impact sur l’équilibre hormonal féminin. Le système digestif est donc primordial pour une bonne régulation des oestrogènes.

    Voici donc quelques symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille, mais attention, ne faites pas d’auto-diagnostic : parlez-en à votre médecin (gynécologue, sage-femme ou endocrinologue) ! Il peut vous proposer de faire doser vos oestrogènes par prise de sang au troisième jour de votre cycle, mais aussi 7 jours après votre ovulation, pour évaluer le ratio œstrogènes / progestérone.


    oestrogènes au cours de la vie

    L’évolution des oestrogènes au cours de la vie d’une femme

    Les œstrogènes nous accompagnent tout au long de notre vie de femme : cependant, ils ne sont pas présents dans les mêmes proportions selon les périodes !

    Généralement, nous en sécrétons peu avant l’adolescence, car les follicules ovariens sont en dormance. Puis, au moment de la puberté, les follicules s’activent, mais l’ovulation peut avoir du mal à se faire : il n’est donc pas rare que les adolescentes souffrent d’hyperoestrogénie relative, car sans ovulation, pas de progestérone pour contrebalancer les œstrogènes ! Néanmoins, cette situation est normale et transitoire : les cycles mettent plusieurs années à se caler 🙂

    Ensuite, une fois que nos ovaires ont trouvé leur rythme de croisière, les œstrogènes (et plus précisément l’estradiol) fluctuent au fil des cycles, en étant prédominants en phase pré-ovulatoire (sauf si déséquilibre).

    Suit la périménopause, la phase de transition entre le cycle « normal » et son arrêt définitif. Durant cette période, les œstrogènes varient de deux manières distinctes :

    • En première partie, les femmes sont souvent en hyperoestrogénie relative, car l’ovulation est de moindre qualité et la progestérone devient insuffisante. Le cerveau peut aussi sur-stimuler les follicules pour permettre l’ovulation, ce qui conduit à une plus grande sécrétion d’œstrogènes.

    • En deuxième partie, les follicules sont de moins en moins stimulés et les oestrogènes sont en berne. Néanmoins, la FSH (l’hormone que l’hypophyse envoie aux ovaires pour les stimuler) est élevée, comme si le cerveau criait sur les ovaires pour se faire entendre.

    À la ménopause, les ovaires ne sécrètent plus d’estradiol et il ne reste que l’estrone, produit en moindre quantité et à la puissance oestrogénique bien moindre, ce qui explique tous les effets secondaires pas cools du tout que beaucoup de femmes ménopausées subissent (insomnies, bouffées de chaleur, problèmes cardio-vasculaires, ostéoporose, etc.).


    oestrogènes de synthèse

    Que penser des oestrogènes de synthèse ?

    Quand les œstrogènes viennent à manquer, on propose souvent aux femmes de prendre un médicament avec des oestrogènes de synthèse. Ces œstrogènes « chimiques » sont également présents dans la pilule contraceptive : si la progestérone synthétique bloque l’ovulation, les oestrogènes de synthèse, eux, permettent d’épaissir l’endomètre et donc d’avoir des saignements en fin de plaquette (les fameuses « hémorragies de privation »).

    Néanmoins, ces œstrogènes synthétiques (souvent de l’éthinylestradiol (EE)), n’ont pas du tout les mêmes effets positifs que les oestrogènes naturels sur notre fertilité et notre santé globale, car leur structure moléculaire est trop différente !

    Ils ne sont également pas dénués d’effets secondaires :

    • Risques cardiovasculaires majorés (alors que les « vrais » œstrogènes sont protecteurs !), ce qui explique qu’ils soient contre-indiqués aux femmes ayant des problématiques cardiaques et/ou circulatoires, aux fumeuses, etc.

    • Troubles de l’humeur

    • Acné

    • Maux de tête

    • Modification de la libido

    • Tensions mammaires

    • Prise de poids

    • Entre autres !

    C’est la raison pour laquelle certaines pilules plus récentes contiennent plutôt de l’estradiol bio-identique ou de l’estétrol, notamment dans les traitements hormonaux de la ménopause « à la française ».


    questions fréquentes

    Questions fréquentes


    Nous avons terminé notre plongée passionnante au coeur des œstrogènes ! Ces hormones, absolument clés pour notre fertilité ont également des effets parfois insoupçonnés sur notre corps tout entier, et même sur notre cerveau. Et on en découvrira sans doute de nouveaux à l’avenir !

    Qu’en pensez-vous ? Si vous avez des questions ou des remarques à apporter, surtout, n’hésitez pas nous les partager en commentaires 😉

    Les sources complémentaires

  • Traitement de la ménopause et contraception : un œstrogène qui minore les risques – INSERM
  • Regulation of progesterone receptor expression in endometriosis, endometrial cancer, and breast cancer by estrogen, polymorphisms, transcription factors, epigenetic alterations, and ubiquitin-proteasome system
  • Biological basis for human capacitation—revisited
  • Cervical mucus : its structure and possible biological functions
  • Protective effects of estrogen on the cardiovascular system – The American Journal of Cardiology
  • Estrogens and Androgens in Skeletal Physiology and Pathophysiology
  • Effect of Estrogen on Musculoskeletal Performance and Injury Risk
  • Estrogen selectively increases tryptophan hydroxylase-2 mRNA expression in distinct subregions of rat midbrain raphe nucleus: association between gene expression and anxiety behavior in the open field
  • Estrogen receptors in the central nervous system and their implication for dopamine-dependent cognition in females
  • Gut microbial beta-glucuronidase: a vital regulator in female estrogen metabolism
  • Endometrial cancer: molecular and therapeutic aspects
  • Endogenous Circulating Sex Hormone Concentrations and Colon Cancer Risk in Postmenopausal Women: A Prospective Study and Meta-Analysis
  • Estrogen metabolism and risk of breast cancer: a prospective study of the 2:16alpha-hydroxyestrone ratio in premenopausal and postmenopausal women
  • Cancer de l’ovaire : l’oestradiol limiterait la progression métastasique dans les cancers des cellules de la granulosa – Fondation pour la Recherche Médicale
  • Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations – ANSES
  • Pilules contraceptives et risque de cancers – Institut National du Cancer
  • Tout comprendre sur la méthode MAMA

    méthode MAMA

    Les idées clés

    • La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) est une méthode de contraception naturelle qui repose sur l’allaitement exclusif du bébé.
    • La prolactine sécrétée durant la période de l’allaitement bloque / entrave l’ovulation et le cycle menstruel.
    • Cette méthode est très efficace, avec un taux de fiabilité de 98%.
    • Néanmoins, la MAMA répond à des critères d’application bien définis : allaitement exclusif, pendant les 6 premiers mois du bébé, sur un rythme de 6 tétées toutes les 24 heures et tant que la maman n’a pas eu son retour de couches.
    • Une fois les 6 premiers mois de l’enfant écoulés, d’autres moyens de contraception sont disponibles en post-partum, qu’ils soient hormonaux ou naturels.

    Saviez-vous que l’allaitement peut être un moyen de contraception très efficace ? C’est sur cette base que repose la méthode MAMA, la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée. En effet, l’allaitement bloque, sous certaines conditions bien précises, le dialogue hormonal entre le cerveau et les ovaires qui aboutit en temps normal sur une ovulation : or, sans ovulation, pas de chances de fécondation !

    Dans cet article, on va vous expliquer en détail comment la méthode MAMA fonctionne et pourquoi elle peut être  efficace pour empêcher une grossesse en post-partum. On va aussi revenir sur les quelques règles que cette méthode impose et qui ont une importance capitale pour sa fiabilité 🙂

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    Hormones femme : leur rôle dans le cycle menstruel et la santé des femmes

    hormones femme

    Les idées clés

    • Le cycle menstruel et la santé féminine sont gouvernés par un dialogue permanent entre notre cerveau, notre système reproducteur et nos différentes hormones, qui se répondent entre elles.
    • Les principales hormones féminines sont la LH et la FSH (qui sont deux hormones sécrétées par l’hypophyse, située dans notre cerveau), mais aussi et surtout les œstrogènes et la progestérone, sécrétées au niveau ovarien.
    • Les hormones féminines fluctuent tout au long du cycle menstruel et de la vie d’une femme, de la puberté à la ménopause.
    • Nos hormones féminines nous permettent de démarrer une grossesse, mais elles ont des retentissements sur tout notre organisme.
    • Il arrive que nos hormones soient en déséquilibre, en raison du stress, de notre hygiène de vie et/ou des perturbateurs endocriniens : dans ce cas, des solutions médicamenteuses et naturelles existent !

    Ah, les femmes et leurs hormones !! On a souvent l’impression qu’il s’agit d’un binôme inséparable et infernal, responsable de toutes nos sautes d’humeur et autres contrariétés. 

    Si les femmes sont, comme les hommes, régulées par ces subtils messagers (qui activent le sommeil, la digestion ou encore le désir sexuel !), elles ont quelques hormones bien spécifiques qui les distinguent de leurs homologues masculins.

    Or, ces hormones féminines ne sont pas qu’un “truc” de femme enceinte, ménopausée ou qui a ses règles. Elles jouent un rôle considérable dans notre fertilité, notre féminité, notre énergie et notre santé en général.

    Vous vous demandez comment fonctionne ce subtil jeu hormonal ? Vous voulez savoir en quoi elles sont loin d’être un ennemi, mais au contraire un super pouvoir ? On vous explique !



    Hormones féminines : qui sont-elles et comment évoluent-elles au fil du cycle menstruel ?

    Les hormones sexuelles féminines ne sont pas un long fleuve tranquille : leur niveau varie à chaque étape de la vie d’une femme, et à chaque phase de son cycle menstruel

    Sauf avec une contraception hormonale, où les fluctuations hormonales sont bloquées et où le cycle devient lisse et linéaire (on y revient plus bas !), nos hormones font donc le roller coaster avec un objectif bien précis : nous rendre fertile et permettre l’ovulation, puis la nidation !

    GnRH, FSH et LH : notre fertilité commence dans notre cerveau 

    Chose qui peut paraître étrange, mais notre cycle menstruel démarre, non pas dans nos ovaires, mais dans notre tête !

    En effet, c’est le cerveau qui lance l’ovulation : dès le début des règles, notre hypothalamus lance le cycle en sécrétant une hormone, la GnRH (gonadolibérine) à destination d’une autre zone cérébrale, l’hypophyse.

    hormones femme cerveau ovaires

    À son tour, l’hypophyse sécrète de la FSH, qui commande aux ovaires de se réveiller : cette hormone stimule les follicules, afin qu’ils maturent. Au bout de quelques jours, un follicule connaît une croissance plus rapide que les autres (c’est le follicule de De Graaf) : mais pour pouvoir être libéré de l’ovaire jusqu’à la trompe utérine (où il pourra, le cas échéant, rencontrer un spermatozoïde), l’ovule a besoin d’un nouveau message venant du cerveau : c’est là qu’intervient l’autre hormone hypophysaire, l’hormone lutéinisante (LH). Elle est sécrétée en quantités importantes environ 18 heures avant l’ovulation, lorsque l’hypophyse perçoit un pic d’œstrogènes. C’est d’ailleurs elle que l’on mesure avec les tests urinaires d’ovulation, puisqu’elle est présente en grande quantité juste avant la libération de l’ovule.

    La LH et la FSH ne sont pas des hormones purement féminines (les hommes en ont aussi afin de créer des spermatozoïdes), mais ce sont elles qui parlent avec nos ovaires et nos hormones ovariennes : les œstrogènes et la progestérone.

    estrogènes

    Les œstrogènes, les hormones qui préparent l’ovulation

    Lorsque les follicules commencent à être stimulés par le cerveau (et plus précisément la FSH) en début de cycle, on entre alors dans la phase pré-ovulatoire (ou phase folliculaire), durant laquelle dans chaque ovaire, un petit groupe de follicules sont stimulés : ce sont eux qui produisent des œstrogènes (lien), en quantité croissante au fur et à mesure qu’ils maturent.

    Plus précisément, les follicules ovariens produisent un type d’oestrogène très particulier, l’ estradiol. En effet, les femmes sécrètent aussi 3 autres types d’œstrogènes, qui n’ont pas la même force de frappe : l’ estriol (par les glandes surrénales et le tissu adipeux), l’ estrone et l’estétrol (sécrétés uniquement pendant la grossesse). Ainsi, le cycle menstruel est le plus grand pourvoyeur d’oestrogènes naturels, autant en termes de quantité que de puissance oestrogénique.

    Le rôle des œstrogènes est de préparer à la fois l’ovule, mais aussi la paroi de l’utérus (appelée endomètre), qui va s’épaissir pour qu’un embryon puisse venir s’y implanter, dans le cas où il y aurait une fécondation. Les oestrogènes sont aussi à l’origine de la glaire cervicale, qui permet d’identifier que l’on entre dans sa fenêtre de fertilité, grâce à sa texture qui devient plus étirable et translucide.

    Au fur et à mesure que les follicules maturent, ils libèrent de plus en plus d’oestrogènes : le follicule de De Graaf en produit énormément et c’est ce pic oestrogénique qui déclenche le pic de LH du côté du cerveau.

    Si on récapitule : lorsqu’on a un pic de LH et d’oestrogènes, c’est que l’ovulation est imminente ! Le grand moment de l’ovulation arrive alors : l’ovule est libéré et il va vivre entre 12 et 24 heures seulement. 

    Les oestrogènes sont les hormones du plaisir, de la sexualité et de la fertilité par excellence ! En effet, ces hormones féminines ont d’autres fonctions annexes liées à la reproduction :

    • Ils développent nos organes féminins et caractères sexuels secondaires à la puberté (seins, utérus, endomètre, poils)

    • Ils nous font nous sentir belle, attirante, sexuellement excitée (libido en folie avant l’ovulation !)

    • Ils entraînent donc la production de glaire cervicale, qui nous rend fertile et nourrit les spermatozoïdes

    • Ils répartissent nos graisses sur nos hanches et nos cuisses et élargissent nos hanches, pour nous permettre de porter un enfant.

    progestérone

    La progestérone, l’hormone de la grossesse

    La progestérone est la deuxième hormone du cycle menstruel, aussi importante que les oestrogènes !

    Une fois l’ovulation passée, on entre dans la phase lutéale ou phase post-ovulatoire : l’enveloppe du follicule (vidé de son ovule qui est parti attendre un spermatozoïde dans la trompe utérine) est transformée en corps jaune : c’est lui qui sécrète la progestérone.

    Le rôle de la progestérone est de maintenir le nid au cas où l’ovule aurait été fécondé par un spermatozoïde (en gros, c’est un peu Jean-Claude Dusse tous les mois : “sur un malentendu, ça peut marcher” !). Sauf que la plupart du temps, il n’y a pas eu de fécondation. 

    La progestérone a aussi un effet bloquant de la FSH et la LH, pour empêcher toute nouvelle stimulation des ovaires et maturation d’un nouveau follicule. Elle n’a qu’un seul et unique but : préserver l’éventuelle grossesse en cours et éviter toute perturbation (elle ne sait pas encore si ça a marché ou pas…).

    La progestérone est donc l’hormone de la conception, celle qui entretient le nid “au cas où”. 

    La phase post ovulatoire dure entre 11 et 16 jours et pendant cette période, le corps est dans l’incertitude quant à cette possible fécondation.  La progestérone reste donc élevée, et les oestrogènes remontent un peu aussi. La FSH et la LH sont inhibées par la progestérone.

    Au bout des 14 jours, tout le monde fait le point : s’il n’y a pas eu fécondation, le corps jaune bat en retraite et se désintègre, entraînant une chute brutale de la progestérone.

    En conséquence, le nid qui tapissait l’endomètre et qui était entretenu par la progestérone n’est plus maintenu et se désintègre lui aussi. Les couches vascularisées de l’utérus se détachent et descendent par le vagin : ce sont les règles qui arrivent !

    Et voilà, la boucle est bouclée, on repart pour un tour ! Du fait de la chute de la progestérone, la FSH et la LH ne sont plus inhibées, elles reprennent donc du service pour qu’un nouvel ovule soit préparé. Et ainsi de suite…, jusqu’à la ménopause (ou une grossesse bien sûr !). 

    Ainsi, la progestérone :

    • Prépare et maintient la grossesse

    • Prépare nos seins à l’allaitement 

    • Augmente notre température corporelle

    • Fait chuter notre libido (c’est à cause d’elle qu’on est souvent moins open en seconde partie de cycle, avant les règles…).

    testostérone

    La testostérone

    La testostérone est une hormone que l’on retrouve en grande quantité chez les hommes, mais les femmes en ont aussi un petit peu, produite par les ovaires et les glandes surrénales.

    Elle participe à notre fertilité, car elle stimule la croissance des follicules ovariens et augmente notre libido autour de l’ovulation (timing parfait, quand on veut concevoir), mais aussi avant nos règles ! Elle a aussi un rôle à jouer sur notre masse musculaire et c’est aussi et surtout à partir de cette hormone androgène (entre autres) que sont produits les oestrogènes, grâce au processus de l’aromatase.


    hormones féminines santé globale

    Les impacts des hormones féminines sur notre santé globale

    Maintenant qu’on a vu ensemble à quoi servent nos hormones féminines pour notre fertilité, il faut aussi qu’on aborde us bienfaits pour notre santé en général !le Car oui, elles ont un impact sur une multitude de mécanismes dans notre corps, ce qui les rend d’autant plus essentielles pour notre équilibre global.

    L’impact des oestrogènes sur notre santé globale

    Voici une liste non exhaustive des effets positifs des œstrogènes dans notre organisme :

    • Ils améliorent notre santé cardiovasculaire, notamment en permettant une bonne dilatation de nos vaisseaux sanguins

    • Ils consolident nos os, en favorisant l’activité des ostéoblastes, les cellules qui construisent nos os

    • Ils stimulent la production de collagène, ce qui améliore la qualité de notre peau et de nos cheveux (sympa !), surtout que ce sont aussi de très bons antioxydants

    • Les œstrogènes sont aussi liés à notre humeur, notamment grâce à leur action sur notre dopamine et notre sérotonine

    • Enfin, ils seraient neuro-protecteurs.

    Entre autres ! N’hésitez vraiment pas à lire notre article dédié aux œstrogènes pour tout savoir sur tous leurs impacts sur notre corps 🙂

    L’impact de la progestérone sur notre santé globale

    La progestérone, hormone de la seconde partie du cycle menstruel est également tellement précieuse !

    • Elle a un effet anxiolytique et sédatif, grâce à son effet sur le récepteur cérébral GABA, qui active notre système para-sympathique (la pédale de frein de notre sytème nerveux). Une étude a même révélé que les femmes sous contraceptif hormonal sont plus susceptibles de souffrir de dépression, du fait du blocage de la progestérone. 

    • Elle participe à notre santé cardiovasculaire, notamment par son action diurétique, qui permet de faire baisser la pression artérielle.

    • Elle permet d’équilibrer l’action des oestrogènes : ces derniers peuvent par exemple provoquer de la rétention d’eau, que la progestérone vient « annuler », une nouvelle fois grâce à son action diurétique.

    Ces deux hormones sont donc très complémentaires : si elles sont équilibrées, notre cycle (et notamment nos règles) se déroulent sans encombre. En cas de déséquilibre, des désagréments peuvent intervenir. 


    hormones puberté ménopause

    Comment évoluent les hormones féminines au cours de la vie d’une femme ?

    Nos hormones sexuelles féminines évoluent tout au long de notre vie et leur présence ne se fait pas ressentir de la même manière quand on a 12 ans, 25 ans, 36 ans ou 45 ans 🙂

    Puberté

    Au moment de la puberté, nos follicules ovariens, auparavant endormis, sont réveillés par le cerveau (et la fameuse FSH) : le cycle commence doucement à se mettre en route et il va lui falloir plusieurs années avant de trouver son rythme de croisière.

    Durant ce laps de temps, les follicules sont donc stimulés, des oestrogènes sont sécrétés, mais le système n’est pas encore suffisamment mûr : l’ovulation peut donc avoir du mal à se produire. Ainsi, les jeunes filles peuvent être en situation d’hyperoestrogénie, car comme l’ovulation ne se fait pas (ou pas bien), beaucoup d’oestrogènes sont sécrétés, sans qu’il n’y ait suffisamment de progestérone.

    Cela peut provoquer des symptômes comme des pertes blanches abondantes (qui sont en réalité de la glaire cervicale), des règles abondantes et douloureuses, un syndrome prémenstruel marqué etc. C’est normal et souvent transitoire !

    Grossesse

    Pendant la grossesse, la progestérone, hormone de la gestation, est sécrétée en grande quantité. Les oestrogènes suivent le mouvement, ce qui explique que notre peau et nos cheveux soient on fire, mais aussi que l’on produise souvent beaucoup de glaire cervicale et que l’ait éventuellement des petits soucis de constipation, par exemple.

    Les femmes enceintes sécrètent aussi de la beta hCG durant leur premier trimestre de grossesse, qui peut générer des nausées.

    Périménopause

    Lorsqu’une femme entre dans sa période de périménopause, son cycle menstruel commence à dysfonctionner. En effet, il ne s’arrête pas d’un coup et met même parfois une dizaine d’années pour le faire ! Entre-temps, on subit un peu une « puberté à l’envers », avec un arrêt progressif de notre activité ovarienne.

    La périménopause se déroule généralement en deux temps :

    • Les ovulations sont de moins bonne qualité, ce qui conduit à une carence en progestérone, avec tous les symptômes associés (notamment, un syndrome prémenstruel assez prononcé et des cycles courts). On a donc des oestrogènes en excès par rapport à la progestérone.

    • Puis, les ovulations vont se faire de plus en plus rares, car nos follicules sont moins bien stimulés par le cerveau et/ou réagissent moins à la FSH. Les oestrogènes se mettent donc eux aussi à chuter progressivement.

    Ménopause

    Au bout d’un moment, le cycle menstruel s’arrête :totalement on estime qu’une femme est ménopausée quand elle n’a pas eu ses règles pendant plus d’un an.


    causes déséquilibre hormonal

    Qu’est-ce qui peut perturber / déséquilibrer nos hormones féminines ?

    Règles douloureuses, syndrome prémenstruel, cycles irréguliers, acné hormonale, etc. sont autant de symptômes qui peuvent signifier qu’un déséquilibre hormonal est à l’oeuvre.

    Une déficience en oestrogènes peut par exemple provoquer des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, une sécheresse vaginale, entraîner de l’anxiété voire une dépression, faire chuter la libido, l’appétit ou la mémoire, etc. 

    Au contraire, un excès d’oestrogènes ou une carence en progestérone peuvent être la cause du fameux syndrome prémenstruel (lien) (maux de ventre, de tête, nausées, tensions dans la poitrine, irritabilité, rétention d’eau, etc.). Mais pourquoi nos hormones féminines peuvent être mises à mal, qu’est-ce qui peut venir les chambouler ?

    La contraception hormonale

    Cela peut paraître un peu surprenant, mais oui, les hormones de synthèse présentes dans les contraceptifs oraux viennent perturber nos « vraies » hormones féminines : c’est même leur rôle ! En effet, elles viennent bloquer les hormones féminines et les mettre en sommeil forcé, dans le but d’empêcher l’ovulation. Sous contraceptif hormonal, on ne sécrète plus d’oestrogènes, ni de progestérone !

    Sauf que, point très important : les hormones naturellement produites par nos ovaires jouent un rôle fondamental dans notre santé, ce qui n’est pas le cas des hormones de synthèse apportées par un contraceptif. Tous les effets bénéfiques listés juste avant ne valent donc pas dans en cas de prise d’une contraception hormonale. 

    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les femmes qui arrêtent la pilule contraceptive découvrent très souvent qu’elles ont une libido bien supérieure à ce qu’elles pensaient. En bloquant les oestrogènes, la pilule peut en effet avoir un effet dévastateur sur le désir sexuel (entre autres !). Par ailleurs, on préconise souvent aux femmes qui ont des règles irrégulières ou douloureuses de prendre la pilule, afin d’éteindre le cycle menstruel : sauf que cette dernière peut avoir des effets secondaires tout à fait semblables au SPM :s

    Enfin, un cycle au naturel vécu sans douleurs et sans complication (c’est la norme, rappelons-le !) est un excellent marqueur de notre bonne santé. Les éventuels dysfonctionnements sont une façon de repérer des déséquilibres hormonaux, ce que l’on ne peut pas faire avec un contraceptif hormonal, qui masque les symptômes, sans les traiter à la racine.

    A contrario, les méthodes de contraception barrière (préservatif, cape cervicale, diaphragme, etc.) ne viennent pas du tout perturber nos hormones féminines, puisqu’ils n’ont aucun impact sur elles. Néanmoins, on sait que ces méthodes ont des taux de fiabilité plus faibles que les méthodes hormonales !

    Pour pallier cela, il est aussi possible d’opter pour une méthode d’observation du cycle menstruel, afin de repérer sa période de fertilité et son ovulation (et adapter sa sexualité en conséquence si on ne souhaite pas avoir d’enfant sur le cycle en cours). En effet, on a vu ensemble que nos hormones nous parlent, ou du moins, qu’elles signalent leur présence par des symptômes très caractéristiques !

    • Quand les oestrogènes sont au max avant l’ovulation, on sécrète davantage de glaire cervicale et on la voit « monter en qualité », elle devient crémeuse, laiteuse, « blanc d’oeuf cru » ;

    • Une fois l’ovulation passée, la progestérone augmente notre température corporelle et la glaire s’assèche.

    C’est la raison pour laquelle la symptothermie par exemple, se base sur ces deux indicateurs (glaire cervicale + température) pour déterminer la date de l’ovulation. Et ce, de manière plutôt très efficace, puisque son taux de fiabilité pratique (dans la vraie vie, donc), est de 98% !

    Les perturbateurs endocriniens

    Tout est dit dans le mot : les perturbateurs endocriniens perturbent notre système endocrinien, c’est–à-dire notre système hormonal.

    Ces substances problématiques, que l’on retrouve absolument partout (dans l’air, dans l’eau, dans nos vêtements, notre déco, nos produits de beauté et ménagers, etc.) agissent de deux manières : soit elles bloquent l’action de nos hormones en se plaçant sur leurs récepteurs, soit elles les imitent et leurrent le cerveau.

    On comprend donc à quel point ils peuvent faire des ravages sur l’équilibre de notre cycle menstruel ! Même s’il n’est pas facile de les éviter de nos jours, on a rédigé pour vous deux articles : l’un sur les poêles sans perturbateurs endocriniens et le second sur les marques cosmétiques qui n’en contiennent pas non plus !

    Les phases de la vie : la puberté ou la périménopause

    Comme on l’a vu un peu plus haut, nos hormones féminines sont parfois en déséquilibre lorsque le cycle menstruel se lance et lorsqu’il commence à montrer des signes de fatigue. Généralement, la puberté et la périménopause sont des phases durant lesquelles les oestrogènes prédominent, même si à l’approche de la ménopause, les oestrogènes chutent également.

    Une pathologie (endométriose, SOPK, etc).

    Parfois, les hormones féminines peuvent aussi être déséquilibrées en raison d’une maladie génétique ou d’un trouble du cycle menstruel, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’endométriose ou une insuffisance ovarienne précoce.

    Dans ce cas, des solutions médicales existent, heureusement ! Ces pistes thérapeutiques peuvent aussi être renforcées par des aménagements de l’hygiène de vie.

    Notre mode de vie

    En effet, notre mode de vie a un rôle immense à jouer dans notre équilibre hormonal ! Voici, entre autres, ce qui peut avoir un impact négatif sur nos hormones féminines :

    • L’alcool, le tabac, les drogues, etc.

    • Le manque d’exercice physique

    • Une mauvaise flore intestinale causant des inflammations 

    • Une alimentation déséquilibrée

    • Le stress, les hormones du stress perturbant celles du cycle.

    La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de soulager ce déséquilibre grâce à un traitement hormonal (en choisissant bien des hormones bio-identiques), mais aussi plus naturellement en modifiant son alimentation et ses habitudes de vie !

    C’est d’ailleurs tout l’objectif du Moody Club : vous aider à identifier vos déséquilibres hormonaux et surtout les pistes à creuser chez vous (car ces pistes ne sont malheureusement pas universelles !) pour atténuer tous leurs effets secondaires négatifs et mieux vivre avec votre corps, votre esprit et vos hormones 🙂


    questions fréquentes

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Bref, on s’arrête ici parce que l’article est déjà très long (bravo à vous si vous êtes arrivée jusque là, d’ailleurs !), mais il y a tellement de choses à dire sur nos hormones féminines !

    Les œstrogènes et la progestérone sont deux hormones fascinantes, qui ont des rôles riches et complexes sur nos organes reproducteurs et dont il est important de prendre soin. En effet, quand le fonctionnement de ces hormones est perturbé, tout notre corps, notre fertilité et notre bien être s’en trouvent perturbés ! Elles sont en tout cas de formidables messagères de ce qu’il se passe dans notre corps et nous permettent, quand on sait les écouter, de repérer les moments clés de notre cycle menstruel.

    Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous connaissiez toutes ces subtilités de nos hormones ? 🙂

    Double ovulation : mythe ou réalité ?

    double ovulation

    Les idées clés

    • L’ovulation ne se produit qu’une seule fois par cycle menstruel, car la progestérone, hormone sécrétée après l’ovulation, bloque la cascade hormonale nécessaire à ce processus complexe, jusqu’à sa chute en fin de cycle si l’ovule n’est pas fécondé.
    • Il est néanmoins possible d’expulser deux ovules au cours d’une même ovulation et ce phénomène a lieu dans l’espace d’une journée, pas plus !
    • On ne peut pas reconnaître une double ovulation en observant son cycle, car les symptômes d’une double ovulation ne sont pas différents d’une ovulation « simple » et ne sont pas majorés.
    • Une double ovulation peut donner naissance à des faux jumeaux, si les deux ovules sont fécondés.
    • Il ne faut pas confondre double (ou multiple) ovulation et tentatives d’ovulation : le corps peut envoyer des signaux d’ovulation (notamment avec la glaire cervicale), mais cette dernière peut finalement ne pas aboutir.
    • Le phénomène de superfétation, deux ovulations ayant lieu à plusieurs jours d’intervalle, est en principe physiologiquement impossible (sauf très rares exceptions : 10 cas recensés dans toute l’Histoire).

    Le cycle menstruel est quelque chose d’assez obscur, très peu enseigné et parfois tabou. Pour autant, il fait aussi l’objet de nombreux mythes qui peuvent déstabiliser et inquiéter certaines d’entre nous, notamment lorsque l’on cherche à adopter une approche naturelle de notre fertilité

    C’est le cas de la double ovulation, concept flou et plein de fantasmes (vous savez, ce genre d’histoires de femmes enceintes de deux bébés à plusieurs semaines d’intervalle ?!).

    Vous avez entendu parler de la double ovulation et souhaitez savoir si ce phénomène existe réellement et ce qui se cache derrière ?

    On vous explique ce qu’en dit la science !

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    Microchimérisme fœtal : quand les cellules de l’embryon laissent une trace dans le corps de la mère

    microchimérisme foetal

    Les idées clés

    • Le microchimérisme foetal est un mécanisme scientifique bien documenté, qui désigne la transmission de cellules fœtales d’un bébé à sa mère.
    • Les cellules fœtales peuvent migrer vers un grand nombre de tissus et d’organes de la maman, en passant par la moelle osseuse et le système immunitaire : la peau, le cerveau, le coeur, les poumons, les vaisseaux sanguins, la thyroïde, etc.
    • Ces cellules foetales restent dans l’organisme des mères bien longtemps après l’accouchement : ainsi, une femme porte en elle toutes les grossesses qu’elle a vécues, qu’elles aient été menées à terme ou non.
    • Ce transfert de cellules fœtales peut également se réaliser entre enfants d’une même fratrie (côté maternel), étant transmis par la maman.
    • Selon la recherche scientifique, la migration de cellules fœtales vers les tissus maternels a pour but de changer légèrement la physiologie de la maman pour assurer la survie du bébé, voire de permettre la réparation de certains organes, comme l’utérus.

    On dit parfois qu’après une grossesse, on a toujours un peu l’impression de porter notre enfant en nous, de le ressentir dans nos tripes et ce, bien après sa naissance (et même jusqu’à la fin de notre vie !). Et si ce ressenti, qui peut parfois paraître un peu naïf (voire complètement perché) avait un véritable fondement scientifique ?

    Est-ce que ce qu’on appelle le transgénérationnel, ou le fait que nos grossesses ont laissé une empreinte en nous, peut s’expliquer de manière biologique, tout à fait concrète et cartésienne ? A ces deux questions, on peut vous répondre oui !

    En effet, les scientifiques ont démontré qu’un bébé laissait toujours une trace de son passage dans le corps de sa mère, et venait même altérer le fonctionnement de son organisme et ce, dans un but bien précis : assurer sa survie ! Ce phénomène (absolument incroyable et passionnant) s’appelle le microchimérisme foetal et sera donc le sujet de cet article 🙂

    🎧🎥 Vous préféreriez une version audio ou vidéo de cet article ? Bonne nouvelle : il est aussi disponible sur Youtube et en podcast !

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