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Fertilité de la femme : tout ce qu’il faut savoir pour la maîtriser et l’optimiser

A l’école, on nous apprend des choses aussi utiles au quotidien que les grands lacs d’Amérique, le théorème de Thalès ou encore comment doser un solvant par étalonnage (si si, rappelez vous !), mais alors le fonctionnement du corps de la femme et de sa fertilité : zéro !

Aussi bien qu’on se retrouve la vingtaine passé à n’avoir presque aucune idée de comment et quand on ovule, quand et au bout de combien de temps on peut tomber enceinte et quand il faut commencer à s’inquiéter.

Ainsi, une étude menée par l’Université de Yale a révélé que 40% des femmes en âge de concevoir sont préoccupées quant à leur capacité à avoir un bébé, que 50% ont des perceptions erronées sur l’optimisation de la conception et ignorent l’importance de préparer son corps à une grossesse ou encore que 20% n’ont pas conscience des effets négatifs du vieillissement sur la fécondité.

Cela conduit près d’un couple sur quatre à rencontrer des difficultés à concevoir pendant plus d’un an. 

Vous faites partie de ces stressées de la fertilité, de ces désespérées du test négatif ou vous avez juste envie de remettre vos idées en place sur la période ovulatoire et la façon dont “on fait les bébés” ?

On vous explique tout !


La fertilité de la femme : une machinerie bien huilée 

On appelle “fertilité” la capacité d’une femme (et d’un homme) à se reproduire. 

Du côté de la femme, qui nous intéresse ici, il faut que ses ovaires soient en mesure de libérer un ovule sain qui va migrer dans les trompes de Fallope, où il pourra être rencontré par un spermatozoïde. Si cette fécondation a lieu, l’embryon ira se loger dans l’utérus. 

Une bonne fertilité implique donc tout d’abord un appareil reproductif en bon état et un jeu hormonal bien réglé, puisque tout cela est guidé par des hormones

En plus de ces données qu’on ne maîtrise pas, la fertilité de la femme dépend de facteurs environnementaux (âge, habitudes de vie, poids, stress, etc.).

Le saviez-vous ? Tout est en place dès la naissance de la femme : elle a en stock près de 2 millions de follicules à l’intérieur de ses ovaires, dont environ 450 deviendront des ovules. Les autres sont détruits au fil des années. Incroyable non ? Tout est là dès l’origine !

Chaque mois, le corps d’une femme passe la première partie du cycle à préparer un ovule et la seconde partie à construire un nid pour accueillir un éventuel embryon, si l’ovule devait être fécondé par un spermatozoïde. Ce n’est que s’il réalise qu’aucun oeuf n’est venu s’implanter qu’il évacue ce nid, donnant lieu aux règles. 

En d’autres termes, lors de chaque cycle, votre corps travaille d’arrache-pied pour concevoir un bébé, l’arrivée d’un nouveau cycle avec des menstruations étant le signe que ce n’était pas pour cette fois ; )


La période de fécondité de chaque cycle ne dure que 6 jours

Les femmes ne sont donc fertiles qu’une partie de leur vie, environ 40 ans entre leur puberté et leur ménopause, contrairement aux hommes qui restent fertile jusqu’à leur mort.

Autre différence de taille entre les deux sexes : les hommes peuvent concevoir n’importe quel jour alors que les femmes n’ont qu’une période de fécondité limitée chaque mois.

phase folliculaire standard
Période de fécondité de la femme en rose foncée (autour de l’ovulation)
période de fécondité de l'homme
Période de fécondité de l’homme, en continu

En effet, l’ovulation n’a lieu qu’une fois par cycle et l’ovule ne vit que 12 à 24h. C’est donc à ce moment là et lui seul qu’il faut qu’un spermatozoïde vienne à sa rencontre !

Pour autant, la fenêtre de fertilité est plus large que cela pour deux raisons : 

  • Les spermatozoïdes ont une durée de vie allant jusqu’à 5 jours lorsqu’ils dans un environnement fertile, c’est-à-dire les jours qui précèdent l’ovulation, au cours desquels la femme produit une glaire cervicale fertile. Autrement dit, un rapport 5 jours avant l’ovulation peut donner lieu à une grossesse, un spermatozoïde ayant sagement attendu jusque là !
  • L’ovule peut vivre jusqu’à 24h, donc un rapport le lendemain de l’ovulation peut également être fécondant.

Cela donne une fenêtre de fertilité qui s’étale sur 6 jours (sur 22 à 35 jours que durent un cycle, la moyenne étant autour de 28 jours), qu’il est important de bien identifier lorsque l’on souhaite tomber enceinte. Or, ce n’est hélas pas une information très connue des femmes, l’étude citée plus haut ayant révélé que seules 10% des femmes savent à quel moment précis elles doivent privilégier les rapports pour optimiser la conception. 

Cette fenêtre se trouve à peu près à la moitié du cycle (qui démarre le 1er jour des menstruations), mais il n’existe absolument pas de règle absolue selon laquelle l’ovulation interviendrait le 14e jour. Chaque femme et chaque cycle sont uniques ! Pas de panique pour autant, on vous explique comment identifier que vous vous apprêtez à ovuler. 


Il existe des méthodes naturelles pour identifier sa période ovulatoire

Quand on cherche à tomber enceinte, on a tendance à se ruer sur des applis permettant d’anticiper la fenêtre d’ovulation, ce qui n’est absolument pas fiable !! Partir du principe que le cycle de la femme est prévisible est assez utopique, et seule une observation au jour le jour des signes renvoyés par son corps permet d’identifier avec certitude la montée vers l’ovulation :

  • La production de glaire cervicale, qui est produite par le col de l’utérus dans les jours qui précèdent l’ovulation et dont l’aspect devient de plus en plus humide et glissant pour atteindre un pic le jour de l’ovulation : seule une glaire fertile de qualité permet de conserver les spermatozoïdes en vie jusqu’à 5 jours ; en période infertile, l’acidité du vagin les tue en quelques minutes ;
  • La courbe de température au réveil, qui permet de confirmer l’ovulation (la température augmente de 0,2 à 0,5°C juste après l’ovulation, sous l’effet de la progestérone) ;
  • La position du col de l’utérus, qui est fermé, dur et bas pendant la période infertile et qui s’ouvre, remonte et se ramollit lors de l’ovulation ;
  • Les signaux renvoyés par le corps (douleurs d’ovulation, seins tendus, ganglions au niveau de l’aine, spotting d’ovulation, libido en flèche, vulve plus douce et plus gonflée).

Lorsqu’on est à l’écoute de son corps, il est donc tout à fait possible de connaître son pic de fertilité en toute autonomie et d’adapter sa sexualité en conséquence (favoriser les rapports sexuels si on cherche à tomber enceinte, ou au contraire éviter les rapport non protégés si on est dans une logique de contraception). 

Il est également possible de recourir à un test d’ovulation (LIEN), solution plus coûteuse et plus galère au quotidien, qui va tester dans vos urines la présence de l’hormone LH, qui commence à être sécrétée 36h avant l’ovulation.

Si malgré ces méthodes vous rencontrez des difficultés à concevoir pendant plus d’1 an, il est conseillé de faire un bilan de fertilité auprès d’un gynécologue. Plusieurs facteurs peuvent en effet expliquer une fertilité réduite. 


La femme n’est fertile qu’entre la puberté et la ménopause, et sa fertilité décroît avec l’âge

Vous l’avez compris, la fécondité d’une femme n’est pas un processus continu, contrairement à celle de l’homme. Elle s’étend entre la puberté, à partir de 11 ans environ, et la ménopause vers 50 ans, et va decrescendo pendant cette période, la réserve d’ovules diminuant progressivement, en quantité et en qualité. 

L’âge joue donc un rôle majeur dans la fertilité féminine. Ainsi, selon une étude américaine

  • Jusqu’à 26 ans, la probabilité de grossesse serait de 50% par cycle 
  • Entre 27 ans et 34 ans elle serait de 40%
  • Entre 35 ans et 39 ans elle passerait à 30%
  • Après 40 ans, la fertilité déclinerait lentement jusqu’à la ménopause

Ces chiffres varient d’une étude à l’autre, ils sont donc à prendre avec des pincettes. La seule conclusion à en tirer : plus on avance en âge, plus on peut mettre de temps avant de tomber enceinte. Raison pour laquelle il ne faut pas s’inquiéter si ça ne fonctionne pas dès le premier essai et persévérer au moins 1 année (6 mois après 35 ans) avant de mener des investigations plus complémentaires.  


Les autres causes de baisse de la fertilité et comment la booster

L’âge n’est toutefois pas le seul facteur jouant sur la fertilité de la femme. On recense aussi : 

  • Le poids, aussi bien le surpoids qu’un poids insuffisant
  • Le stress, qui réduirait de 40% les chances de concevoir selon une étude
  • La fatigue
  • La consommation de tabac, de drogue
  • Des maladies ou anomalies affectant l’appareil reproductif (endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, déséquilibre hormonal, polypes, fibromes, blocage des trompes, insuffisance ovarienne, infection au chlamydia, etc.)
  • D’autres maladies chroniques (thyroïde, diabète notamment)

Au delà de ces derniers cas, pour lesquels on vous conseille évidemment d’en parler avec un professionnel de santé, il existe dès lors de nombreuses techniques qui ne dépendent que de vous pour booster votre fertilité et optimiser vos chances de tomber enceinte : 

  • Evacuer son stress, notamment grâce au sport
  • Ne pas faire pour autant TROP de sport 
  • Contrôler votre poids (ni trop ni pas assez)
  • Adopter une bonne alimentation et une bonne hygiène de vie (cela augmenterait de 69% les chances d’avoir un bébé !)
  • Bien dormir 
  • Diminuer votre exposition aux toxines (notamment dans la nourriture, les cosmétiques, les produits ménagers, etc.)
  • Limiter l’alcool et le café
  • Arrêter la cigarette et drogue 
  • Éviter les infections sexuellement transmissibles en se protégeant lors des rapports
  • Prendre une supplémentation en acide folique 
  • Faire des check-up réguliers avec votre gynéco / sage femme
Ouverture et fermeture de la fenêtre de fertilité à chaque cycle

Fertilité femme : apprenez à la dompter !

Si la fertilité a une part de fatalité (elle baisse avec l’âge, on n’y peut rien, après 30 ans, un bébé peut être un peu plus long à arriver), elle n’est toutefois pas aussi abstraite et vouée au destin qu’on ne l’imagine !

Chaque femme peut prendre sa fertilité en main, l’observer et la booster, pour accentuer ses chances de tomber enceinte (mais aussi pour adopter une contraception naturelle, si elle ne souhaite pas avoir de bébé). En effet, quand on comprend que la femme n’est fertile que 6 jours par mois alors que l’homme l’est en continu, on se demande un peu pourquoi c’est à elle de prendre une contraception au long court….

Vous voulez en savoir plus sur votre fertilité et les façons de la maîtriser ? Vous avez encore des questions ou une expérience à partager ? Venez nous en parler en commentaire !

4 réflexions au sujet de “Fertilité”

  1. Bonjour,

    Tout d’abord, merci pour ce site internet, il est vraiment génial.

    Voilà trois mois que j’essaye de tomber enceinte, sans succès. Rationnellement, je sais qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que mes propos pourraient sembler risibles.
    Pourtant, je suis terrifiée et persuadée que ça n’ira jamais et ça me mine le moral.
    Mon conjoint et moi avons 28 ans. Je suis nutrithérapeute, j’ai donc adopté ces dernières années des habitudes de vie seines, je fais du sport, je dors bien, je mange sainement, je ne fume pas, je ne prends plus la pillule ni aucune hormone depuis mes 19 ans. Nous prenons tous les deux les compléments alimentaires adaptés. Nos rapports ont eu lieu le jour-même ou le jour avant mon ovulation. L’examen gynéco pré-conceptionnel s’est révélé normal.

    Il est vrai que je bois une à deux tasses de café par jour et que je bois 2-3 verres de vin, 2 à 3x par semaine, mais je vais arrêter. Pensez-vous que ces quantités puissent influer sur ma fertilité ?

    J’ai aussi une tendance à l’hyper-oestrogénie (SPM, règles abondantes, seins douloureux, crampes), mais qui s’est calmée ces derniers temps. Pensez-vous que l’hyper-oestrogénie peut jouer dans la fertilité ?

    J’ai l’impression qu’il n’y a plus grand a faire de naturel pour améliorer notre situation, que l’on fait déjà tout « comme il faut ». Donc je me sens démunie.
    Je sais qu’il est trop tôt pour faire des tests, et qu’il est aussi trop tôt pour entamer un suivi psychologique (dont j’aurais peut-être besoin, au final)…
    Je ne sais pas quoi faire pour me libérer de ces pensées négatives et de cette incertitude.

    Quelles pratiques pourrais-je encore adopter pour me sentir mieux et optimiser nos chances de concevoir ? Existe-t-il des méditations guidées spécifiques à cette situation, ou autre chose ?

    Merci

    Répondre
    • Bonjour Florence,
      Merci pour ton message ! Alors déjà, une femme chez qui tout va bien à 1 chance sur 5 de tomber enceinte à chaque cycle (si elle a des rapports au moment de l’ovulation bien sûr). Rien d’alarmant à ce que ça n’arrive pas tout de suite donc !
      Ensuite, il peut y avoir un souci côté homme, ce n’est pas toujours la femme qui a des difficultés de fertilité.
      Enfin, effectivement une hyper oestrogénie peut gêner l’ovulation, ou au moins faire que l’ovule sera de moins bonne qualité. Cela peut en revanche se corriger grâce à des outils naturopathiques, on peut en discuter si tu le souhaites !

      Répondre
  2. Bonjour,

    J’ai eu un stérilet en cuivre pendant 4 ans et il y a un mois de cela je l’ai enlevé.

    Cela fait plus d’un an et demi que je n’ai plus mes règles et avec mon mari on aimerait concevoir. Après avoir fait des tests hormonaux et une échographie il apparaît que tout est normal. Cependant ma gyneco m’a dit que sans règles je ne pourrai pas tomber enceinte…

    Savez-vous si tant que me règles ne reviennent pas avoir un enfant ne sera pas possible ?

    Merci d’avance !

    Répondre
    • Bonjour Carine,
      Effectivement, l’absence de règles signifie que vous êtes actuellement en aménorrhée, c’est-à-dire que votre cycle n’a pas encore retrouvé son rythme naturel.
      En fait, les règles répondent à l’équation suivante : ovulation + absence de fécondation = règles 14 jours plus tard.
      Donc pas de règles = pas d’ovulation, donc pas de fécondation possible
      Cela étant, il est possible de travailler, notamment en naturopathie, pour essayer de rééquilibrer les hormones et retrouver un cycle. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à m’envoyer un email pour en discuter (on peut aussi échanger par téléphone, je propose des appels de découverte de 15 min qui sont bien sûr gratuits – vous pouvez en réserver un ici : https://calendly.com/laurene-emancipees/15min)
      A très bientôt !

      Répondre

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