Les idées clés
- La FSH est une hormone sécrétée par l’hypophyse, afin de stimuler le développement des follicules ovariens en début de cycle menstruel, et donc de permettre l’ovulation. Elle est donc capitale pour un dialogue cerveau/ovaires optimal !
- La FSH est une hormone fréquemment dosée en cas de troubles de la fertilité, en sachant que le taux de FSH varie en fonction de la phase du cycle menstruel, mais aussi de l’âge.
- Elle peut être trop basse ou trop élevée et dans les deux cas, les follicules ne sont pas correctement stimulés pour permettre l’ovulation.
- FSH et réserve ovarienne sont liés, car une FSH trop haute peut refléter un effort supplémentaire du cerveau pour compenser une mauvaise réponse ovarienne. Néanmoins, on peut avoir une AMH basse (l’AMH étant l’un des marqueurs de la réserve ovarienne) et une FSH normale, prouvant que le corps se débrouille très bien avec un stock de follicules réduit.
- La FSH est également une hormone essentielle de la fertilité masculine, car elle agit sur la production des spermatozoïdes.
En matière d’hormones féminines, on parle beaucoup des œstrogènes et de la progestérone, qui sont sécrétées au niveau ovarien. Néanmoins, le cycle menstruel est avant tout piloté par le cerveau et par deux hormones en particulier : la LH et la FSH !
Vous le savez peut-être, mais le cycle menstruel et l’ovulation se déroulent grâce à un dialogue continu entre les ovaires et le cerveau, qui coordonnent ensemble tout le processus. Cette communication a lieu grâce à des hormones qui circulent dans notre sang et qui envoient un message dans un sens ou dans l’autre : soit du cerveau aux ovaires, soit des ovaires au cerveau.
Les rôles de la FSH
En gros, le cerveau commande le processus ovulatoire et les ovaires lui font des rapports en tant réel de l’avancée du processus ! Ainsi, en tout début de cycle menstruel, l’hypothalamus (dans le cerveau) sécrète une hormone, la GnRH, qui est envoyée à une autre de nos glandes cérébrales, l’hypophyse, qui comprend alors qu’elle doit demander aux ovaires de lancer une nouvelle ovulation.
Et pour communiquer avec les ovaires, l’hypophyse sécrète l’hormone qui nous intéresse dans cet article, la FSH ! Plus concrètement, la FSH a deux rôles : permettre la maturation des follicules ovariens et réguler la mort programmée de ceux qui finalement, n’ovuleront pas.
Stimulation des follicules
Le rôle majeur de la FSH est la maturation folliculaire : son nom complet est d’ailleurs, en anglais, Follicle Stimulating Hormone, ou hormone folliculo stimulante en français.
Elle est donc sécrétée par l’hypophyse en début de cycle menstruel pour stimuler les ovaires et commander le recrutement et la maturation de plusieurs follicules par ovaire. Chaque follicule est une sorte de petit sac, contenant un ovocyte et plusieurs follicules (environ 5 à 20 par ovaire selon la réserve) se mettent à croître sous l’effet de la FSH, mais un seul sera sélectionné pour devenir dominant.
Il faut savoir que plus les follicules se développent, plus leur sécrétion d’œstrogènes augmente : or, cette montée des oestrogènes provoque une baisse de la FSH (c’est un rétrocontrôle négatif), puisque cette présence des œstrogènes prouve à l’hypophyse que les ovaires ont bien reçu le message et qu’ils « travaillent bien ».
Néanmoins, au bout de quelques jours, un follicule tire son épingle du jeu et sera celui qui pourra ovuler! Il produit beaucoup d’œstrogènes, et ce rétrocontrôle négatif (beaucoup d’œstrogènes = baisse de la FSH) s’inverse temporairement juste avant l’ovulation : la FSH connaît un petit pic, qui contribue à la maturation finale du follicule et une seconde hormone est sécrétée de manière massive par l’hypophyse, la LH. Ce pic de LH provoque la rupture de la membrane folliculaire : c’est l’ovulation.
Après l’ovulation, la FSH et la LH diminuent sous l’effet de la progestérone sécrétée par le corps jaune, qui exerce un rétrocontrôle négatif sur l’hypophyse pour empêcher toute nouvelle ovulation.
Sélection du follicule dominant
Un autre rôle moins connu de la FSH, c’est son impact sur l’atrésie folliculaire (la mort cellulaire programmée des follicules, qu’on appelle aussi apoptose) : elle agit en effet comme un bouclier anti-apoptose (donc anti-mort !) sur les follicules en croissance. C’est grâce à cette fine régulation que notre corps ne libère qu’un seul ovocyte par cycle !
Comment cette régulation s’opère-t-elle ? Au départ, tous les follicules ne naissent pas égaux : en effet, certains présentent plus de récepteurs à la FSH, une meilleure vascularisation et donc une meilleure capacité à produire des œstrogènes.
Or, plus un follicule produit d’œstrogènes, plus il renforce sa propre survie, puisque les œstrogènes augmentent l’expression des récepteurs à la FSH, et diminuent la FSH dans le sang via un rétrocontrôle sur l’hypophyse.
Le follicule le plus performant « capte » davantage de FSH que ses petits camarades, qui se lie à ses récepteurs, ce qui a pour effet de baisser la FSH globale et prive les autres follicules de stimulation. Comme ils ne sont plus assez stimulés, ils entrent en atrésie, arrêtent de grandir et finissent par mourir.
Le follicule dominant est celui qui a accumulé suffisamment de récepteurs à la FSH pour rester stimulé même lorsque la FSH redescend (environ une semaine après le début du cycle), et qui a acquis des récepteurs à la LH, essentiels pour permettre la rupture de sa membrane au moment de l’ovulation.
Pour résumer, la FSH lance un signal général, et seul le follicule le plus sensible et performant réussit à maintenir sa croissance quand la FSH redescend. C’est lui qui devient dominant et qui libère un ovocyte à l’ovulation ! On pourrait presque dire que la FSH crée une compétition, et que le follicule dominant la gagne grâce à ses “récepteurs d’élite”.
Taux de FSH : qu’est-ce qu’un taux normal ?
Vous l’avez compris, la FSH est une hormone capitale du cycle menstruel, de l’ovulation et de la fertilité. Pour s’assurer qu’elle est sécrétée en juste quantité, il est possible d’effectuer un bilan hormonal et un dosage de la FSH par prise de sang en début de cycle menstruel (entre le 2ème et le 5ème jour), en sachant que la FSH fluctue selon l’âge et la réserve ovarienne
Voici les valeurs de référence de la FSH :
- Phase folliculaire (J2–J5 du cycle) : 3 à 10 UI/L
- Pic ovulatoire : 6 à 20 UI/L (parfois jusqu’à 25)
- Phase lutéale : 1,5 à 9 UI/L
- Périménopause : souvent supérieure à 10–20 UI/L
- Ménopause : supérieure à 25–30 UI/L (souvent entre 50 et 100 UI/L)
- Insuffisance ovarienne prématurée (IOP) : supérieure à 25 UI/L à deux reprises à 4 semaines d’intervalle
- Aménorrhée hypothalamique (le cycle menstruel est bloqué en raison d’un défaut de commande au niveau de l’hypothalamus) : inférieure à 3 UI/L.
Ces chiffres sont bien sûr donnés à titre indicatif, peuvent dépendre des laboratoires et sont surtout à interpréter à l’aide de votre médecin, en fonction de votre contexte personnel. Et surtout, une mesure de FSH ne veut rien dire seule et est toujours mesurée aux côtés d’autres hormones : les œstrogènes, la LH, mais aussi les hormones androgènes, les hormones thyroïdiennes et la prolactine, entre autres.
D’ailleurs, si vous souhaitez réaliser un bilan hormonal 100% utile (réalisé au bon moment du cycle, avec les bonnes hormones, dont fait bien sûr partie la FSH, mais pas que) et comprendre vos résultats, voici notre guide Bilan hormonal, disponible gratuitement !
Le lien entre FSH, réserve ovarienne et AMH
Une FSH élevée est souvent le reflet indirect d’une réserve ovarienne diminuée : l’hypophyse sécrète davantage de FSH pour compenser la moindre sensibilité des ovaires.
En effet, lorsque la FSH augmente, c’est le signe que les ovaires répondent moins bien au signal du cerveau : la stimulation doit être plus forte pour déclencher l’ovulation, ce qui traduit une baisse d’efficacité de la réponse ovarienne, possiblement en raison d’un stock réduit (mais parfois aussi à une moindre sensibilité des ovaires au signal hormonal).
La réserve ovarienne est mesurée par l’AMH, sécrétée par les petits follicules antraux, les follicules en attente, dans les ovaires. C’est une sorte de « photo » du stock restant à un instant t, c’est-à-dire reflétant les follicules en pré croissance sur ce cycle là !
Cela dit, on peut aussi avoir une AMH basse avec une FSH tout à fait normale ! En effet, dans ce cas, les ovaires, même avec peu de follicules, répondent encore bien à la stimulation. Il faut bien comprendre que l’AMH ne dit rien sur la qualité de l’ovulation ni sur la qualité des ovocytes et renseigne seulement sur le nombre de tentatives possibles. Une réserve ovarienne basse n’empêche pas une ovulation normale 🙂
Ainsi, si votre AMH est basse mais que votre FSH est encore tout à fait dans les normes, pas de panique, tout va bien ! En revanche, si votre AMH est basse et votre FSH trop haute, cela signale un souci au niveau ovarien, possiblement au niveau de la réserve ovarienne (mais pas forcément).
Par ailleurs, on peut aussi avoir une AMH basse et une FSH basse ! Dans ce cas, ce n’est pas la réserve ovarienne qui pose problème, mais plutôt le cerveau qui n’envoie pas le signal pour stimuler les ovaires. Résultat : les follicules “dorment”, ils produisent peu d’AMH, mais la réserve n’est pas forcément épuisée 🙂
FSH trop basse / trop élevée : que faire ?
Il peut arriver qu’au bilan sanguin, le taux de FSH revienne trop bas ou trop haut :
- Un taux de FSH trop bas signifie que le “problème” vient du cerveau (de l’hypophyse) qui n’en sécrète pas suffisamment. Cela peut notamment arriver en cas d’aménorrhée, quand le cycle est totalement mis à l’arrêt par le chef de l’hypophyse, l’hypothalamus, notamment en raison d’un stress (physique ou émotionnel) trop intense.
- Un taux de FSH trop élevé reflète plutôt un souci au niveau de la réponse ovarienne : malgré les sollicitations de l’hypophyse, les follicules ne se développent pas / pas suffisamment pour permettre l’ovulation. Une insuffisance ovarienne précoce ou la périménopause, peuvent, entre autres, être en cause.
Dans les deux cas, les symptômes sont assez similaires et corrélés à une carence en oestrogènes : ovulation absente / irrégulière, peu de glaire cervicale, sécheresse de la peau et des muqueuses, bouffées de chaleur, règles absentes ou peu abondantes, etc.
Il existe des solutions pour pallier à un manque ou un excès de FSH, autant du côté de la médecine (traitement hormonal, PMA) que de l’hygiène de vie (gestion des émotions, sommeil réparateur, soutien de la qualité ovocytaire, alimentation équilibrée et suffisamment nutritive, etc.).
Si vous êtes concernée par un déséquilibre de la FSH (que ce soit un manque ou un excès), on en parle beaucoup plus en détail dans notre article FSH élevée ou trop basse, que faire ?, donc n’hésitez pas à le consulter, il pourra vous apporter certaines pistes très utiles !
L’hormone FSH chez l’homme
On ne le sait pas toujours, mais les hommes produisent aussi de la FSH : en effet, chez eux, elle stimule la production de spermatozoïdes par les testicules car elle agit sur les cellules de Sertoli ! Comme chez la femme, elle est donc essentielle à la création des gamètes (ovules et spermatozoïdes).
Et comme chez les femmes, la FSH peut aussi être trop haute ou trop basse chez les hommes :
- FSH basse : cela signifie un signal cérébral insuffisant, souvent avec une LH et une testostérone basse. Parmi les causes possibles : une GnRH basse (donc un blocage au niveau de l’hypothalamus), une atteinte hypophysaire, un excès de prolactine, le stress ou encore un déficit énergétique important.
- FSH élevée : dans ce cas, ce sont les testicules qui ne répondent plus bien, avec souvent une LH haute et une testostérone normale ou basse. Cela peut venir de l’âge (la FSH augmente aussi avec l’âge, car l’hypophyse sur-stimule les testicules), d’une anomalie génétique, d’une exposition trop fréquente à la chaleur, aux perturbateurs endocriniens, ou encore des suites d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie.
En parallèle du bilan sanguin, la réalisation d’un spermogramme révèle souvent une oligospermie, voire une azoospermie, c’est-à-dire un manque de spermatozoïdes, voire une absence totale.
Néanmoins, un homme peut aussi présenter un spermogramme anormal avec une FSH normale ! La fertilité masculine peut être impactée par d’autres choses, et dans ce, on explore d’autres causes (mécaniques, génétiques ou liées à l’hygiène de vie, par exemple).
Pour résumer – Questions fréquentes
Pourquoi la FSH a-t-elle une importance en cas de désir de grossesse ?
La FSH (l’hormone folliculo stimulante) est une hormone capitale du système reproducteur, car c’est grâce à elle que le cerveau « commande » aux ovaires de recruter et faire maturer des follicules ovariens en début de cycle.
Elle doit être sécrétée de manière suffisante sans être en excès : un taux optimal indique que le dialogue cerveau/ovaires est fluide.
En cas de de problème de fertilité et de grossesse qui tarde un peu, le dosage de la FSH est quasiment systématique lors d’un bilan de fertilité.
Quel est le taux normal de FSH chez la femme ?
Le dosage de la FSH est généralement effectué en début de cycle et à ce moment-là, le taux de FSH optimal se situe entre 3 et 10 UI/L (ou 3 et 10 mUI/mL).
Néanmoins, attention ! Un taux « normal » de FSH dépend de l’âge (elle est naturellement plus élevée en périménopause), de la valeur du cycle et surtout, ne doit pas être interprété seul : c’est la raison pour laquelle on dose généralement d’autres hormones lors d’un bilan, comme la LH ou les oestrogènes (entre autres).
Qu’est-ce qu’un faible taux de FSH peut signifier ?
Quand la FSH est trop basse, elle signale une perturbation de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien et très souvent, l’hypothalamus est en cause (mais pas toujours) : en effet, lorsqu’il estime que les conditions ne sont pas réunies pour ovuler et mener une grossesse à bien (notamment en cas de stress intense ou de masse grasse insuffisante), il ne stimule pas l’hypophyse, qui n’envoie pas de FSH aux ovaires.
Qu’est-ce qu’une FSH élevée ?
Un taux élevé de FSH met sur la voie d’une activité ovarienne réduite : les ovaires ne stimulent pas les follicules pour qu’ils se développent, malgré le message envoyé par le cerveau. Ainsi, ce dernier compense en augmentant sa sécrétion de FSH.
Si on doit répondre en termes de taux, un taux de FSH supérieur à 10 UI/L en début de cycle (entre le 2ème et le 5ème jour) indique un excès de FSH.
Les hommes ont-ils de la FSH ?
Oui, chez l’homme, la FSH joue également un rôle clé dans la reproduction, car elle stimule la spermatogénèse dans les testicules, c’est-à-dire la production des spermatozoïdes ! Son analyse peut, comme chez la femme, orienter vers un problème de fertilité, si elle est trop haute ou trop basse.
Quelle différence entre FSH et LH ?
La FSH et la LH sont deux hormones sécrétées par l’hypophyse, une glande dans notre cerveau qui régule le cycle menstruel et communique avec les ovaires via ces deux hormones. Néanmoins, la FSH et la LH ont deux fonctions bien distinctes :
La LH est chargée de permettre l’ovulation, en agissant sur la membrane du follicule dominant, afin qu’elle se rompe et libère son ovocyte. Elle prépare aussi la phase post-ovulatoire, en transformant le follicule vide en corps jaune (qui produira la progestérone).
La FSH a pour rôle de lancer la maturation des follicules ovariens en début de cycle menstruel
Vous savez désormais tout sur la FSH ! Cet article était parfois un peu technique, mais il est souvent essentiel (et passionnant !) de se pencher davantage sur les mécanismes physiologiques qui s’opèrent dans notre corps 🙂
En résumé, vous l’aurez compris, la FSH est un messager précieux de la communication entre le cerveau et les ovaires. En ce sens, si votre FSH vous envoie des signaux indiquant un déséquilibre chez vous, on peut se pencher dessus ensemble dans le cadre du Fertility Club, afin de vous donner plein de clés pour revenir à l’équilibre 🙂