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don d'ovocytes

Don d’ovocytes : une alternative précieuse en cas d’infertilité féminine

Les idées clés

  • Lorsqu’une infertilité trouve son origine, au moins en partie, au niveau des ovocytes, il est possible d’avoir recours au don d’ovocytes.
  • Les couples hétérosexuels, ainsi que les couples de femmes et les femmes seules, ont la possibilité d’accéder au don d’ovocytes. Par ailleurs, toute femme en bonne santé entre 18 et 37 ans peut donner ses ovocytes !
  • Le protocole est encadré, autant pour la donneuse que pour les receveurs. En France, le don d’ovocytes n’est pas rémunéré.

La fertilité d’une femme ou d’un couple peut être mise à mal par différents facteurs : des spermatozoïdes de mauvaise qualité, un déséquilibre hormonal, une anomalie anatomique… et parfois, l’origine vient (au moins en partie) des ovocytes.

Et si la qualité ou la quantité des ovocytes sont en cause, même si cela nécessite souvent un long cheminement avant d’envisager cette option, une solution existe : le don d’ovocytes. Dans ce cas, la grossesse est rendue possible grâce aux ovocytes d’une autre femme.

Dans ce qui suit, on va revenir ensemble sur les conditions et le déroulé du don d’ovocytes, qui pourront vous être utiles, que vous soyez en attente d’un don d’ovocytes, ou une potentielle candidate au don 🙂



ovocyte définition

Qu’est-ce qu’un ovocyte ?

Commençons par le commencement ! Un ovocyte, c’est le gamète femelle, l’équivalent féminin du spermatozoïde.

Sauf que contrairement aux spermatozoïdes, qui sont produits tout au long de la vie de l’homme, un femmenaît avec son stock d’ovocytes, qui ne se renouvellera pas au cours de sa vie.

Ainsi, quand son cycle menstruel démarre à la puberté, la jeune fille dispose de 400 000 ovocytes, en sachant qu’une immense majorité d’entre eux n’arriveront jamais jusqu’à l’ovulation, puisque nous n’ovulons en moyenne que 450 fois dans une vie.


raisons don d'ovocytes

Pourquoi a-t-on parfois besoin d’un don d’ovocytes ?

Le don d’ovocytes est une solution précieuse pour les femmes dont les ovaires ne peuvent pas produire d’ovocytes de qualité suffisante pour mener à bien une grossesse. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation :

  • une insuffisance ovarienne prématurée (IOP)

  • des traitements médicaux agressifs comme la chimiothérapie ou la radiothérapie qui endommagent les ovocytes. Généralement, on propose à la femme de congeler une partie de ses ovocytes en amont, pour maintenir ses chances de grossesse une fois le traitement terminé. Si la fonction ovarienne est altérée, la femme peut utiliser ses ovocytes congelés pour une FIV (fécondation in vitro), mais certaines femmes récupèrent spontanément une fonction ovarienne post-traitement 🙂

  • certaines maladies génétiques pouvant être transmises à l’enfant, comme la mucoviscidose ou l’orthogenèse imparfaite (la maladie des « os de verre »), entre autres.

  • une baisse significative de la réserve ovarienne due à l’âge. Certaines femmes ont aussi des ovocytes dits de “faible qualité” (quels mots peu habiles !), ce qui peut limiter les chances de fécondation (naturelle ou en FIV) ou augmenter les risques d’arrêts de grossesse précoces.

Dans ces cas, le don d’ovocytes offre une chance de grossesse en utilisant des ovocytes provenant d’une donneuse en bonne santé, tout en permettant à la future mère de vivre la grossesse et d’accueillir un bébé qui se développera dans son utérus (c’est elle qui le portera durant 9 mois !).

Et pendant cette période, énormément de choses se jouent entre la mère et son bébé : microchimérisme foetal, avec un échange de cellules entre la mère et son bébé, mais aussi épigénétique, c’est-à-dire la modification de nos gènes liée à notre environnement et à nos habitudes de vie, qui commence dès la vie in utero 🙂

Bref tout n’est pas qu’une question de gènes, et la grossesse est une période de transmission incroyable <3.


qui peut donner ses ovocytes

Qui peut donner ses ovocytes ?

En France, toute femme en bonne santé, qui a entre 18 et 37 ans, avec ou sans enfant peut procéder au don d’ovocytes. Si la donneuse est en couple, son conjoint doit donner son accord.

Bien sûr, un bilan médical complet est réalisé pour vérifier l’absence de maladies génétiques transmissibles et de contre-indications médicales.

Le don doit être volontaire, libre et gratuit : contrairement à d’autres pays, aucune rémunération n’est prévue, mais les frais médicaux et les déplacements sont pris en charge.

Selon l’Agence de la Biomédecine, les besoins sont importants puisqu’en 2022, plus de 2000 personnes étaient en attente d’un don d’ovocytes, pour seulement 900 donneuses sur la même année.


qui peut bénéficier d'un don d'ovocytes

Qui peut bénéficier d’un don d’ovocytes ?

En France, tous les couples homme/femme peuvent bénéficier d’un don d’ovocytes, et depuis la révision de loi de bioéthique de 2021, c’est également le cas des femmes célibataires et des couples de femmes, dans le cadre d’une PMA (Procréation Médicalement Assistée).

Il n’y a pas d’âge légal strict pour avoir accès au don d’ovocytes, mais les centres de PMA appliquent généralement une limite autour de 43 à 45 ans, afin de maximiser les chances de réussite.

Néanmoins, beaucoup de femmes se tournent vers d’autres pays, comme l’Espagne ou encore le Danemark, dans lesquels les délais sont bien plus courts.


Comment se passe le don d’ovocytes ?

Le don d’ovocytes est un protocole qui peut paraître assez impressionnant, à la fois pour les donneuses et pour les couples en attente : on va vous expliquer pas à pas comment ça se passe, des deux côtés du don 🙂

protocole don ovocytes donneuse

Le protocole de don d’ovocytes pour la donneuse

Ce protocole est bien sûr propre à la France, cela est différent selon les pays. 

Pour commencer, la donneuse prend contact avec un centre de don d’ovocytes, qui peut être un Cecos ou une clinique de PMA.

Ensuite, la donneuse se rend à un premier rendez-vous de présentation et d’informations autour du don d’ovocytes (notamment sur le protocole et les examens à prévoir).

La troisième étape est le bilan médical et génétique, afin de s’assurer que la « candidate » peut effectivement donner ses ovocytes. L’examen médical comprend un bilan hormonal, une échographie des ovaires, un dépistage pour les infections sexuellement transmissibles, ainsi qu’un examen génétique. En parallèle, la donneuse peut prendre rendez-vous avec un(e) psychologue, mais cette étape est facultative.

Pour une femme seule ou un couple de femmes, un passage chez le notaire est obligatoire avant le don, afin de bien protéger légalement la filiation. Ce n’est pas le cas pour les couples hétérosexuels, la femme recevant le don et vivant la grossesse étant considérée légalement comme la maman de l’enfant. 

Si tous les voyants sont au vert, le protocole de don peut véritablement démarrer ! La donneuse passe tout d’abord par une stimulation ovarienne, avec des injections hormonales à faire pendant environ 10 jours. Des prises de sang + des échographies sont réalisées pour surveiller son cycle menstruel et la maturation des ovocytes et une fois qu’ils sont prêts, on procède à l’injection d’hormone bêta HCG (qui est très proche de la LH sur le plan moléculaire, la LH étant l’hormone qui permet l’ovulation) environ 36h avant la ponction.

Vient enfin la ponction proprement dite ! Elle est réalisée sous anesthésie générale ou locale et un médecin prélève les ovocytes à l’aide d’une aiguille guidée par échographie. L’intervention dure 15 à 20 minutes, mais il est important de rester ensuite quelques heures sous surveillance, puis de ne rien faire d’ultra-intense sur le reste de la journée.

Pour finir, les ovocytes sont congelés et attribués à une femme en attente d’un don 🙂

Pour la donneuse, il faut compter environ 2 à 3 mois entre le premier rendez-vous et la ponction ovocytaire, mais cela peut varier en fonction du protocole médical et des délais des centres de PMA.

protocole don d'ovocytes couple receveur

Le protocole de don d’ovocytes pour le couple receveur / la femme receveuse

Voyons ensuite comment les choses se déroulent pour le couple ou la femme seule en attente d’un don ! Là encore, pour la France, tout commence dans un centre de don d’ovocytes, avec un premier entretien avec l’équipe médicale, afin de détailler les étapes du don, les chances de réussite et les délais d’attente (qui sont, on l’a dit, malheureusement assez longs, par manque de dons), ainsi que les implications légales et éthiques. En effet, par exemple, en France, même si le don est anonyme, la révision de la loi relative à la bioéthique de 2021 permet désormais aux enfants nés d’un don d’accéder à l’identité de la donneuse à leur majorité.

Deuxième étape, le bilan médical et psychologique :

  • Pour la future maman : un bilan gynécologique complet est réalisé, comprenant un bilan hormonal, une échographie pelvienne pour évaluer la réceptivité de l’endomètre, un dépistage des IST, et parfois une hystéroscopie, qui est un examen médical qui permet d’explorer l’intérieur de l’utérus à l’aide d’une mini-caméra introduite par le col.

  • Pour le partenaire (si partenaire il y a) : un spermogramme est réalisé pour évaluer la qualité des spermatozoïdes, ainsi qu’un dépistage des IST. Il est parfois nécéssaire d’avoir recours au double don de gamètes, avec un don de spermatozoïdes.

Troisième étape : la femme/le couple est inscrit sur la liste d’attente (avec un délai d’attente de 2 ans en moyenne, en fonction du volume de dons, mais aussi des particularités physiques de la maman). Il faut savoir que les centres priorisent parfois les patientes venues avec une donneuse pour réduire l’attente. Cela s’appelle le « don croisé » mais bien sûr, la donneuse donnera pour un autre couple/une autre femme ! De même, si la patiente a une indication médicale urgente (ex : ménopause précoce, cancer…), un passage prioritaire peut être envisagé.

L’équipe médicale sélectionne ensuite les ovocytes, une fois qu’une donneuse compatible est trouvée. Ses ovocytes sont fécondés avec le sperme du conjoint ou d’un donneur (si nécessaire). On essaye de faire correspondre les caractéristiques physiques de la donneuse avec celles de la receveuse (couleur de peau, cheveux, yeux…, on appelle cela l’appariement) et les embryons obtenus sont congelés en attendant le transfert.

Vient ensuite l’étape de préparation de l’utérus de la future maman et pour cela, tout dépend de si son cycle est naturel ou artificiel !

  • Cycle artificiel : on donne à la future maman des oestrogènes de synthèse, qui permettront de bien épaissir l’endomètre, ainsi que de la progestérone de synthèse quelques jours après le transfert pour favoriser l’implantation. Le cycle est très souvent bloqué et induit artificiellement (avec du Clomid, de l’Ovitrelle, etc.) afin que l’équipe médicale puisse bien contrôler tout le protocole et implanter l’embryon au bon moment.

  • Si le cycle est naturel, le gynécologue le surveille « simplement » par échographie + un bilan hormonal, là encore pour réaliser l’implantation ni trop tôt, ni trop tard.

Quand l’endomètre est prêt (avec une épaisseur supérieure à 7 mm), le transfert est programmé ! Au moment du transfert, l’embryon est décongelé et transféré à l’aide d’un cathéter fin. Il s’agit là encore d’une intervention rapide (10 min), mais indolore et réalisée sans anesthésie. Ensuite, le repos est conseillé, mais il n’y pas d’obligation stricte !

test de grossesse

Enfin, dernière étape et non des moindres, l’attente de 10 à 14 jours avant de pouvoir (enfin) faire une prise de sang pour détecter l’hormone beta hCG, « l’hormone de grossesse ». On sait à quel point elle est longue cette attente !! Elle est néanmoins nécessaire, car ce n’est qu’au bout de ce laps de temps que les bêta hCG sont sécrétés en quantité suffisante pour être détectés par le test de grossesse.

  • Si le test est positif : la grossesse a démarré, et est suivie de manière classique par l’équipe médicale.

  • Si le test est négatif : il est possible de refaire un transfert avec un embryon restant (si plusieurs embryons avaient été obtenus et congelés).

Si vous êtes dans cette phase d’attente, on vous envoie toutes nos bonnes ondes !! Idem bien sûr si vous êtes dans l’attente d’une donneuse, on vous envoie sincèrement toute notre force <3


Témoignages (précieux !) de femmes ayant reçu un don d’ovocytes

En complément de toutes ces informations très théoriques et médicales autour du don d’ovocytes (qui peuvent donner le tournis, on vous l’accorde !), il nous tient à coeur de vous partager les témoignages de Claire, Julie et Céline qui ont pu faire famille grâce à ce protocole 🙂

Elles nous partagent leur parcours (en France et ailleurs), mais aussi tous leurs doutes, leurs questionnements et les émotions qui les ont traversées. Car oui, se lancer dans cette démarche n’a rien d’anodin, et derrière chaque don, il y a aussi toute une histoire, celle des couples et des femmes qui sont passés par là. Merci infiniment à elles !

Il s’agit d’un épisode hyper émouvant, à écouter absolument, que vous soyez dans l’attente d’un don d’ovocytes ou non, ou vous vous posiez la question de donner vos ovocytes 🙂


questions fréquentes don d'ovocytes

Pour résumer – Questions fréquentes


Pour conclure, le don d’ovocytes est une démarche généreuse qui offre une chance précieuse à celles et ceux dont les ovocytes ne permettent pas d’entamer une grossesse. Ce n’est pas une décision anodine, ni pour la donneuse, ni pour les futurs parents, mais c’est la preuve que les avancées scientifiques et médicales ouvrent de nouvelles possibilités 🙂 Malgré un diagnostic parfois difficile à encaisser, il existe des solutions pour fonder une famille et garder espoir (et ça, c’est précieux !)<3

On espère que cet article aura répondu à vos questions sur le don d’ovocytes ! Et si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les poser en commentaires 🙂

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Auteur/autrice de l’image

Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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