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hypothyroïdie et règles

Hypothyroïdie : son impact méconnu sur les règles et la fertilité

Les idées clés

  • La thyroïde régit un grand nombre de métabolismes dans notre corps et a un impact direct sur notre cycle menstruel, notamment grâce à sa contribution à la maturation folliculaire.
  • En cas d’hypothyroïdie, les hormones thyroïdiennes sont trop basses, tandis que la TSH (l’hormone envoyée par le cerveau pour communiquer avec la thyroïde) est trop élevée.
  • Une hypothyroïdie peut avoir une cause auto-immune (hypothyroïdie d’Hashimoto), génétique ou venir d’un stress chronique, d’une carence en cofacteurs essentiels, d’une insuffisance en progestérone ou d’un déséquilibre du microbiote intestinal.
  • Une prise de sang permet de détecter une hypothyroïdie, mais les symptômes cliniques (fatigue inexpliquée, frilosité, difficulté à perdre du poids, etc.) sont tout aussi importants pour établir un diagnostic.
  • Le ralentissement de la thyroïde a un impact sur les règles, qui peuvent devenir plus abondantes, plus légères, voire irrégulières ou absentes. Preuve que thyroïde et cycle menstruel sont liés !
  • Les femmes enceintes doivent également surveiller leur thyroïde, dont le bon fonctionnement est important pour le bon déroulé de la grossesse.
  • Un traitement médical adapté et de bonnes habitudes d’hygiène de vie sont essentiels pour soutenir la thyroïde.

Fatigue, frilosité, règles irrégulières, difficultés à tomber enceinte ? Et si c’était la thyroïde ? Bien qu’elle soit située loin de nos ovaires, cette glande a un lien très étroit avec notre système reproducteur et nos hormones féminines. Quand elle ralentit comme en cas d’hypothyroïdie, cela peut clairement mettre le bazar et compromettre l’ovulation, perturber nos règles et impacter notre fertilité.

Dans cet article, on va essayer de vous expliquer le plus simplement possible ce qu’est l’hypothyroïdie, et par quels mécanismes elle se répercute sur nos ovaires, notre utérus et nos menstruations. On va aussi revenir sur les causes potentielles d’un ralentissement de la thyroïde et bien sûr, lister les traitements et les solutions plus naturelles envisageables pour revenir à l’équilibre !

Pour compléter la lecture de cet article, surtout n’hésitez pas à écouter/regarder notre échange avec le Dr Yoni Assouly, qui nous explique les 4 grands liens entre thyroïde et fertilité !



rôles thyroïde femme

À quoi sert la thyroïde chez la femme ?

La thyroïde, essentielle à notre équilibre général

La glande thyroïde est située dans le cou, et elle a une forme de papillon très caractéristique 🙂 Elle sécrète les deux hormones thyroïdiennes :

  • T4, ou thyroxine qui est une forme inactive, qui n’agit donc pas sur les organes cibles et doit être convertie en T3
  • T3 ou triiodothyronine, qui elle, est une forme active.

La bonne conversion de la T4 en T3 dépend de beaucoup de choses, et notamment du foie, des reins et du microbiote intestinal. Elle nécessite également certains cofacteurs très particuliers, comme l’iode, le sélénium et le zinc, ainsi qu’une enzyme qui peut faire défaut chez certains qui ne convertissent pas bien la T4 en T3.

La thyroïde est gouvernée par l’hypophyse (une glande de notre cerveau), qui secrète de la TSH pour la stimuler.

On retrouve des récepteurs des hormones thyroïdiennes partout dans le corps humain, et pour cause ! La thyroïde est une glande essentielle à l’ensemble de notre organisme :

  • Chef d’orchestre du métabolisme : les hormones thyroïdiennes régulent la vitesse de fonctionnement de toutes les cellules du corps, un peu comme un thermostat interne. Ainsi, elles influencent notre production d’énergie, notre température corporelle, notre dépense calorique, la stabilisation de notre glycémie, notre capacité à brûler ou stocker les graisses, mais aussi le fonctionnement de notre cerveau, de notre cœur, de notre foie, de nos ovaires…
  • Croissance et regénération des tissus : la thyroïde est également chargée de la synthèse des protéines et la croissance cellulaire, et les hormones T3/T4 sont essentielles au développement du système nerveux et cérébral (notamment chez le fœtus, on en reparle plus bas !), à la santé de notre peau, de nos cheveux, de nos ongles, et à la regénération de nos tissus (muscles, endomètre, muqueuses).

Pour résumer, la thyroïde est hyper importante et le moindre dysfonctionnement peut provoquer un véritable effet papillon sur notre santé générale, mais aussi sur notre cycle menstruel et notre fertilité ! Et cela arrive plus souvent que l’on croit, dans les situations d’hypothyroïdie et d’hyperthyroïdie.

thyroïde cycle menstruel fertilité

Et tout aussi importante pour notre cycle menstruel et notre fertilité !

La thyroïde communique en permanence avec l’hypophyse, en formant ce qu’on appelle une boucle de rétroaction : si l’hypophyse détecte un niveau suffisant de T3 et de T4, il estime qu’il peut produire moins de TSH, car la thyroïde a compris qu’elle devait travailler et elle le fait de manière équilibrée.

Mais quels sont les rôles concrets de la thyroïde dans le cadre du cycle menstruel, de l’ovulation et de notre fertilité ? Elle a 3 missions principales :

  • Elle contribue à la stimulation des ovaires, en participant à la sécrétion des hormones sexuelles (FSH, LH, œstrogènes, progestérone).
  • Elle rend les ovaires sensibles à la FSH et à la LH et participe donc à la maturation folliculaire et à l’ovulation
  • Elle régule la production de prolactine, qui, si elle est trop élevée, peut bloquer l’ovulation.

On comprend ainsi que si la thyroïde ralentit, l’hypophyse doit travailler davantage pour maintenir l’équilibre… et tout l’orchestre hormonal finit par se désaccorder, au détriment de notre fertilité !


symptômes hypothyroïdie

Hypothyroïdie : les symptômes à connaître chez la femme

En cas d’hypothyroïdie, la thyroïde ne répond pas (ou mal) aux sollicitations de l’hypophyse : la TSH est donc trop haute (car le cerveau sur-compense), mais la T3 et T4 sont basses.

Ainsi, l’hypothyroïdie se manifeste par un ralentissement général du fonctionnement de notre corps :

  • Fatigue inexpliquée, sensation de “lenteur”
  • Prise de poids ou difficulté à en perdre malgré une alimentation équilibrée
  • Frilosité, mains et pieds froids
  • Peau sèche, teint terne
  • Perte de cheveux, cheveux fins et cassants, ongles abîmés
  • Visage ou paupières légèrement gonflés le matin
  • Constipation chronique ou transit ralenti
  • Voix plus grave ou enrouée, parfois gonflement au niveau du cou (goitre)
  • Crampes musculaires, raideur ou douleurs diffuses
  • Ralentissement du rythme cardiaque
  • Résistance à l’insuline ou fringales sucrées
  • Baisse de la température corporelle
  • Ballonnements, digestion lente
  • Brouillard mental, difficultés de concentration, mémoire ralentie
  • Humeur morose, anxiété ou tendance dépressive
  • Baisse de motivation, lenteur intellectuelle (“tout demande un effort”)
  • Troubles du sommeil (difficulté à s’endormir ou sommeil non réparateur)

Les symptômes de l’hypothyroïdie liés au cycle menstruel

Les symptômes moins connus, mais évocateurs :

  • Sourcils qui s’éclaircissent sur les bords externes
  • Sensibilité accrue au froid et à l’humidité
  • Voix fatiguée en fin de journée
  • Gonflement des mains, chevilles ou visage
  • Peau des coudes et genoux épaissie.

La plupart de ces symptômes ne sont pas forcément spécifiques à l’hypothyroïdie (on peut être fatiguée pour plein de raisons), mais si vous en ressentez plusieurs, c’est toujours une bonne idée de faire un bilan hormonal pour vérifier comment est votre TSH, mais également vos hormones thyroïdiennes 🙂


causes hypothyroidie chez la femme

Les principales causes d’une hypothyroïdie chez la femme

Pourquoi, parfois, la thyroïde fonctionne de manière ralentie ? Comme souvent, plusieurs causes peuvent être à l’oeuvre !

Auto-immune : l’hypothyroïdie d’Hashimoto

Il s’agit de la cause la plus fréquente d’hypothyroïdie : dans ce cas, le système immunitaire (censé nous protéger) se dérègle et attaque petit à petit les cellules de la thyroïde, comme s’il ne les reconnaissait plus.

Au fil du temps, cette inflammation finit par altérer la capacité de la thyroïde à produire suffisamment d’hormones T4 et T3, d’où le ralentissement métabolique et les nombreux symptômes qui s’installent.

Certaines femmes développent Hashimoto après un accouchement (thyroïdite post-partum), période où le système immunitaire “rebondit” après avoir été mis en veille pendant la grossesse.

Il faut savoir qu’une thyroïdite d’Hashimoto peut débuter silencieusement (les anticorps anti-TPO ou anti-thyroglobuline sont déjà élevés), alors que la TSH et les hormones thyroïdiennes sont encore normales. C’est pourquoi un bilan immunitaire avec un dosage des anticorps anti TPO peut être très utile si l’on suspecte une hypothyroïdie d’origine auto-immune et doit compléter le bilan thyroïdien.

Le stress chronique : un grand classique

Le stress chronique peut freiner la thyroïde, en brouillant son message avec le cerveau : en effet, la thyroïde est en lien constant avec l’hypophyse, qui est elle-même connectée à son « chef », l’hypothalamus. Or, l’hypothalamus est au croisement des systèmes nerveux et hormonal : ainsi quand le système nerveux est sur-sollicité, l’hypothalamus préfère se concentrer sur notre réponse à la menace (= le stress) et mobilise d’autres hormones (comme le cortisol), tout en mettant notre système général au ralenti. Le corps “priorise” la survie sur la reproduction ou le métabolisme.


De plus, des taux élevés de cortisol inhibent la TSH, diminuent la conversion de T4 en T3 et augmentent la production de T3 reverse : cette hormone est la « jumelle maléfique » de la T3 car elle en est un leurre. Elle se place sur les récepteurs de la T3 sans les activer !

Un polymorphisme génétique

Un polymorphisme génétique peut empêcher la bonne conversion de la T4 en T3, ce qui explique pourquoi certaines personnes se sentent fatiguées malgré une TSH jugée « normale » selon les normes labo.

Des carences micro-nutritionnelles

Un manque de cofacteurs peut clairement être en cause : un cofacteur est une molécule ou un minéral indispensable au bon fonctionnement d’une enzyme. Sans lui, la réaction enzymatique ne se fait pas, ou mal !
Or, la thyroïde dépend de plusieurs cofacteurs à chaque étape de la production, conversion et action de ses hormones, comme :

  • l’iode, pour fabriquer les hormones T3 et T4
  • le sélénium, qui protège la thyroïde du stress oxydatif et permet la bonne conversion de T4 en T3
  • le zinc, qui participe aussi à la conversion T4 > T3, mais aussi à la sécrétion de TSH par l’hypophyse et la régulation des récepteurs à la T3
  • le fer, essentielle pour fabriquer l’enzyme TPO, impliquée dans la production des hormones thyroïdiennes
  • le cuivre, qui équilibre le métabolisme du zinc et soutient certaines enzymes oxydatives liées à la thyroïde
  • Le magnésium et les vitamines du groupe B, qui interviennent dans les réactions permettant de produire les hormones thyroïdiennes
  • La tyrosine, qui est un acide aminé de base pour la synthèse de T4 et T3
  • et les vitamines A (sensibilité des tissus à la T3), D (qui régule le système immunitaire, ainsi que le calcium intracellulaire, lié à la production de la TSH) et E (qui est anti-oxydante, comme le sélénium).

Un microbiote intestinal déséquilibré

Un microbiote intestinal déséquilibré peut également impacter la thyroïde, car environ 20 % de la conversion de T4 en T3 se fait grâce aux bactéries intestinales. De plus, un déséquilibre du microbiote peut jouer en faveur d’une inflammation de bas-grade, qui perturbe le système immunitaire et peut favoriser la thyroïdite d’Hashimoto. Par ailleurs, quand l’intestin ne fonctionne pas bien, cela peut entraîner des carences nutritionnelles, et notamment en cofacteurs de la thyroïde !

Une insuffisance en progestérone

Enfin, la progestérone favorise la conversion de la T4 en T3 et rend les tissus plus sensibles aux hormones thyroïdiennes : c’est la raison pour laquelle une insuffisance lutéale peut impacter la thyroïde, en sachant que de son côté, un souci de thyroïde entrave le cycle menstruel (car l’ovulation peut être bloquée, complètement ou en partie, ce qui entraîne une carence en progestérone). On peut donc potentiellement se retrouver en présence d’un cercle vicieux : moins de progestérone → thyroïde au ralenti → cycles perturbés → encore moins de progestérone !

Il faut savoir que l’hypothyroïdie touche plus facilement les femmes que les hommes : ce déséquilibre s’explique par la combinaison de facteurs immunitaires, hormonaux et nutritionnels, qui se manifeste particulièrement à des périodes de grands changements hormonaux comme la grossesse, le post-partum et la périménopause.


diagnostic hypothyroïdie

Comment diagnostiquer une hypothyroïdie ?

Ce qui nous amène à notre point suivant ! Comment peut-on détecter un dysfonctionnement thyroïdien ?

Le bilan hormonal

Pour commencer, votre médecin peut établir son diagnostic grâce à un bilan hormonal (sous forme d’ analyse de sang), mais qui, très souvent, s’arrête généralement à la TSH, l’hormone envoyée par l’hypophyse pour stimuler la thyroïde. Une hypothyroïdie est confirmée lorsque la TSH est supérieure à 4 et pour la médecine conventionnelle, la thyroïde fonctionne normalement lorsque la TSH est comprise entre 0,4 et 4 mUI/L.

Le problème, c’est que l’on peut avoir une thyroïde en souffrance avec une TSH jugée normale ! En effet, les normes de laboratoire sont très (trop) larges pour bien diagnostiquer une hypothyroïdie. En médecine fonctionnelle, on estime que la TSH doit plutôt être inférieure à 2.

Les valeurs de référence de la TSH ne représentent donc pas une valeur de santé optimale, mais l’intervalle dans lequel se trouve 95 % de la population testée. En clair : ce n’est pas une norme santé, c’est une norme statistique, qui inclut des personnes âgées, des malades, des personnes carencées, etc. Ce n’est donc pas une représentation de ce qu’est un bon fonctionnement thyroïdien, mais juste de ce qu’on retrouve “en moyenne”.

Par ailleurs, comme dit plus haut, les hormones thyroïdiennes (T3 et T4) ne sont pas systématiquement testées, ce qui peut faire passer à côté d’un souci : en effet, on peut avoir une TSH normale et des hormones thyroïdiennes effondrées, avec un retentissement sur tout le métabolisme (dont le système reproducteur et la fertilité).

De la même manière, les anticorps TPO sont également intéressants à explorer, pour écarter de manière sûre une hypothyroïdie d’origine auto-immune qui n’aurait pas encore déréglé la TSH, par exemple, ou au contraire, pour confirmer que le ralentissement de la thyroïde est bien lié au système immunitaire (et ainsi affiner la prise en charge).

L’importance capitale des symptômes !

Au vu de ce bilan hormonal souvent lacunaire, il est primordial d’accorder une attention toute particulière à l’ examen clinique, et aux symptômes ressentis : en effet, l’hypothyroïdie est assez fréquente et lorsque l’on ressent une certaine frilosité, de la fatigue, des difficultés à perdre du poids et que l’on se sent ralentie, il est fort possible que la thyroïde ait besoin d’un soutien 🙂 Nos règles peuvent aussi être un signal précieux !


impact de l'hypothyroïdie sur le cycle menstruel et les règles

L’impact de l’hypothyroïdie sur le cycle menstruel et les règles

Un changement du côté de nos règles peut nous mettre la puce à l’oreille, car elles sont le reflet le plus visible de notre cycle menstruel ! Et en cas de problèmes de thyroïde, leur fréquence et leur abondance peuvent être modifiées. Voyons comment !

Hypothyroïdie et règles abondantes

Lorsque la thyroïde est au ralenti, les règles peuvent être plus abondantes, même si cela semble complètement contre-intuitif !

En effet, on observe un dérèglement œstrogènes / progestérone, car le foie métabolise moins bien les hormones. Résultat : les œstrogènes sont moins bien éliminés et peuvent rejoindre la circulation sanguine ! On peut alors se retrouver en situation d’hyperoestrogénie. Or, les oestrogènes sont chargés d’épaissir la muqueuse utérine (l’endomètre).

Pour ne rien arranger, comme l’ovulation est souvent retardée ou absente, le corps ne produit pas assez de progestérone pour équilibrer ces œstrogènes : elle ne peut donc pas stabiliser et limiter la prolifération de l’endomètre, ce qui explique que quand il se désagrège, le saignement est plus abondant et prolongé.

Par ailleurs, l’hypothyroïdie impacte la coagulation sanguine, ce qui entraîne des saignements plus longs.

Hypothyroïdie et règles peu abondantes

A contrario, une hypothyroïdie peut se manifester avec des règles moins abondantes, voire totalement absentes.

En effet, si la thyroïde est trop ralentie, la FSH et la LH sont moins produites par l’hypophyse et les ovaires y sont moins sensibles. Ainsi, les follicules ovariens ne sont pas bien stimulés, leur production d’oestrogènes n’est pas suffisante et l’ovulation est retardée, voire supprimée : non seulement l’endomètre ne se développe pas, mais les règles ne se déclenchent pas, puisque pour avoir ses règles, il faut ovuler !

Par ailleurs, comme expliqué plus haut, une thyroïde ralentie implique un métabolisme global ralenti : le corps s’“économise” et réduit l’activité de reproduction, non vitale. Lorsque l’absence de règles se prolonge pendant plus de 3 mois, on entre en aménorrhée.

Enfin, une TSH élevée stimule souvent aussi la sécrétion de prolactine par l’hypophyse, qui a tendance à inhiber l’ovulation, perturber les cycles et accentuer le déséquilibre hormonal. En effet, la prolactine est normalement sécrétée en grande quantité pendant l’allaitement, qui n’est pas une période propice pour avoir un nouvel enfant selon l’hypothalamus ! Or, une TSH élevée peut augmenter la production de prolactine, même en dehors du post-partum.

Hypothyroïdie et règles irrégulières

En cas d’hypothyroïdie, les cycles irréguliers sont le reflet d’un dialogue hormonal brouillé entre la thyroïde, l’hypophyse et les ovaires. Ainsi, selon l’intensité du déséquilibre, cela peut aller du simple retard de règles ponctuel à une absence d’ovulation complète, en passant par des règles irrégulières, des cycles longs et imprévisibles.


hypothyroïdie et grossesse

Hypothyroïdie et grossesse : quels sont les risques ?

Aux États-Unis, les spécialistes recommandent de surveiller la thyroïde avant et pendant la grossesse, avec une TSH idéalement inférieure à 2,5 mUI/L en préconception et au 1ᵉʳ trimestre. En effet, une hypothyroïdie peut compromettre un début de grossesse, voire contribuer à un arrêt de grossesse précoce, voici pourquoi :s

Progestérone insuffisante

Comme expliqué précédemment, si l’activité thyroïdienne est basse, le cycle menstruel est ralenti. L’ovulation est donc moins qualitative et le corps jaune sera moins puissant pour sécréter suffisamment de progestérone : or, cette hormone est capitale à un début de grossesse, car elle prépare notre corps de manière optimale à l’accueil d’un embryon.

  • Elle augmente légèrement notre température basale
  • Elle prépare notre endomètre à l’implantation, notamment en le vascularisant et en créant des petites aspérités pour que l’embryon puisse s’accrocher et être correctement nourri
  • Elle nous apaise
  • Elle détend nos muscles
  • Elle assèche notre glaire cervicale pour boucher le col de l’utérus et créer un petit bouchon, le fameux bouchon muqueux.

Un manque de progestérone en début de grossesse peut donc être un souci, potentiellement en lien avec un ralentissement de la thyroïde.

Impact sur le développement de l’embryon

On ne le sait pas toujours, mais l’embryon a besoin d’hormones thyroïdiennes pour se développer : ainsi, si on est déjà en insuffisance (ou à la limite), cela peut avoir un impact sur le bon déroulé de la grossesse !

Un manque de T3 et T4 peut aussi réduire la vascularisation de l’endomètre et du placenta, ce qui pourrait nuire à l’implantation ou à la croissance embryonnaire.

Un système immunitaire moins puissant

Une hypothyroïdie peut déséquilibrer le système immunitaire maternel : il devient parfois moins efficace contre les infections, tout en pouvant être excessivement réactif en cas de thyroïdite auto-immune !

Ainsi, si vous êtes enceinte, il est important d’être suivie pendant le premier trimestre, avec des rendez vous réguliers, et traitée si besoin 🙂 Parfois, un traitement est donné juste pour la durée de la grossesse, quand la thyroïde de la future maman était un peu “borderline” avant la grossesse, et que les besoins accrus du bébé font qu’elle entre en hypothyroïdie, temporairement pendant la grossesse.

De plus, si vous avez déjà une hypothyroïdie connue, comme les besoins en hormones thyroïdiennes augmentent dès les premières semaines de grossesse, un ajustement du traitement est souvent nécessaire dès la confirmation de la grossesse.


traitements hypothyroïdie

Quels sont les traitements de l’hypothyroïdie ?

Solutions médicales

Généralement, en cas d’hypothyroïdie, le traitement le plus commun est le Levothyrox, qui contient de la T4.

Néanmoins, certaines femmes convertissent mal la T4 en T3, d’où l’intérêt dans ces cas-là de prendre directement de la T3 combinée (Euthyral, Cynomel ou Erfa, selon les cas).

Solutions naturelles

Et bien sûr, en complément de son traitement médical, l’hygiène de vie a une importance cruciale pour soutenir sa thyroïde !

Travailler sur son stress

On l’a vu ensemble, le système nerveux est corrélé au système endocrinien, et quand notre cerveau sent qu’on n’est pas totalement en sécurité, il a tendance à donner la priorité aux fonctions vitales et à mettre le reste du corps en mode « économie d’énergie ». Ainsi, la clé sera de trouver ce qui vous apaise et vous rassure pour bâtir une routine qui vous soit 100% adaptée : la méditation ne fonctionne pas chez tout le monde, et certaines d’entre nous trouvent de l’apaisement en cuisinant, en dessinant, en lisant, … Trouvez ce qui vous fait du bien !

Dans le même temps, comme nous ne sommes pas des ermites vivant dans une grotte, il est important de renforcer son système nerveux, d’augmenter son niveau de tolérance au stress : dans ce cas, les exercices de respiration fonctionnent bien, ainsi que certains éléments de micro-nutrition comme le magnésium ou les oméga-3. Les plantes adaptogènes (ashwagandha, maca, etc.) peuvent aussi être d’un grand secours ! Regardez bien les contre-indications 😉

Intégrer des éléments « pro-thyroïde » dans son alimentation

Une carence en certains co-facteurs peut clairement impacter le système thyroïdien : la bonne nouvelle, c’est que les réintégrer peut inverser la tendance ! Ainsi, faites la part belle :

  • à l’iode (poissons, fruits de mer),
  • aux bons gras (car nos hormones ont besoin de cholestérol pour être produites !) : jaune d’oeuf cru, sardines, maquereaux, huile d’olive, avocat
  • au zinc (les huîtres, le foie de veau (déso !), le jaune d’oeuf),
  • à la vitamine D : huile de foie de morue, sardines, jaune d’oeuf, en gardant en tête que la majeure partie de notre vitamine D vient du soleil, alors exposez-vous à la lumière du jour dès le matin 😉
  • au sélénium : noix du Brésil, sardines, les abats (déso, bis !)
  • à la vitamine A : foie de morue (again!), foie de veau, jaune d’oeuf cru, beurre cru et produits laitiers entiers
  • à la vitamine E : huiles végétales de 1ʳᵉ pression à froid (tournesol, germe de blé, colza), amandes, noisettes, graines de tournesol, avocat
  • aux vitamines du groupe B : abats, oeufs, graines complètes, levure de bière.

De manière générale, ce sont également de très bons nutriments pour les hormones sexuelles, le cycle menstruel et la fertilité 😉

Iode ou pas iode en cas d’hypothyroïdie ? Cette question revient tellement souvent ! La réponse courte : ça dépend de la cause de votre hypothyroïdie.

  • Si la cause est auto-immune (thyroïdite d’Hashimoto) : on évite les compléments iodés, car l’ excès d’iode peut aggraver l’inflammation et stimuler la réaction auto-immune. Mieux vaut miser sur le sélénium et le zinc, qui soutiennent la thyroïde sans la sur-solliciter.
  • Si la cause n’est pas auto-immune, par exemple en cas de carence iodée documentée, l’iode peut au contraire être bénéfique : c’est le matériau de base des hormones thyroïdiennes T3 et T4.

Dans tous les cas, en cas de doute, on privilégie les apports alimentaires naturels, et on évite tout complément iodé sans dosage et avis médical 🙂

Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée sur ces questions de thyroïde, mais aussi plus largement sur les meilleures manières de soutenir votre fertilité, on est à votre disposition dans le Fertility Club <3

On aborde bien sûr cette glande essentielle pour notre équilibre, mais on balaye aussi tous les autres éléments clés à mettre en place en pré-conception, comme l’équilibre oestrogènes/progestérone, l’importance de la glaire cervicale, la définition de votre fenêtre de fertilité (pour tout donner au bon moment sans s’épuiser), etc. et on vous aide à bâtir votre routine à vous (alimentation, plantes, compléments, etc.) , avec l’appui de nos expertes 🙂

Si vous avez un doute sur la santé de votre thyroïde et votre fertilité, sachez qu’elle fait partie des pistes à creuser lorsque les essais bébé s’éternisent un peu, à retrouver juste ici !


hypothyroïdie homme

Impact de l’hypothyroïdie sur la fertilité masculine

Un petit mot rapide sur l’impact d’hypothyroïdie chez nos partenaires masculins ! Un ralentissement de la thyroïde entraîne de facto un ralentissement de la spermatogenèse, une diminution de la mobilité des spermatozoïdes et une augmentation des formes atypiques, que l’on peut constater lors d’un spermogramme.

Un homme qui souhaite concevoir a donc tout intérêt à surveiller sa thyroïde, au même titre que sa partenaire !


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Voici tout ce que l’on pouvait vous dire sur les impacts de l’hypothyroïdie sur le cycle menstruel, les règles et la fertilité ! On espère que cet article parfois un peu technique vous aura éclairées, et éventuellement donné des pistes pour mieux comprendre ce que vous vivez 🙂 Une nouvelle fois, si vous ressentez le besoin de faire le point sur tout ça, le Fertility Club peut vous accompagner <3

Si vous avez des questions ou un partage d’expérience dont vous aimeriez nous faire part, n’hésitez pas en commentaire !

Les sources complémentaires

  • Thyroid disease and female reproduction (2000)
  • Thyroid disease and female reproduction (2007)
  • Hypothyroidism in Context: Where We’ve Been and Where We’re Going
  • Primary Hypothyroism
  • Iodine deficiency and thyroid disorders
  • Effects of Increased Iodine Intake on Thyroid Disorders
  • Iodoprophylaxis and thyroid autoimmunity: an update
  • Update on therapeutic use of levothyroxine for the management of hypothyroidism during pregnancy
  • Pregnancy and Neonatal Outcomes With Levothyroxine Treatment in Women With Subclinical Hypothyroidism Based on New Diagnostic Criteria: A Systematic Review and Meta-Analysis
  • Hypothyroidism in pregnancy – American Thyroïd Association
  • Thyroid autoimmunity, infertility and miscarriage
  • Hypothyroidism has an adverse effect on human spermatogenesis: a prospective, controlled study
  • Thyroid dysfunction and semen quality
  • 10 réflexions au sujet de “Hypothyroïdie : son impact méconnu sur les règles et la fertilité”

    1. Bonjour Laurène,

      Suite à un bilan hormonal effectué à J5 de mon cycle (actuellement 3 mois post-partum), mon taux de TSH est 3,7 mUI/L.
      Ma gynéco me dit que je suis dans la norme. D’après votre article et la vidéo qui s’y rapporte, il serait préférable de tourner autour de 2,5 mUI/L. Je ne peux pas m’improviser médecin et contredire ma gynéco ! Que faire ?

      Merci pour votre travail !

      Répondre
      • Coucou Félicie ! Oui, c’est effectivement une TSH un peu haute, selon les normes optimales de santé en tout cas 🙂 Oui, je comprends ! Est-ce que tu as des symptômes d’hypothyroïdie, comme une fatigue inexpliquée, une frilosité, un brouillard mental, etc ? Même si bon, en post-partum, ces symptômes sont assez courants, on se sait 😉 Il est possible que ta TSH soit aussi un peu haute après ton accouchement et impactée par ton allaitement : il vaudrait peut-être mieux la re-mesurer dans quelques temps, pour voir comment elle se situe ? Si elle reste haute, il peut être intéressant, dans un premier temps d’essayer de la faire baisser via les mesures d’hygiène de vie proposées dans l’article (veiller à ton apport en iode, en zinc, sélénium, etc.,), voir si tu ne souffres pas de stress chronique, si tu dors assez, etc. 🙂 Si la TSH reste élevée ou si des symptômes sont vraiment présents, ça peut valoir le coup d’en reparler avec ton médecin. J’espère que tout ceci t’apporte des billes, je t’envoie toutes mes bonnes ondes !!

        Répondre
    2. Bonjour,
      Je viens de lire l’article car je viens de recevoir mes analyses et évidemment on me dit que tout va bien or j’ai beaucoup de symptômes comme : sensation de “lenteur”, frilosité, mains et pieds froids, libido en berne, pas de glaire, constipation chronique ou transit ralenti, brouillard mental, difficultés de concentration, mémoire ralentie, humeur morose, anxiété ou tendance dépressive, troubles du sommeil (difficulté à s’endormir ou sommeil non réparateur). J’ai l’impression de tout cocher !!!
      Voici mes résultats :
      T3 libre ……………………………………….. 3,08 pg/mL
      T4 libre ……………………………………….. 0,91 ng/dL
      T.S.H. us ……………………………………… 2,68 μUI/mL
      Anticorps anti-thyroglobuline …………….. < 4.11
      Anticorps anti-thyroperoxydase ………….. < 5.61 UI/mL
      Pensez-vous qu'il faut chercher une autre piste ?

      Merci beaucoup pour tous ces articles hyper intéressants !!!

      Répondre
      • Coucou Juju ! Je suis navrée, je ne peux pas faire de bilans d’analyse de sang en commentaire sans que tu sois suivie dans l’un de nos clubs, je risquerais de te dire des bêtises :s En revanche, effectivement, les normes de laboratoire ne correspondent pas toujours aux normes optimales de santé et concernant la TSH, on préfère qu’elle soit à 2 en pré-conception, par exemple 🙂
        De plus, les symptômes cliniques sont hyper importants, surtout en matière de thyroïde : donc si tu as des symptômes d’hypothyroïdie, il est important que tu aies en face de toi un médecin qui les prenne au sérieux. Toutefois, les symptômes que tu décris ne sont pas spécifiques non plus à la thyroïde et peuvent venir de carences nutriionnelles (fer, iode, zinc, B12, vitamine D, etc.), d’un stress chronique, de troubles du sommeil ou de déséquilibres hormonaux : il peut donc être intéressant d’élargir un peu l’exploration avec ton médecin : par exemple ferritine, B12, vitamine D, bilan du fer, voire discuter de votre contexte hormonal global si des symptômes liés à ton cycle sont présents 🙂
        Je t’envoie toutes mes bonnes ondes en tout cas !!

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    3. Très intéressant ! J’ai commencé début 2026 un suivi chez une médecin qui fait de la médecine fonctionnelle. Malgré une alimentation et une hygiène de vie au top, je ressentais un brouillard mental qui me pénalisait au travail, une fatigue de dingue, des déprimes très fréquentes et tout ça, malgré une hygiène de vie de dingue. D’après mon médecin généraliste tout est nickel dans ma prise de sang mais avec la médecine fonctionnelle on a trouvé une carence en Zinc, sélénium, magnésium, vitamine A et vitamine D, iode et fer ! Et évidemment une T3 trop basse.
      J’ai donc fait le lien aussi avec mon cycle, qui est anarchique (parfois 25 jours, parfois 48 jours) avec très peu d’observations (peu de glaire, peu de libido) ce qui pourrait s’expliquer par toutes les carences.
      Résultat : je sens que je tiens enfin la solution ! Si dans 3 mois rien ne change on pourra creuser davantage du côté de la thyroïde 🙂

      Je trouve ça vraiment dommage que les médecins généralistes ne prennent pas la peine de creuser un peu plus, cela fait des années que je galère et avec deux rdv en médecine fonctionnelle, on a des vraies pistes de solution !

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      • Coucou Hélène ! Super si tu trouves des pistes, c’est vraiment important et bravo à toi d’avoir investigué ! Oui, c’est normal, c’est parce qu’ils ne sont pas formés à la prévention : leur coeur de métier est de soigner les maladies, pas de maintenir le corps en bonne santé, dans un état de fonctionnement optimal 🙂 Mais la médecine fonctionnelle se développe ! Bonne journée et merci pour ton témoignage 🙂

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    4. Bonjour Laurène, déjà merci pour tout le travail que tu fais !!
      J’avais une maladie de Basedow par le passé ( traité avec de l’iode radioactif) . Nous sommes en essai bébé depuis 7 mois et rien du tout … je ressentais des symptômes inhabituels et les résultats tombent aujourd’hui ( prise de sang annuelle) , je suis en hypothyroïdie ( TSH à 6 et T4 basse) . Cela pourrait donc avoir un effet sur la fertilité … je prends déjà du levothyrox , à voir le changement de dosage mais j’avoue que cela me mine le moral , impression je ne m’en débarrasserai jamais … J’écoute tes conseils et essaie de les appliquer , je suis + à l’écoute de mon corps , j’ai l’impression d’avoir peu de glaire cervicale sur les deux derniers cycles, cela pourrait avoir une corrélation ? Merci beaucoup !

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      • Coucou Coraline ! Mince, je comprends tout à fait et oui, la thyroïde a complètement un effet sur le cycle menstruel :s Toutefois, si cela peut te rassurer, on peut effectivement, via certaines habitudes d’hygiène de vie bien ciblées améliorer les choses 🙂 Bravo si tu mets déjà des choses en place en tout cas ! Si tu ressens le besoin d’aller plus loin, les inscriptions pour le prochain Fertility Club (qui démarre lundi prochain) sont ouvertes, et on aborde largement le sujet de la thyroïde 🙂 Dans tous les cas, je t’envoie sincèrement toutes mes bonnes ondes !!

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    5. Bonjour,

      J’ai de l’adénomyose, des règles abondantes +++ et elles durent 10 à 12 jours.
      Je viens de faire un bilan sanguin aujourd’hui, est mon taux de TSH est dans la « norme », elle est de 2,68 mUI/I, met elle est peut être un peu trop pour concevoir ?

      Bonne journée à vous ☀️
      Je me suis inscrite en liste d’attente pour le Fertility Club mais je n’ai jamais eu de nouvelle 🙁

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      • Coucou Amandine ! Ta TSH semble plutôt bien, car selon les normes santé, elle doit tourner autour de 2,5 🙂 Merci pour ta confiance, on revient très vite vers toi par email concernant le Fertility Club, qui ouvre bientôt (et on pourra creuser avec toi ces sujets d’adénomyose et de règles très abondantes :)) ! A très vite 🙂

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    Auteur/autrice de l’image

    Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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