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Comment sont les pertes avant les règles ?

comment sont les pertes avant les règles

Les idées clés

  • Les pertes blanches sont tout à fait normales et souvent le signe du bon fonctionnement de notre système reproducteur et de notre cycle menstruel.
  • La glaire cervicale est une sécrétion du col de l’utérus qui évolue en fonction du cycle menstruel et de la quantité d’oestrogènes sécrétée. Elle est donc davantage présente au moment de l’ovulation et plus discrète une fois que la fenêtre de fertilité est refermée, quand la progestérone prend le pas sur les oestrogènes.
  • Néanmoins, on peut de nouveau observer de la glaire cervicale avant les règles, notamment en raison de la chute hormonale et d’un déséquilibre hormonal transitoire (et normal) en fin de cycle.
  • La sécrétion plus importante de glaire cervicale avant les règles peut également signaler un début de grossesse ou un déséquilibre hormonal plus installé, si ces pertes blanches font leur retour plus tôt avant les règles.

En tant que femme, il n’est pas rare que le contenu de nos sous-vêtements nous questionne, qu’il s’agisse des règles ou des pertes blanches. C’est d’autant plus le cas lorsque l’on remarque des sécrétions vaginales plutôt abondantes avant nos règles ! Sont-elles un signe des règles qui arrivent ? Comment savoir si ce sont bien les règles ou… un début de grossesse ?

Quand on sait les décrypter, nos pertes vaginales (ou celles produites par le col de notre utérus) peuvent effectivement nous donner des indices précieux sur ce qui se passe dans notre corps et on va tout de suite vous expliquer ce qu’elles peuvent avoir à vous dire quand elles débarquent en fin de cycle menstruel !



Quels sont les différents types de pertes ?

Tout d’abord, de quelles pertes parle-t-on ? Il est question de pertes vaginales (ou encore « leucorrhées ») ou de pertes cervicales (produites non pas par le vagin mais par le col de l’utérus, au fond du vagin), qu’on appelle aussi souvent communément pertes blanches, et ces sécrétions peuvent donc être de natures différentes :

  • La cyprine, qui est une perte vaginale plutôt liquide et liée à l’excitation sexuelle (qui n’évolue donc pas au fil du cycle menstruel)
  • Les pertes blanches liées à l’ auto nettoyage du vagin : tout à fait naturelles et physiologiques, elles sont souvent pâteuses et blanches et n’évoluent pas au fil du cycle menstruel. Ces sécrétions sont très importantes pour notre santé, car elles nous protègent des agents pathogènes et des infections grâce à leur pH acide (qui peut d’ailleurs décolorer nos culottes !)

La glaire cervicale, dont la production est quant à elle liée à nos hormones féminines et donc à notre cycle menstruel. Et ce n’est pas vraiment une perte vaginale, puisque c’est le col de l’utérus qui la produit. C’est surtout d’elle dont il va être question dans cet article !


glaire cervicale

La glaire cervicale, messagère de notre fertilité et du cycle menstruel

La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’ utérus tout au long du cycle menstruel, dont la texture et l’aspect évoluent en fonction des hormones en présence. En théorie :

  • Elle est absente ou pâteuse/collante lors des phases d’infertilité (avant et après l’ ovulation)
  • Sous l’influence des oestrogènes, elle devient crémeuse, laiteuse, voire d’aspect blanc d’oeuf cru, lorsque nous sommes fertiles et pendant l’ ovulation.
glaire cervicale cycle menstruel

La glaire cervicale est donc un indicateur précieux de notre fertilité : en effet, il faut savoir qu’une femme n’est pas fertile tous les jours du cycle menstruel ! La période de fécondité démarre environ 5 jours avant l’ ovulation (justement grâce à cette glaire cervicale plus étirable, translucide et lubrifiée, qui nourrit et protège les spermatozoïdes en attendant qu’un ovule soit libéré) et se termine le lendemain de l’ ovulation, puisque l’ovule a une durée de vie d’environ 12 heures (jusqu’à 18 heures !).

Ensuite, entre l’ ovulation et les règles, il s’écoule plusieurs jours (11 à 16 jours environ) durant lesquels nous ne sommes pas fertiles : en théorie, la glaire cervicale est donc absente ou de nouveau pâteuse et collante, comme pour former un bouchon à l’entrée du col de l’utérus empêchant le passage des spermatozoïdes (puisque sans ovule, ça ne sert à rien qu’ils puissent entrer !). Elle est en effet asséchée par la progestérone, l’hormone de la deuxième partie du cycle menstruel.

Or, de nombreuses femmes (car oui, si vous êtes concernée, vous n’êtes pas la seule !) constatent un « retour de glaire » de qualité ovulatoire juste avant l’arrivée de leurs règles !


Que signifie la présence de glaire cervicale avant les règles ?

On vous rassure tout de suite : cette présence de glaire cervicale en fin de cycle menstruel (avant vos menstruations donc) n’a rien d’alarmant (ou du moins, pas forcément !)

règles

L’arrivée prochaine des règles

Cette glaire un peu crémeuse/laiteuse que vous pouvez observer avant vos règles (avec parfois un peu de sang) peut venir du déséquilibre temporaire entre oestrogènes et progestérone à ce moment-là, 2-3 jours avant l’arrivée des saignements.

En effet, pour rappel, les oestrogènes fluidifient la glaire et lui donnent son côté étirable, translucide et lubrifié ; la progestérone quant à elle, à plutôt tendance à l’assécher, la compacter pour qu’elle protège le col de l’utérus, au cas où un embryon serait en train d’essayer de s’installer. Après l’ ovulation, la progestérone règne en maître, mais les oestrogènes sont toujours présents ! En fin de cycle, ces deux hormones chutent, avant d’atteindre un seuil minimal qui déclenche les règles.

Lorsqu’on a un peu de glaire cervicale « crémeuse » ou « laiteuse » avant nos règles, c’est simplement que la progestérone chute un peu plus vite que les oestrogènes en fin de cycle (et ce n’est pas forcément grave !). On se retrouve donc de nouveau en situation d’oestrogènes dominants, et ils peuvent dès lors réactiver la glaire, comme avant l’ovulation !

Par ailleurs, le col de l’utérus est également un peu plus ouvert pour préparer le passage des règles, ce qui lui permet « d’évacuer » un petit peu de glaire 🙂 Ces pertes blanches plus abondantes peuvent d’ailleurs être rosées en cas de petites pertes de sang (on appelle ça des spottings et ils sont normaux 1 à 3 jours avant les règles) : cette glaire colorée laisse généralement peu à peu sa place aux saignements.

déséquilibre hormonal

Un déséquilibre hormonal après l’ ovulation

En revanche, si vous constatez la présence d’une glaire très abondante ou persistante après l’ ovulation, cela peut être le signe d’un véritable déséquilibre hormonal en deuxième partie de cycle :

Cette hyperoestrogénie vraie (trop d’oestrogènes) ou relative (pas assez de progestérone) peut également aller de pair avec des spottings qui démarrent plus de 3 jours avant les règles, et une phase post ovulatoire plutôt courte (inférieure à 11 jours).

Si vous pensez être concernée et subissez notamment un syndrome prémenstruel (SPM) assez marqué, le Moody Club peut totalement vous aider à apaiser vos hormones avant vos règles et tout au long de votre cycle menstruel 🙂

début de grossesse

Début de grossesse

Enfin, cette glaire cervicale qui revient en force peut être le signe d’un début de grossesse, surtout si elle est d’ordinaire plutôt discrète en deuxième partie de cycle chez vous 🙂

En effet, après la nidation, la femme enceinte se met à produire une hormone tout à fait caractéristique, la bêta hCG : celle-ci a pour rôle d’envoyer un message au corps jaune, pour qu’il maintienne la production de progestérone, mais aussi celle des oestrogènes ! Globalement, cette élévation hormonale peut augmenter la sécrétion de glaire cervicale, qui peut être un signe précoce de grossesse.

N’hésitez pas à aller voir notre Galerie de la Glaire cervicale pour voir à quoi peut ressembler votre glaire cervicale en début de grossesse !


différences pertes avant les règles et grossesse

Pertes avant les règles vs pertes de début de grossesse : comment faire la distinction ?

Que vous ayez envie de concevoir ou non, cette présence de glaire cervicale dans vos sous vêtements juste avant la date présumée de vos règles peut vous questionner et c’est normal !

Il est très délicat d’apporter une réponse tranchée, car on l’a vu, ce retour de glaire peut signaler les deux phénomènes, à la fois les règles et le début de grossesse :s

Pour y voir plus clair, vous pouvez vous dire que si vous ne voyez habituellement pas de glaire à ce moment de votre cycle, cela peut signaler un début de grossesse (mais à prendre avec de grosses pincettes, car les choses peuvent varier d’un cycle à l’autre !).

Le timing peut également vous mettre la puce à l’oreille, car la nidation a lieu 6-7 jours après l’ovulation, alors qu’on l’a dit, le retour de glaire « normal » en fin de cycle survient plus tôt 2-3 avant les règles, et donc un peu plus tard.

Vous pouvez aussi croiser cet indice avec d’autres éléments, comme le saignement de nidation ou la présence de tubercules de Montgomery sur vos seins (de petits points blancs sur vos mamelons) qui sont des indices plus spécifiques d’un début de grossesse. Et bien sûr, vous pouvez faire un test de grossesse, qui est fiable à partir du dixième jour après l’ ovulation (si possible, plutôt un test sanguin)!

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à aller consulter notre article sur la glaire cervicale en début de grossesse 🙂


pertes avant règles contraception

Comment sont les pertes avant les règles sous pilule ou stérilet ?

Nous nous sommes attardées sur la présence de glaire cervicale avant les règles lors d’un cycle menstruel naturel, quand on ne prend aucune contraception : mais que se passe-t-il sous pilule ou stérilet hormonal par exemple ?

Les pertes blanches avant les règles sous pilule oestro-progestative

Quand on prend la pilule (qu’elle soit combinée ou progestative), il n’y a pas de cycle menstruel naturel : le cycle est à l’arrêt et « remplacé » par un cycle factice, rythmé par la prise d’hormones de synthèse. L’ovulation est donc bloquée, ce qui signifie que la glaire cervicale ne présente pas les mêmes caractéristiques (autant en termes de quantité que de consistance) que lors d’un cycle menstruel normal.

En effet, la pilule modifie la glaire cervicale pour la rendre épaisse et imperméable aux spermatozoïdes !

Certaines femmes observent quand même des pertes, mais ce sont alors :

  • des pertes vaginales physiologiques, liées à l’auto-nettoyage du vagin
  • ou des pertes liées à la muqueuse fragilisée par les hormones de synthèse.

En fin de plaquette (les 4 à 7 jours sans pilule), certaines femmes constatent une augmentation de pertes blanches, qui correspond à la chute hormonale induite par l’arrêt de la prise des comprimés, une réaction au sevrage temporaire. Ces pertes ne sont pas un signe de fertilité ni d’ovulation dans ce contexte, mais plutôt une réaction physiologique à la chute hormonale provoquée par la pause de pilule.

Les pertes blanches avant les règles sous stérilet hormonal / pilule progestative

Avec un stérilet hormonal (Mirena, Kyleena…), ou une pilule progestative, le cycle peut être partiellement ou totalement inhibé, selon les femmes. L’ovulation peut donc être maintenue !

Le progestatif agit en épaississant la glaire cervicale (qui va donc moins bien s’extérioriser et rester à l’entrée du col de l’utérus pour entraver le passage des spermatozoïdes), et parfois en bloquant l’ovulation (selon les dosages et la sensibilité individuelle)

Ainsi, les pertes sont souvent moins abondantes, plus collantes, voire absentes, car la glaire typique est en général très altérée.

Les pertes blanches avant les règles sous stérilet au cuivre

Le stérilet au cuivre, lui, n’a pas d’effet hormonal : l’ovulation a lieu, le cycle se déroule normalement !

Donc, en théorie, la glaire cervicale évolue comme dans un cycle naturel, avec, potentiellement un retour de glaire cervicale avant les règles. Toutefois, le cuivre a un effet spermicide et inflammatoire local, ce qui peut parfois épaissir la glaire cervicale !

On a écrit tout un article sur la glaire cervicale sous stérilet au cuivre qui peut vous être utile 🙂


professionnel de la santé

Pertes avant les règles : quand consulter ?

Vous l’aurez compris, les pertes vaginales, qu’elles soient liées à l’auto nettoyage du vagin ou à notre glaire cervicale, sont tout à fait normales (et même plutôt le signe que tout fonctionne bien !).

Néanmoins, si vous présentez des symptômes plus embêtants comme des douleurs, des irritations ou de la fièvre, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre professionnel de santé, car ces pertes blanches peuvent être le signe d’une infection. Idem si vous voyez que vos sécrétions vaginales sont mousseuses ou grumeleuses par exemple, ou qu’elles sont de couleur grise ou verte !

Si vous avez un doute, on a détaillé tout ceci dans notre article sur les pertes vaginales, qui récapitule comment reconnaître les sécrétions plus problématiques, ce qu’elles peuvent signifier et les pistes pour les soigner 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Voilà pour ce panorama des pertes blanches avant les règles ! En théorie, elles sont plutôt discrètes en fin de cycle, mais vous l’aurez compris, elles peuvent aussi présenter une consistance plus crémeuse au vu de la chute hormonale de la fin du cycle. Toutefois, ces leucorrhées (vraiment ce mot est parfait pour un Scrabble) peuvent aussi faire partie des symptômes d’un dérèglement hormonal… ou d’une grossesse !

Par ailleurs, tout changement d’aspect un peu suspicieux (couleur, odeur, consistance, etc) doit vous amener à consulter, surtout si vous avez d’autres symptômes associés, comme des douleurs ou de l’inconfort.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous aviez conscience que vos sécrétions et surtout que votre glaire cervicale pouvait avoir des choses à vous dire, tout au long du cycle menstruel ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

La fécondation a lieu combien de temps après un rapport ?

fécondation combien de temps après rapport

Les idées clés

  • La fécondation est la rencontre de l’ovule et d’un spermatozoïde, donnant lieu à la formation d’un embryon.
  • La fécondation se produit quasiment en même temps que l’ovulation, à quelques heures d’intervalle, car l’ovule a une durée de vie assez courte (environ 12 heures).
  • Néanmoins, la fenêtre de fécondité s’ouvre jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, grâce à la glaire cervicale qui protège et nourrit les spermatozoïdes en attendant le jour J.
  • La fécondation peut donc avoir lieu seulement quelques heures après un rapport sexuel ou jusqu’à 5 jours après, en fonction du timing de l’ovulation.
  • Le seul moyen de savoir si l’ovule a été fécondé est de faire un test de grossesse à partir du 10ème jour après l’ovulation (ou 3 semaines après le rapport sexuel potentiellement fécondant si on ne connait pas la date de son ovulation).

Après un rapport non protégé, qu’on soit en essai bébé ou non, on peut se demander combien de temps il faut pour qu’une fécondation ait lieu, c’est-à-dire pour qu’un spermatozoïde rencontre un ovule ? Est-ce immédiat ? Faut-il attendre des heures, des jours ?

Dans cet article, on lève le voile sur les coulisses de la rencontre la plus incroyable du corps humain : celle entre un spermatozoïde et un ovocyte, celle qui peut donner lieu à une grossesse. Vous le verrez, le timing de la fécondation dépend de plusieurs facteurs, tels que le moment du cycle (et surtout de l’ovulation !) et de la durée de vie des gamètes (l’ovule et les spermatos).

Spoiler : les spermatozoïdes peuvent être ultra-rapides et présents à peu près tous les jours du cycle, mais l’ovule, lui, ne se pointe qu’à un moment bien précis ! Heureusement pour eux, les spermatos ont une alliée de taille pour patienter en toute sécurité, aka la glaire cervicale 😉

🍿 Psst ! Si vous préférez un format vidéo, voici la vidéo Youtube consacrée au sujet ! 😊

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Peut on être enceinte et avoir ses règles ?

peut on être enceinte et avoir ses règles

Les idées clés

  • Les règles sont toujours la conséquence de l’ovulation : sans ovulation, il n’y a pas de règles ! Or, durant la grossesse, l’ovulation est bloquée par la présence de la progestérone, donc techniquement, on n’ovule pas et on n’a pas ses règles enceinte.
  • En début de grossesse, certaines femmes observent toutefois des petites pertes de sang, souvent liées à la nidation ou à une sensibilité plus grande du col de l’utérus. Il peut être naturel de confondre ces saignements avec les menstruations 🙂
  • En début de grossesse, les saignements sont généralement brefs (1-2 jours), bruns/rosés et peu abondants.
  • Dans une minorité de cas, des saignements abondants (rouges ou bruns) en début de grossesse peuvent être le signe d’une grossesse extra utérine ou d’un arrêt de grossesse, surtout s’ils s’accompagnent de douleurs. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à consulter un médecin en cas de doute !
  • Seul un test de grossesse permet de confirmer ou d’écarter une grossesse, car l’absence ou la présence de saignements ne peuvent pas apporter de réponse tranchée (puisque certaines femmes enceintes ont bel et bien des saignements).

S’il y a bien une interrogation qui nous a déjà toutes traversé l’esprit, c’est celle-ci : « Peut-on être enceinte et avoir ses règles ? » ! En effet, le début de grossesse et les règles sont deux mécanismes hormonaux et physiologiques bien particuliers que l’on ne connaît pas forcément très bien, et qui soulèvent un grand nombre de questions (légitimes !) comme celle-ci.

Spoiler : non, il n’est pas possible d’avoir ses règles pendant la grossesse, que ce soit au premier trimestre ou plus tard ! Néanmoins, on peut être enceinte et avoir des saignements vaginaux, qui ont une toute autre explication et sont très souvent sans risque pour le bébé. On vous explique tout ça ? 🙂

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Combien de jours après les règles peut-on tomber enceinte ?

Combien de jours après les regles peut-on tomber enceinte

Les idées clés

  • L’ovulation, résultat de tout un dialogue hormonal entre le cerveau et les ovaires, est l’événement qui détermine la période de fertilité d’une femme au cours du cycle menstruel.
  • Une femme est fertile environ 6-7 jours par cycle menstruel : la glaire cervicale maintient les spermatozoïdes en vie durant 5 jours environ avant l’ovulation et l’ovule reste en vie durant les 12-24 heures qui suivent sa libération.
  • On ne peut pas calculer ou prédire la date de l’ovulation, car cette dernière peut varier d’une femme et d’un cycle menstruel à l’autre. Certaines femmes ovulent très rapidement après leurs règles, quand d’autres ovulent plus tardivement.
  • On peut néanmoins voir venir l’ovulation grâce à la glaire cervicale, qui est une sécrétion produite par le col de l’utérus qui évolue au cours du cycle menstruel et devient plus abondante, translucide, étirable et lubrifiée à l’approche de l’ovulation. C’est elle qui nous indique que la fenêtre de fertilité s’ouvre et que l’on peut potentiellement tomber enceinte en cas de rapport sexuel non protégé.

Que l’on soit en désir de grossesse ou pas, il existe une question universelle : à quel moment de mon cycle menstruel suis-je vraiment fertile, et quel est le laps de temps qui s’écoule entre les règles et l’ovulation proprement dite, afin d’adapter le timing des rapports en fonction de l’objectif visé ?

Cette question est effectivement très intéressante, car pour y répondre de manière précise, il faut se plonger dans le déroulé du cycle menstruel, le dialogue hormonal entre notre cerveau et nos ovaires, et notre physiologie féminine, tout simplement 🙂 Spoiler : il n’y a pas de réponse universelle, mais promis, on va vous donner toutes les clés pour mieux comprendre votre fertilité et avoir votre réponse personnalisée à cette question !

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Durée phase lutéale : combien de jours s’écoulent entre l’ovulation et les règles ?

durée phase lutéale

Les idées clés

  • La phase lutéale, ou phase post-ovulatoire, est la phase du cycle menstruel comprise entre l’ovulation et les règles
  • Elle est dominée par la progestérone, sécrétée par le corps jaune.
  • Elle dure généralement entre 11 et 16 jours.
  • Elle peut être plus longue en cas de début de grossesse, ou plus courte en cas d’insuffisance en progestérone.
  • Une phase lutéale courte pose problème en cas d’essai bébé, mais aussi chez toutes les femmes de manière générale, car la progestérone présente des bienfaits essentiels pour notre santé physique et mentale.
  • Des solutions sont disponibles pour allonger la phase lutéale, qu’il s’agisse de la prise d’un traitement à base de progestérone de synthèse ou d’ajustements d’hygiène de vie.

Il est communément admis que les règles surviennent 14 jours après l’ovulation : mais si on vous disait que cette idée reçue est fausse ? En effet, ce principe est essentiellement vrai dans les manuels de SVT, mais ne s’applique pas du tout à toutes les femmes !

Dans ce qui suit, on va tout vous expliquer sur la durée de la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire) : sa durée « optimale » (qui se situe plutôt entre 11 et 16 jours en réalité), mais aussi les raisons qui peuvent expliquer pourquoi elle peut être plus longue (ce qui est souvent une bonne nouvelle, en tout cas quand on souhaite une grossesse !) ou plus courte (et ça, c’est plus problématique !).

🍿 Si la qualité de votre phase lutéale vous intéresse, sachez que sa durée n’est que l’un des critères à prendre en compte : dans la vidéo Youtube ci-dessous, je vous liste les autres paramètres à prendre en compte !

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Température pendant les règles : théorie et exceptions !

température pendant les règles

Les idées clés

  • La température du corps évolue au cours du cycle menstruel, sous l’influence des hormones féminines et surtout de la progestérone.
  • Après l’ovulation, la température augmente, en réaction à la sécrétion de progestérone qui nous prépare à la grossesse. Si l’ovule n’a pas été fécondé, la progestérone chute et la température redescend juste avant les règles.
  • Certaines femmes constatent néanmoins que leur température reste haute pendant leurs règles, alors que la progestérone est censée être au plus bas : cela peut venir d’une inflammation sous-jacente (causée par une endométriose, des douleurs de règles ou autre), d’une légère fièvre ou encore d’un début de grossesse !

Lorsqu’on s’intéresse un peu à son cycle menstruelet à la symptothermie, on ne peut pas passer à côté dela température, qui évolue au fil du cycle menstruel, avant et surtout après l’ovulation. En effet, cette méthode d’observation du cycle combine l’observation de la glaire cervicaleet de la température pour confirmer qu’on a bien ovulé, et s’avère précieuse pour suivre sa fertilité.

En symptothermie, on apprend aussi que la température baisse au moment des règles, ce qui témoigne de la chute hormonale de la fin du cycle menstruel (et permet de savoir quand glisser une serviette dans son sac à main ou enfiler une culotte de règles, juste avant leur arrivée !). Néanmoins, il arrive parfois que la température ne suive pas cette tendance et qu’elle se maintienne haute pendant les règles !

Pourquoi, qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce forcément le signe d’un déséquilibre hormonal ? On vous explique !



définition température basale

La température basale : qu’est-ce que c’est ?

Pour bien comprendre, reprenons les bases : qu’est-ce que la température basale ? Il s’agit tout simplement de notre température corporelle au repos, notre température de base quand on ne fait rien.

On la mesure généralement au réveil car c’est là où elle est la plus basse, avec un thermomètre à double décimale. Néanmoins, grâce aux avancées technologiques et aux thermomètres connectés comme le Trackle ou le Tempdrop, on peut désormais la mesurer tout au long de la nuit, quand on dort (et qu’on est vraiment en période d’inactivité physique !).

La température basale est l’un des deux critères de la symptothermie pour repérer l’ovulation, avec la glaire cervicale. En effet, sous l’effet de la progestérone sécrétée après l’ovulation, notre température corporelle augmente légèrement, d’environ 0,3 degrés.


conseils prise température symptothermie

Comment prendre sa température pour suivre son cycle menstruel et son ovulation ?

La température corporelle est donc un indicateur précieux de l’ovulation, qui nous permet de savoir si on est en phase pré-ovulatoire ou post-ovulatoire. Néanmoins, pour qu’elle soit la plus fiable possible, il est important de respecter certains principes pour la prendre correctement :

  • Il faut la prendre tous les matins au réveil, sans poser le pied par terre, après minimum 1h de sommeil ou de repos allongée.

  • Il est important de prendre sa température toujours à la même heure, ou du moins dans une fenêtre d’1h30, avant ou après son heure de prise habituelle.

  • Il est essentiel d’utiliser un thermomètre basal à double décimale : en effet, l’augmentation de température est subtile, de l’ordre de quelques dixièmes ! Un thermomètre classique ne sera pas assez précis pour vous indiquer la hausse de température basale liée à l’ovulation.

  • Vous pouvez prendre votre température par voie buccale, vaginale ou rectale.

  • On ne change pas de thermomètre ou de zone de prise de température en cours de cycle, au risque de tout fausser !

Cela peut paraître un peu rigide, mais cela demande plutôt de la rigueur sur les premiers cycles : une fois que vous aurez pris l’habitude de checker votre température quotidiennement, cela deviendra un réflexe (comme celui de vous brosser les dents ou de prendre votre pilule à heure fixe ;)).

Et, comme évoqué plus haut, on peut désormais se faciliter la vie, en utilisant un thermomètre connecté qui prend votre température pendant votre sommeil. D’ailleurs, si le Tempdrop vous intéresse, on a imaginé un mini-atelier pour vous permettre de vous en servir de manière fiable pour la symptothermie !


Comment évolue la température au cours du cycle menstruel et pendant les règles ?

Notre température corporelle évolue tout au long du cycle, sous l’influence des hormones en présence selon les phases du cycle menstruel !

Durant la phase folliculaire (pré-ovulatoire et ovulatoire), ce sont les oestrogènes qui sont prédominants, sécrétés par les follicules en développement dans nos ovaires. Les oestrogènes n’ont pas de réel impact sur la température corporelle au réveil.

En revanche, une fois que l’ovulation a eu lieu, les choses changent ! Pendant la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire), la progestérone est sécrétée par le corps jaune (l’enveloppe du follicule qui a libéré son ovocyte) : le rôle de cette précieuse hormone est de maintenir une éventuelle grossesse, et elle a pour effet (entre autres) de provoquer une augmentation de la température. Elle nous met en mode « couveuse » pour qu’un embryon puisse se développer !

Ainsi, sur la courbe de température, on peut clairement voir un plateau bas (qui correspond à la phase pré-ovulatoire) et un plateau haut, qui prouve que l’ovulation a bien eu lieu (toujours en double contrôle avec la glaire cervicale bien sûr !). La température monte de 0,3 degrés environ et se maintient sur un plateau stable jusqu’aux règles. Ce décalage thermique est un bel indicateur de la fertilité et que l’ovulation est derrière nous !

évolution température cycle menstruel

Néanmoins, si vous voyez que votre température vient de monter et que vous souhaitez tomber enceinte, ne jetez pas l’éponge tout de suite : en effet, l’ovule ayant une durée de vie de 24 heures (grand maximum), vous restez fertile le premier jour de votre phase lutéale (votre premier point haut) ! D’ailleurs, en symptothermie, on considère que la fenêtre de fertilité ne se referme qu’après 3 points hauts sur la courbe de température, par précaution.

À noter également que la hausse de la température se produit généralement le lendemain de l’ovulation (29% des cas selon le graphique ci-dessous) : toutefois, elle peut aussi survenir le jour de l’ovulation proprement dite (27%) ou le surlendemain (24%). Plus rarement, l’ovulation peut aussi se produire le lendemain de la hausse de la température, au deuxième point haut (11% des cas observés), d’où l’intérêt d’avoir 3 points hauts pour bien valider la clôture de la fenêtre de fertilité !).

ovulation température

S’il n’y a pas eu de grossesse, le corps jaune, qui a une durée de vie limitée (maximum 16 jours) s’essouffle au bout de quelques jours et la progestérone commence à diminuer : quand elle atteint un seuil minimal, la température corporelle baisse à nouveau. C’est un indice que les règles sont sur le point de débarquer !

En revanche, en cas de grossesse, la température basale se maintient sur un plateau haut. En effet, la beta hCG sécrétée par le trophoblaste (le futur placenta) commande au corps jaune de se maintenir et de continuer à sécréter de la progestérone !

Si vous souhaitez aller plus loin, n’hésitez pas à lire notre article sur la température corporelle au fil du cycle menstruel !


Pourquoi la température corporelle ne baisse pas pendant les règles ?

On vient de le dire, la température basale est censée redescendre à l’approche des règles, la veille ou le jour J, signe que la progestérone n’est plus là pour maintenir l’endomètre et qu’il peut se détacher. Cependant, il y a des exceptions à cette règle ! Certaines femmes constatent en effet que leur température basale se maintient sur un plateau haut, alors qu’elles ne sont pas enceintes et que leurs menstruations ont débuté. Quelles sont les raisons à cela ?

inflammation utérus

Une inflammation

La température basale peut mettre un peu plus de temps à redescendre en cas d’inflammation : en effet, cet état d’hyper-vigilance et de réparation du corps provoque elle aussi une légère montée de température. C’est notamment le cas si vous souffrez d’endométriose, de syndrome prémenstruel ou « simplement » de règles douloureuses.

Pour évacuer l’endomètre (la muqueuse utérine), le corps fait intervenir des prostaglandines, qui provoquent les contractions de l’utérus. Pour être plus précise, on a deux types de prostaglandines : des prostaglandines inflammatoires (qui sont nécessaires en cas de blessure et dans les processus de réparation/guérison du corps, ou pour permettre les contractions utérines, par exemple) et des prostaglandines anti-inflammatoires, qui temporisent leurs consoeurs et évitent notamment des contractions trop violentes, qui seraient trop douloureuses.

Sauf qu’en cas d’endométriose, de SPM ou de règles douloureuses, on constate qu’elles ont du mal à faire « tampon » et qu’il y a un déséquilibre entre prostaglandines anti et pro-inflammatoires ! On est donc en situation d’inflammation au moment des règles, qui va faire monter un peu la température, et donner l’impression de retarder la baisse de la température basale liée à la chute de la progestérone. En fait on serait plutôt sur une sorte de “relai”, la progestérone cédant la place à l’inflammation pour faire grimper légèrement la température.

grossesse biochimique

Une grossesse biochimique

Il arrive parfois qu’il y ait une fécondation lors de l’ovulation, mais que l’ovule fécondé s’implante dans l’utérus sans parvenir à se développer. Dans ce cas, on parle de grossesse biochimique, lorsque la grossesse est arrêtée à un stade très précoce, tellement précoce qu’on ne s’en rend parfois pas compte, car l’embryon est directement « évacué » avec le sang des règles (règles qui peuvent d’ailleurs être légèrement en retard).

Toutefois, si l’ovule a été fécondé mais que la nidation n’a pas tenu, le corps jaune peut encore produire un peu de progestérone pendant quelques jours, maintenant la température élevée, même si des saignements surviennent.

perturbations température

D’autres éléments perturbateurs qui faussent la courbe de température

Un sommeil de mauvaise qualité/agité (ce qui arrive souvent lorsque nos règles nous font souffrir !), la consommation d’alcool, un dîner un peu trop lourd ou encore le stress (qu’il soit physique ou émotionnel) peuvent aussi perturber la température basale et retarder sa baisse.

Une infection ou une maladie (un rhume, une grippe, une angine, etc.) peuvent potentiellement provoquer un peu de fièvre (même légère) qui vient totalement perturber la température corporelle à la hausse. Dans ce cas ce sera une exception, sur un cycle, avec une température qui ne chute pas avant les règles, du fait de cette légère fièvre.

spotting prémenstruel

Des « règles » qui sont en fait des spottings de fin de cycle menstruel

En fin de cycle menstruel, nous sommes nombreuses à remarquer des petites pertes de sang (souvent brun), qui font de légères tâches dans nos sous-vêtements : on pense alors que les règles ont démarré, mais il n’en est rien !

En effet, les spottings ne sont pas des menstruations : ces légers saignements proviennent de la baisse de la progestérone, qui n’est plus suffisamment présente pour bien maintenir l’endomètre, qui commence à se détacher. Mais la progestérone ne chute pas encore totalement, donc les règles n’arrivent pas tout de suite, ce sont juste des petites pertes de sang. 

Ces spottings font partie de la fin de la phase post-ovulatoire et les règles démarrent véritablement au premier jour du saignement bien franc, qui nécessite une protection menstruelle 🙂 Il est donc normal que la température basale ne chute pas encore en cas de spottings.

grossesse

Un début de grossesse

Certaines femmes, en revanche, remarquent des saignements légers et un maintien de leur température corporelle sur un plateau haut, tout simplement parce qu’elles sont enceintes ! Les pertes de sang observées ne sont donc pas des règles, mais des saignements de début de grossesse.

Si vous avez un doute sur un potentiel rapport fécondant et votre température qui ne chute pas 16 jours après l’ovulation, n’hésitez pas à faire un test de grossesse, qui pourra confirmer si une grossesse a débuté !


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


On l’a vu, sous l’influence de nos hormones féminines (et surtout de leur chute en fin de cycle), notre température est généralement basse pendant les règles. Néanmoins, on a aussi balayé ensemble toutes les situations qui peuvent expliquer que votre température corporelle ne baisse pas pendant vos règles, ce qui arrive à un certain nombre de femmes ! Si cela se produit à chaque cycle, cela peut venir d’une inflammation sous-jacente ; si c’est plus ponctuel, il est possible qu’un élément perturbateur soit venu chambouler votre courbe de température, ou qu’une grossesse ait débuté !

On espère en tout cas que cela vous aura permis de comprendre qu’au delà des règles très théoriques de la symptothermie, certaines subtilités de nos corps de femme peuvent faire émerger des exceptions à ces règles 🙂 Tenir une courbe de température peut aussi vous aider à comprendre votre corps à vous et déceler d’éventuels signaux qu’il vous envoie sur votre équilibre hormonal, voire à augmenter vos chances de concevoir, en croisant ce précieux indicateur avec la glaire cervicale, selon les règles de la symptothermie pour repérer l’ovulation.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous faites partie des femmes qui voient leur température corporelle chuter en fin de cycle et donc leurs règles se profiler avant la première goutte de sang, ou bien de celles qui constatent que leur courbe de température se maintient pendant les règles, pour chuter ensuite ? Dites-nous tout en commentaire !

Les sources complémentaires

  • Stanford et al : Obstetrics and Gynecology Vol.101 No 6 pp.1285-1293, 2003.
  • Sport & grossesse : il y a-t-il un risque à faire du sport enceinte ?

    sport grossesse

    Les idées clés

    • La pratique d’une activité sportive est recommandée pendant la grossesse, tout en étant bien sûr, adaptée et approuvée par le médecin qui suit la femme enceinte.
    • Faire du sport quand on est enceinte présente des bénéfices pour la maman (régulation de la prise de poids, soulagement des douleurs lombaires, réduction de l’anxiété, etc) et pour le bébé (notamment au niveau de son développement cognitif).
    • Certains signaux d’alerte doivent néanmoins inciter à prendre un avis médical et, si besoin, à limiter l’activité sportive : vertiges, douleurs, saignements, palpitations, etc.
    • Certaines disciplines ne sont pas recommandées durant la grossesse, comme le ski, l’équitation, l’alpinisme, la plongée, la boxe, etc.
    • Le sport peut également être contre-indiqué pendant la grossesse, en cas de béance du col, de pré-éclampsie, de placenta praevia, ou de retard de développement du bébé.
    • L’activité physique est toutefois recommandée dans la grande majorité des cas pendant la grossesse, et même en pré-conception !

    Lorsque notre test de grossesse est positif, une fois l’immense joie passée, on commence à se poser des questions très pratico-pratiques, comme « qu’est-ce que peux manger maintenant ?« , « quels sont les examens médicaux à réaliser ?« , mais aussi « est-ce que je peux continuer à faire du sport enceinte ?« .

    Cette question est tout à fait légitime, car on peut se demander si courir, nager ou soulever des poids peut nuire à la grossesse et à la santé de notre bébé. Dans cet article, on va faire en sorte que vous y voyiez plus clair et spoiler, oui, vous pouvez continuer à faire du sport (c’est même recommandé !), tout en adaptant vos séances 🙂

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    Quel est le délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule ?

    délai pour tomber enceinte après arrêt pilule

    Les idées clés

    • La pilule, dans la plupart des cas, bloque l’ovulation. Elle altère également la glaire cervicale et l’endomètre, ce qui complique les chances de fécondation et de nidation.
    • Il faut généralement attendre plusieurs cycles avant de tomber enceinte après l’arrêt de la pilule, le temps que les hormones féminines retrouvent leurs niveaux physiologiques et que le cycle menstruel redémarre.
    • Il est possible de repérer la première ovulation réussie après l’arrêt de la pilule, grâce aux signaux envoyés par le corps, à savoir la glaire cervicale et la température.
    • La prise de la pilule ne réduit pas les chances de concevoir, mais elle peut entraîner des carences en minéraux essentiels pour la fertilité.

    Une fois qu’on a envie d’avoir un enfant, on est généralement très impatiente, et on espère très fort que le test de grossesse sera positif dans la foulée, avant les prochaines règles 🙂 Sauf qu’il arrive très souvent que ce bébé qu’on attend avec joie mette un peu de temps à pointer le bout de son nez :s

    C’est d’autant plus vrai quand on a pris une contraception hormonale, et notamment une pilule contraceptive : il faut en effet un petit temps à notre corps, à nos hormones naturelles et à notre cycle menstruel pour retrouver leur rythme de croisière. Quel est le délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule ? Combien de temps faut-il attendre pour retrouver sa fertilité ? On vous explique tout dans ce qui suit 🙂



    fonctionnement pilule contraceptive

    Comment fonctionne la pilule contraceptive ?

    Pour bien comprendre pourquoi il y a souvent un délai entre l’arrêt de la pilule et un début de grossesse, voyons ensemble comment marche cette contraception hormonale.

    Dans la plupart des cas, la pilule contraceptive bloque l’ovulation. En effet, elle leurre le cerveau, en lui faisant croire qu’une grossesse a débuté, grâce aux hormones de synthèse qu’elle contient : ainsi, le cerveau n’envoie pas de FSH aux ovaires, l’hormone qui commande la maturation des follicules ovariens, débouchant ensuite sur l’ovulation. Les follicules, qui ne se développent pas, ne sécrètent pas d’oestrogènes et comme il n’y a pas d’ovulation, on n’a pas non plus de corps jaune et de progestérone.

    Le dialogue cerveau/ovaires est rompu, ou en tout cas, totalement altéré. Les pilules combinées, contenant des oestrogènes de synthèse et un progestatif fonctionnent de cette manière, ainsi que certaines pilules progestatives.

    hormones cycle menstruel naturel
    Hormones sous cycle menstruel naturel
    hormones sous pilule
    Hormones sous pilule

    Par ailleurs, même lorsqu’elle ne bloque pas l’ovulation, la pilule contraceptive altère la glaire cervicale et l’endomètre, ce qui complique fortement les chances de fécondation et de nidation.

    La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’utérus, durant la période de fertilité de la femme, sous l’influence des oestrogènes. À l’approche de l’ovulation, elle devient très étirable, translucide et lubrifiée, comme du blanc d’oeuf cru : cette texture lui permet de protéger les spermatozoïdes de l’acidité du vagin jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, de faciliter leur passage et de les « escorter » jusqu’à l’ ovule. Or, la pilule progestative modifie la glaire cervicale, elle l’épaissit et l’acidifie, ce qui complique sérieusement la tâche des spermatozoïdes pour aller rejoindre l’ ovule !

    La pilule contraceptive vient également atrophier l’endomètre, la muqueuse utérine : au cours d’un cycle menstruel naturel, les oestrogènes épaississent cette muqueuse sur la première partie du cycle, puis la progestérone naturelle la vascularise, afin qu’un embryon puisse s’y implanter. Sous pilule, ses variations hormonales n’ayant pas lieu, l’endomètre ne se développe pas aussi bien ! De plus, la muqueuse utérine est moins vascularisée sous pilule, ce qui contribue à sa non-réceptivité pour une éventuelle nidation.


    redémarrage cycle menstruel arrêt pilule

    Arrêt de pilule : combien de temps faut-il au cycle menstruel pour redémarrer ?

    Comme on vient de le voir, la prise de la pilule contraceptive vient profondément modifier le fonctionnement du corps féminin, du cerveau aux ovaires, en passant par l’utérus. Cela explique pourquoi il est très rare de tomber enceinte tout de suite après l’arrêt de la pilule !

    Le délai de grossesse après l’arrêt de la pilule est assez variable selon les femmes, car nous sommes toutes différentes. Tout dépend en fait du laps de temps nécessaire pour que le dialogue cerveau- ovaires se rétablisse, et que le cycle menstruel et l’ovulation reprennent de manière régulière. C’est ce qui explique aussi pourquoi beaucoup de femmes sont en situation d’aménorrhée (lien) après l’arrêt de la pilule : elles n’ont plus leurs règles pendant quelques temps, car l’ovulation a du mal à reprendre.

    Selon une étude de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) parue en 2010, il faut compter un délai de 7 mois en moyenne pour avoir un enfant, qu’on prenne la pilule contraceptive ou non. Une autre étude a quant à elle démontré qu’il fallait prévoir un délai d’environ 3 cycles pour concevoir chez les femmes ayant pris une pilule contraceptive, le délai étant plus long pour les contraceptifs hormonaux injectables, par exemple.


    fertilité après arrêt pilule

    Comment savoir quand on est fertile après l’arrêt de la pilule contraceptive ?

    Une fois qu’on a arrêté la pilule (ou tout autre moyen de contraception) pour tomber enceinte, il est crucial de bien repérer la reprise de l’ovulation, afin de viser juste et d’avoir un rapport sexuel au bon moment. Surtout que, comme on vient de le voir, l’ovulation ne se produit pas tout de suite après l’arrêt de la pilule (c’est surtout vrai pour les pilules oestro-progestatives, puisque certaines pilules progestatives ne bloquent pas l’ovulation).

    En effet, une fois que le dialogue hormonal a repris et que le cycle menstruel a repris son rythme de croisière, c’est un peu ballot de « rater le coche » : parfois, des essais bébé s’éternisent pour cette seule raison !

    La fenêtre de fertilité féminine

    fenêtre de fertilité femme

    À la différence des hommes qui sont fertiles tous les jours, les femmes ne sont fertiles que 5-7 jours par cycle menstruel :

    • Jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, la glaire cervicale, qui est alcaline, protège et nourrit les spermatozoïdes de l’acidité du vagin. Ainsi, ils peuvent attendre que l’ ovule soit libéré dans les cryptes du vagin !

    • Une fois expulsé, l’ ovule a une durée de vie limitée : la fécondation doit avoir lieu dans les 12-24 heures avant qu’il ne s’auto-détruise !

    Repérer son ovulation et sa fenêtre de fertilité

    Beaucoup d’entre nous avons déjà utilisé un calendrier d’ovulation et/ou une application de suivi de cycle menstruel pour identifier notre période fertile sur le cycle menstruel en cours. Sauf que !

    Ces outils, bien que très pratiques, ne sont pas très forts pour bien identifier l’ovulation et la période de fertilité : en effet, ils se basent sur des calculs et des statistiques, en fonction de deux éléments :

    • L’ovulation a toujours lieu 14 jours avant les règles : or, la phase post ovulatoire dure de 11 à 16 jours, quand le cycle menstruel est bien équilibré, et elle peut être plus courte, en cas d’insuffisance en progestérone, par exemple !

    • La durée de vos cycles précédents : le problème ici est qu’on ne peut pas connaître la durée d’un cycle à venir, car l’ovulation peut se produire n’importe quand, et peut être décalée selon les aléas de la vie (notamment à cause du stress). Ainsi, même si vous avez l’habitude d’ovuler entre J12 et J16, par exemple (car oui, on n’ovule pas forcément le 14ème jour du cycle non plus), votre ovulation peut avoir lieu plus tôt ou plus tard sur le cycle à venir. En matière de cycle menstruel et d’ovulation, on ne peut pas se baser sur le passé pour prédire l’avenir 🙂

    symptothermie

    C’est la raison pour laquelle on ne ne vous recommande pas ces outils pour dater votre ovulation. Néanmoins, on vous rassure, il existe une méthode pour la repérer avec précision : la symptothermie !

    La symptothermie est une méthode naturelle d’observation du cycle, qui se base sur les deux bio-marqueurs de l’ovulation, la glaire cervicale et la température :

    • On l’a dit plus haut, la glaire cervicale présente une consistance très particulière à l’approche de l’ovulation, transparente, lubrifiée et élastique. Elle est produite sous l’influence des oestrogènes, et lorsqu’elle a cette texture, cela signifie qu’ils sont très présents ! Or, le moment où la sécrétion d’oestrogènes est la plus importante, c’est au moment de l’ovulation : la nature est bien faite 😉 Après l’ovulation, la progestérone remplace les oestrogènes et la glaire s’assèche.

    • La température : la progestérone a également pour effet de légèrement augmenter la température, de l’ordre de 0,3 degrés. Comme cette hormone n’est sécrétée qu’après l’ovulation par le corps jaune, on sait que l’augmentation de la température signifie que l’ovulation a eu lieu.

    La combinaison de ces deux signaux permet de voir l’ovulation venir (grâce à la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale) et de confirmer qu’elle a eu lieu (avec l’assèchement de la glaire et l’élévation de la température). On peut également observer le col de l’utérus, qui est un indicateur complémentaire facultatif.

    Cela signifie que quand vous voyez de la glaire cervicale (qu’on appelle aussi des pertes blanches par abus de langage) crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru dans votre culotte, vous pouvez tout donner, car l’ovulation n’est plus très loin ! 🙂 Cela devrait vous aider à réduire le délai de grossesse après la pilule, tout en sachant que d’après l’étude de l’INED, même en ayant un rapport pile au bon moment, les chances de tomber enceinte sont de 25% en moyenne. Et oui, la fertilité est une combinaison de plusieurs éléments : le bon timing, mais aussi la qualité ovocytaire, la qualité des spermatozoïdes de Monsieur (qu’on peut évaluer avec l’aide d’un spermogramme, les apports nutritionnels, etc 🙂

    Si vous souhaitez creuser ce point de la symptothermie (mais aussi de tout le reste !), sachez qu’on l’aborde en détail dans le Fertility Club, notre programme dédié aux femmes et aux couples qui sont en désir d’enfant 🙂


    pilule fertilité féminine

    Est-ce que la pilule contraceptive réduit la fertilité des femmes ?

    Très bonne question ! 🙂

    Tout d’abord, pendant la période de prise, il est évident que la pilule contraceptive réduit la fertilité, puisque c’est son rôle 🙂 Toutefois, on peut quand même tomber enceinte sous pilule (lien), puisqu’aucun contraceptif (à part l’abstinence !) n’est fiable à 100% !

    Ensuite, aucune étude n’indique clairement que les chances de tomber enceinte après la prise d’une pilule soient compromises. La pilule est une méthode de contraception tout à fait réversible, même s’il faut souvent attendre un peu pour démarrer une grossesse une fois qu’on l’a arrêtée. Elle n’entraîne pas d’infertilité au long cours !

    Néanmoins, plusieurs études (que vous trouverez dans l’encadré présent à la fin de cet article) ont démontré que la prise prolongée d’une pilule hormonale peut entraîner des carences, ou du moins des diminutions significatives de certains vitamines et minéraux clés pour la fertilité : vitamines du groupe B (dont la précieuse vitamine B9), en magnésium, en fer, en zinc, coenzyme Q10 et sélénium (qui sont très importants pour la qualité ovocytaire). Cette carence en certains nutriments est l’un des effets secondaires de la pilule à connaitre :s

    Ainsi, si vous souhaitez optimiser votre fertilité après un arrêt de pilule, une période de reminéralisation avec des apports en vitamines et minéraux ciblés est souvent recommandée ! Si vous souhaitez être accompagnée à ce sujet, ce sont des éléments qui ont une large place dans le Fertility Club 🙂

    A contrario, prendre la pilule n’augmente pas les chances de tomber enceinte : en effet, on pourrait penser que la prise de pilule « épargne » nos ovocytes, puisqu’on n’ovule pas, mais ce n’est pas tout à fait vrai ! En effet, nous naissons avec près de 400 000 ovocytes et nous ovulons environ 400 fois au cours de notre vie : ainsi, « sauter » certaines ovulations n’a pas beaucoup d’impact sur notre réserve ovarienne ! De plus, nos ovocytes s’altèrent avec le temps et la pilule ne contrecarre pas ce phénomène physiologique.


    questions fréquentes

    Pour résumer – Questions fréquentes


    pilule

    Vous avez maintenant votre réponse quant au délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule 🙂 Le retour à la fertilité n’est pas immédiat même s’il est possible de tomber enceinte rapidement, puisque le cycle menstruel est souvent opérationnel au bout de 2-3 mois.

    En réalité, il n’y a pas vraiment de timing universel, puisque tout dépend du type de pilule utilisé et de la physiologie de chacune d’entre nous, ainsi que de nos habitudes d’hygiène de vie. Parfois les choses vont très vite, mais pour certaines, le délai est plus long pour avoir un bébé 🙁 En tout cas, sachez qu’il existe des manières de repérer l’ovulation pour « viser juste » grâce à la symptothermie et qu’on peut aussi vous accompagner dans le Fertility Club si vous sentez que le délai est un peu trop long pour vous <3

    Dans tous les cas, on espère fort que cet article vous aura été utile et si vous avez une question qui n’aurait pas trouvé de réponse, on est à votre disposition en commentaires !

    Règles douloureuses : pourquoi et à partir de quand consulter ?

    règles douloureuses

    Les idées clés

    • Les règles douloureuses (dysménorrhée) sont très fréquentes, mais elles ne sont pas normales.
    • Elles peuvent être dues à une endométriose, une inflammation locale (au niveau de l’utérus) ou générale, une hygiène de vie un peu déséquilibrée. Elles peuvent aussi être liées à une cause mécanique, comme un kyste ou un fibrome, ou au port d’un stérilet par exemple.
    • Douleurs de règles et syndrome prémenstruel sont souvent corrélés, même si on peut avoir un SPM sans douleurs de règles et vice-versa.
    • On peut prendre des médicaments pour soulager la dysménorrhée et/ou opter pour des solutions plus naturelles, basées sur l’hygiène de vie.

    Crampes utérines intenses, tensions dans les reins, seins tendus et ultra-sensibles, migraines… nous sommes très nombreuses à nous plaindre de règles douloureuses ! Selon l’INSERM, 90 % des femmes réglées de 18 à 49 ans présentent une dysménorrhée (le nom scientifique des règles douloureuses), et il s’agit de la première cause d’absentéisme scolaire chez les jeunes filles.

    La question est de savoir pourquoi ? Qu’est-ce qui provoque ces douleurs (parfois insoutenables pour certaines) au moment des règles ? Que se passe-t-il dans notre corps, dans nos hormones et dans notre utérus pour être pliée en deux plusieurs jours par mois ? Dans ce qui suit, nous allons creuser ensemble cette question, mais aussi explorer les pistes qui sont possibles pour les soulager, ces fichues règles douloureuses !

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    Peut-on tomber enceinte avec une seule trompe utérine ?

    tomber enceinte avec une seule trompe

    Les idées clés

    • Les trompes utérines sont essentielles à la fécondation et à la nidation : elles sont le lieu de rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes et le point de passage entre l’ovaire et l’utérus. Lorsque la trompe est bouchée, l’embryon ne peut pas rejoindre l’utérus.
    • Les problèmes de trompes utérines sont l’une des causes principales d’infertilité (même s’il y en a d’autres, comme les troubles de l’ovulation et du cycle menstruel)
    • Une trompe peut être manquante ou obstruée du fait d’une anomalie congénitale, une infection sexuellement transmissible, un hydrosalpinx ou encore une endométriose.
    • Le diagnostic de trompe dysfonctionnelle est posé par un spécialiste (comme un gynécologue) qui pourra réaliser des examens d’imagerie et/ou une coelioscopie.
    • Des solutions existent pour déboucher une trompe utérine et il est aussi possible de passer par un protocole PMA pour contourner l’obstacle de la trompe endommagée ou manquante.
    • Néanmoins, tant que les ovaires fonctionnent bien et qu’il reste une trompe fonctionnelle, une grossesse naturelle est toujours possible.

    Le saviez-vous ? Les soucis de trompe utérine (qu’on appelait aussi auparavant trompes de Fallope) sont l’une des principales causes d’infertilité et il n’est d’ailleurs pas rare qu’une femme apprenne que l’une de ses trompes est bouchée après plusieurs mois d’essais infructueux, au détour d’un bilan de fertilité.

    Ainsi, la question se pose : est-il possible de tomber enceinte avec une seule trompe ? Est-ce que les chances d’avoir un enfant sont drastiquement réduites ? On ne ménage pas le suspense plus longtemps : oui, il est tout à fait possible de concevoir un bébé avec seulement une trompe ! Et on vous explique pourquoi dans ce qui suit 🙂



    rôle trompes de fallope

    Quel est le rôle des trompes utérines ?

    Les trompes utérines sont des sortes de « canaux », reliant les ovaires et l’ utérus : mais attention ! Contrairement à ce que l’on voit souvent dans les dessins anatomiques, les ovaires ne sont pas du tout reliés aux trompes : ils sont plutôt reliés à l’utérus et il y a en réalité un espace entre l’ovaire et la trompe voisine. Ainsi, au moment de l’ovulation, l’ovule se « jette » dans le vide, avant d’être happé et récupéré par la trompe.

    Les trompes utérines sont le lieu du « date« , le lieu du grand rendez vous entre l’ovule et le spermatozoïde : c’est ici que se déroule la fécondation (plus précisément dans le pavillon de la trompe), puis l’embryon migre vers l’utérus pour s’y implanter : la nidation a lieu 6-7 jours après la fécondation. Les trompes utérines sont en fait dotées de petits cils sur leur paroi, qui poussent et acheminent l’embryon vers l’utérus 🙂

    Petit point de vocabulaire : on ne parle désormais plus de trompe de Fallope, mais de trompe utérine. En effet, ce terme permet de comprendre clairement de quoi on parle et de nos jours, la tendance est plutôt de gommer les noms éponymes, les noms qui font référence aux scientifiques qui ont découvert certaines parties de notre anatomie et de leur donner des noms précis. Dans la mesure où il est essentiel de mieux comprendre le corps des femmes, ce petit « détail » de désignation nous semble important ! 🙂


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    Quelles sont les causes d’obstruction ou de perte d’une trompe ?

    Les trompes utérines sont donc essentielles à la conception : néanmoins, il arrive que certaines femmes aient les trompes bouchées ou bien qu’elles en aient perdu une, ce qui pourrait compromettre leurs chances de grossesse. Comment cela arrive-t-il ?

    Un hydrosalpinx

    Un hydrosalpinx est une accumulation de liquide dans la trompe utérine, qui vient bloquer le passage entre la trompe et l’utérus, totalement ou partiellement. Ce liquide est clair, séreux ou visqueux, mais stérile, et peut être également inflammatoire et toxique pour les embryons.

    L’hydrosalpynx peut être causé par une IST comme la chlamydia ou la gonorrhée : en effet, lorsqu’elles ne sont pas traitées, ces infections sexuellement transmissibles provoquent une inflammation de la trompe, qu’on appelle une salpingite. Cette inflammation peut conduire à la formation de cicatrices et à l’obstruction partielle ou totale de la trompe.

    Cela dit, les IST ne sont pas les seules causes possibles d’hydrosalpinx : l’endométriose par exemple, peut également générer beaucoup d’inflammation et des lésions et adhérences responsables d’une salpingite, et donc d’une obstruction de la trompe. L’endométriose peut également altérer la mobilité de la trompe, qui lui est nécessaire pour récupérer l’ovule au moment de l’ovulation, mais aussi le mouvement des petits cils qui aident l’embryon à progresser vers l’utérus.

    De la même manière, une intervention chirurgicale déclenche un processus inflammatoire de cicatrisation, qui peut être à l’origine d’une salpingite et, in fine, d’un hydrosalpinx. Cela inclut particulièrement les chirurgies pelviennes, telles que celles pour traiter une appendicite ou un fibrome.

    Une anomalie congénitale ou une malformation

    Bien que ce soit assez rare, il arrive que l’une des deux trompes utérines (voire les deux !) présente(nt) une anomalie :

    • Une absence totale de trompes, qu’on appelle aussi aplasie tubaire : dans ce cas, les trompes ne se sont pas développées du tout, l’ovule ne peut pas rejoindre l’utérus et la fertilité est compromise. Ce phénomène peut être partiel, avec le développement d’une seule trompe sur les deux, c’est l’agenèse unilatérale (mais on va le voir, cela ne remet pas forcément en cause votre capacité à concevoir !)

    • Les trompes peuvent mal se développer (hypoplasie tubaire), tant au niveau de leur longueur que de leur diamètre.

    • On peut aussi avoir des trompes mal orientées, déformées ou qui présentent des excroissances.

    Ces diverses anomalies peuvent réduire la fertilité féminine, mais aussi augmenter le risque de grossesse extra-utérine, puisque la trompe touchée ne remplit pas sa fonction première, qui est d’acheminer l’embryon vers l’utérus.

    Une grossesse extra utérine

    La grossesse extra utérine se produit lorsque l’embryon se niche non pas dans l’utérus, mais dans la trompe. Cela peut venir d’une anomalie tubaire ou de l’obstruction de la trompe par un hydrosalpynx, ou encore du port d’un stérilet, qui limite les chances de nidation du bébé dans l’utérus.

    En cas de grossesse extra utérine, la grossesse n’est pas viable et il est essentiel d’arrêter le développement embryonnaire au plus vite : plus le bébé grossit, plus le risque que la trompe vienne à se rompre est grand (et dans ce cas, le pronostic vital de la femme est engagé). Quand elle est prise à temps, on peut réussir à sauver la trompe, même si, comme vu précédemment, l’intervention chirurgicale peut aussi provoquer une inflammation locale. Si la grossesse extra utérine est stoppée trop tardivement, les médecins peuvent être obligés de retirer la trompe, déjà trop endommagée par la grossesse.


    diagnostic trompes de fallope bouchées

    Comment savoir si on a une trompe utérine bouchée ? Symptômes et diagnostic

    Hormis les cas où la femme sait que sa trompe a été retirée après une grossesse extra-utérine ou un problème de santé antérieur, il est très compliqué de savoir si on a une trompe bouchée. Ce qui peut mettre la puce à l’oreille, ce sont éventuellement des douleurs pelviennes associées à des essais bébé qui n’aboutissent pas.

    Néanmoins, ce n’est vraiment pas évident, et les symptômes peuvent varier en fonction de la physiologie de chacune : ainsi, il est important de consulter un médecin (votre gynécologue) pour obtenir un diagnostic précis, notamment grâce à des examens bien particuliers.

    Hystérosalpingographie

    L’hystérosalpingographie consiste à injecter du liquide opaque au niveau du col de l’utérus et à suivre la progression de ce produit au niveau des trompes par une radiographie.

    Il s’agit d’un examen qui se passe généralement en ambulatoire (il dure environ 30 minutes), mais qui peut être un peu douloureux, ou tout du moins inconfortable. On lui préfère de plus en plus l’Hyfosy (voir ci-dessous), équivalent et bien moins doulourex.

    Hystérosonographie (ou sonohystérographie)

    L’hystérosonographie est une échographie par voie endovaginale associée à l’injection d’un sérum physiologique ou un produit de contraste dans l’utérus. On utilise l’échographie pour voir si le liquide traverse les trompes.

    Cet examen ne provoque pas de radiation et est moins invasif que l’hystérosalpingographie, mais il est aussi moins précis. L’hystérosonographie permet aussi de repérer des kystes ou des fibromes dans l’utérus.

    L’hyfosy fait partie des examens d’hystérosonographie, à la différence près que l’hyfosy utilise une mousse de contraste, spécialement conçue pour la visualisation des trompes, au lieu d’un liquide simple. La mousse rend le parcours du contraste beaucoup plus visible à l’échographie, offrant une meilleure précision pour évaluer les trompes 🙂 (et une douleur bien moindre que l’hysterosalpingographie pour la patiente, on l’a vu).

    Coelioscopie (ou laparoscopie)

    La coelioscopie est une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale durant laquelle on insère une caméra dans l’abdomen grâce à une petite incision dans l’abdomen. Un produit est injecté dans les trompes pour voir si elles sont perméables.

    Comme il s’agit d’une intervention plus lourde, on en profite généralement pour réparer la trompe endommagée. L’équipe médicale peut alors drainer le liquide accumulé en cas d’hydrosalpinx ou retirer des adhérences et lésions d’endométriose, par exemple.


    déboucher trompes de fallope

    Trompe utérine bouchée : quelles sont les interventions chirurgicales réalisées ?

    Une fois que ces examens sont réalisés par votre spécialiste, quelles sont les suites à donner, pour retrouver des trompes fonctionnelles ?

    Coelioscopie

    Comme on vient de le voir, votre équipe médicale peut profiter de la coelioscopie pour retirer le liquide accumulé dans la trompe, par exemple. La coelioscopie est donc un examen de diagnostic, mais aussi une intervention chirurgicale réparatrice.

    Canulation tubaire

    Lorsque l’obstruction est près de l’utérus et que la trompe est en bon état, les médecins peuvent recourir à la canulation tubaire, qui est plus précise et moins invasive que la coelioscopie.

    Comment se déroule une canulation tubaire ? Les médecins font simplement passer une sonde fine, pour traverser l’obstacle et déboucher la trompe. Un produit de contraste peut ensuite être injecté pour vérifier qu’il passe bien dans toute la trompe utérine.

    La canulation tubaire est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie générale ou locale. En revanche, la trompe peut se reboucher au bout de quelques années :s


    grossesse avec une seule trompe utérine

    Grossesse avec une seule trompe : oui, c’est possible !

    Maintenant qu’on a déroulé nos explications assez médicales et un peu techniques, on veut vous redonner un shot d’espoir : oui, vous pouvez tomber enceinte et avoir un bébé avec une seule trompe 🙂

    Grossesse spontanée

    En effet, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe fonctionnelle, tant que la trompe restante et les ovaires sont sains et fonctionnent correctement. Si vous ovulez bien à chaque cycle et qu’il vous reste une trompe fonctionnelle, l’espoir est permis 😉

    Par ailleurs, les chances de grossesse ne sont pas divisées par deux comme on l’entend parfois : en effet, contrairement aux idées reçues, les ovaires n’alternent pas d’un cycle menstruel à l’autre. En réalité, ils se lancent tous les deux dans la course à l’ovulation en début de cycle, et un des deux gagne à la fin ! On peut donc ovuler deux fois de suite du même côté, par exemple.

    Et SURTOUT, même si vous ovulez du côté où la trompe est manquante ou bouchée, l’ovocyte peut être aspiré par la trompe opposée : en effet, nos trompes sont mobiles et c’est ce qui fait que, oui, les chances de tomber enceinte sont un peu amoindries en cas de trompe défectueuse ou manquante, mais elles ne sont pas réduites de moitié (et encore moins à zéro !!). Voici une vidéo que l’on a postée sur Instagram, si vous souhaitez un peu mieux visualiser cette incroyable faculté d’adaptation de notre corps 🙂

    Enfin, notre fertilité ne dépend pas que de nos trompes utérines : la qualité de nos ovocytes, notre glaire cervicale, la capacité de notre utérus à accueillir un embryon et notre équilibre hormonal sont tout aussi importants !

    tomber enceinte avec une seule trompe, PMA

    Via un parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée)

    En revanche, lorsque les deux trompes sont bouchées ou manquantes par exemple, ou si on s’aperçoit que les chances de grossesse sont vraiment compromises par la trompe problématique, on peut totalement contourner ce problème grâce à la procréation médicalement assistée (PMA) ! La PMA peut également être indiquée si d’autres soucis de fertilité ont été détectés, notamment au niveau hormonal.

    En général, on propose à la femme de passer par un protocole de fécondation in vitro (FIV) : l’ovulation est stimulée médicalement pour la contrôler et recueillir ensuite des ovocytes matures. Ces ovocytes ne seront pas happés par la trompe, mais fécondés en laboratoire, et les embryons sont ensuite directement introduits dans l’utérus. Ainsi, on court-circuite complètement la trompe et il est ainsi possible d’entamer une grossesse 🙂


    questions fréquentes

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Sur ce, on espère que cet article vous aura rassurées quant au fait que oui, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe, si l’une des deux rencontre un problème d’obstruction par exemple, lié à une maladie ou à un souci mécanique.

    En cas de doute, surtout, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (souvent votre gynécologue), qui pourra réaliser les examens adéquats en fonction de votre situation personnelle et vous proposer une solution adaptée, que ce soit en termes de chirurgie ou de PMA, par exemple. Et surtout, si vous avez une trompe fonctionnelle, la grossesse naturelle est tout à fait possible !

    La fertilité n’est également pas qu’une affaire de trompe et comme on l’a évoqué dans l’article, elle dépend d’autres facteurs, liés à votre équilibre hormonal et vos habitudes quotidiennes : si vous souhaitez optimiser naturellement vos chances de concevoir, sachez qu’on aborde ces problématiques en profondeur dans le Fertility Club 🙂

    Pour finir, si vous avez des questions ou des remarques à nous faire remonter à la lecture de cet article, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire 🙂