Les idées clés
En cas de test de grossesse positif, la joie d’être enceinte peut être teintée d’une certaine appréhension : en effet, la crainte de la « fausse couche » est bien réelle, surtout si on est déjà passée par là.
L’article qui suit a pour objectif premier de vous rassurer : la majorité des grossesses se passent très bien 🙂 On va également faire le point sur les symptômes évocateurs d’une fausse couche (et ceux qui n’en sont pas) et quelle prise en charge est possible si cela se produit.
Si vous êtes stressée par votre début de grossesse, ne poursuivez pas forcément votre lecture, on ne voudrait pas exacerber vos craintes 🙈 Prenez soin de vous surtout et gardez en tête que vous êtes entre de bonnes mains avec votre équipe médicale 🙂
🎧🍿 En complément de cet article, on vous recommande chaudement d’écouter cet épisode de podcast que nous avons enregistré avec le Dr Jonathan Cohen, spécialiste des grossesses arrêtées, qui saura vous apporter des informations concrètes, mais aussi vous rassurer <3
Table des matières
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Qu’est-ce qu’une fausse couche (ou grossesse arrêtée) ?
Une « fausse couche » est une perte de grossesse involontaire avant le terme de la grossesse. On préfère le terme d’arrêt de grossesse (même les médecins l’utilisent de plus en plus !), car parler d’une « fausse couche » peut être douloureux, dans la mesure ou la perte est réelle, loin d’être fausse ! On parle aussi parfois d’interruption spontanée de grossesse, ou d’avortement spontané.
On distingue différents types d’arrêts de grossesse en fonction du terme de cette dernière :
- On parle de fausse couche précoce lorsqu’elle s’arrête avant 12 semaines de grossesse (ou 14 semaines d’aménorrhée)
- On dit qu’elle est tardive après le premier trimestre de grossesse (après la 14ème semaine d’aménorrhée).
Un arrêt de grossesse peut parfois être très précoce quand il s’agit d’une grossesse biochimique, au cours de laquelle l’embryon ne s’accroche pas (ou pas durablement) à la muqueuse utérine. Les grossesses biochimiques sont assez fréquentes et on ne les décèle pas forcément, dans la mesure où on n’a généralement pas le temps de faire un test de grossesse avant qu’elle ne s’arrête. Si on fait un test, il peut être positif puis très rapidement négatif.
Une « fausse couche » est différente d’une interruption volontaire de grossesse (IVG), dans la mesure où elle n’est pas volontaire, et de l’interruption médicale de grossesse (IMG), qui est réalisée pour une raison thérapeutique. Quant à la grossesse extra-utérine, elle fait partie des causes d’arrêt de grossesse, dont nous reparlons plus bas.

Quelles sont les causes d’une grossesse arrêtée ?
La majeure partie du temps, une grossesse s’arrête en raison d’une anomalie chromosomique de l’embryon. Il peut également arriver que l’embryon ne s’implante pas dans l’utérus, en cas de grossesse extra-utérine (dans ce cas, il se niche le plus souvent dans l’une des trompes) : la grossesse n’étant pas viable, elle peut s’interrompre d’elle-même, et si ce n’est pas le cas, elle doit être interrompue car elle constitue un risque vital pour la maman
La majorité du temps, un arrêt de grossesse est isolé, et une grossesse menée à terme est bien sûr possible ensuite. C’est ce qui explique que les professionnels de santé ne creusent souvent pas après une seule fausse couche…
En revanche, il peut être nécessaire d’investiguer en cas de fausses couches à répétition, car cela peut aussi arriver en raison d’une d’une insuffisance en progestérone par exemple (la progestérone prépare la muqueuse utérine à l’implantation et maintient cette muqueuse en place pendant la grossesse), ou d’une anomalie au niveau des trompes ou de l’endomètre, ou encore d’une mauvaise qualité ovocytaire ou des spermatozoïdes, notamment en lien avec une fragmentation de l’ADN spermatique (entre autres).
Dans tous les cas, surtout gardez à l’esprit qu’un arrêt de grossesse n’est absolument jamais de votre faute ! Il est naturel de vouloir comprendre la raison d’une grossesse qui s’arrête, mais vous n’en êtes pas responsable <3

Quels sont les signes d’une fausse couche ?
Si vous êtes actuellement enceinte, vous pouvez redouter que votre grossesse soit interrompue : on vous comprend et on aimerait vous rassurer, car dans l’immense majorité des cas, la grossesse est menée à terme et sans encombre 🙂
Voici les symptômes d’une fausse couche les plus courants :
- Des saignements vaginaux rouges et abondants (les saignements peuvent être plus foncés en cas de grossesse extra-utérine)
- Des douleurs utérines (plus intenses que des règles)
- Des beta hCG qui ne montent plus, voire redescendent.
Cela dit, il arrive aussi que l’arrêt de grossesse soit asymptomatique : en cas de fausse couche silencieuse, on ne présente effectivement pas de symptômes apparents.
Attention, néanmoins : la disparition des symptômes de grossesse n’est pas forcément le signe que la grossesse s’arrête ! En effet, les signes de grossesse peuvent fluctuer naturellement, même quand tout va bien 🙂
La sensibilité dans les seins, les éventuelles nausées, la fatigue, ça va, ça vient pendant la grossesse. Et d’ailleurs, toutes les femmes ne présentent pas ces symptômes, on peut tout à fait être enceinte et ne ressentir aucun signe, ça ne veut absolument pas dire que la grossesse n’est pas viable !
Idem si vous pratiquez la symptothermie et avez l’habitude de prendre votre température : elle peut tout à fait fluctuer et baisser au cours de la grossesse, sans que cela soit mauvais signe ! On vous recommande d’ailleurs d’arrêter de prendre votre température en cas de test de grossesse positif, car ça peut vite être très anxiogène 🙂

Que faire en cas de suspicion de fausse couche ?
Si vous avez le moindre doute (et notamment des saignements), n’hésitez pas à demander une consultation avec votre sage-femme ou gynécologue. Si les saignements sont abondants et que vous ressentez des douleurs, vous pouvez vous rendre aux urgences gynécologiques pour faire le point. Ce conseil vaut d’autant plus si vous avez de la fièvre, une sensation de malaise, des étourdissements, et des douleurs latéralisées, qui peuvent signaler une grossesse extra-utérine.
Ceci étant dit, gardez en tête que les saignements vaginaux sont souvent bénins en début de grossesse ! Toutefois, par précaution, on recommande toujours de consulter afin d’avoir un avis médical, ne serait-ce que pour se rassurer.
Le diagnostic de la fausse couche
Pour vérifier si la grossesse s’arrête ou non, les médecins réalisent généralement une échographie endovaginale et 3 scénarios sont possibles :
- L’embryon est bien en place et une activité cardiaque est détectée (la grossesse se poursuit donc !)
- On constate une absence d’embryon : la grossesse s’est arrêtée et a été « évacuée » (désolée pour ce terme 🙈)
- On a bien un embryon, mais aucune activité cardiaque n’est détectée : l’arrêt de grossesse est silencieux.
En parallèle, on mesure les beta hCG qui, en cas de fausse couche, stagnent ou diminuent.
Le traitement d’un arrêt de grossesse
En cas d’arrêt de grossesse, plusieurs prises en charge sont possibles : si la grossesse s’est évacuée d’elle-même, le médecin réalise une échographie de contrôle quelques jours plus tard, pour s’assurer que l’utérus est bien vide et qu’il n’y a pas de signe d’infection. Dans ce cas, il n’y a rien d’autre à faire, le corps a “géré” l’arrêt de cette grossesse tout seul.
Si ce n’est pas le cas, on propose à la femme enceinte de prendre un traitement à base de misoprostol (Cytotec® étant le nom de marque le plus connu) pour favoriser l’expulsion des tissus embryonnaires et placentaires. Il s’agit d’un analogue des prostaglandines, qui provoque des contractions de l’utérus ainsi que le ramolissement et la dilatation du col de l’utérus, pour permettre d’expulser” le contenu utérus (c’est-à-dire l’embryon mais aussi le sac gestationnel, le trophoblaste qui est le futur placenta, l’endomètre épaissi, etc.).
Ce traitement est pris à la maison, sans intervention médicale, par voie vaginale ou orale, souvent un 2 prises, à quelques heures d’intervalles (le protocole peut varier selon les praticiens, il faut suivre les recommandations du vôtre).
Après la prise, en principe les saignements se déclenchent dans les heures qui suivent, et peuvent s’accompagner de douleurs de type douleurs de règles. Il faut avoir en tête que cela peut être lourd émotionnellement, car on peut ressentir des sortes de caillots, et notamment l’expulsion du sac utérin…
Il est recommandé de faire une échographie de contrôle dans les jours qui suivent, pour s’assurer que l’utérus est bien “vide” (toujours cet horrible champ lexical de la “fausse couche”…), et si ce n’est pas le cas, une intervention chirurgicale sera a priori envisagée. Une telle intervention est également possible directement, si on ne souhaite pas passer par cette voie médicamenteuse. Dans les deux cas, il peut s’agir de :
- L’aspiration intra-utérine, qui est la méthode la plus utilisée aujourd’hui : elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale, souvent en ambulatoire et consiste à introduire une canule souple dans l’utérus via le vagin et à aspirer le contenu utérin. Il s’agit d’une méthode rapide, peu invasive, avec un faible taux de complications.
- Le curetage, qui consiste à gratter la muqueuse utérine avec une curette métallique après avoir dilaté le col de l’utérus. Il est plus invasif que l’aspiration seule et parfois encore pratiqué en complément de l’aspiration si cette dernière n’a pas permis de tout évacuer. Néanmoins, le curetage est aujourd’hui rarement pratiqué seul en première intention.
En pratique, certains professionnels de santé utilisent encore le mot curetage par abus de langage, même s’ils réalisent en réalité une aspiration.
Pour rappel, il est bien sûr également possible d’attendre que la grossesse s’évacue d’elle-même, sans intervention extérieure.
Dans tous les cas, si la mère présente un groupe sanguin de rhésus négatif (A-, B-, AB-, O-), elle peut recevoir une injection d’immunoglobulines anti-D : cela permet d’éviter qu’elle développe des anticorps dirigés contre les globules rouges d’un fœtus au rhésus positif lors d’une future grossesse. Cette injection est une mesure de prévention, toujours proposée en cas de grossesse, et donc également après une fausse couche ou une IVG.

Après une grossesse arrêtée
Si vous venez de vivre une grossesse arrêtée, on vous envoie sincèrement toute notre tendresse et tout notre réconfort, car on sait à quel point cette épreuve est difficile et souvent très solitaire ❤️🩹
Pour commencer, sachez qu’il est désormais possible, en France, de disposer d’un arrêt de travail en cas de grossesse arrêtée avant 22 semaines d’aménorrhée, sans jour de carence et ce, même en l’absence d’hospitalisation. Vous pouvez donc en faire la demande auprès de votre médecin si vous en ressentez le besoin <3
Après 22 SA, c’est le congé maternité classique qui s’applique, avec tous les droits afférents.
Il est possible que votre professionnel de santé vous propose une surveillance médicale, mais elle n’est pas systématique (surtout en cas de fausse couche isolée).
En cas de désir de grossesse, vous pouvez en principe reprendre les essais dès que vous vous sentez prête (sauf avis médical contraire): sachez seulement que l’ovulation ne reprendra a priori qu’une fois que les beta hCG sont de nouveau à zéro et que votre cycle menstruel peut être un petit peu chaotique dans les semaines qui suivent (n’hésitez pas à lire notre article sur la reprise de l’ovulation après une fausse couche pour en savoir plus). Par ailleurs, la fertilité n’est ni forcément amoindrie ni augmentée après un arrêt de grossesse.
Comme on peut parfois se sentir très seule après une grossesse arrêtée, voici également quelques ressources, qui, on l’espère, pourront vous apporter du soutien :
- L’association Agapa, qui propose des groupes de parole, des cafés rencontre et du soutien individuel, ou encore l’association SOS Fausses couches, fondée par les gynécologues Laurène Majoulet et Jonathan Cohen et leur assistante Céline Houdin, qui apporte des conseils, mais aussi un réseau de praticiens formés au diagnostic des grossesses arrêtées à répétition
- On a également réalisé un épisode de podcast avec le Dr Jonathan Cohen sur ce sujet, qui est à la fois déculpabilisant et riche d’informations précieuses
- Les livres “3 mois sous silence” de Judith Aquien ou encore “Fausse Couche, vraie question” de Mathilde Lemiesle, des ouvrages à la fois doux mais aussi engagés sur l’expérience de la fausse couche, dans son corps et dans la société.
- Un soin rebozo peut également faire du bien après une grossesse arrêtée, qui vient notamment resserrer le bassin pour marquer le passage de cette grossesse et la refermer, avec d‘autres rituels qui viennent apaiser le corps, le cœur et l’esprit.. De plus, dans sa forme traditionnelle, ce soin est donné par deux femmes à une autre femme, dans un esprit de sororité, de transmission, de soin non médicalisé 🙂
- Dans ce même esprit de soutien mutuel, le Club d’Après s’est également donné pour mission de vous apporter un cocon de réconfort et des clés pour apaiser votre corps et votre coeur, avec l’accompagnement de la team Émancipées, mais également d’autres femmes qui ont traversé la même épreuve, et croyez-nous, c’est précieux.
Si vous êtes en parcours PMA, sachez que les centres proposent parfois des consultations de soutien psychologique spécifiques après un arrêt de grossesse, donc n’hésitez pas à solliciter le vôtre.On a également une pensée toute particulière pour les partenaires, qui ressentent généralement de la tristesse et un immense sentiment d’impuissance, même si souvent on n’en parle pas 🙁 N’hésitez pas à bien vous entourer et à en parler à un professionnel si besoin.

Pour résumer – Questions fréquentes
Comment savoir si on fait une fausse couche ?
En cas de fausse couche, on peut observer des saignements rouges (ou noirs) plus ou moins abondants et des douleurs utérines. Néanmoins, une grossesse peut également s’arrêter sans symptômes apparents :s
Un arrêt de grossesse est toujours confirmé par une échographie et la vérification d’une activité cardiaque.
Quelles sont les étapes d’une fausse couche ?
En cas de symptômes d’une fausse couche, la première étape est d’aller consulter son gynécologue ou sage-femme, voire les urgences si besoin, pour faire le point, via une échographie et le dosage des beta hCG.
Si la grossesse est effectivement arrêtée, on peut ensuite décider de la prise en charge la plus adaptée, que ce soit un traitement médical ou une intervention chirurgicale. Certaines femmes préfèrent également attendre que la grossesse s’évacue d’elle-même.
Qu’est-ce qui provoque la fausse couche ?
Généralement, il s’agit d’une anomalie chromosomique de l’embryon, qui l’empêche de se développer correctement. En cas d’arrêts de grossesse à répétition, les médecins peuvent aussi creuser du côté de l’endomètre, de la qualité ovocytaire ou encore d’un autre souci de santé.
En tout cas, ce n’est pas le comportement de la femme enceinte qui provoque l’arrêt de la grossesse, donc ne stressez pas outre mesure si vous êtes actuellement enceinte, et ne culpabilisez pas si vous venez de subir cette épreuve (on vous soutient et on vous le répète : ce n’est pas de votre faute !).
Pourquoi sommes-nous plus fertiles après une fausse couche ?
Rien ne prouve, à ce jour, qu’une femme soit plus fertile après une fausse couche. Toutefois, il est tout à fait possible de tomber enceinte par la suite et de mener sa grossesse à terme sans souci 🙂
On peut faire l’amour combien de temps après une fausse couche ?
Après une fausse couche, les médecins recommandent généralement d’attendre au moins 1 à 2 semaines avant d’avoir des rapports avec pénétration, pour éviter tout risque d’infection et ce, que celle-ci ait été spontanée, traitée médicalement ou par aspiration.
Mais ensuite, côté cœur et corps, il n’y a pas de règle : chacune reprend les rapports à son rythme, quand elle s’y sent prête 🙂
Les règles reviennent combien de temps après une fausse couche ?
On considère qu’un nouveau cycle s’ouvre avec les saignements de la “fausse couche”, qui marquent la fin du cycle précédent. On démarre donc une nouvelle phase pré ovulatoire à la fin de ces saignements, et l’ovulation peut arriver dans les jours qui viennent, comme mettre un peu plus de temps (et c’est normal, le corps peut avoir besoin de temps pour se remettre de cette épreuve <3).
Dans tous les cas, pour que l’ovulation puisse se refaire, il faut en général que les beta hCG aient atteint un seuil minimal.
Une fois que les beta hCG ont disparu, le dialogue cerveau/ovaires peut redémarrer, même si vous l’avez compris, il peut être un peu brouillé et confus après une grossesse (arrêtée ou non) : ainsi l’ovulation peut mettre un petit temps à revenir. Une fois que vous avez ovulé, vos règles devraient survenir dans les 16 jours qui suivent au plus tard (hors nouvelle grossesse, bien sûr).
Ce sujet méritant un article à lui seul, on vous explique tout dans notre article sur le retour de l’ovulation (et des règles du coup !) après une fausse couche 🙂
Combien de temps un test de grossesse reste positif après une fausse couche ?
Un test de grossesse peut rester positif plusieurs jours à plusieurs semaines après une fausse couche, selon la date à laquelle la grossesse s’est arrêtée et le taux initial de bêta-hCG. En effet, cette hormone ne chute pas instantanément et met du temps à redescendre à zéro.
Ainsi, si la grossesse s’est arrêtée précocement (5-6 semaines d’aménorrhée, soit 3-4 semaines de grossesse) : le test peut redevenir négatif en 7 à 14 jours, mais si la grossesse était plus avancée (supérieure à 8 semaines d’aménorrhée, ou 6 semaines de grossesse), le test peut rester positif jusqu’à 3-4 semaines, voire un peu plus.
En cas de persistance des bêta-hCG ou de symptômes (douleurs, saignements persistants), une échographie peut être indiquée pour vérifier s’il reste du tissu.
Comment faire la différence entre une fausse couche et les règles ?
En cas de fausse couche précoce, seul un test de grossesse positif puis négatif réalisé en tout début de grossesse permet de faire la distinction.
Sinon, l’aspect des saignements peut être évocateur : certaines femmes rapportent des caillots inhabituels et un flux plus abondant, ainsi que des douleurs plus marquées surtout si l’embryon a commencé à s’implanter.
Par ailleurs, les « règles » peuvent être en retard et le cycle être un petit peu plus long que d’habitude. Mais attention, ces signaux sont à prendre avec précaution, et de grosses pincettes !
Voici la fin de cet article qu’on aurait aimé ne jamais devoir écrire, si les arrêts de grossesse n’existaient pas… mais on espère néanmoins qu’il vous sera utile et surtout qu’il vous aura permis de comprendre, si vous avez vécu une grossesse arrêtée que vous n’êtes ni responsable, ni seule ❤️ (on est de tout coeur avec vous).
Si vous avez d’autres questions, surtout n’hésitez pas, on est là 🙂 En revanche, si vous avez des questions assez personnelles et/ou certaines craintes, pensez à en faire part également à votre professionnel de santé qui reste le plus à même de vous conseiller, au vu de votre situation à vous 🙂
2 réflexions au sujet de “Fausse couche : symptômes, causes et traitements en cas de grossesse arrêtée”
Bonjour,
J’essaie avec mon compagnon de longue date d’avoir un enfant. En 2024, j’avais 39 ans, surprise j’ai un test positif en juin (cela faisait 3 ans que j’avais arrêté toute contraception. mais comme on ne calculait pas non plus quand faire l’amour je me préoccupais pas). Sur notre petit nuage, on va à la première échographie et là on nous apprend qu’il n’y a pas de développement. On me propose d’attendre que ca se fasse tout seul. Ca a mis 2 semaines et quand ca commencé ca a été affreux… j’ai passé 6 jours dans ma baignoire à perdre des caillots de sang gros comme des citrons, impossible de manger, je vomissais l’eau que je venais de boire. Je n’ai pas pu me déplacer aux urgences tellement je ne pouvais pas tenir sur mes jambes juste pour descendre les escalier (à l’époque au 6e étage sans ascenseur avec un escalier si étroit que les pompiers nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas venir). Pour info, je n’ai eu aucun contrôle par la suite, j’ai demandé mais on m’a dit « vous allez bien c’est que c’est bon ». Bref j’ai fait mon deuil, je me suis dit voyons les bons côtés c’est que c’est possible retentons. Je me disais j’ai vécu le fait d’être une femme dans ma chair.
En décembre 2024 je retourne chez mon gynéco pour dire, bah on y arrive pas, il faut m’aider. Le médecin me dit madame laissez faire la nature ! Après moult rendez-vous (en janvier, en mars, en avril et en juin 2025) j’arrive enfin à avoir des examens prescrits. j’ai donc fait test de hühner, histerosalpingographie, echographie pelvienne pour la réserve ovarienne, tests hormonaux) . résulta tout fonctionne. Après tous mes résultats il a enfin pensé à regarder chez monsieur…le spermogramme montre un fort déficit de spermatozoides. Donc il m’a prescrit du clomid à prendre avec du provames, m’expliquant que comme y’en a peu d’un côté je dois booster mon corps je l’ai commencé en décembre. Au bout du 3 e cycle je retourne le voir en disant bah ca a pas l’air de marcher, par contre ca me fait grossir et me donne des nausées. Il m’a dit de continuer encore 3 mois et de passer ensuite à un service de pma. au 6e cycle de clomid je prends rendez-vous pour une pma où me donne encore des examens (ceux deja fait « mais madame ils sont vieux maintenant on en veut des plus récents » plus une histerosonographie et une mammographie. Mais entre temps, miracle je retombe enceinte !!! (18 moi après la fausse couche). Vu ce qui s’était passé la dernière foi, je n’étais pas rassurée, je l’ai dit qu’à une amie et ma mère et c’est tout, je voulais pas comme la dernière fois devoir prévenir tout le monde. Pour essayer d’appréhender j’ai décidé de faire assez vite une échographie de datation. je lisais sur internet que c’est bon à faire à 5-6SA.je la fais donc à 6SA +5jours. Là ils voient un sac, une vesicule vitteline mais un petit embryon. on me dit de revenir une semaine plus tard. Je commence à me dire pff tu vas voir ca va être comme la dernière fois. Une semaine plus tard je reviens, aucun développement de l’embryon (mais du sac gestationnel si). On me dit de courir aux urgences. J’arrive aux urgences, après 6h d’attente (!!) on me dit de refaire une échographie 10 jours plus tard pour confirmer. L’écho 10 jours plus tard a montré que l’embryon était toujours au même stade mais que mon sac continuait encore de grandir. donc retour aux urgences. Cette fois-ci que 4h30 d’attente on progresse. Le sac est trop gros donc je ne peux pas faire ca de façon médicamenteuse. J’ai rendez-vous demain pour me faire opérer car cela en devient dangereux pour moi (on m’a parlé de risques nécrosiques) car l’embryon a arrêté de se développer depuis belle lurette. Et l’écho de ce matin, ainsi que les analyses de sang montrent que le sac continue encore de grandir…
Pour le moment je suis en colère qu’on ne m’ait pas écouté la première fois, j’aurais pu faire ça sans anesthésie chez moi, entourée de mon compagnon et je me retrouve à faire ma première opération de ma vie car on m’a fait attendre « pour voir ». Et je suis en colère contre moi car je me dis que c’est ma deuxième fausse couche silencieuse et que mon corps lui continue de produire des hormones. Quand on lit que seul 1% des grossesses se terminent en silence, j’éclate les statistiques ! Je ne désespère pas et me dit que c’est bon je n’écoute plus mon corps, je ne laisse plus faire la nature, je fais tout de façon médicalisée. Car mon corps quand il accepte de se faire féconder donne des embryons qui ne se développent pas et me font souffrir pour rien.
Bref j’avais besoin de vider mon sac, et ne pas se baser sur le stats, car j’y ai cru en me disant aller c’est pas parce que ca t’est arrivée une fois que c’est comme ça à chaque fois, bah en fait si….
Coucou Adeline,
Oh je suis sincèrement désolée pour toi. Je comprends ton désarroi, et surtout que tu te dise que ça ne puisse pas t’arriver plusieurs fois de suite. J’espère que tu es bien entourée ?
En tout cas, saches que si tu ressens le besoin d’être accompagnée et surtout de creuser plus en détail, il y a le Fertility Club, et nous sommes là. Je te joins juste ici le lien pour la liste d’attente, le prochain aura lieu au mois de Septembre.
https://www.emancipees.com/programme/fertility-club/
Je suis en tout cas de tout coeur avec toi ! Et tiens nous au courant !
A bientôt