L’ovulation, résultat de tout un dialogue hormonal entre le cerveau et les ovaires, est l’événement qui détermine la période de fertilité d’une femme au cours du cycle menstruel.
Une femme est fertile environ 6-7 jours par cycle menstruel : la glaire cervicale maintient les spermatozoïdes en vie durant 5 jours environ avant l’ovulation et l’ovule reste en vie durant les 12-24 heures qui suivent sa libération.
On ne peut pas calculer ou prédire la date de l’ovulation, car cette dernière peut varier d’une femme et d’un cycle menstruel à l’autre. Certaines femmes ovulent très rapidement après leurs règles, quand d’autres ovulent plus tardivement.
On peut néanmoins voir venir l’ovulation grâce à la glaire cervicale, qui est une sécrétion produite par le col de l’utérus qui évolue au cours du cycle menstruel et devient plus abondante, translucide, étirable et lubrifiée à l’approche de l’ovulation. C’est elle qui nous indique que la fenêtre de fertilité s’ouvre et que l’on peut potentiellement tomber enceinte en cas de rapport sexuel non protégé.
Que l’on soit en désir de grossesse ou pas, il existe une question universelle : à quel moment de mon cycle menstruel suis-je vraiment fertile, et quel est le laps de temps qui s’écoule entre les règles et l’ovulation proprement dite, afin d’adapter le timing des rapports en fonction de l’objectif visé ?
Cette question est effectivement très intéressante, car pour y répondre de manière précise, il faut se plonger dans le déroulé du cycle menstruel, le dialogue hormonal entre notre cerveau et nos ovaires, et notre physiologie féminine, tout simplement 🙂 Spoiler : il n’y a pas de réponse universelle, mais promis, on va vous donner toutes les clés pour mieux comprendre votre fertilité et avoir votre réponse personnalisée à cette question !
La phase lutéale, ou phase post-ovulatoire, est la phase du cycle menstruel comprise entre l’ovulation et les règles
Elle est dominée par la progestérone, sécrétée par le corps jaune.
Elle dure généralement entre 11 et 16 jours.
Elle peut être plus longue en cas de début de grossesse, ou plus courte en cas d’insuffisance en progestérone.
Une phase lutéale courte pose problème en cas d’essai bébé, mais aussi chez toutes les femmes de manière générale, car la progestérone présente des bienfaits essentiels pour notre santé physique et mentale.
Des solutions sont disponibles pour allonger la phase lutéale, qu’il s’agisse de la prise d’un traitement à base de progestérone de synthèse ou d’ajustements d’hygiène de vie.
Il est communément admis que les règles surviennent 14 jours après l’ovulation : mais si on vous disait que cette idée reçue est fausse ? En effet, ce principe est essentiellement vrai dans les manuels de SVT, mais ne s’applique pas du tout à toutes les femmes !
Dans ce qui suit, on va tout vous expliquer sur la durée de la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire) : sa durée « optimale » (qui se situe plutôt entre 11 et 16 jours en réalité), mais aussi les raisons qui peuvent expliquer pourquoi elle peut être plus longue (ce qui est souvent une bonne nouvelle, en tout cas quand on souhaite une grossesse !) ou plus courte (et ça, c’est plus problématique !).
🍿 Si la qualité de votre phase lutéale vous intéresse, sachez que sa durée n’est que l’un des critères à prendre en compte : dans la vidéo Youtube ci-dessous, je vous liste les autres paramètres à prendre en compte !
La température du corps évolue au cours du cycle menstruel, sous l’influence des hormones féminines et surtout de la progestérone.
Après l’ovulation, la température augmente, en réaction à la sécrétion de progestérone qui nous prépare à la grossesse. Si l’ovule n’a pas été fécondé, la progestérone chute et la température redescend juste avant les règles.
Certaines femmes constatent néanmoins que leur température reste haute pendant leurs règles, alors que la progestérone est censée être au plus bas : cela peut venir d’une inflammation sous-jacente (causée par une endométriose, des douleurs de règles ou autre), d’une légère fièvre ou encore d’un début de grossesse !
Lorsqu’on s’intéresse un peu à son cycle menstruelet à la symptothermie, on ne peut pas passer à côté dela température, qui évolue au fil du cycle menstruel, avant et surtout après l’ovulation. En effet, cette méthode d’observation du cycle combine l’observation de la glaire cervicaleet de la température pour confirmer qu’on a bien ovulé, et s’avère précieuse pour suivre sa fertilité.
En symptothermie, on apprend aussi que la température baisse au moment des règles, ce qui témoigne de la chute hormonale de la fin du cycle menstruel (et permet de savoir quand glisser une serviette dans son sac à main ou enfiler une culotte de règles, juste avant leur arrivée !). Néanmoins, il arrive parfois que la température ne suive pas cette tendance et qu’elle se maintienne haute pendant les règles !
Pourquoi, qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce forcément le signe d’un déséquilibre hormonal ? On vous explique !
La température basale : qu’est-ce que c’est ?
Pour bien comprendre, reprenons les bases : qu’est-ce que la température basale ? Il s’agit tout simplement de notre température corporelle au repos, notre température de base quand on ne fait rien.
On la mesure généralement au réveil car c’est là où elle est la plus basse, avec un thermomètre à double décimale. Néanmoins, grâce aux avancées technologiques et aux thermomètres connectés comme le Trackle ou le Tempdrop, on peut désormais la mesurer tout au long de la nuit, quand on dort (et qu’on est vraiment en période d’inactivité physique !).
La température basale est l’un des deux critères de la symptothermie pour repérer l’ovulation, avec la glaire cervicale. En effet, sous l’effet de la progestérone sécrétée après l’ovulation, notre température corporelle augmente légèrement, d’environ 0,3 degrés.
Comment prendre sa température pour suivre son cycle menstruel et son ovulation ?
La température corporelle est donc un indicateur précieux de l’ovulation, qui nous permet de savoir si on est en phase pré-ovulatoire ou post-ovulatoire. Néanmoins, pour qu’elle soit la plus fiable possible, il est important de respecter certains principes pour la prendre correctement :
Il faut la prendre tous les matins au réveil, sans poser le pied par terre, après minimum 1h de sommeil ou de repos allongée.
Il est important de prendre sa température toujours à la même heure, ou du moins dans une fenêtre d’1h30, avant ou après son heure de prise habituelle.
Il est essentiel d’utiliser un thermomètre basal à double décimale : en effet, l’augmentation de température est subtile, de l’ordre de quelques dixièmes ! Un thermomètre classique ne sera pas assez précis pour vous indiquer la hausse de température basale liée à l’ovulation.
Vous pouvez prendre votre température par voie buccale, vaginale ou rectale.
On ne change pas de thermomètre ou de zone de prise de température en cours de cycle, au risque de tout fausser !
Cela peut paraître un peu rigide, mais cela demande plutôt de la rigueur sur les premiers cycles : une fois que vous aurez pris l’habitude de checker votre température quotidiennement, cela deviendra un réflexe (comme celui de vous brosser les dents ou de prendre votre pilule à heure fixe ;)).
Et, comme évoqué plus haut, on peut désormais se faciliter la vie, en utilisant un thermomètre connecté qui prend votre température pendant votre sommeil. D’ailleurs, si le Tempdrop vous intéresse, on a imaginé un mini-atelier pour vous permettre de vous en servir de manière fiable pour la symptothermie !
Comment évolue la température au cours du cycle menstruel et pendant les règles ?
Notre température corporelle évolue tout au long du cycle, sous l’influence des hormones en présence selon les phases du cycle menstruel !
Durant la phase folliculaire (pré-ovulatoire et ovulatoire), ce sont lesoestrogènes qui sont prédominants, sécrétés par les follicules en développement dans nos ovaires. Les oestrogènes n’ont pas de réel impact sur la température corporelle au réveil.
En revanche, une fois que l’ovulation a eu lieu, les choses changent ! Pendant la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire), laprogestérone est sécrétée par le corps jaune (l’enveloppe du follicule qui a libéré son ovocyte) : le rôle de cette précieuse hormone est de maintenir une éventuelle grossesse, et elle a pour effet (entre autres) de provoquer une augmentation de la température. Elle nous met en mode « couveuse » pour qu’un embryon puisse se développer !
Ainsi, sur la courbe de température, on peut clairement voir un plateau bas (qui correspond à la phase pré-ovulatoire) et un plateau haut, qui prouve que l’ovulation a bien eu lieu (toujours en double contrôle avec la glaire cervicale bien sûr !). La température monte de 0,3 degrés environ et se maintient sur un plateau stable jusqu’aux règles. Ce décalage thermique est un bel indicateur de la fertilité et que l’ovulation est derrière nous !
Néanmoins, si vous voyez que votre température vient de monter et que vous souhaitez tomber enceinte, ne jetez pas l’éponge tout de suite : en effet, l’ovule ayant une durée de vie de 24 heures (grand maximum), vous restez fertile le premier jour de votre phase lutéale (votre premier point haut) ! D’ailleurs, en symptothermie, on considère que la fenêtre de fertilité ne se referme qu’après 3 points hauts sur la courbe de température, par précaution.
À noter également que la hausse de la température se produit généralement le lendemain de l’ovulation (29% des cas selon le graphique ci-dessous) : toutefois, elle peut aussi survenir le jour de l’ovulation proprement dite (27%) ou le surlendemain (24%). Plus rarement, l’ovulation peut aussi se produire le lendemain de la hausse de la température, au deuxième point haut (11% des cas observés), d’où l’intérêt d’avoir 3 points hauts pour bien valider la clôture de la fenêtre de fertilité !).
S’il n’y a pas eu de grossesse, le corps jaune, qui a une durée de vie limitée (maximum 16 jours) s’essouffle au bout de quelques jours et la progestérone commence à diminuer : quand elle atteint un seuil minimal, la température corporelle baisse à nouveau. C’est un indice que les règles sont sur le point de débarquer !
En revanche, en cas de grossesse, la température basale se maintient sur un plateau haut. En effet, la beta hCG sécrétée par le trophoblaste (le futur placenta) commande au corps jaune de se maintenir et de continuer à sécréter de la progestérone !
Pourquoi la température corporelle ne baisse pas pendant les règles ?
On vient de le dire, la température basale est censée redescendre à l’approche des règles, la veille ou le jour J, signe que la progestérone n’est plus là pour maintenir l’endomètre et qu’il peut se détacher. Cependant, il y a des exceptions à cette règle ! Certaines femmes constatent en effet que leur température basale se maintient sur un plateau haut, alors qu’elles ne sont pas enceintes et que leurs menstruations ont débuté. Quelles sont les raisons à cela ?
Une inflammation
La température basale peut mettre un peu plus de temps à redescendre en cas d’inflammation : en effet, cet état d’hyper-vigilance et de réparation du corps provoque elle aussi une légère montée de température. C’est notamment le cas si vous souffrez d’endométriose, de syndrome prémenstruel ou « simplement » de règles douloureuses.
Pour évacuer l’endomètre (la muqueuse utérine), le corps fait intervenir des prostaglandines, qui provoquent les contractions de l’utérus. Pour être plus précise, on a deux types de prostaglandines : des prostaglandines inflammatoires (qui sont nécessaires en cas de blessure et dans les processus de réparation/guérison du corps, ou pour permettre les contractions utérines, par exemple) et des prostaglandines anti-inflammatoires, qui temporisent leurs consoeurs et évitent notamment des contractions trop violentes, qui seraient trop douloureuses.
Sauf qu’en cas d’endométriose, de SPM ou de règles douloureuses, on constate qu’elles ont du mal à faire « tampon » et qu’il y a un déséquilibre entre prostaglandines anti et pro-inflammatoires ! On est donc en situation d’inflammation au moment des règles, qui va faire monter un peu la température, et donner l’impression de retarder la baisse de la température basale liée à la chute de la progestérone. En fait on serait plutôt sur une sorte de “relai”, la progestérone cédant la place à l’inflammation pour faire grimper légèrement la température.
Une grossesse biochimique
Il arrive parfois qu’il y ait une fécondation lors de l’ovulation, mais que l’ovule fécondé s’implante dans l’utérus sans parvenir à se développer. Dans ce cas, on parle de grossesse biochimique, lorsque la grossesse est arrêtée à un stade très précoce, tellement précoce qu’on ne s’en rend parfois pas compte, car l’embryon est directement « évacué » avec le sang des règles (règles qui peuvent d’ailleurs être légèrement en retard).
Toutefois, si l’ovule a été fécondé mais que la nidation n’a pas tenu, le corps jaune peut encore produire un peu de progestérone pendant quelques jours, maintenant la température élevée, même si des saignements surviennent.
D’autres éléments perturbateurs qui faussent la courbe de température
Un sommeil de mauvaise qualité/agité (ce qui arrive souvent lorsque nos règles nous font souffrir !), la consommation d’alcool, un dîner un peu trop lourd ou encore le stress (qu’il soit physique ou émotionnel) peuvent aussi perturber la température basale et retarder sa baisse.
Une infection ou une maladie (un rhume, une grippe, une angine, etc.) peuvent potentiellement provoquer un peu de fièvre (même légère) qui vient totalement perturber la température corporelle à la hausse. Dans ce cas ce sera une exception, sur un cycle, avec une température qui ne chute pas avant les règles, du fait de cette légère fièvre.
Des « règles » qui sont en fait des spottings de fin de cycle menstruel
En fin de cycle menstruel, nous sommes nombreuses à remarquer des petites pertes de sang (souvent brun), qui font de légères tâches dans nos sous-vêtements : on pense alors que les règles ont démarré, mais il n’en est rien !
En effet, les spottings ne sont pas des menstruations : ces légers saignements proviennent de la baisse de la progestérone, qui n’est plus suffisamment présente pour bien maintenir l’endomètre, qui commence à se détacher. Mais la progestérone ne chute pas encore totalement, donc les règles n’arrivent pas tout de suite, ce sont juste des petites pertes de sang.
Ces spottings font partie de la fin de la phase post-ovulatoire et les règles démarrent véritablement au premier jour du saignement bien franc, qui nécessite une protection menstruelle 🙂 Il est donc normal que la température basale ne chute pas encore en cas de spottings.
Un début de grossesse
Certaines femmes, en revanche, remarquent des saignements légers et un maintien de leur température corporelle sur un plateau haut, tout simplement parce qu’elles sont enceintes ! Les pertes de sang observées ne sont donc pas des règles, mais des saignements de début de grossesse.
Si vous avez un doute sur un potentiel rapport fécondant et votre température qui ne chute pas 16 jours après l’ovulation, n’hésitez pas à faire un test de grossesse, qui pourra confirmer si une grossesse a débuté !
Pour résumer – Questions fréquentes
Quelle température pendant les règles ?
Il n’y a pas vraiment de température précise à donner que l’on devrait atteindre pendant ses règles et qui vaudrait pour toutes les femmes. Cela dépend de chaque femme, du thermomètre et de la zone de prise de température.
La seule « règle » serait plutôt qu’elle doit normalement être plus basse que pendant la phase lutéale, la phase post-ovulatoire. La courbe de température doit présenter un plateau bas (qui correspond à la phase des règles et la phase pré-ovulatoire), puis un plateau haut, qui correspond à la phase post-ovulatoire.
Pourquoi quand j’ai mes règles j’ai froid ?
On peut en effet ressentir une certaine frilosité pendant ses règles ! Elle peut être due à la chute de la progestérone, qui induit une baisse de la température corporelle, mais aussi à la vasoconstriction qui limite la circulation sanguine dans les extrémités.
On peut également évoquer la perte de fer, qui peut être une cause de fatigue et de frilosité, ainsi que l’impact des prostaglandines qui nous placent en état inflammatoire et peuvent mimer un état de fièvre et des frissons.
Quand baisse la température avant les règles ?
Généralement, la température basale chute le matin du dernier jour du cycle menstruel, donc le matin du premier jour des règles, ou la veille de leur arrivée.
Néanmoins, on l’a vu, certaines femmes voient plutôt leur température basale baisser pendant, voire après les règles !
Comment repérer une grossesse avec sa courbe de température ?
On peut repérer un début de grossesse grâce à sa courbe de température, si on voit que celle-ci ne baisse pas 16 jours après la date de l’ovulation. Bien sûr, un test de grossesse positif sera indispensable pour confirmer ce précieux indice !
On l’a vu, sous l’influence de nos hormones féminines (et surtout de leur chute en fin de cycle), notre température est généralement basse pendant les règles. Néanmoins, on a aussi balayé ensemble toutes les situations qui peuvent expliquer que votre température corporelle ne baisse pas pendant vos règles, ce qui arrive à un certain nombre de femmes ! Si cela se produit à chaque cycle, cela peut venir d’une inflammation sous-jacente ; si c’est plus ponctuel, il est possible qu’un élément perturbateur soit venu chambouler votre courbe de température, ou qu’une grossesse ait débuté !
On espère en tout cas que cela vous aura permis de comprendre qu’au delà des règles très théoriques de la symptothermie, certaines subtilités de nos corps de femme peuvent faire émerger des exceptions à ces règles 🙂 Tenir une courbe de température peut aussi vous aider à comprendre votre corps à vous et déceler d’éventuels signaux qu’il vous envoie sur votre équilibre hormonal, voire à augmenter vos chances de concevoir, en croisant ce précieux indicateur avec la glaire cervicale, selon les règles de la symptothermie pour repérer l’ovulation.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous faites partie des femmes qui voient leur température corporelle chuter en fin de cycle et donc leurs règles se profiler avant la première goutte de sang, ou bien de celles qui constatent que leur courbe de température se maintient pendant les règles, pour chuter ensuite ? Dites-nous tout en commentaire !
Les sources complémentaires
Stanford et al : Obstetrics and Gynecology Vol.101 No 6 pp.1285-1293, 2003.
La LH, ou hormone lutéinisante, est une hormone clé de l’ovulation : son augmentation très rapide permet la rupture du follicule ovarien et la libération de l’ovule.
On peut procéder au dosage de la LH lorsque le cycle menstruel est irrégulier voire à l’arrêt, et/ou en cas d’infertilité.
La LH peut parfois être trop élevée (en cas d’insuffisance ovarienne ou de SOPK par exemple) ou trop basse (en cas de blocage au niveau cérébral, de prise de pilule ou de certains traitements médicaux, ou de grossesse !)
Dans ce cas, le médecin peut préconiser un traitement en fonction de la cause d’une LH « en dehors des clous », en complément d’ajustements d’hygiène de vie.
Les tests d’ovulation, qui se basent sur la détection de la LH, ne sont pas toujours fiables pour détecter l’ovulation (ou du moins difficiles à interpréter).
Quand on parle des hormones féminines, on pense essentiellement aux oestrogènes et à la progestérone, qui sont effectivement capitales pour notre équilibre hormonal, notre fertilité et notre santé globale.
Mais il y a une hormone dont on parle peu, alors qu’elle a elle aussi une mission très importante dans notre cycle menstruel : il s’agit de la LH (ou hormone luténéisante, et luteinizing hormone en anglais, d’où son acronyme), dont le pic (la sécrétion brutale) déclenche l’ovulation ! Sans elle, aucune libération de l’ovule n’est possible et il est très important qu’elle soit sécrétée de manière suffisante… sans être trop élevée non plus !
Dans cet article, on vous explique quelles sont les implications de la LH dans notre fertilité, et dans quels cas elle peut être trop haute ou trop basse. On va aussi revenir sur les fameux tests d’ovulation qui se basent sur la détection de la LH pour déterminer votre fenêtre de fertilité (spoiler, ils ne sont pas toujours très fiables !). Prêtes ? 🙂
Quel est le rôle de la LH au cours du cycle menstruel ?
La LH (ou hormone lutéinisante) fait partie des hormones cruciales de notre cycle menstruel, et donc, de notre fertilité. Elle fait partie des hormones gonadotrophines (c’est-à-dire les hormones qui régulent le fonctionnement des gonades – ovaires chez la femme et testicules chez l’homme – et qui sont produites par l’hypophyse, dans le cerveau), comme la FSH.
Elle est sécrétée à un moment bien précis : la phase ovulatoire, et environ 16 heures avant l’ovulation proprement dite.
Pour rappel, le cycle menstruel est scindé en 4 différentes phases :
Les règles, au cours desquelles l’endomètre se détache et est évacué grâce aux saignements.
La phase pré-ovulatoire (ou folliculaire), durant laquelle le cerveau (et plus précisément l’ hypophyse, une petite glande de notre cerveau) envoie de la FSH aux ovaires pour faire maturer les follicules ovariens. En se développant, les follicules sécrètent des oestrogènes.
La phase ovulatoire, durant laquelle l’un des follicules se développe plus rapidement que ses petits camarades (c’est le follicule de De Graaf) et sécrète beaucoup d’oestrogènes : passé un certain seuil, l’ hypophyse envoie donc la LH en quantité maximale (on parle de « pic de LH ») pour permettre l’ovulation, c’est-à-dire l’expulsion de l’ovule hors du follicule.
La phase post-ovulatoire, durant laquelle l’ovule est capté par le la trompe utérine voisine et s’y « installe », en vue d’une potentielle fécondation par un spermatozoïde. Sa durée de vie est de 12 heures environ : s’il n’est pas fécondé dans ce laps de temps, il se désagrège. Son follicule devient lui le corps jaune, qui sécrète de la progestérone. Sans grossesse, il finit par s’atrophier et les règles surviennent maximum 16 jours après l’ovulation.
La sécrétion de la LH a donc un timing très précis et est orchestrée par le dialogue permanent entre l’hypophyse et nos ovaires. C’est son pic qui permet la rupture de la membrane du follicule et donc l’expulsion de l’ovocyte (qu’on appellera ovule dès qu’il aura quitté l’ovaire !). Sans pic de LH, pas d’ovulation ! C’est aussi elle qui permet la transformation du follicule rompu en corps jaune (jaune = luteum en latin, c’est la raison pour laquelle on parle d’ hormone lutéinisante ;))
Autrement dit, c’est la LH qui est responsable de la sécrétion de progestérone, puisque c’est elle qui transforme le follicule en glande produisant cette hormone dès l’ovulation passée.
Comment doser son taux de LH ?
La LH étant une hormone très importante chez la femme (et chez l’homme aussi, d’ailleurs !), il peut arriver qu’on souhaite la doser, pour voir si son taux est suffisant ou non.
Le dosage est réalisé chez la femme en cas de souci de fertilité, d’aménorrhée (absence de règles – lien), de suspicion de SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ou de périménopause, par exemple.
L’ hormone lutéinisante est généralement dosée en début de cycle menstruel, entre le troisième et le cinquième jour des règles : elle est en effet à son niveau basal à ce moment-là et cela permet également de mesurer, en même temps, la FSH (une autre hormone hypophysaire permettant la maturation des follicules, on l’a vu), mais aussi les oestrogènes, ainsi que d’autres hormones si besoin (androgènes ou thyroïdiennes, par exemple).
Le dosage ne se fait pas forcément le matin à jeun et est réalisé, de préférence, sur ordonnance de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Néanmoins, vous pouvez aussi faire doser votre LH sans ordonnance et dans ce cas, vous devrez régler l’examen (qui coûte une vingtaine d’euros, par hormone testée, si vous choisissez de tester FSH, oestrogènes, etc. en même temps).
Quel est le taux normal de LH ?
Le taux normal de LH varie selon les phases du cycle menstruel et la situation hormonale de la femme. Voici les valeurs de référence générales en UI/L (Unités Internationales par litre) :
Phase folliculaire : 2-12 UI/L
Phase ovulatoire : 10-75 UI/L (elle fait donc un pic brutal pour permettre l’ovulation)
Phase post-ovulatoire : 1-8 UI/L (la LH redescend car elle n’a plus de follicule à faire éclater – c’est littéralement le cas !)).
En général le taux de LH en début de cycle est le même que celui de FSH, on dit qu’il y a un rapport de 1 à 1, ou alors une FSH légèrement plus élevée que la LH.
Que signifie un taux élevé de LH ?
Voici les cas de figure dans lesquels on peut observer un taux de LH élevé (même s’il faut bien sûr prendre en compte la phase du cycle à laquelle a été réalisée l’analyse, et le comparer à celui des autres hormones du cycle) :
Ovulation imminente : un taux élevé peut indiquer que vous êtes sur le point d’ovuler !
Une insuffisance ovarienne : lorsque les ovaires sont un peu paresseux et que la maturation des follicules ovariens peine à se faire, le cerveau essaie généralement de les sur-stimuler en envoyant un maximum de FSH et, dans une moindre mesure, de LH. Lorsque l’ovulation ne se fait pas du tout, la femme n’a pas ses règles et on parle d’aménorrhée au niveau ovarien. Dans ce cas, la LH et la FSH sont élevées, mais les oestrogènes restent bas. Cela peut aussi arriver en périménopause.
Un SOPK : les femmes atteintes de ce syndrome présentent souvent un rapport LH/FSH déséquilibré, avec une LH plus élevée que la FSH, ce qui peut perturber l’ovulation. En effet, dans ce cas, la LH reste constamment haute, sans véritablement faire de « pic ». Attention néanmoins, on peut avoir un SOPK sans que la LH ne soit impactée, et certaines femmes avec un SOPK ont une LH normale.
Une tumeur bénigne de l’hypophyse (qui sécrète la LH)
Pour les femmes qui suivent un parcours PMA, il faut savoir que le Clomid peut provoquer une augmentation de la LH. En effet, ce traitement leurre le cerveau, en lui « cachant » les oestrogènes sécrétés par les ovaires : il pense donc qu’il n’y a pas assez d’oestrogènes et que les follicules ne maturent pas. Pour contrer cela, il augmente sa sécrétion de FSH et de LH.
Idem pour l’Ovitrelle, qui contient de la beta HCG recombinante, qui ressemble beaucoup à la LH sur le plan moléculaire et qui est généralement utilisée pour déclencher l’ovulation.
Que signifie un taux bas de LH ?
A contrario, voici ce que peut indiquer une LH un peu basse :
Que la prise de sang n’a pas été faite au bon moment, ou en tout cas hors de la phase ovulatoire
Une absence d’ovulation (et une aménorrhée), en raison d’un blocage au niveau de l’ hypophyse. Cela peut se produire en cas de stress intense (physique ou émotionnel), de masse grasse trop faible, de problème de thyroïde, etc. Le cerveau dans ce cas, estime qu’une grossesse ne pourrait pas être menée à bien et bloque la sécrétion de LH et de FSH menant à l’ovulation.
Une grossesse éventuelle, si la FSH est également basse mais que les oestrogènes et la progestérone sont élevés. Cette dernière inhibe en effet la sécrétion de LH, empêchant qu’une ovulation ait lieu alors qu’on est déjà enceinte !
Cela peut aussi se produire en cas de prise de médicaments, comme certaines pilules combinées ou progestatives, les corticoïdes, les antagonistes et agonistes à la GnRH. La GnRH est l’hormone envoyée par l’hypothalamus, le chef de l’hypophyse, pour lui commander d’envoyer de la FSH et de la LH.
Que faire en cas de LH trop haute ou trop basse ?
La question qui se pose ensuite si les résultats du dosage de la LH révèle qu’elle sort des fourchettes des laboratoires est « que dois-je faire pour la booster ou la faire baisser ?!« .
Premièrement, on attire vraiment votre attention sur la nécessité de faire un test hormonal complet, incluant FSH, estradiol (oestrogènes) et d’autres paramètres, qui peuvent aider à interpréter votre taux de LH selon votre contexte. Si vous avez des doutes ou des symptômes associés (cycles irréguliers, absence d’ovulation, troubles menstruels, problèmes de fertilité), une consultation médicale est essentielle !
En effet, travailler sur sa LH ne s’improvise pas et il est essentiel de creuser avec votre médecin. Il pourra trouver la cause de votre LH trop basse ou trop élevée et vous proposer un traitement en fonction, hormonal ou non.
En revanche, on a vu ensemble que l’hygiène de vie (et notamment le stress, l’excès de sport et la masse graisseuse) peut jouer sur la LH : dans ce cas, vous pouvez également travailler sur votre sphère émotionnelle, votre pratique sportive et votre alimentation pour retrouver une ovulation de qualité et une LH dans les clous. Si vous souhaitez être accompagnée dans ce sens, le Fertility Club vous est ouvert ! 🙂
Hormone LH et tests d’ovulation pour repérer l’ovulation et la période de fertilité
On ne peut pas parler de l’hormone lutéinisante sans évoquer les tests d’ovulation, qui sont très souvent utilisés dans le cadre des essais bébé, pour ne pas « louper le coche » ! En effet, la LH est l’hormone détectée par les tests d’ovulation : quand elle est haute, et donc qu’en théorie, on s’apprête à ovuler, le test d’ovulation est positif.
Le « hic », c’est que les tests d’ovulation ne sont pas toujours fiables, pour plein de raisons, parmi lesquelles :
Leur niveau de sensibilité peut être trop bas (ils vont donc « sur-réagir ») ou trop haut (ils ne vont pas réagir)
La présence d’un SOPK, avec une LH constamment élevée : vous allez donc obtenir des résultats faussement positifs, car la LH ne redescend pas totalement entre les cycles.
Vous pouvez aussi les faire au mauvais moment, si vous pensez ovuler autour du 14ème jour du cycle (comme on nous l’apprend dans tous les manuels). Or, chez la femme, l’ovulation peut se faire plus tôt, ou plus tard ! Si c’est votre cas, vos tests seront négatifs et vous pourrez penser que vous avez un souci d’ovulation, alors que pas du tout.
Enfin, on peut avoir un pic de LH sans ovulation : l’ovulation peut en effet être stoppée dans la dernière ligne droite, pour pleins de raisons. La présence de LH indique que l’on s’apprête à ovuler et non que l’ovulation a eu lieu ! Le pic de LH est nécessaire mais pas suffisant pour déclencher l’ovulation, notamment en cas de SOPK, d’insuffisance ovarienne ou de non réponse du follicule au pic de LH.
Il faut aussi noter qu’un test d’ovulation est négatif après le pic de LH, alors que vous êtes au max de votre fertilité ! En effet, l’ovulation peut survenir 18 heures après le pic de LH : ainsi, quand le test redevient négatif, l’ovulation peut être en cours ou sur le point de se produire. Ainsi, si vous avez un test positif + un test négatif, gardez en tête que vous restez fertile après le dernier test positif, le temps d’ovuler (environ 18 heures après le pic) et que l’ovule meure (environ 12 heures après l’ovulation).
Ainsi, vous pouvez avoir un test d’ovulation positif sans ovuler, et un test d’ovulation négatif alors que vous ovulez bien ! La Direction Générale des Fraudes a même publié une enquête révélant que 4 tests de grossesse et d’ovulation sur 10 sont défectueux.
On ne vous recommande donc pas de suivre votre ovulation au moyen de tests d’ovulation, et il est préférable de plutôt s’appuyer sur les signaux envoyés par le corps au moment de l’ovulation, selon les principes de la symptothermie :
La glaire cervicale (ce mucus sécrété par le col de l’utérus et qu’on appelle souvent « pertes blanches »), qui devient abondante, crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru à l’approche de l’ovulation, puis s’assèche et se tarit une fois qu’elle est passée
Latempérature, qui augmente de 0,3 degré environ après l’ovulation.
En apprenant à observer ces deux signaux combinés, vous aurez une vision bien plus précise de votre ovulation 😉 On a rédigé tout un article sur les tests d’ovulation, n’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin !
Pour résumer – Questions fréquentes
Quel est le rôle de l’hormone LH ?
La LH, ou hormone lutéinisante, a pour rôle de permettre l’ovulation, une fois qu’un follicule est suffisamment mature. Son pic contribue à la rupture de la membrane du follicule, permettant à l’ovule de s’en extirper pour aller rejoindre la trompe utérine.
La LH permet aussi au follicule vidé après l’ovulation de devenir le corps jaune, qui va sécréter de la progestérone, hormone essentielle pour permettre une grossesse !
Quel taux de LH pour tomber enceinte ?
Il n’y a pas de taux de LH idéal pour tomber enceinte, mais elle doit faire un « pic » pour permettre l’ovulation.
Chaque femme est unique et ovule avec un taux de LH unique !
Il faut également toujours corréler le dosage de la LH avec celui d’autres hormones, comme la FSH, les oestrogènes et éventuellement les hormones androgènes (les hormones mâles comme la testostérone) et thyroïdiennes (TSH, T4 et T3).
L’ovulation a lieu combien de temps après le pic de LH ?
L’ovulation se produit généralement 12 à 36 heures après le pic de LH, avec une moyenne autour de 18 heures.
Pic de LH : quand avoir des rapports ?
Si on ne considère que le pic de LH, on peut avoir des rapports le jour du pic, ainsi que le lendemain (l’ovulation se produit en général 12 à 36 heures après le pic de LH) et le surlendemain (l’ovule est potentiellement encore en vie !).
En revanche, il n’y a pas que le pic de LH qui donne le timing optimal des rapports : la glaire cervicale est également un excellent indicateur que l’ovulation approche, grâce à sa montée en qualité ! Sécrétée sous l’influence des oestrogènes, elle devient de plus en plus fluide, translucide et lubrifiée à mesure que l’ovulation approche. Elle est aussi essentielle à la fécondation, car elle permet aux spermatozoïdes de rester en vie jusqu’à 5 jours avant l’ovulation. Ainsi, dés que vous voyez des « pertes blanches » un peu crémeuses, laiteuses, voire semblables à du blanc d’oeuf cru, vous pouvez y aller 🙂
Combien de temps dure le pic de LH ?
Le pic de LH dure en moyenne 12 à 24 heures (avec une moyenne de 18 heures), mais cela peut varier d’une femme à l’autre.
Est-ce que les hommes ont de la LH ?
Oui, tout à fait ! L’hormone lutéinisante, chez l’homme, contrôle la sécrétion de testostérone par les cellules de Leydig situées dans les testicules. Si elle est trop basse, cela peut avoir des conséquences sur sa fertilité, son érection et sa libido.
Quand elle est élevée, cela peut indiquer que les testicules ne répondent pas correctement aux signaux de l’hypophyse, ce qui pousse cette dernière à produire plus de LH pour compenser (un peu comme chez la femme, quand le cerveau tente de « réveiller » les ovaires !). Cela arrive en cas d’andropause (l’équivalent masculin de la ménopause), de torsion testiculaire ou d’anomalies génétiques, par exemple.
Vous savez désormais quasiment tout sur la LH, notre hormone lutéinisante si importante pour l’ovulation, la fertilité et le cycle menstruel ! Son dosage est parfois préconisé lorsque les essais bébé s’éternisent ou que les règles jouent aux abonnées absentes, et heureusement, des solutions médicales ou plus « naturelles », axées sur l’hygiène de vie, existent.
On peut également essayer de la suivre de près grâce à des tests d’ovulation, pour avoir des rapports au bon moment 🙂 Du moins, on vous recommande plutôt de vous fier aux signaux envoyés par votre corps, comme la glaire cervicale, bien plus fiables.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez d’autres questions sur la LH, que nous n’aurions pas abordées ici ? N’hésitez pas à les poser en commentaire !
L’aménorrhée désigne l’absence de règles depuis au minimum 3 mois.
Elle peut être primaire si les règles n’ont jamais débuté, ou secondaire, si la femme a déjà été réglée par le passé.
L’aménorrhée est normale en cas de grossesse, de ménopause ou d’allaitement. Elle peut aussi survenir après l’arrêt d’une contraception hormonale, le temps que le cycle menstruel reprenne du service.
Les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie.
L’absence de règles peut venir d’un problème de l’ovulation (venant soit du cerveau, soit des ovaires), d’un anomalie mécanique (utérus absent ou présentant des adhérences, col de l’utérus bouché, etc.) ou d’un trouble génétique.
Le traitement de l’aménorrhée dépend de sa cause, et il est possible de relancer le cycle menstruel et les règles grâce à des solutions médicales et/ou axées sur l’hygiène de vie.
Les règles ne sont pas toujours nos meilleures amies, mais il faut bien avouer que quand elles sont absentes, on se pose généralement beaucoup de questions (la première étant, « est-ce que je suis enceinte ? »), surtout si on est en essai bébé et que notre test de grossesse est négatif.
Cette absence des règles porte un nom médical, l’aménorrhée, et elle peut avoir des causes très variées, qu’elles soient hormonales ou mécaniques. Dans cet article, nous allons voir en détail pourquoi, parfois, nos règles jouent aux abonnées absentes 🙂
Qu’est-ce que l’aménorrhée ?
L’aménorrhée désigne l’absence de règles, et ce, depuis au moins 3 mois. Un simple retard de règles de quelques jours, d’une ou deux semaines, n’est donc pas une aménorrhée !
On distingue généralement l’aménorrhée primaire ou et l’aménorrhée secondaire.
Aménorrhée primaire
On parle d’aménorrhée primaire lorsque la jeune fille n’a toujours pas eu ses premières règles à l’âge de 16 ans. En effet, les premières règles se présentent entre l’âge de 10 et 15 ans, généralement deux ans après l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires lorsque la puberté démarre, à savoir les seins, les poils et l’élargissement des hanches (entre autres).
Une adolescente qui souffre d’aménorrhée primaire peut avoir des caractères sexuels développés ou non, en fonction de la cause de son absence de règles et de cycle menstruel.
Aménorrhée secondaire
L’aménorrhée secondaire, quant à elle, désigne l’absence de règles depuis plus de 3 mois chez une femme qui a déjà eu ses règles. Hormis durant la ménopause, la grossesse et l’allaitement, cette mise en pause du cycle menstruel chez une femme en âge de procréer n’est pas normale !
Pourquoi les femmes ont leurs règles tous les mois ?
Le cycle menstruel et les règles font partie de nos vies de femme : même si on s’en passerait bien parfois, nos menstruations sont la preuve que notre corps fait en sorte d’ovuler, cycle après cycle, qu’on ait envie d’avoir des enfants ou non 🙂
Les règles surviennent en moyenne tous les 21 à 35 jours : en effet, notre cycle menstruel ne dure pas forcément 28 jours, et sa longueur peut varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.
Et, l’élément essentiel à retenir, c’est qu’elles sont toujours la conséquence de l’ovulation : en effet, le corps ovule à chaque cycle, et, en l’absence de fécondation, la muqueuse utérine bâtie au fil du cycle se détache et est évacuée grâce aux saignements.
Le cycle menstruel se découpe en 2 parties :
Des règles à l’ovulation, ce sont les oestrogènes qui dominent. Au tout début du cycle, l’hypothalamus, une aire de notre cerveau, envoie une hormone, la GnRH, à une autre zone cérébrale, l’hypophyse. L’hypophyse, en réponse, stimule les follicules ovariens situés dans nos ovaires, en envoyant de la FSH. Les follicules se mettent à maturer et ce faisant, ils sécrètent des oestrogènes. Or, les oestrogènes ont, parmi leurs nombreux rôles, la mission d’épaissir l’endomètre ! Au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et manifeste sa présence par une sécrétion massive d’oestrogènes. Cette quantité maximale d’oestrogènes est détectée par le cerveau, qui lance l’ovulation en produisant une nouvelle hormone, la LH. L’ovulation se produit dans les 16 heures qui suivent.
De l’ovulation aux règles, les oestrogènes sont moins présents et c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune, qui prédomine. Le corps jaune est le follicule vidé de son ovocyte et il va sécréter de la progestérone de manière exponentielle pendant 7 jours, dans le but de préparer une grossesse : la progestérone va alors vasculariser la muqueuse utérine construite et épaissie par les oestrogènes, afin d’en faire un nid douillet dans lequel l’embryon va s’accrocher s’il y a eu une fécondation, mais aussi bien la maintenir en place. Si elle n’a pas eu lieu, le corps jaune s’essouffle, la production de progestérone chute : l’endomètre n’est plus maintenu et les règles démarrent.
Vous l’aurez donc compris, l’ovulation et les règles sont le fruit de toute une cascade hormonale, entre le cerveau et les ovaires. Pas d’ovulation, pas de règles !
Dans quels cas l’absence de règles est-elle normale ?
Nous avons commencé à l’évoquer précédemment, mais certaines situations tout à fait physiologiques peuvent expliquer une absence de règles.
Grossesse
La grossesse est une situation très connue d’aménorrhée : il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre parler de « semaines d’aménorrhée » pour dater une conception !
En effet, lorsqu’une femme tombe enceinte, elle produit beaucoup de progestérone : or, cette hormone, en plus de vasculariser et maintenir l’endomètre, bloque l’ovulation. En effet, elle est la « gardienne du temple », et protège la grossesse : ce faisant, elle inhibe la sécrétion de LH par le cerveau et empêche qu’une nouvelle ovulation/fécondation vienne perturber la grossesse en cours ! Une femme enceinte ne peut donc pas avoir ses règles, même si des saignements de grossesse peuvent survenir.
C’est la raison pour laquelle il faut toujours faire un test de grossesse en cas de retard de règles, pour écarter cette possibilité 🙂
Allaitement
Lorsqu’une femme allaite, elle produit une hormone toute particulière : la prolactine. Or, la prolactine a pour particularité, elle aussi, d’interférer avec l’ovulation ! En effet, en cas d’allaitement, le cerveau estime qu’il est éventuellement trop tôt pour commencer une nouvelle grossesse.
L’allaitement peut donc bloquer le cycle (ou du moins le perturber) et la méthode MAMA est d’ailleurs un moyen de contraception à la disposition des jeunes mamans, pendant les 6 premiers mois du bébé.
Ménopause
Lorsque le cycle menstruel et le processus ovulatoire s’arrêtent totalement, on entre en ménopause. La ménopause intervient en moyenne vers 51 ans et est diagnostiquée après une absence de règles de plus d’un an.
Ceci étant dit, les cycles peuvent commencer à cafouiller bien avant, lors de la périménopause: en effet, le cycle menstruel met des années à s’arrêter totalement, et avant cela, les ovulations peuvent se raréfier et les cycles devenir plus longs, ce qui conduit à des périodes d’aménorrhée, d’absence de règles plus ou moins longues.
Pilule contraceptive
Cette dernière situation n’est pas vraiment physiologique, mais elle est néanmoins très courante. En effet, lorsque l’on prend une pilule contraceptive combinée (et certaines pilules progestatives), l’ovulation est bloquée. Le cycle menstruel est donc en pause et les règles aussi !
Car oui, lesrègles sous pilule, sont en fait des hémorragies de privation, qui ne sont pas la conséquence d’une ovulation sans fécondation comme les vraies menstruations, mais simplement une réaction de notre corps à la soudaine chute hormonale artificielle induite par la pause entre les plaquettes.
Par ailleurs, les femmes qui ont une contraception seulement basée sur unprogestatif (une version chimique de la progestérone, sous forme d’une pilule ou d’un stérilet, par exemple) n’ont généralement plus leurs règles. En effet, si les oestrogènes naturels ne sont pas remplacés par une version synthétique, la muqueuse utérine n’est pas épaissie, et il n’y a donc rien à évacuer au moment de la semaine de pause.
Même chose pour les femmes qui prennent lapilule en continu : étant donné qu’il n’y a pas de pause entre les plaquettes, il n’y a aucune chute hormonale, l’endomètre se maintient (bien qu’il soit très très fin) et les saignements ne se déclenchent pas.
Enfin, il n’est pas rare que les règles mettent un certain temps à revenir après l’arrêt de la pilule : en effet, il faut un certain temps au dialogue cerveau/ovaires pour reprendre de manière fluide afin de relancer une ovulation. Il peut donc y avoir quelques loupés qui vont repousser l’ovulation et donc les règles, et donc éventuellement une période d’aménorrhée post pilule.
Aménorrhée : quelles en sont les causes ?
Les causes d’absence de règles sont nombreuses ! Elles peuvent provenir d’un déséquilibre hormonal (au niveau ovarien ou cérébral), d’une anomalie au niveau de l’utérus, du col de l’utérus ou du vagin, ou encore d’un problème génétique. Certains médicaments peuvent aussi être en cause !
Un problème d’ovulation
Pour que les règles soient présentes, il faut qu’une ovulation ait eu lieu dans les 16 jours qui précèdent. Ainsi, une aménorrhée primaire ou secondaire peut s’expliquer par un blocage de l’ovulation, un souci lors de l’une des étapes du cycle menstruel.
Le blocage peut venir du cerveau, au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire : un stress intense (physique ou mental), ainsi que des carences et une masse graisseuse trop faible (en cas d’anorexie mentale par exemple, mais aussi d’un excès de sport) peuvent provoquer un arrêt des règles. Pourquoi ? Parce que l’hypothalamus est le point de contact entre les systèmes nerveux et hormonal : s’il détecte que nous sommes trop fragiles émotionnellement ou physiquement, il va nous placer en mode survie et clairement, pour lui, ce n’est pas le moment d’enfanter. La production de GnRH et de FSH par l’hypophyse sont donc ralenties et les follicules ovariens ne sont pas stimulés.
Ce blocage peut aussi venir d’une tumeur bénigne au niveau hypophysaire, ou d’un adénome à prolactine, qui peut provoquer une production trop importante de cette hormone, même si on n’est pas enceinte. Or, souvenez-vous, la prolactine entrave l’ovulation !
Lorsque le blocage vient de la zone cérébrale, la LH et la FSH sont généralement basses, tout comme les oestrogènes.
L’inhibition de l’ovulation peut aussi venir d’un problème au niveau ovarien : dans ce cas, les follicules ne répondent pas, ou pas bien, aux sollicitations du cerveau. Cela peut arriver en cas d’insuffisance ovarienne précoce ou de périménopause (les follicules commencent à fatiguer), par exemple. Aux analyses, on peut avoir une FSH haute et des oestrogènes bas, car le cerveau « hurle » sur les ovaires pour essayer de se faire entendre, sans succès. Or, sans oestrogènes, pas d’ovulation et pas d’épaississement de l’endomètre, ce qui explique que les règles soient absentes.
On peut également citer le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal complexe qui peut bloquer l’ovulation, allonger les cycles et donc se manifester par des périodes d’aménorrhée. En cas de syndrome des ovaires polykystiques , la LH peut être chroniquement élevée par rapport à la FSH, ce qui perturbe la maturation folliculaire et le processus ovulatoire. Le souci, c’est qu’un pic de LH est indispensable pour permettre l’expulsion de l’ovocyte au moment de l’ovulation ! Par ailleurs, les follicules peuvent être bloqués dans leur développement, sans qu’aucun ne parvienne à maturité : ils débutent leur croissance en début de cycle, mais n’achèvent pas le processus. C’est ce phénomène qui explique l’aspect « polykystique » des ovaires observé à l’échographie : il ne s’agit pas de véritables kystes, mais de follicules immatures.
Le SOPK peut également se manifester par une hyperandrogénie (taux élevés d’androgènes, comme la testostérone), qui peut provoquer des symptômes comme une perte de cheveux marquée (alopécie), de l’acné ou un hirsutisme (poils sur des zones habituellement masculines, comme le menton ou le torse). En revanche, les œstrogènes sont souvent normaux ou modérément élevés, bien que parfois bas.
Le diagnostic de SOPK, toujours posé par un médecin, repose sur les critères de Rotterdam : il est établi lorsqu’au moins deux des trois caractéristiques suivantes sont présentes, après exclusion d’autres causes possibles :
Une hyperandrogénie clinique (des manifestations visibles) ou biologique (démontrée par les prises de sang)
Des ovaires à l’aspect polykystique à l’échographie (plus de 20 follicules par ovaire ou un volume ovarien accru).
Un problème mécanique
Il arrive aussi parfois que les règles soient tout simplement bloquées par un problème mécanique ou une particularité anatomique :
Une absence d’utérus, qu’elle soit de naissance ou suite à une hystérectomie (ablation de l’utérus)
Un blocage au niveau de l’utérus : des adhérences utérines (qu’on appelle aussi synéchies), qui sont parfois une séquelle d’une intervention chirurgicale)
Un blocage au niveau du col de l’utérus (sténose cervicale),
Un blocage au niveau du vagin (comme une fusion des lèvres, par exemple).
Dans ce cas, la sécrétion hormonale est normale mais l’endomètre ne peut pas être évacué, ou est inexistant si l’utérus est absent.
Certains médicaments
La prise de certains médicaments peut entraver, voire bloquer le processus ovulatoire :
des antidopaminergiques qui augmentent la prolactine
des neuroleptiques ou anti-dépresseurs qui jouent sur le complexe hypothalamo-hypophysaire
La radiothérapie et la chimiothérapie
Entre autres !
On peut également citer les anti-inflammatoires, qui, lorsqu’ils sont pris de façon chronique, peuvent perturber l’ovulation : en effet, le follicule, pour expulser son ovocyte, a besoin de provoquer une petite réaction inflammatoire pour pouvoir rompre sa membrane.
Anomalies génétiques
En effet, certaines anomalies génétiques peuvent perturber le cycle menstruel et donc provoquer une aménorrhée primaire, dès la puberté. On peut citer le syndrome de Turner, qui est est une anomalie chromosomique qui affecte les femmes et qui résulte d’une absence totale ou partielle d’un chromosome X. Ainsi, les ovaires ne se développent pas normalement et ne produisent pas d’oestrogènes ; par ailleurs, l’utérus est généralement atrophié.
Un déséquilibre au niveau de la thyroïde
Un problème thyroïdien peut provoquer une aménorrhée, car la thyroïde joue un rôle clé dans la régulation hormonale, notamment au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Les déséquilibres thyroïdiens (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) peuvent donc perturber les cycles menstruels de différentes manières !
L’hypothyroïdie (insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes) peut causer une aménorrhée, car elle ralentit tout le métabolisme, et donc, le cycle menstruel. De plus, l’hypothyroïdie peut faire augmenter le taux de prolactine et perturber le développement des follicules.
À l’inverse, une hyperthyroïdie peut (l’excès d’hormones thyroïdiennes) peut altérer la pulsation de la GnRH, affectant la libération de FSH et LH. Par ailleurs, l’augmentation du métabolisme peut entraîner une perte de poids importante ou une carence énergétique, ce qui, on l’a vu, peut bloquer l’ovulation.
Comment « relancer » les règles ?
Une fois qu’on a dit tout ça, une question (légitime) se pose : comment retrouver ses règles, comment retrouver une ovulation ?
Très souvent, les professionnels de santé proposent de « relancer le cycle » grâce à un traitement progestatif (comme le Duphaston) : cette piste ne semble néanmoins pas forcément efficace, car laprogestérone de synthèse ne permet pas de relancer l’ovulation. Elle induit simplement une hémorragie de privation et permet de reprendre le cycle de zéro. Néanmoins, rien ne garantit que l’ovulation aura bien lieu au cycle suivant ! De plus, si le Duphaston par exemple est pris trop tôt, alors qu’une ovulation se préparait, la progestérone de synthèse qu’il contient peur contrecarrer l’ovulation.
La prise en charge va plutôt dépendre de la raison de ce blocage du cycle menstruel, qu’elle soit hormonale ou mécanique. C’est la raison pour laquelle, généralement, le médecin réalise à la fois :
Un examen gynécologique, pour s’assurer que le vagin et le col soient OK. Chez la jeune fille qui n’a pas encore eu ses règles, on peut vérifier son développement pubertaire (poils, seins).
Des examens d’imagerie (IRM, échographie), pour vérifier l’aspect de l’utérus et des ovaires
Un bilan hormonal : oestrogènes, LH, FSH, androgènes, mais aussi des hormones thyroïdiennes.
Le médecin commence aussi généralement par vérifier qu’une grossesse ne soit pas en cours, grâce à un test de grossesse urinaire ou sanguin, pour exclure cette possibilité. Il peut vous poser quelques questions sur votre niveau de stress et votre hygiène de vie (trop de sport, une prise alimentaire trop faible, etc.)
Ensuite, en fonction des résultats, le médecin va vous proposer un traitement adapté, voire une intervention chirurgicale (en cas d’une anomalie utérine ou d’un adénome à prolactine, par exemple)
Enfin, en complément de cette prise en charge médicale, ou si tout semble normal aux examens, il est également possible de mettre en place des ajustements d’hygiène de vie : une réduction des sources de stress, une alimentation physiologique avec des nutriments essentiels au bon déroulé du cycle menstruel (bons gras, protéines, vitamines, minéraux, etc), une activité physique adaptée… entre autres !
Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée, si vous êtes en situation d’aménorrhée et que vous aimeriez relancer votre cycle menstruel pour avoir un bébé, le Fertility Club est à votre disposition <3
Absence de règles : quand consulter ?
N’hésitez pas à aller voir votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme si vos règles sont absentes depuis plus de 3 mois, que vous soyez en post-pilule, ou non. En effet, il n’est pas normal de ne plus avoir ses règles (hors grossesse, ménopause ou allaitement) et l’aménorrhée est souvent le symptôme d’un souci plus profond 🙂
Suivre son cycle menstruel, pour repérer ses prochaines règles
Quand les règles manquent à l’appel, on peut vraiment se sentir un peu démunie : toutefois, apprendre à observer votre cycle menstruel peut vous redonner un peu de prise sur la situation 🙂
En effet, l’ovulation est un phénomène qui se passe à l’intérieur de notre corps, certes, mais elle se manifeste par des indices tout à fait précis et observables :
la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale : il s’agit d’un mucus sécrété sous l’influence des oestrogènes (qu’on appelle souvent « pertes blanches »)
la température, qui augmente après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone.
Cette combinaison des deux facteurs permet de spotter l’ovulation grâce à une méthode appelée la symptothermie: elle vous permettra d’observer votre cycle, de repérer votre prochaine ovulation et donc vos prochaines règles (qui doivent survenir au max 16 jours plus tard, hors grossesse) !
De plus, ces observations peuvent s’avérer très précieuses pour la prise en charge et le suivi de votre aménorrhée par votre équipe médicale 🙂
Pour résumer – Questions fréquentes
Quelle est la différence entre aménorrhée et grossesse ?
L’aménorrhée désigne l’absence de règles depuis plus de 3 mois : elle peut s’expliquer par la grossesse (le cycle menstruel est à l’arrêt pendant les 9 mois de gestation), mais pas seulement !
Quelle est la cause de l’aménorrhée ? Quelle maladie provoque l’arrêt des règles ?
Les causes de l’aménorrhée sont multiples, car elle peut découler :
D’un problème d’ovulation, soit au niveau cérébral (le cerveau n’envoie pas la commande aux ovaires de faire maturer des ovocytes), soit au niveau ovarien (les follicules ne répondent pas à la commande du cerveau).
De tumeurs hypophysaires bénignes, d’un adénome à prolactine
D’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
De l’arrêt d’une contraception hormonale, le temps que le cycle menstruel redémarre (l’absence de règles doit être temporaire)
D’une anomalie ou d’un problème anatomique : absence d’utérus ou présence d’adhérences utérines, col de l’utérus ou vagin bloqués
De certains traitements médicaux (antidopaminergiques, antidépresseurs, etc).
D’un trouble génétique, comme le syndrome de Turner
D’une hypothyroïdie ou d’une hyperthyroïdie.
La grossesse, la ménopause et l’allaitement sont aussi des causes tout à fait normales d’aménorrhée.
Comment retrouver ses règles ?
La prise en charge doit être adaptée en fonction de la cause de l’aménorrhée. Elle peut prendre la forme d’un traitement hormonal, d’une intervention chirurgicale et/ou d’ajustements d’hygiène de vie.
La prise d’un traitement progestatif comme le Duphaston provoque des saignements qui ne sont pas des règles et ne relance pas le cycle : en effet, les menstruations sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie.
Pour conclure, l’aménorrhée est un trouble assez complexe du cycle menstruel, qui peut venir de plein de choses : notre cerveau, nos ovaires, nos hormones, notre anatomie, etc. En tout cas, une chose est sûre : lorsque vos règles se font désirer, il est toujours intéressant de faire un test de grossesse (la base !) et de creuser si le test s’avère négatif.
Heureusement, il existe beaucoup de pistes, autant médicales que naturelles, pour retrouver des règles régulières, et ça, c’est une bonne nouvelle ! Car oui, nos règles, on les aime autant qu’on les déteste : on n’a pas envie de les voir arriver, mais elles sont de précieuses messagères qu’on ovule bien.
Bref, on espère fort que cet article vous sera utile si vous êtes en situation d’aménorrhée 🙂 N’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires !
Le spotting d’ovulation est un léger saignement qui se produit parfois quand on ovule, sous l’influence du shift hormonal entre oestrogènes et progestérone ou de la rupture du follicule lorsqu’il libère son ovocyte.
Il peut être systématique, ou intervenir de manière plus ponctuelle !
Il se distingue des règles, du saignement d’implantation, du saignement anovulatoire et des spottings prémenstruels.
Vos règles ne sont censées arriver que dans une quinzaine de jours et vous constatez de légers saignements ?
Même si on vous accorde que ce n’est pas le top pour vos sous-vêtements, on vous rassure tout de suite : ce n’est probablement pas grave du tout, juste le signe que votre corps s’apprête à ovuler !
En effet, alors que pour la plupart des femmes, l’ovulation se passe dans la plus grande discrétion (sauf pour celles qui savent observer leur glaire cervicale bien sûr !), il arrive qu’elles s’accompagnent de petites pertes de sang, aussi appelées spotting.
D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles là ? Signifient-elles vraiment que vous ovulez ? Quel est le lien entre ces saignements d’ovulation et une grossesse éventuelle ? Comment bien les distinguer des règles ? Quand faut-il s’inquiéter et consulter ? On vous explique tout !
Saignement d’ovulation : de quoi s’agit-il ?
Le spotting d’ovulation est une légère perte de sang qui intervient plus ou moins au moment où vous ovulez, c’est-à-dire lorsque l’un de vos ovaires libère un ovule. L’ovulation intervient généralement 11 à 16 jours avant vos prochaines règles (mais parfois avant, en cas d’insuffisance en progestérone, par exemple), sachant que l’ovule ne vit que 12 à 24 heures.
Un tel saignement est donc souvent mélangé à la glaire cervicale (produite les jours qui précèdent l’ovulation et qui vous permet de la détecter), plutôt pâle, rosé ou rouge clair ou marron clair, et ne dure qu’1 à 2 jours.
Il peut être systématique, à tous les cycles, ou intervenir de façon isolée sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Une étude a révélé que de telles pertes de sang lors de l’ovulation sont observées par 3% des femmes.
Quand intervient le spotting d’ovulation ?
Le saignement d’ovulation survient, comme son nom l’indique, au moment de l’ovulation !
Vous le savez si vous avez l’habitude de nous lire, il n’est pas possible de prédire la date d’ovulation par un calcul, chaque femme et chaque cycle étant uniques. Toutefois, grâce à l’observation de sa glaire cervicale, on peut la voir venir de façon très fiable.
Si vous utilisez une méthode naturelle d’observation de votre cycle comme la symptothermie, vous pourrez ainsi vous rassurer en présence d’un tel saignement, si vous pouvez confirmer qu’il coïncide avec votre ovulation.
Le spotting d’ovulation peut apparaître juste avant ou pendant l’ovulation.
Quelle est la cause du saignement d’ovulation ?
L’ovulation est marquée par un changement hormonal brusque, lesoestrogènes qui étaient hauts pendant la phase pré-ovulatoire chutant brusquement, remplacés par une hausse rapide de laprogestérone, sécrétée par le corps jaune.
Le rôle des oestrogènes, dans la première partie du cycle, est de faire maturer l’ovule et d’épaissir l’endomètre (la muqueuse utérine) pour qu’un embryon puisse éventuellement s’y implanter s’il y a eu fécondation (on dit souvent qu’elle crée un nid). Elle chute lorsqu’elle a “fait son job”, c’est-à-dire lorsque l’ovule est libéré.
La progestérone, hormone de la seconde moitié du cycle, est là pour maintenir ce nid et favoriser l’implantation, si nécessaire. S’il n’y a pas eu de fécondation, le corps s’en rend compte au bout de 11 à 16 jours environ et la progestérone chute à son tour, provoquant l’évacuation du nid : ce sont les règles.
Pas traumatisé pour autant, votre corps remet ça dès le cycle suivant, et les oestrogènes reconstruisent patiemment un nouvel endomètre bien accueillant : et ainsi de suite, jusqu’à la ménopause (avec des interruptions lorsqu’une grossesse arrive !).
Tout cela pour dire qu’au milieu du cycle, lorsque l’ovule est libéré, se produit un “shift” hormonal qui peut entraîner un saignement, une petite partie de la muqueuse utérine étant éliminée du fait de la poussée rapide puis de la baisse brutale des oestrogènes : on parle d’ailleurs de “saignement de poussée oestrogénique” (cela est bien expliqué dans cetteétude).
Une autre raison pourrait être la tension exercée au moment de la rupture du follicule lorsque l’ovaire libère l’ovocyte, qui pourrait rompre des vaisseaux sanguins et provoquer un saignement.
En effet, le follicule, c’est-à-dire l’enveloppe qui abrite le futur ovule, grossit en première partie de cycle sous l’effet des oestrogènes. Lorsqu’il arrive à maturité et que les oestrogènes atteignent un seuil critique, cela déclenche un pic de LH (par le cerveau), qui fragilise la paroi du follicule, jusqu’à littéralement le faire éclater, pour permettre la libération de l’ovocyte dans la cavité péritonéale (où il sera capté par la trompe utérine).
Lors de cette rupture, les petits capillaires sanguins entourant le follicule peuvent se rompre, et libérer une petite quantité de sang (mais ça reste discret car le follicule n’est pas très vascularisé en réalité !).
Comment différencier le spotting d’ovulation des autres saignements ?
On vous a déjà parlé des différents types de saignements vaginaux qui pouvaient intervenir en dehors des règles, certains bénins et d’autres plus graves.
Plus précisément, il est parfois difficile de distinguer la perte de sang lors de l’ovulation de quatre principaux types de saignement.
Saignement d’ovulation vs menstruations
Comment savoir que la perte de sang ne correspond pas à l’arrivée de vos règles ? En principe c’est assez simple, le spotting d’ovulation est :
Moins abondant (il ne nécessite pas forcément une protection périodique)
Plus clair
Plus court (1 ou 2 jours)
Plus tôt dans le cycle (environ 11 à 16 jours avant l’arrivée prévue de vos règles)
Spotting d’ovulation vs spottings prémenstruels
La progestérone est l’hormone qui maintient l’endomètre en place : lorsqu’elle entame sa chute en fin de cycle menstruel et atteint un seuil minimum, la muqueuse utérine commence à se détacher, ce qui provoque de légères pertes de sang avant les règles. Généralement, le flux s’intensifie de plus en plus, pour laisser place aux règles.
Ces spottings sont plutôt normaux lorsqu’ils interviennent 2-3 jours avant les règles ; en revanche, si vous avez des spottings prémenstruels plus tôt, cela peut également indiquer que la progestérone chute trop tôt avant les règles.
Saignement d’ovulation vs saignement anovulatoire
Il faut savoir que les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie, qui n’a pas donné lieu à une fécondation. L’endomètre, bâti sous l’égide des oestrogènes et de la progestérone, se détache lorsque la progestérone chute en fin de cycle. Généralement, quand l’ovulation est bloquée, on n’a donc plus nos règles.
Sauf que cette règle a bien sûr une exception ! En effet, des saignements peuvent, au contraire, vous indiquer que votre ovulation a été défectueuse (on parle de saignements anovulatoires, ou saignements intermenstruels) et donc uneabsence d’ovulation.
Mais alors comment faire la différence entre ce saignement révélateur d’un échec d’ovulation et celui qui, au contraire, confirme que vous ovulez bien ? Cela est important, surtout si vous cherchez à tomber enceinte !
Pour cela, il est préférable de suivre soncycle car le spotting d’ovulation intervient juste avant ou pendant l’ovulation (quand vous observez de laglaire cervicale de qualité et que votretempérature est encore basse), tandis que le saignement anovulatoire se produit alors que vous n’avez pas encore ovulé. Si, pour les règles, c’est la chute de la progestérone qui déclenche les saignements, c’est plutôt la chute des oestrogènes qui déclenche un saignement anovulatoire (ou saignement inter-menstruel).
De plus, le saignement anovulatoire peut être tout aussi voire plus abondant que les règles, avec de gros caillots ; toutefois, il peut aussi être rosé et plus léger, si les oestrogènes ont été un peu faibles (et il pourra alors plus facilement être confondu avec le spotting d’ovulation). Côté timing, c’est assez aléatoire, en fonction du laps de temps que mettent les oestrogènes à jeter l’éponge.
Si vous n’observez pas votre cycle, vous pouvez faire un test sanguin de votre taux de progestérone, idéalement le 21e jour du cycle, où il est censé être le plus élevé (sur la base d’un cycle de 28 jours – pour un cycle d’une autre durée, comptez 7 jours après votre date présumée d’ovulation). Un taux ≥ 3 ng/mL suggère qu’une ovulation s’est produite. Dans tous les cas, on vous conseille vivement d’en parler avec votre médecin !
Petit point fertilité : si, pendant les règles, le risque de grossesse est minime (mais existe quand même), vous pouvez être tout à fait fertile pendant un saignement inter-menstruel, car l’ovulation peut se produire tout de suite après !
À noter : si vous avez des saignements qui surviennent de manière aléatoire en termes de timing, pensez aussi à consulter, car ils peuvent aussi venir d’un fibrome ou d’un polype, par exemple.
Saignement d’ovulation ou saignement d’implantation
Enfin, une perte de sang pendant la seconde partie du cycle peut être le signe d’un début de grossesse ! Cela concerne environ 1 grossesse sur 4. On parle alors de saignement d’implantation ou encore de saignement de nidation.
Il se produit 6 à 12 jours après la conception et correspond au moment où l’oeuf vient se nicher dans la paroi de l’utérus, sachant qu’il était jusque là dans la trompe utérine. Il n’est pas du tout synonyme de complication dans la grossesse, au contraire, il signifie que l’embryon s’est bien installé !
Il est, comme le spotting d’ovulation, plus clair que des règles, plus léger et plus court (moins d’1 jour à 2 jours max). Vous ne devriez donc pas le confondre avec des règles. En revanche, comment le distinguer du saignement pendant l’ovulation ?
Le saignement d’implantation intervient quelques jours avant la date prévue de vos règles, donc bien plus tard que le saignement d’ovulation. Par définition, il est plus tardif dans le cycle, puisqu’il signifie qu’une fécondation a bien eu lieu lors de l’ovulation, et que plus d’1 semaine s’est écoulée depuis. Là encore, il est bien plus facile de les différencier si vous suivez vos cycles, on vous encourage donc à le faire !
Si un saignement peut révéler une ovulation, c’est loin d’être l’indice le plus fiable pour détecter que vous entrez dans votre fenêtre de fertilité ! Concentrez-vous plutôt sur :
D’autres symptômes d’ovulation éventuels comme une libido en flèche, des douleurs au niveau de l’aine, une vulve douce et gonflée, une tension dans la poitrine, des ballonnements, etc.
Encore une fois, il est précieux de suivre son cycle menstruel pour savoir de quel type de saignement il s’agit, notamment pour s’y retrouver en termes de timing, pour savoir dans quelle phase de votre cycle vous vous trouvez. Pour ce faire, vous pouvez vous appuyer sur la symptothermie, considérée comme fiable à 98% selon le gouvernement français !
Spotting d’ovulation : quand consulter un médecin?
Une perte de sang lors de l’ovulation est un signe parmi d’autres que votre corps est fertile, mais elle est loin d’être systématique. On vous invite plutôt à observer votre glaire cervicale si vous cherchez à identifier avec certitude votre période fertile.
Si le saignement observé ne remplit pas les caractéristiques d’un saignement d’ovulation, s’il est plus long, plus abondant ou qu’il s’accompagne d’autres symptômes (des douleurs, un sentiment de malaise, etc.) on vous invite à en parler avec votre médecin, pour vous assurer qu’il ne cache pas une infection ou un dysfonctionnement hormonal.
Pour rappel, on a rédigé un article qui fait le point sur tous les saignements en dehors des règles, lesquels sont normaux ou non, n’hésitez pas à le consulter !
Pour résumer – Questions fréquentes
Peut-on tomber enceinte malgré un saignement d’ovulation ?
Si le saignement d’ovulation n’est pas un signe de grossesse, comme on nous le demande parfois, ce n’est en revanche pas du tout un frein à une conception.
En effet, vous l’avez compris, un tel spotting est annonciateur de l’ovulation, vous êtes donc bien fertile et pouvez tomber enceinte si vous avez un rapport à ce moment-là. Au contraire, c’est même une période de grande fertilité !
Pour autant, on vous invite à consulter un professionnel de santé si vous avez régulièrement des saignements en dehors de vos règles, pour vous assurer qu’il n’y a pas une autre explication à vos pertes de sang.
Comment savoir si c’est du spotting ?
On se demande souvent quelle est la différence entre les saignements et les spottings ! Voici comment bien fait la distinction :
Quantité/ Volume : Le spotting est minime, alors que le saignement est plus important. Le spotting ne nécessite pas forcément de protection (il peut faire une petite tache dans votre culotte), quand le saignement, lui, demande qu’on porte une serviette, une culotte de règles, un tampon ou une cup
.
Durée : le spotting dure souvent 1 à 2 jours, alors que les règles durent en moyenne 2 à 7 jours.
Timing : le saignement menstruel (les règles) interviennent de manière cyclique et reviennent à fréquence plus ou moins régulière. Si ce n’est pas le cas, il y a de fortes chances que ce soit du spotting.
Quelles sont les causes d’un spotting ?
Les spottings entre les règles ont des causes variées :
L’ovulation
La nidation
L’arrivée des règles, car l’endomètre commence à se détacher.
Tous peuvent s’accompagner de symptômes associés (comme des tiraillements, voire des douleurs dans le bas ventre ou dans le bas du dos, par exemple) ou être asymptomatiques.
Ces causes sont plutôt hormonales, mais certains moyens de contraception peuvent provoquer des saignements en dehors des règles, comme la pilule en continu ou le stérilet. Ces pertes de sang peuvent aussi être liées à tout autre chose, comme un fibrome ou un polype, par exemple.
L’idéal, pour savoir d’où provient ce spotting, est de suivre son cycle menstruel pour voir s’il est bien lié aux fluctuations hormonales. Si ce n’est pas le cas ou si ces saignements s’accompagnent de douleurs (en cas de syndrome prémenstruel ou d’ovulation douloureuse, par exemple), il ne faut pas hésiter à demander un avis médical à son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme, qui saura adapter la prise en charge et le traitement si besoin est !
Pour conclure, retenez bien que le saignement d’ovulation n’est absolument pas le signe que vous avez un problème de fertilité ! C’est même plutôt bon signe, donc ne vous inquiétez pas 🙂
Il peut parfois se confondre avec d’autres saignements vaginaux (spotting d’implantation, saignement prémenstruel, etc.), mais s’il s’accompagne d’une glaire de qualité + est suivi d’une montée de température, il est bien probable qu’il s’agisse d’un spotting d’ovulation !
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez déjà repéré ces petits saignements au moment de l’ovulation ? Dans tous les cas, n’hésitez pas à venir nous partager vos réflexions en commentaire !
PS : je reçois beaucoup de commentaires chaque jour, dont certains sont des questions personnelles qui justifient un échange approfondi pour que je puisse apporter un éclairage.
Aussi, plutôt que d’alourdir la lecture des commentaires pour les autres lectrices, il est possible que je ne valide pas votre commentaire ici mais que je revienne vers vous par email ! : )
Je ne laisse donc désormais que les commentaires apportant un complément à l’article utile à tous.
Mais sentez-vous libre d’un écrire un, j’y répondrai dans tous les cas, ici ou en privé ! (et pensez d’ailleurs à bien noter votre vrai email, il n’apparaitra nul part sur le site ne vous inquiétez pas, et à vérifier vos spams !)
Les œstrogènes sont des hormones féminines, capitales pour notre fertilité et notre cycle menstruel.
Il existe 4 types d’œstrogènes naturels : l’estradiol (sécrété par les ovaires), l’estrone (produit par les glandes surrénales et le tissu adipeux), l’estriol et l’estétrol (uniquement présents pendant la grossesse).
Ils ont également des impacts positifs sur notre santé physique et mentale (système cardiovasculaire, ostéo-articulaire, peau, cheveux, humeur, etc.)
Les œstrogènes de synthèse, que l’on trouve dans les contraceptifs notamment, n’ont pas les mêmes effets bénéfiques.
L’excès ou la carence en oestrogènes se manifestent par certains symptômes caractéristiques, mais se décèlent aussi par prise de sang.
Quand on s’intéresse un tant soit peu à notre cycle menstruel et notre fertilité, on entend forcément parler des oestrogènes. Ces hormones féminines sont en effet essentielles à l’ovulation et donc, à la conception ! Néanmoins, le rôle des œstrogènes ne s’arrête pas là et ils ont véritablement un impact sur tout notre organisme. Ainsi, un manque d’oestrogènes, tout comme un excès de ceux-ci, peut avoir des répercussions sur notre santé hormonale, physique et mentale.
Pourquoi, comment ? Préparez-vous, on va tout vous dire sur les oestrogènes !
Les œstrogènes, définition
Les œstrogènes font partie des hormones féminines, essentielles au cycle menstruel et à la fertilité. Ce sont des hormones stéroïdiennes, car elles sont synthétisées à partir du cholestérol (et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas bannir les bons gras de votre alimentation !).
Les œstrogènes sont fabriqués à partir des hormones dites « hormones mâles » ou androgènes, comme la testostérone ou l’androstènedione, qui sont converties en oestrogènes grâce à une enzyme bien particulière appelée l’aromatase.
Trois types d’oestrogènes
On parle des œstrogènes au sens large, mais en réalité, il faut distinguer 3 types d’oestrogènes bien distincts :
Estradiol (E2) : chez la femme, c’est celui qui est sécrété par les follicules en développement dans les ovaires au cours du cycle menstruel. C’est aussi le plus puissant, qui a le plus de retentissements sur le corps.
Estrone (E1) : il est sécrété par les glandes surrénales et le tissu adipeux et lorsque le cycle menstruel s’arrête à la ménopause, il s’agit de la principale (et seule) source d’oestrogènes. Sa puissance oestrogénique est modérée.
Estriol (E3) : il s’agit d’un type d’oestrogènes particulier, sécrété par le placenta au cours de la grossesse à partir des cellules stéroïdiennes foetales (du bébé). Sa puissance oestrogénique est faible, il sert surtout d’indicateur de la santé du placenta et du fœtus.
On a aussi découvert un quatrième type d’oestrogènes, l’estétrol (E4), lui aussi synthétisé pendant la grossesse, par le foie du bébé. Les recherches sont à leurs débuts, mais il servirait au développement du foetus ! Plus puissant que l’estriol mais moins que l’estradiol (les oestrogènes sécrétés par nos follicules ovariens), les scientifiques travaillent sur son utilité dans les traitements hormonaux de la ménopause, car il présenterait moins d’effets secondaires de part son « action sélective sur certains récepteurs œstrogéniques ».
L’évolution des oestrogènes au cours du cycle menstruel
Les œstrogènes (ou plutôt l’estradiol, donc) sont les hormones prédominantes pendant la première moitié du cycle, du premier jour des règles à l’ovulation.
Ils sont sécrétés par les follicules ovariens en développement, et plus ces derniers maturent, plus ils en sécrètent. D’ailleurs, le follicule dominant, appelé follicule de De Graaf et qui libérera son ovocyte lors de l’ovulation, en sécrète énormément. Lorsque le cerveau détecte un certain seuil d’oestrogènes, quand leur production est au maximum à l’approche de l’ovulation, il envoie l’hormone LH pour permettre cette dite ovulation.
Les œstrogènes sont donc produits de manière exponentielle sur toute la première moitié du cycle menstruel, avant de diminuer ensuite pendant la phase post-ovulatoire (qui est plutôt la phase de la progestérone) même s’ils restent présents.
En réalité, en phase post-ovulatoire, les oestrogènes sont bien moins importants que la progestérone ! Voici à quoi ressemble, en vrai, le ratio oestrogènes / progestérone après l’ovulation :
Quel est le rôle des œstrogènes ?
Pour la fertilité
On l’a dit, les œstrogènes sont essentiels au cycle menstruel et à la fertilité féminine et voici pourquoi ! C’est une vraie hormone de croissance, qui agit à différents niveaux pour permettre l’implantation d’un embryon, à chaque cycle.
Tout d’abord, ils permettent l’épaississement de l’endomètre : l’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus et il est capital qu’il soit suffisamment épais, douillet et « accueillant » pour un futur embryon. En effet, l’embryon s’accroche à l’endomètre, puis reçoit tous les nutriments dont il a besoin pour se développer au cours de la grossesse. Les œstrogènes sont chargés de superviser la mise en place de couches de muqueuse, qui est au max de son épaisseur aux alentours de l’ovulation ; en phase post-ovulatoire, la progestérone vient peaufiner le travail en ajoutant des vaisseaux sanguins dans cette couche épaisse.
Ensuite, les œstrogènes permettent la sécrétion d’une glaire cervicale propice à une fécondation : la glaire cervicale est un mucus sécrété par les cryptes du col de l’utérus, chargé de protéger et nourrir les spermatozoïdes, en plus de les escorter vers l’ovule pendant la période fertile. Au fur et à mesure que l’ovulation approche, la glaire devient plus translucide et lubrifiée, comme du blanc d’oeuf cru et ce, grâce aux oestrogènes ! En modifiant la composition de la glaire, les œstrogènes la rendent plus accueillante pour les spermatozoïdes, ce qui signifie qu’ils peuvent mieux s’y déplacer et y survivre. D’autres études ont même démontré que la glaire cervicale favorise la capacitation des spermatozoïdes, c’est-à-dire leur capacité à féconder l’ovule.
Les œstrogènes ont aussi un impact sur la position du col de l’utérus: sous leur influence, il remonte, devient plus mou, plus doux et s’entrouvre un peu, en plus de s’aligner avec le vagin ! C’est un peu comme si le pont-levis était abaissé pour permettre aux spermatozoïdes de rentrer dans le château qu’est l’utérus 🙂
De plus, les œstrogènes influencent l’expression desrécepteurs de la progestérone dans l’endomètre,hormone essentielle du cycle menstruel et de la grossesse ! Ainsi, si la progestérone est essentielle au maintien d’une grossesse parce qu’elle stabilise et maintient l’endomètre, les oestrogènes lui préparent le terrain en amont 🙂
D’ailleurs, chez la femme enceinte,les œstrogènes permettent aussi le bon développement du placenta, la croissance de l’utérus et sa vascularisation. Avec la progestérone, ils stimulent aussi les canaux galactophores en prévision de l’allaitement.
Enfin, les œstrogènes ont également une influence sur la répartition des graisses et c’est pour ça que nous les femmes, avons des hanches et des fesses plus développées que les hommes ! Cette répartition des graisses ne doit rien au hasard, car elle nous permet d’augmenter nos chances de reproduction, notamment pour fournir de l’énergie pendant la grossesse et l’allaitement 😉 Ils développent aussi la glande mammaire !
Pour la santé générale
Hormis la fertilité, les œstrogènes sont essentiels pour notre santé globale ! On s’en aperçoit d’ailleurs à la ménopause, quand la production d’estradiol se tarit et qu’il ne reste que l’estrone, un oestrogène beaucoup moins puissant.
Les oestrogènes sont essentiels à la santé cardiovasculaire : ils permettent la bonne dilatation des vaisseaux sanguins et une bonne circulation sanguine, ce qui réduit les risques d’hypertension artérielle. Ils améliorent aussi les contractions du coeur, qui est donc plus « efficace » pour envoyer le sang dans les artères. Les oestrogènes permettent aussi de faire baisser le mauvais cholestérol et donc de limiter les plaques d’athérome et réguleraient aussi la coagulation du sang, et réduisant ainsi le risque de caillots.
Les oestrogènes participent aussi à une bonne santé ostéo-articulaire: en effet, ils inhibent les cellules responsables de la destruction du tissu osseux (les ostéoclastes) et soutiennent celles qui, au contraire, favorisent la construction osseuse (les ostéoblastes). C’est d’ailleurs pour cela que le risque d’ostéoporose augmente à la ménopause, puisque les oestrogènes ne sont quasiment plus là ! Ils ont aussi des propriétés anti-inflammatoires, stimulent la production de collagène et modulent l’activité des enzymes qui dégradent le cartilage. Néanmoins, selon une étude, ils ont aussi tendance à trop assouplir nos articulations pendant la phase ovulatoire par exemple, durant laquelle les femmes sont davantage exposées au risque de blessure.
Par ailleurs, les œstrogènessont impliqués dans notre bonne santé mentale : il se trouve qu’ils ont des effets positifs sur nos neurotransmetteurs, comme la dopamine (le neurotransmetteur de la bonne humeur et de la motivation) et la sérotonine (neurotransmetteur de l’apaisement), en améliorant à la fois leur sécrétion et notre sensibilité à leurs effets ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on est généralement de meilleure humeur, plus conciliante et pleine de projets à l’approche de l’ovulation 🙂 Les oestrogènes réduiraient aussi le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez la femme.
Enfin, comme collagène, acide hyaluronique et œstrogènes sont liés, ces derniers permettent une bonne élasticité de notre peau. Ils sont aussi responsables de la beauté de nos cheveux à l’approche de l’ovulation, car ils diminuent la sécrétion de sébum 🙂 Ils permettent aussi de maintenir nos muqueuses bien hydratées, en activant les glandes responsables des sécrétions (comme la glaire cervicale) et en améliorant la circulation sanguine, ce qui favorise un apport constant en nutriments et en humidité.
Quels sont les signes d’hypoœstrogénie ou d’hyperoestrogénie ?
Maintenant qu’on a dit tout ça, vous avez compris à quel point il est crucial d’avoir suffisamment d’œstrogènes, mais il est surtout essentiel que leur quantité soit équilibrée, sous peine d’être en situation de déséquilibre hormonal. En effet, avoir trop d’oestrogènes n’est pas non plus souhaitable !
D’où peut venir cette carence en œstrogènes ? Cela dépend de chaque femme et elle peut être multifactorielle, mais on peut citer : les carences alimentaires (notamment en protéines et en bons gras), l’insuffisance ovarienne précoce, la périménopause (notamment en deuxième partie, quand le cycle commence à vraiment ralentir) et tout ce qui peut bloquer l’ovulation et la sécrétion d’oestrogènes par les follicules, comme une prise de poids soudaine, l’anorexie mentale, l’excès de sport et des problèmes de la commande centrale (au niveau du cerveau) pour déclencher l’ovulation.
Hyperoestrogénie
Beaucoup de femmes souffrent aussi d’un excès d’ œstrogènes, dont voici les principaux symptômes :
Entre autres ! L’hyperoestrogénie, notamment en deuxième partie de cycle, peut être réelle (la progestérone est OK, mais les oestrogènes sont trop hauts) ou relative (les oestrogènes sont tout à fait dans les normes, mais il y a une carence en progestérone).
Cette prédominance des œstrogènes peut, là encore, être multifactorielle : elle peut venir d’une exposition aux perturbateurs endocriniens, à un certain surpoids (puisque le tissu adipeux stocke et sécrète des oestrogènes), ou encore à un souci de détoxification des oestrogènes.
En effet, une fois que l’ovulation est passée, le corps doit éliminer les oestrogènes : pour ce faire, ils doivent passer par le foie pour être transformés en déchets hydrosolubles (éliminables par les urines). Le foie en profite pour les désactiver grâce à ce qu’on appelle un processus de conjugaison. Ensuite, plusieurs voies d’élimination des oestrogènes sont possibles : la voie 2-OH, qui est la plus protectrice, la voie 4-OH (qui est neutre) et 16-OH, la plus dangereuse. Lorsque les oestrogènes prennent cette troisième voie, ils sont dégradés sous forme de métabolites toujours actifs, assez agressifs et potentiellement cancérigènes.
Ensuite, les oestrogènes doivent passer par les intestins pour être éliminés ! Or, notre microbiote abrite l’estrobolome, qui sont des bactéries capables de déconjuguer les œstrogènes grâce à une enzyme, la bêta-glucuronidase : cela leur permet de rejoindre la circulation sanguine sous leur forme active ! Ils peuvent ensuite se loger dans le tissu adipeux et continuer à avoir un impact sur l’équilibre hormonal féminin. Le système digestif est donc primordial pour une bonne régulation des oestrogènes.
Voici donc quelques symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille, mais attention, ne faites pas d’auto-diagnostic : parlez-en à votre médecin (gynécologue, sage-femme ou endocrinologue) ! Il peut vous proposer de faire doser vos oestrogènes par prise de sang au troisième jour de votre cycle, mais aussi 7 jours après votre ovulation, pour évaluer le ratio œstrogènes / progestérone.
L’évolution des oestrogènes au cours de la vie d’une femme
Les œstrogènes nous accompagnent tout au long de notre vie de femme : cependant, ils ne sont pas présents dans les mêmes proportions selon les périodes !
Généralement, nous en sécrétons peu avant l’adolescence, car les follicules ovariens sont en dormance. Puis, au moment de la puberté, les follicules s’activent, mais l’ovulation peut avoir du mal à se faire : il n’est donc pas rare que les adolescentes souffrent d’hyperoestrogénie relative, car sans ovulation, pas de progestérone pour contrebalancer les œstrogènes ! Néanmoins, cette situation est normale et transitoire : les cycles mettent plusieurs années à se caler 🙂
Ensuite, une fois que nos ovaires ont trouvé leur rythme de croisière, les œstrogènes (et plus précisément l’estradiol) fluctuent au fil des cycles, en étant prédominants en phase pré-ovulatoire (sauf si déséquilibre).
Suit la périménopause, la phase de transition entre le cycle « normal » et son arrêt définitif. Durant cette période, les œstrogènes varient de deux manières distinctes :
En première partie, les femmes sont souvent en hyperoestrogénie relative, car l’ovulation est de moindre qualité et la progestérone devient insuffisante. Le cerveau peut aussi sur-stimuler les follicules pour permettre l’ovulation, ce qui conduit à une plus grande sécrétion d’œstrogènes.
En deuxième partie, les follicules sont de moins en moins stimulés et les oestrogènes sont en berne. Néanmoins, la FSH (l’hormone que l’hypophyse envoie aux ovaires pour les stimuler) est élevée, comme si le cerveau criait sur les ovaires pour se faire entendre.
À la ménopause, les ovaires ne sécrètent plus d’estradiol et il ne reste que l’estrone, produit en moindre quantité et à la puissance oestrogénique bien moindre, ce qui explique tous les effets secondaires pas cools du tout que beaucoup de femmes ménopausées subissent (insomnies, bouffées de chaleur, problèmes cardio-vasculaires, ostéoporose, etc.).
Que penser des oestrogènes de synthèse ?
Quand les œstrogènes viennent à manquer, on propose souvent aux femmes de prendre un médicament avec des oestrogènes de synthèse. Ces œstrogènes « chimiques » sont également présents dans la pilule contraceptive : si la progestérone synthétique bloque l’ovulation, les oestrogènes de synthèse, eux, permettent d’épaissir l’endomètre et donc d’avoir des saignements en fin de plaquette (les fameuses « hémorragies de privation »).
Néanmoins, ces œstrogènes synthétiques (souvent de l’éthinylestradiol (EE)), n’ont pas du tout les mêmes effets positifs que les oestrogènes naturels sur notre fertilité et notre santé globale, car leur structure moléculaire est trop différente !
Ils ne sont également pas dénués d’effets secondaires :
Risques cardiovasculaires majorés (alors que les « vrais » œstrogènes sont protecteurs !), ce qui explique qu’ils soient contre-indiqués aux femmes ayant des problématiques cardiaques et/ou circulatoires, aux fumeuses, etc.
Troubles de l’humeur
Acné
Maux de tête
Modification de la libido
Tensions mammaires
Prise de poids
Entre autres !
C’est la raison pour laquelle certaines pilules plus récentes contiennent plutôt de l’estradiol bio-identique ou de l’estétrol, notamment dans les traitements hormonaux de la ménopause « à la française ».
Questions fréquentes
Quand et comment doser les oestrogènes ?
Chez la femme, on dose les œstrogènes par prise de sang au 3ème jour du cycle (qui correspond au troisième jour des règles), puis 7 jours après l’ovulation, pour observer leur taux par rapport à celui de la progestérone.
Quel est le taux d’œstrogènes normal ?
Tout dépend du moment du cycle menstruel, mais aussi des normes des laboratoires. Par ailleurs, il est toujours intéressant d’évaluer le taux d’oestrogènes en fonction de ceux d’autres hormones (comme la LH, la FSH et la progestérone).
Le soja peut-il augmenter le taux d’œstrogènes ?
Sur ce point des phytoestrogènes, les études sont partagées : ils peuvent tout à fait s’ajouter à nos œstrogènes et créer un climat hyperoestrogénique, mais peuvent aussi avoir une fonction régulatrice en se plaçant sur leurs récepteurs. Ainsi, il vaut peut-être mieux adapter sa consommation de soja par exemple au cas par cas !
Les hommes ont-ils des oestrogènes ?
Oui, les hommes ont aussi un petit peu d’oestrogènes ! En effet, leur testostérone est convertie en œstrogènes grâce à l’aromatase.
Comme chez les femmes, les oestrogènes participent à la santé cardiovasculaire et ostéo-articulaire des hommes. Il peut aussi arriver qu’ils aient trop d’oestrogènes, ce que l’on peut repérer grâce à la présence de « seins » chez l’homme, ou une répartition gynoïde des graisses (sur les fesses, les cuisses et les hanches, comme chez les femmes). Cela peut d’ailleurs perturber leur libido et leur fertilité !
Les oestrogènes provoquent-ils des cancers ?
Non, les œstrogènes naturels ne sont pas intrinsèquement dangereux, et bien équilibrés, ils jouent un rôle protecteur dans d’autres contextes.
Les études démontrent que les oestrogènes peuvent augmenter le cancer du sein et de l’endomètre, qui sont deux tissus influencés par ces hormones. Néanmoins, cela dépend aussi de la durée d’exposition aux œstrogènes au cours de la vie (puberté précoce, ménopause tardive, grossesses ou non), de leur quantité (à toujours corréler avec la quantité de progestérone) et de facteurs génétiques. Par ailleurs, l’exposition aux oestrogènes diminuerait le risque de cancer de l’ovaire et du côlon.
Tout dépend également de la manière dont sont éliminés les oestrogènes : les hormones sont en effet éliminés par le foie, qui filtre le sang et fait en sorte que les déchets métaboliques soient éliminés par les selles ou les urines. Or, pour éliminer les oestrogènes, le foie a trois manières de le faire, trois « voies » d’élimination : la voie 2-OH, la voie 4-OH et la voie 16-OH (c’est un petit peu technique, on vous le concède !). Or, la voie d’élimination par le foie 2-OH serait protectrice, alors que la voie 16-OH peut au contraire stimuler la croissance anormale de tissus (fibromes, kystes ovariens, endométriose) et de cellules cancéreuses.
Concernant les oestrogènes de synthèse (EE), ils seraient en revanche liés à un sur-risque de cancer du sein, du col de l’utérus et du foie, par exemple si la femme a pris la pilule pendant plusieurs années ou un traitement hormonal substitutif « à l’américaine », sans oestrogènes bio-identiques (ce qui n’est pas le cas avec le THM « à la française », qui emploie des hormones bio-identiques). Néanmoins, le niveau de risque redevient similaire à celles des femmes qui n’en ont pas pris au bout de 10 ans d’arrêt.
Nous avons terminé notre plongée passionnante au coeur des œstrogènes ! Ces hormones, absolument clés pour notre fertilité ont également des effets parfois insoupçonnés sur notre corps tout entier, et même sur notre cerveau. Et on en découvrira sans doute de nouveaux à l’avenir !
Qu’en pensez-vous ? Si vous avez des questions ou des remarques à apporter, surtout, n’hésitez pas nous les partager en commentaires 😉
Le cycle menstruel et la santé féminine sont gouvernés par un dialogue permanent entre notre cerveau, notre système reproducteur et nos différentes hormones, qui se répondent entre elles.
Les principales hormones féminines sont la LH et la FSH (qui sont deux hormones sécrétées par l’hypophyse, située dans notre cerveau), mais aussi et surtout les œstrogènes et la progestérone, sécrétées au niveau ovarien.
Les hormones féminines fluctuent tout au long du cycle menstruel et de la vie d’une femme, de la puberté à la ménopause.
Nos hormones féminines nous permettent de démarrer une grossesse, mais elles ont des retentissements sur tout notre organisme.
Il arrive que nos hormones soient en déséquilibre, en raison du stress, de notre hygiène de vie et/ou des perturbateurs endocriniens : dans ce cas, des solutions médicamenteuses et naturelles existent !
Ah, les femmes et leurs hormones !! On a souvent l’impression qu’il s’agit d’un binôme inséparable et infernal, responsable de toutes nos sautes d’humeur et autres contrariétés.
Si les femmes sont, comme les hommes, régulées par ces subtils messagers (qui activent le sommeil, la digestion ou encore le désir sexuel !), elles ont quelques hormones bien spécifiques qui les distinguent de leurs homologues masculins.
Or, ces hormones féminines ne sont pas qu’un “truc” de femme enceinte, ménopausée ou qui a ses règles. Elles jouent un rôle considérable dans notre fertilité, notre féminité, notre énergie et notre santé en général.
Vous vous demandez comment fonctionne ce subtil jeu hormonal ? Vous voulez savoir en quoi elles sont loin d’être un ennemi, mais au contraire un super pouvoir ? On vous explique !
Hormones féminines : qui sont-elles et comment évoluent-elles au fil du cycle menstruel ?
Les hormones sexuelles féminines ne sont pas un long fleuve tranquille : leur niveau varie à chaque étape de la vie d’une femme, et à chaque phase de son cycle menstruel.
Sauf avec une contraception hormonale, où les fluctuations hormonales sont bloquées et où le cycle devient lisse et linéaire (on y revient plus bas !), nos hormones font donc le roller coaster avec un objectif bien précis : nous rendre fertile et permettre l’ovulation, puis la nidation !
GnRH, FSH et LH : notre fertilité commence dans notre cerveau
Chose qui peut paraître étrange, mais notre cycle menstruel démarre, non pas dans nos ovaires, mais dans notre tête !
En effet, c’est le cerveau qui lance l’ovulation : dès le début des règles, notre hypothalamus lance le cycle en sécrétant une hormone, la GnRH (gonadolibérine) à destination d’une autre zone cérébrale, l’hypophyse.
À son tour, l’hypophyse sécrète de la FSH, qui commande aux ovaires de se réveiller : cette hormone stimule les follicules, afin qu’ils maturent. Au bout de quelques jours, un follicule connaît une croissance plus rapide que les autres (c’est le follicule de De Graaf) : mais pour pouvoir être libéré de l’ovaire jusqu’à la trompe utérine (où il pourra, le cas échéant, rencontrer un spermatozoïde), l’ovule a besoin d’un nouveau message venant du cerveau : c’est là qu’intervient l’autre hormone hypophysaire, l’hormone lutéinisante (LH). Elle est sécrétée en quantités importantes environ 18 heures avant l’ovulation, lorsque l’hypophyse perçoit un pic d’œstrogènes. C’est d’ailleurs elle que l’on mesure avec les tests urinaires d’ovulation, puisqu’elle est présente en grande quantité juste avant la libération de l’ovule.
La LH et la FSH ne sont pas des hormones purement féminines (les hommes en ont aussi afin de créer des spermatozoïdes), mais ce sont elles qui parlent avec nos ovaires et nos hormones ovariennes : les œstrogènes et la progestérone.
Les œstrogènes, les hormones qui préparent l’ovulation
Lorsque les follicules commencent à être stimulés par le cerveau (et plus précisément la FSH) en début de cycle, on entre alors dans la phase pré-ovulatoire (ou phase folliculaire), durant laquelle dans chaque ovaire, un petit groupe de follicules sont stimulés : ce sont eux qui produisent des œstrogènes (lien), en quantité croissante au fur et à mesure qu’ils maturent.
Plus précisément, les follicules ovariens produisent un type d’oestrogène très particulier, l’ estradiol. En effet, les femmes sécrètent aussi 3 autres types d’œstrogènes, qui n’ont pas la même force de frappe : l’ estriol (par les glandes surrénales et le tissu adipeux), l’ estrone et l’estétrol (sécrétés uniquement pendant la grossesse). Ainsi, le cycle menstruel est le plus grand pourvoyeur d’oestrogènes naturels, autant en termes de quantité que de puissance oestrogénique.
Le rôle des œstrogènes est de préparer à la fois l’ovule, mais aussi la paroi de l’utérus (appelée endomètre), qui va s’épaissir pour qu’un embryon puisse venir s’y implanter, dans le cas où il y aurait une fécondation. Les oestrogènes sont aussi à l’origine de la glaire cervicale, qui permet d’identifier que l’on entre dans sa fenêtre de fertilité, grâce à sa texture qui devient plus étirable et translucide.
Au fur et à mesure que les follicules maturent, ils libèrent de plus en plus d’oestrogènes : le follicule de De Graaf en produit énormément et c’est ce pic oestrogénique qui déclenche le pic de LH du côté du cerveau.
Si on récapitule : lorsqu’on a un pic de LH et d’oestrogènes, c’est que l’ovulation est imminente ! Le grand moment de l’ovulation arrive alors : l’ovule est libéré et il va vivre entre 12 et 24 heures seulement.
Les oestrogènes sont les hormones du plaisir, de la sexualité et de la fertilité par excellence ! En effet, ces hormones féminines ont d’autres fonctions annexes liées à la reproduction :
Ils développent nos organes féminins et caractères sexuels secondaires à la puberté (seins, utérus, endomètre, poils)
Ils nous font nous sentir belle, attirante, sexuellement excitée(libido en folie avant l’ovulation !)
Ils entraînent donc la production de glaire cervicale, qui nous rend fertile et nourrit les spermatozoïdes
Ils répartissent nos graisses sur nos hanches et nos cuisses et élargissent nos hanches, pour nous permettre de porter un enfant.
La progestérone, l’hormone de la grossesse
La progestérone est la deuxième hormone du cycle menstruel, aussi importante que les oestrogènes !
Une fois l’ovulation passée, on entre dans la phase lutéale ou phase post-ovulatoire : l’enveloppe du follicule (vidé de son ovule qui est parti attendre un spermatozoïde dans la trompe utérine) est transformée en corps jaune : c’est lui qui sécrète la progestérone.
Le rôle de la progestérone est de maintenir le nid au cas où l’ovule aurait été fécondé par un spermatozoïde (en gros, c’est un peu Jean-Claude Dusse tous les mois : “sur un malentendu, ça peut marcher” !). Sauf que la plupart du temps, il n’y a pas eu de fécondation.
La progestérone a aussi un effet bloquant de la FSH et la LH, pour empêcher toute nouvelle stimulation des ovaires et maturation d’un nouveau follicule. Elle n’a qu’un seul et unique but : préserver l’éventuelle grossesse en cours et éviter toute perturbation (elle ne sait pas encore si ça a marché ou pas…).
La phase post ovulatoire dure entre 11 et 16 jours et pendant cette période, le corps est dans l’incertitude quant à cette possible fécondation. La progestérone reste donc élevée, et les oestrogènes remontent un peu aussi. La FSH et la LH sont inhibées par la progestérone.
Au bout des 14 jours, tout le monde fait le point : s’il n’y a pas eu fécondation, le corps jaune bat en retraite et se désintègre, entraînant une chute brutale de la progestérone.
En conséquence, le nid qui tapissait l’endomètre et qui était entretenu par la progestérone n’est plus maintenu et se désintègre lui aussi. Les couches vascularisées de l’utérus se détachent et descendent par le vagin : ce sont les règles qui arrivent !
Et voilà, la boucle est bouclée, on repart pour un tour ! Du fait de la chute de la progestérone, la FSH et la LH ne sont plus inhibées, elles reprennent donc du service pour qu’un nouvel ovule soit préparé. Et ainsi de suite…, jusqu’à la ménopause (ou une grossesse bien sûr !).
Fait chuter notre libido (c’est à cause d’elle qu’on est souvent moins open en seconde partie de cycle, avant les règles…).
La testostérone
La testostérone est une hormone que l’on retrouve en grande quantité chez les hommes, mais les femmes en ont aussi un petit peu, produite par les ovaires et les glandes surrénales.
Elle participe à notre fertilité, car elle stimule la croissance des follicules ovariens et augmente notre libido autour de l’ovulation (timing parfait, quand on veut concevoir), mais aussi avant nos règles ! Elle a aussi un rôle à jouer sur notre masse musculaire et c’est aussi et surtout à partir de cette hormone androgène (entre autres) que sont produits les oestrogènes, grâce au processus de l’aromatase.
Les impacts des hormones féminines sur notre santé globale
Maintenant qu’on a vu ensemble à quoi servent nos hormones féminines pour notre fertilité, il faut aussi qu’on aborde us bienfaits pour notre santé en général !le Car oui, elles ont un impact sur une multitude de mécanismes dans notre corps, ce qui les rend d’autant plus essentielles pour notre équilibre global.
L’impact des oestrogènes sur notre santé globale
Voici une liste non exhaustive des effets positifs des œstrogènes dans notre organisme :
Ils améliorent notre santé cardiovasculaire, notamment en permettant une bonne dilatation de nos vaisseaux sanguins
Ils consolident nos os, en favorisant l’activité des ostéoblastes, les cellules qui construisent nos os
Ils stimulent la production de collagène, ce qui améliore la qualité de notre peau et de nos cheveux (sympa !), surtout que ce sont aussi de très bons antioxydants
Les œstrogènes sont aussi liés à notre humeur, notamment grâce à leur action sur notre dopamine et notre sérotonine
Enfin, ils seraient neuro-protecteurs.
Entre autres ! N’hésitez vraiment pas à lire notre article dédié aux œstrogènes pour tout savoir sur tous leurs impacts sur notre corps 🙂
L’impact de la progestérone sur notre santé globale
La progestérone, hormone de la seconde partie du cycle menstruel est également tellement précieuse !
Elle a un effet anxiolytique et sédatif, grâce à son effet sur le récepteur cérébral GABA, qui active notre système para-sympathique (la pédale de frein de notre sytème nerveux). Une étude a même révélé que les femmes sous contraceptif hormonal sont plus susceptibles de souffrir de dépression, du fait du blocage de la progestérone.
Elle participe à notre santé cardiovasculaire, notamment par son action diurétique, qui permet de faire baisser la pression artérielle.
Elle permet d’équilibrer l’action des oestrogènes : ces derniers peuvent par exemple provoquer de la rétention d’eau, que la progestérone vient « annuler », une nouvelle fois grâce à son action diurétique.
Ces deux hormones sont donc très complémentaires : si elles sont équilibrées, notre cycle (et notamment nos règles) se déroulent sans encombre. En cas de déséquilibre, des désagréments peuvent intervenir.
Comment évoluent les hormones féminines au cours de la vie d’une femme ?
Nos hormones sexuelles féminines évoluent tout au long de notre vie et leur présence ne se fait pas ressentir de la même manière quand on a 12 ans, 25 ans, 36 ans ou 45 ans 🙂
Puberté
Au moment de la puberté, nos follicules ovariens, auparavant endormis, sont réveillés par le cerveau (et la fameuse FSH) : le cycle commence doucement à se mettre en route et il va lui falloir plusieurs années avant de trouver son rythme de croisière.
Durant ce laps de temps, les follicules sont donc stimulés, des oestrogènes sont sécrétés, mais le système n’est pas encore suffisamment mûr : l’ovulation peut donc avoir du mal à se produire. Ainsi, les jeunes filles peuvent être en situation d’hyperoestrogénie, car comme l’ovulation ne se fait pas (ou pas bien), beaucoup d’oestrogènes sont sécrétés, sans qu’il n’y ait suffisamment de progestérone.
Cela peut provoquer des symptômes comme des pertes blanches abondantes (qui sont en réalité de la glaire cervicale), des règles abondantes et douloureuses, un syndrome prémenstruel marqué etc. C’est normal et souvent transitoire !
Grossesse
Pendant la grossesse, la progestérone, hormone de la gestation, est sécrétée en grande quantité. Les oestrogènes suivent le mouvement, ce qui explique que notre peau et nos cheveux soient on fire, mais aussi que l’on produise souvent beaucoup de glaire cervicale et que l’ait éventuellement des petits soucis de constipation, par exemple.
Les femmes enceintes sécrètent aussi de la beta hCG durant leur premier trimestre de grossesse, qui peut générer des nausées.
Périménopause
Lorsqu’une femme entre dans sa période de périménopause, son cycle menstruel commence à dysfonctionner. En effet, il ne s’arrête pas d’un coup et met même parfois une dizaine d’années pour le faire ! Entre-temps, on subit un peu une « puberté à l’envers », avec un arrêt progressif de notre activité ovarienne.
La périménopause se déroule généralement en deux temps :
Les ovulations sont de moins bonne qualité, ce qui conduit à une carence en progestérone, avec tous les symptômes associés (notamment, un syndrome prémenstruel assez prononcé et des cycles courts). On a donc des oestrogènes en excès par rapport à la progestérone.
Puis, les ovulations vont se faire de plus en plus rares, car nos follicules sont moins bien stimulés par le cerveau et/ou réagissent moins à la FSH. Les oestrogènes se mettent donc eux aussi à chuter progressivement.
Ménopause
Au bout d’un moment, le cycle menstruel s’arrête :totalement on estime qu’une femme est ménopausée quand elle n’a pas eu ses règles pendant plus d’un an.
Qu’est-ce qui peut perturber / déséquilibrer nos hormones féminines ?
Règles douloureuses, syndrome prémenstruel, cycles irréguliers, acné hormonale, etc. sont autant de symptômes qui peuvent signifier qu’un déséquilibre hormonal est à l’oeuvre.
Une déficience en oestrogènes peut par exemple provoquer des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, une sécheresse vaginale, entraîner de l’anxiété voire une dépression, faire chuter la libido, l’appétit ou la mémoire, etc.
Au contraire, un excès d’oestrogènes ou une carence en progestérone peuvent être la cause du fameux syndrome prémenstruel (lien) (maux de ventre, de tête, nausées, tensions dans la poitrine, irritabilité, rétention d’eau, etc.). Mais pourquoi nos hormones féminines peuvent être mises à mal, qu’est-ce qui peut venir les chambouler ?
La contraception hormonale
Cela peut paraître un peu surprenant, mais oui, les hormones de synthèse présentes dans les contraceptifs oraux viennent perturber nos « vraies » hormones féminines : c’est même leur rôle ! En effet, elles viennent bloquer les hormones féminines et les mettre en sommeil forcé, dans le but d’empêcher l’ovulation. Sous contraceptif hormonal, on ne sécrète plus d’oestrogènes, ni de progestérone !
Sauf que, point très important : les hormones naturellement produites par nos ovaires jouent un rôle fondamental dans notre santé, ce qui n’est pas le cas des hormones de synthèse apportées par un contraceptif. Tous les effets bénéfiques listés juste avant ne valent donc pas dans en cas de prise d’une contraception hormonale.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les femmes qui arrêtent lapilule contraceptive découvrent très souvent qu’elles ont une libido bien supérieure à ce qu’elles pensaient. En bloquant les oestrogènes, la pilule peut en effet avoir un effet dévastateur sur le désir sexuel (entre autres !). Par ailleurs, on préconise souvent aux femmes qui ont des règles irrégulières ou douloureuses de prendre la pilule, afin d’éteindre le cycle menstruel : sauf que cette dernière peut avoir des effets secondaires tout à fait semblables au SPM :s
Enfin, un cycle au naturel vécu sans douleurs et sans complication (c’est la norme, rappelons-le !) est un excellent marqueur de notre bonne santé. Les éventuels dysfonctionnements sont une façon de repérer des déséquilibres hormonaux, ce que l’on ne peut pas faire avec un contraceptif hormonal, qui masque les symptômes, sans les traiter à la racine.
A contrario, les méthodes de contraception barrière (préservatif, cape cervicale, diaphragme, etc.) ne viennent pas du tout perturber nos hormones féminines, puisqu’ils n’ont aucun impact sur elles. Néanmoins, on sait que ces méthodes ont des taux de fiabilité plus faibles que les méthodes hormonales !
Pour pallier cela, il est aussi possible d’opter pour une méthode d’observation du cycle menstruel, afin de repérer sa période de fertilité et son ovulation (et adapter sa sexualité en conséquence si on ne souhaite pas avoir d’enfant sur le cycle en cours). En effet, on a vu ensemble que nos hormones nous parlent, ou du moins, qu’elles signalent leur présence par des symptômes très caractéristiques !
Quand les oestrogènes sont au max avant l’ovulation, on sécrète davantage de glaire cervicale et on la voit « monter en qualité », elle devient crémeuse, laiteuse, « blanc d’oeuf cru » ;
Une fois l’ovulation passée, la progestérone augmente notre température corporelle et la glaire s’assèche.
C’est la raison pour laquelle la symptothermie par exemple, se base sur ces deux indicateurs (glaire cervicale + température) pour déterminer la date de l’ovulation. Et ce, de manière plutôt très efficace, puisque son taux de fiabilité pratique (dans la vraie vie, donc), est de 98% !
Les perturbateurs endocriniens
Tout est dit dans le mot : les perturbateurs endocriniens perturbent notre système endocrinien, c’est–à-dire notre système hormonal.
Ces substances problématiques, que l’on retrouve absolument partout (dans l’air, dans l’eau, dans nos vêtements, notre déco, nos produits de beauté et ménagers, etc.) agissent de deux manières : soit elles bloquent l’action de nos hormones en se plaçant sur leurs récepteurs, soit elles les imitent et leurrent le cerveau.
Les phases de la vie : la puberté ou la périménopause
Comme on l’a vu un peu plus haut, nos hormones féminines sont parfois en déséquilibre lorsque le cycle menstruel se lance et lorsqu’il commence à montrer des signes de fatigue. Généralement, la puberté et la périménopause sont des phases durant lesquelles les oestrogènes prédominent, même si à l’approche de la ménopause, les oestrogènes chutent également.
Une pathologie (endométriose, SOPK, etc).
Parfois, les hormones féminines peuvent aussi être déséquilibrées en raison d’une maladie génétique ou d’un trouble du cycle menstruel, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’endométriose ou une insuffisance ovarienne précoce.
Dans ce cas, des solutions médicales existent, heureusement ! Ces pistes thérapeutiques peuvent aussi être renforcées par des aménagements de l’hygiène de vie.
Notre mode de vie
En effet, notre mode de vie a un rôle immense à jouer dans notre équilibre hormonal ! Voici, entre autres, ce qui peut avoir un impact négatif sur nos hormones féminines :
L’alcool, le tabac, les drogues, etc.
Le manque d’exercice physique
Une mauvaise flore intestinale causant des inflammations
Une alimentation déséquilibrée
Le stress, les hormones du stress perturbant celles du cycle.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de soulager ce déséquilibre grâce à un traitement hormonal (en choisissant bien des hormones bio-identiques), mais aussi plus naturellement en modifiant son alimentation et ses habitudes de vie !
C’est d’ailleurs tout l’objectif du Moody Club : vous aider à identifier vos déséquilibres hormonaux et surtout les pistes à creuser chez vous (car ces pistes ne sont malheureusement pas universelles !) pour atténuer tous leurs effets secondaires négatifs et mieux vivre avec votre corps, votre esprit et vos hormones 🙂
Pour résumer – Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une hormone ?
Les hormones sont des substances sécrétées par nos glandes endocrines, comme le pancréas pour l’insuline, les glandes surrénales pour le cortisol ou les follicules ovariens pour les oestrogènes. Elles véhiculent des messages chimiques auprès de leurs cellules cibles en circulant dans le sang.
Quelles sont les hormones chez la femme ?
Chez la femme, les hormones sexuelles féminines sont essentiellement les oestrogènes et la progestérone.
Les femmes ont-elles de la testostérone ?
Oui, les femmes sécrètent un petit peu de testostérone (qui a un rôle à jouer sur notre libido et notre masse musculaire), tout comme les hommes ont un petit peu d’oestrogènes et de progestérone, sécrétés par leurs glandes surrénales.
Quels sont les effets des hormones ?
Les effets des hormones en général sont multiples, car elles gouvernent un grand nombre de réactions biochimiques dans notre corps : notre glycémie, notre température, notre appétit, etc.
Si on s’en tient aux hormones sexuelles féminines que sont les oestrogènes et la progestérone, leurs effets se font sentir sur notre fertilité (la FSH, la LH et les oestrogènes permettent l’ovulation) et sur notre capacité à mener à bien une grossesse (surtout grâce à la progestérone).
Les oestrogènes boostent la sécrétion de la glaire cervicale, épaississent l’endomètre, modifient le col de l’utérus pour permettre le passage des spermatozoïdes, mais ils sont aussi responsables de la répartition des graisses sur nos hanches par exemple, et le développement de nos seins. Entre autres !
De son côté, la progestérone prépare la grossesse en augmentant notre température, en vascularisant l’endomètre et en détendant nos muscles et notre esprit. Elle prépare aussi nos seins à l’allaitement !
Ces quelques effets sont assez réducteurs, car nos hormones féminines jouent aussi sur tout notre équilibre global, ce dont on s’aperçoit souvent au moment de la ménopause, quand elles ne sont plus là :s
Comment savoir si on a un déséquilibre hormonal (et comment le résoudre ?)
Pour savoir si on a un déséquilibre hormonal, on peut faire plusieurs choses :
Prêter attention aux symptômes que l’on ressent tout au fil du cycle et les noter : si on voit que certains reviennent toujours au même moment, il se peut qu’ils aient une cause hormonale !
Observer son cycle menstruel grâce à une méthode comme la symptothermie : en plus de permettre de repérer l’ovulation, elle vous donnera la possibilité de voir si vous avez du mal à ovuler ou une phase post-ovulatoire un peu courte, par exemple, qui pourrait expliquer des problèmes de fertilité et/ou un SPM.
En parler à votre médecin et éventuellement réaliser un bilan hormonal : on peut doser la LH, la FSH et les œstrogènes au 3ème jour du cycle, ainsi que la progestérone et une nouvelle fois, les œstrogènes 7 jours après l’ovulation.
La résolution du déséquilibre dépend de sa cause première et de votre physiologie propre ! Il n’y a donc pas de solution miracle, ou toute faite, malheureusement 🙁 Néanmoins, des solutions sont possibles, qu’elles soient médicales ou basées sur votre hygiène de vie (en sachant que les deux sont tout à fait complémentaires !). Si vous souhaitez creuser la deuxième option, on a créé pour vous, le Moody Club 🙂
Quelle est l’hormone du désir chez la femme ?
Les oestrogènes et la testostérone (qui sécrète, comme par hasard juste avant l’ovulation) sont deux hormones qui font grimper la libido 😉
Bref, on s’arrête ici parce que l’article est déjà très long (bravo à vous si vous êtes arrivée jusque là, d’ailleurs !), mais il y a tellement de choses à dire sur nos hormones féminines !
Les œstrogènes et la progestérone sont deux hormones fascinantes, qui ont des rôles riches et complexes sur nos organes reproducteurs et dont il est important de prendre soin. En effet, quand le fonctionnement de ces hormones est perturbé, tout notre corps, notre fertilité et notre bien être s’en trouvent perturbés ! Elles sont en tout cas de formidables messagères de ce qu’il se passe dans notre corps et nous permettent, quand on sait les écouter, de repérer les moments clés de notre cycle menstruel.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous connaissiez toutes ces subtilités de nos hormones ? 🙂
La prolactine, l’hormone de la lactation, peut également être sécrétée par les femmes non enceintes ou allaitantes et impacter leur fertilité, car cette hormone perturbe voire bloque l’ovulation.
Des symptômes cliniques comme la galactorrhée (un écoulement de lait) et un dosage sanguin de la prolactine permettent de repérer un taux de prolactine trop élevé.
Les causes de l’hyperprolactinémie sont multiples : adénome, stress et hypothyroïdie sont trois pistes à creuser !
Des solutions médicales et naturelles peuvent aider en cas de prolactine trop élevée.
La prolactine est une hormone dont on parle essentiellement aux femmes enceintes et aux jeunes mamans qui allaitent leur enfant. Dans ce cas, il est tout à fait normal que cette hormone soit présente en grande quantité dans l’organisme ! Là où c’est plus problématique, c’est quand la prolactine est sécrétée par des femmes qui ne sont ni enceintes ni allaitantes.
Pourquoi ? Comment la prolactine peut entraver le bon fonctionnement du cycle menstruel et notre fertilité féminine ? On décortique tout ça avec vous !
Les pertes blanches sont tout à fait normales et physiologiques : elles peuvent correspondre à l’auto-nettoyage du vagin, à de la cyprine ou de la glaire cervicale.
Les sécrétions d’auto-nettoyage ont un rôle de protection contre les infections, la cyprine permet la lubrification au moment des rapports et la glaire cervicale assure nos chances de concevoir.
Lorsqu’une femme est sur le point d’ovuler, la glaire cervicale devient visqueuse, lubrifiée et transparente, voire totalement liquide comme de l’eau ou de l’huile.
La grossesse, l’adolescence, le post-partum et la périménopause sont également des périodes durant lesquelles les sécrétions vaginales peuvent être plus liquides et abondantes.
Si ces pertes blanches liquides sont douloureuses, inconfortables, malodorantes et/ou s’accompagnent de fièvre, il est important de consulter.
Entre nous, qui ne s’est pas déjà posé de sérieuses questions face à la vue (ou la sensation) de pertes vaginales liquides, qui ressemblent à de l’eau et mouillent nos culottes (sans être de l’urine !) ? On vous rassure tout de suite : si cela vous est arrivé, vous n’êtes clairement pas la seule !
En effet, ces pertes blanches liquides nous arrivent à toutes car elles sont normales. On ne le sait pas forcément, car le sujet est un peu tabou, mais ces sécrétions ne sont pas sales ou honteuses : elles font juste partie des mécanismes naturels de notre corps et sont souvent liées à nos hormones et notre cycle menstruel. Il arrive néanmoins aussi que ces sécrétions soient le signe d’un souci de santé, et qu’elles méritent un avis et un traitement médical. D’où l’importance de les connaître et de savoir les décrypter, pour savoir quelles pertes sont normales… ou pas !
Envie de comprendre (enfin !) pourquoi il arrive parfois que vos pertes soient totalement liquides, ou du moins, un peu plus présentes que d’habitude dans votre culotte ? On vous explique toutes les raisons à ça et croyez-nous, vous n’allez plus regarder vos pertes blanches de la même manière 😉