Emancipées

Pourquoi a-t-on parfois un SPM sous pilule ?

SPM sous pilule

Les idées clés

  • Le syndrome prémenstruel (SPM) désigne l’ensemble des symptômes physiques et émotionnels qu’une femme peut ressentir avant l’arrivée de ses règles : douleurs, irritabilité, maux de tête, fringales, etc.
  • La pilule est souvent proposée parmi les traitements du SPM, car elle bloque l’ovulation et le cycle menstruel, et donc, en théorie, les symptômes du syndrome prémenstruel chez les femmes qui en souffrent.
  • Cela étant, il n’est pas rare que les femmes prenant une contraception hormonale souffrent de symptômes semblables au SPM avant leurs règles : la chute hormonale de la fin de plaquette ou un mauvais dosage de la pilule peuvent être en cause, tout comme la prise de la pilule en elle-même.
  • Il est possible de soulager le syndrome prémenstruel « naturel » ou sous pilule grâce à des méthodes basées sur l’hygiène de vie (alimentation, plantes, compléments alimentaires, etc.).

Quand les douleurs, les troubles de l’humeur, la fatigue et les maux de tête (pour ne citer qu’eux) sont au menu à l’approche de nos règles, on a généralement très envie de renier notre utérus et notre cycle menstruel et de les passer sous silence grâce à la pilule contraceptive.

Si elle est très souvent l’une des solutions proposées pour camoufler le syndrome prémenstruel (SPM) (pour ne pas dire la seule), il n’est pas rare de constater que certaines femmes continuent d’en souffrir alors qu’elles prennent la pilule, ou pire, qu’elles en font les frais alors qu’elles n’en avaient pas avant !

Comment cela est-il possible ? Pourquoi la pilule ne soulage pas toujours le syndrome prémenstruel ? On vous explique 🙂

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Règles sous pilule, des “fausses règles” ?

règles sous pilule

Les idées clés

  • Les règles sous pilule sont en fait des hémorragies de privation : ce ne sont donc pas de vraies règles.
  • Les règles sont la conséquence d’une ovulation qui n’a pas donné lieu à une grossesse : or, les pilules combinées et, dans une moindre mesure, les pilules progestatives, bloquent ce phénomène de l’ovulation.
  • Sous pilule, le cycle menstruel est à l’arrêt, comme lors de la grossesse, ce qui explique que les vraies règles soient absentes.
  • Les règles sous pilule n’ont pas d’utilité physiologique ou médicale : elles ont été créées pour mimer un cycle menstruel grâce à la prise de comprimés placebo ou l’arrêt entre deux plaquettes, principalement afin de rassurer les femmes.
  • Il est possible de s’affranchir des règles en prenant la pilule en continu, sans risque majoré pour la santé (les risques et effets secondaires (bien réels) sont les mêmes que pour la prise de pilule classique).

🎧🎞 Si vous souhaitez avoir une version audio de cet article ainsi qu’un éclairage médical (précieux !) à ce sujet, voici notre épisode de podcast sur les règles sous pilule avec le Dr Martin Winckler, qui vous explique tout ça très bien ! 🙂

Lorsqu’on prend une contraception hormonale (comme les différentes pilules, un patch ou un implant, par exemple), les règles arrivent en général de façon très prévisible, systématiquement le même jour et parfois même à heure fixe. 

La Nature serait-elle si incroyable et millimétrée ? Pas vraiment non…! 

En effet, ce qu’on appelle des “règles” sous pilule n’en sont en fait pas du tout, ou en tout cas n’ont rien à voir avec les règles d’un cycle sans hormones de synthèse. Pire, l’unique intérêt de ces saignements réguliers serait… de nous rassurer !

En effet, le mécanisme physiologique derrière ces saignements est tout à fait différent de celui qui provoque les vraies règles. On vous explique tout sur ce « mal » (les règles sous pilule) pas si nécessaire que ça !  

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Ovulation : calcul, symptômes, date – les mythes et la réalité !

ovulation

Les idées clés

  • L’ovulation se produit une fois par cycle menstruel, grâce à un dialogue hormonal entre le cerveau et les ovaires.
  • Elle n’a pas forcément lieu le 14ème jour du cycle : sa date dépend des femmes et des cycles.
  • Une femme n’est pas seulement fertile le jour de l’ovulation, mais 5 jours avant environ et le lendemain.
  • L’ovulation est importante, même si on ne souhaite pas avoir d’enfant, car les hormones féminines naturelles ont un rôle à jouer dans notre santé globale.
  • Il peut arriver que l’ovulation soit absente de manière isolée, mais une absence d’ovulation répétée est un motif de consultation médicale.
  • Il est préférable de ne pas se baser sur des règles de calcul pour repérer l’ovulation, mais plutôt d’observer les signes envoyés par le corps : la glaire cervicale et la température, et les symptômes complémentaires que l’on ressent.

Quand on souhaite avoir un bébé, il y a deux éléments indispensables à réunir : le bon partenaire et le bon timing ! On vous fait confiance sur le 1er point, mais on sait que le second n’est pas évident pour tout le monde. 

Or, que l’on cherche à favoriser ou au contraire à éviter une grossesse, connaître sa période d’ovulation est indispensable pour savoir quand privilégier les rapports sexuels.  

En effet, combien de femmes croient qu’elles ont des difficultés à tomber enceinte alors qu’elles n’ont simplement pas identifié leur fenêtre de fertilité ? Quand on sait que cette période ne s’étend que sur 6 jours maximum, on comprend l’importance de bien la repérer !

On vous explique tout sur ce moment sommet de votre cycle menstruel !

Psst ! Si le sujet de l’ovulation vous intéresse, cette vidéo devrait vous plaire ! 😇

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Quelles sont les raisons de la prise de poids avant les règles ?

prise de poids avant les règles

Les idées clés

  • Les femmes ont tendance à prendre du poids en fin de cycle, juste avant l’arrivée de leurs règles.
  • Cela peut s’expliquer par la hausse de l’appétit et le ralentissement du transit générés par la progestérone, mais aussi par la rétention d’eau due aux oestrogènes.
  • La chute hormonale peut également modifier notre humeur et nos comportements alimentaires, surtout en cas de syndrome prémenstruel (SPM).
  • Il existe des solutions pour réduire la prise de poids et surtout, les sensations de ballonnements et de gonflement avant les règles (alimentation, plantes, activité physique, etc.)

Qui n’a pas déjà constaté une augmentation (plus ou moins) significative de son poids sur la balance et réalisé, au fil des cycles, que cette prise de poids avait lieu juste avant les règles ?

Et cela est tout à fait normal et physiologique ! En effet, nos hormones jouent un rôle dans notre appétit, notre humeur et notre digestion (entre autres), ce qui explique qu’on peut prendre facilement une taille de pantalon avant nos règles (avant de revenir à notre taille habituelle quelques jours après). Donc règle numéro 1 : on ne se pèse pas dans les jours qui précèdent ses règles, pour éviter tout ascenseur émotionnel inutile !

Et surtout la bonne nouvelle, c’est qu’il existe aussi des solutions pour éviter que cette prise de poids ne soit excessive et éviter qu’on se sente trop « gonflée », trop « bouffie » avant que nos règles démarrent 🙂

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Le spermogramme, examen incontournable de la fertilité masculine

spermogramme

Les idées clés

  • La fertilité masculine a fortement chuté en l’espace de quelques décennies et une part non négligeable des cas d’infertilité peuvent être expliqués (au moins en partie) par une anomalie du côté de l’homme.
  • Le spermogramme est l’examen médical de référence pour déceler une anomalie au niveau du sperme et des spermatozoïdes (forme, mobilité, concentration, etc.)
  • En cas de spermogramme présentant des anomalies, on demande généralement à l’homme d’en refaire un autre 3 mois plus tard, pour confirmer le diagnostic et trouver un traitement ou un protocole PMA approprié si besoin.
  • Un spermogramme peut être largement amélioré en l’espace de 3 mois, grâce à la mise en place d’une hygiène de vie adaptée.

Le saviez-vous ? 30 à 40% des cas d’ infertilité d’un couple sont au moins en partie dûs à un problème de fertilité masculine, et selon une étude, « un homme d’aujourd’hui produit 2 fois moins de spermatozoïdes que son grand-père au même âge« . Ca fait un peu peur, non ?!

En effet, si on a tendance à systématiquement investiguer du côté de la femme lorsqu’un couple n’arrive pas à concevoir, il est tout aussi important de creuser aussi du côté masculin. Heureusement, il existe des solutions face à ce déclin de la fertilité masculine, et notamment un examen médical permettant de déceler une anomalie : le spermogramme.

Dans ce qui suit, on vous explique tout ce qu’il y a à savoir à son sujet : dans quelles conditions il doit être réalisé, ce qu’il évalue exactement et quelles anomalies il peut détecter. Aussi et surtout, on vous explique pourquoi et comment on peut améliorer son spermogramme !

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Comment choisir un lubrifiant « fertilité friendly » ?

lubrifiant fertilité

Les idées clés

  • Quand on est en essai bébé, il est judicieux d’éviter certains lubrifiants qui peuvent endommager les spermatozoïdes, et on peut préférer un lubrifiant qui augmente les chances de concevoir, notamment quand une grossesse tarde à arriver.
  • Les lubrifiants de fertilité ont généralement une composition assez spécifique, au pH neutre, à base d’eau, d’acide hyaluronique et d’éléments nutritifs pour les spermatozoïdes, contrairement aux lubrifiants plus classiques qui peuvent nuire à leur survie dans le vagin.
  • Le lubrifiant ne suffit pas à lui seul pour garantir une grossesse, mais peut permettre de ne pas perturber la fécondation.

Au-delà de bien choisir le timing des rapports, il y a un élément auquel on ne pense pas toujours quand on est en couple et qu’on veut avoir un enfant : le choix du lubrifiant (si tant est qu’on en utilise bien sûr !!).

Si le gel lubrifiant doit retrouver ses lettres de noblesses et peut être très utile pour rendre les rapports plus agréables, il est important de bien le choisir pour ne pas ruiner tous ses efforts : en effet, les lubrifiants les plus classiques peuvent attaquer les spermatozoïdes et altérer la fertilité, notamment quand le sperme n’est déjà pas d’une qualité optimale. Il est donc préférable de se tourner vers un gel lubrifiant spécialement conçu pour protéger lesdits spermatos, car oui, ça existe !

🍿 Vous préférez les vidéos ? Voici notre vidéo Youtube consacrée au bon choix de lubrifiant quand on est en essai bébé !

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AMH : tout comprendre sur cette hormone et ce qu’elle dit réellement de notre fertilité

AMH

Les idées clés

  • L’AMH ou hormone antimüllérienne est l’un des marqueurs de la réserve ovarienne, qui est très souvent dosée chez les femmes en désir d’enfant.
  • L’AMH permet de déterminer le stock de follicules ovariens ayant démarré leur maturation sur le cycle en cours, mais ce dosage ne dit rien de la qualité des follicules.
  • Par ailleurs, l’AMH ne dit rien également sur l’ovulation : elle doit donc être dosée en parallèle des oestrogènes et de la FSH.
  • Il est possible de remonter un taux d’AMH, en améliorant le processus de maturation des follicules en stock.
  • La mesure de l’AMH est néanmoins utile en cas de fécondation in vitro, afin d’ajuster le protocole, et dans le cadre du diagnostic du SOPK.

Parmi les examens proposés pour apprécier la fertilité féminine, il y en a un qui divise, tant il doit être pris avec d’énormes pincettes : c’est le dosage de l’AMH. En effet, cet examen permet de se faire une idée du nombre de follicules qu’il nous reste en stock, mais (car oui, il y a un mais) il ne permet pas de « déterminer l’âge de ses ovaires », de connaître la date de sa ménopause ou encore d’augurer de nos chances de grossesse à venir !

L’AMH mesure la quantité de follicules en dormance, à un stade intermédiaire de développement, mais pas leur qualité et ne dit rien sur notre capacité à ovuler normalement : on peut en effet avoir beaucoup de follicules, mais des troubles de l’ovulation, ou des ovules de moindre qualité qui ne permettront pas de mener une grossesse à terme. Et a contrario, on peut avoir un taux d’AMH faible, signifiant qu’un petit nombre de follicules se sont lancés dans la “pré-course” à l’ovulation sur ce cycle, mais qu’ils soient de super qualité et qu’ils permettent d’avoir un ovule mature parfait au bout de la course.

Intriguées ? On vous explique tout ça 😉

🎧🍿 Psst ! Si vous préférez, on a aussi parlé de l’AMH sur notre podcast, à retrouver sur Youtube et sur votre plateforme d’écoute préférée 🙂

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Les règles : on démêle le vrai du faux !

règles

Les idées clés

  • Les règles sont un phénomène physiologique normal et la résultante de toute une cascade hormonale, signifiant qu’il n’y a pas eu de fécondation lors du cycle précédent.
  • Elles démarrent à la puberté et s’arrêtent à la ménopause. Entre temps, les femmes ont environ 450 fois leurs règles dans leur vie, hors périodes de grossesse et/ou prise de contraceptifs hormonaux !
  • Les règles sous pilule ne sont effectivement pas de véritables règles, puisque le contraceptif bloque l’ovulation.
  • Il n’est pas possible de calculer la date de ses prochaines règles, mais l’observation de son cycle menstruel et l’apparition de certains symptômes permettent de les voir arriver.
  • Les règles « normales » durent 2 à 7 jours, sont rouges et surviennent tous les 21 à 35 jours, tout étant régulières.
  • Les règles ne sont pas censées être trop douloureuses : si c’est votre cas, il est important de consulter un professionnel de santé. Idem si vos règles ont une couleur, une durée ou une abondance qui sortent de la norme, afin d’écarter tout éventuel problème de santé.

Règles, menstruations, menstrues, ragnagnas, etc., s’il existe de nombreux termes pour les décrire, une de leurs caractéristiques fait l’unanimité (ou presque) : on se passerait souvent bien volontiers d’elles !

Et pourtant, les règles sont loin d’être un phénomène inutile, aléatoire voire, pire, sale ou honteux. 

Elles sont le signe que chaque mois, notre corps est fertile. Elles jouent un rôle de premier plan dans notre fécondité mais aussi dans notre féminité et notre santé en général ! C’est en quelque sorte un super pouvoir que les hommes n’ont pas ; )

Le souci est que la grande majorité des femmes ne sont pas armées pour écouter leur cycle menstruel et n’entendent donc pas tout ce que leurs règles ont à leur dire (en tout cas de positif !). En effet, l’UNESCO a révélé que 2 femmes sur 3 n’ont aucune idée de ce qui se passe dans leur corps quand leurs règles arrivent

Vous voulez comprendre ce que signifient vos règles, pourquoi elles sont parfois douloureuses, comment elles pourraient l’être moins ? Comment il est possible de les anticiper ? Pourquoi, parfois, elles sont aux abonnées absentes ? On vous explique tout !



Le mécanisme physiologique des règles

Le déroulé du cycle menstruel

phases du cycle menstruel

On l’a dit, les règles n’interviennent pas par hasard. Elles sont le signe que, pendant le cycle précédent, on a ovulé mais aucune fécondation n’a eu lieu.

Raison pour laquelle les femmes qui ont “pris un risque” sont soulagées de les voir arriver, tandis que celles qui espèrent une grossesse les interprètent comme un difficile constat d’échec. 

Plus concrètement, chaque cycle menstruel se découpe en 4 phases :

  • Les règles, qui démarrent un nouveau cycle, mais sont en fait l’achèvement du cycle précédent (on y revient !).

  • La phase pré-ovulatoire (ou phase folliculaire), au cours de laquelle, sous l’effet d’hormones, les oestrogènes, votre corps fait maturer un ovule dans l’un de vos ovaires et fait grossir la muqueuse de votre utérus pour qu’en cas de fécondation, un embryon puisse venir s’y implanter. En quelque sorte, il commence à préparer un nid bien douillet pour un futur bébé.

  • La phase ovulatoire, lors de laquelle l’ovule est libéré et votre corps produit de la glaire cervicale : c’est là que tout se joue ! Soit l’ovule est fécondé par un spermatozoïde et c’est parti pour 9 mois de grossesse, soit il n’y a pas de fécondation, et l’ovule est détruit au bout de 12 à 24h. 

  • La phase post-ovulatoire (ou phase lutéale), au cours de laquelle votre corps n’a pas encore identifié s’il y avait eu, ou non, une fécondation. Une autre hormone entre alors en jeu, la progestérone (sécrétée par le corps jaune), pour faire en sorte que le nid reste bien en place pour accueillir l’éventuel embryon. Ce “doute” dure environ 14 jours, aux termes desquels le corps réalise s’il y a ou non un embryon.

S’il est présent, il est accueilli dans le nid qui reste en place les 9 prochains mois et les hormones (notamment la progestérone) restent élevées. C’est la raison pour laquelle on n’a pas de règles enceinte !

En revanche, en l’absence d’embryon, le nid n’a plus lieu d’être et il doit être évacué : les fameuses couches vascularisées de l’endomètre se détachent, donnant lieu aux règles, qui marquent le début d’un nouveau cycle ! Les hormones chutent d’un coup, avant de remonter progressivement pour faire mûrir un nouvel ovule. 

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que le nid ait “enfin” une utilité et que le cycle s’interrompe le temps de la grossesse.

Les règles sont donc le signe que votre corps est bien fertile, qu’il s’est préparé à accueillir une grossesse mais que, faute de rapport fécondant, il remballe son attirail et l’évacue.

Mais les règles ne signifient pas que le corps se nettoie ou qu’il se purifie. Il reste propre et pur pendant les règles ! Ce n’est que le signe qu’il n’a pas été fécondé et qu’il doit donc se débarrasser d’une couverture qu’il a construit pour rien. C’est tout !

Les règles, conséquence de l’ovulation et d’une absence de fécondation

Les règles, ou menstruations, correspondent donc tout simplement à l‘évacuation de l’endomètre. Elles contiennent de la muqueuse utérine, du sang, des sécrétions vaginales et… des cellules souches, des cellules qui sont également produites par notre moelle osseuse et qui peuvent ensuite se différencier en différentes cellules du corps humain, ce qui permet d’ouvrir le champ des possibles à la recherche médicale, grâce à nos menstruations 🙂

En termes de quantité, même si les règles paraissent parfois impressionnantes, une femme ne perd en général que 40 à 80 ml de sang, soit l’équivalent de 8 à 16 cuillères à café environ.

Les menstruations surviennent 11 à 16 jours après l’ovulation (jamais plus, mais parfois moins). On perd peu de sang, mais il faut savoir qu’on ne le perd pas d’un coup (ce serait pourtant bien pratique !) : en effet, le flux n’est pas continu et se fait par « à coups », car si l’utérus évacuait l’entièreté des règles en une fois, les contractions seraient trop fortes et potentiellement très douloureuses. Cela nous prémunit aussi du risque d’hémorragie. Si vous le souhaitez, on a rédigé un post Instagram intitulé Pourquoi les règles durent plusieurs jours ? qui rentre davantage dans le détail 🙂

Les règles interviennent de façon cyclique, tous les 21 à 35 jours environ, la moyenne étant de 28 jours (une moyenne, mais non une normalité !). Le cycle peut bien sûr être plus court ou plus long, mais dans ce cas il sort de la “norme”. 

Quand on observe son cycle, le premier jour des règles correspond au jour 1 du cycle. Elle démarrent au premier jour de saignement franc, bien rouge, qui nécessite une protection. Les spottings qui ont lieu quelques jours avant, qui sont bruns, marrons, ne comptent pas et appartiennent au cycle précédent.

Il peut arriver qu’on observe d’autres saignements au cours du cycle menstruel, mais ce ne sont pas des règles : en effet, les règles, on l’a dit, sont toujours la conséquence d’une ovulation. Pas d’ovulation, pas de règles ! En revanche, on peut constater :

vie fertile règles adolescence ménopause

Les premières règles VS la fin du cycle menstruel

Au total, une femme a donc ses règles environ 450 fois au cours de sa vie, ce phénomène cyclique n’étant interrompu que par les grossesses et les allaitements éventuels, mais aussi par certains contraceptifs hormonaux. 

Les toutes premières règles (qu’on appelle aussi ménarches) arrivent vers 11-12 ans (même si les jeunes filles tendent à avoir leurs règles de plus en plus jeunes). Elles sont souvent très irrégulières au début, et, bien que ce soit embêtant, c’est tout à fait normal, car il faut plusieurs années au cycle pour trouver son rythme. En revanche, si la jeune fille n’a pas de règles à 16 ans, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, car on parle alors d’aménorrhée primaire.

La ménopause quant à elle, intervient vers 51 ans environ : à ce stade, le cycle menstruel s’arrête car les ovaires fatiguent et le stock d’ovules est épuisé. Toutefois, là encore, le cycle met plusieurs années à s’arrêter ! Cette période de transition, durant laquelle les règles deviennent de plus en plus irrégulières et au cours de laquelle on peut expérimenter certains symptômes pas cool du tout (un syndrome prémenstruel marqué, des bouffées de chaleur, des insomnies, etc.) s’appelle la périménopause.


Règles normales ? La check-list

Nous sommes nombreuses à nous demander si nos règles sont finalement tout à fait normales, en termes de couleur, d’ abondance, de durée… Même si nous sommes toutes différentes, voici quelques repères 🙂

règles normales

  • Régularité : tous les 21 à 35 jours, en sachant que les cycles n’ont pas forcément la même durée. Néanmoins, la règle est que la durée des cycles ne doit pas varier de plus de 7 jours d’un cycle à l’autre pour considérer qu’ils sont réguliers. Sinon, le cycle est effectivement irrégulier !
  • Durée : 2 à 7 jours.
  • Flux : 40 à 80 ml par cycle (environ 8 à 16 cuillères à café). Cela équivaut à 8 tampons super absorbants, 2 à 5 serviettes hygiéniques ou 3 à 4 cups remplies par cycle, ou encore 1 à 2 culottes de règles par jour. Vous pouvez aussi déterminer si vos règles sont trop abondantes ou non grâce au score de Higham, qui est une sorte de petit tableau pour faire les comptes ! En cas de règles abondantes, le score est supérieur à 100. N’hésitez pas à consulter nos articles sur les règles peu abondantes et sur les règles trop abondantes si vous voulez creuser ces sujets 🙂
  • Couleur : elles peuvent être marron au début et en fin de règles, mais sinon, elles sont plutôt bien rouges.
  • Elles ne doivent pas contenir trop de gros caillots (plus gros qu’une pièce de 2 euros).
  • Elles doivent rester supportables en termes de douleur.

Comment savoir si mes règles sont anormales ?

On le dit et on le répète ; chaque femme et chaque cycle menstruel sont uniques ! Parler de norme en la matière est bien ambitieux. 

Toutefois, on peut identifier des indices qui doivent vous mettre la puce à l’oreille et vous amener à consulter :

  • Des règles qui durent plus de 8 jours 

  • Des règles qui interviennent à un intervalle de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours (sauf en début de puberté, avant la ménopause ou après l’arrêt d’un contraceptif hormonal, le cycle peut être beaucoup plus long)

  • Des saignements très abondants, vous obligeant par exemple à changer de tampon toutes les heures 

  • Des menstruations qui n’ont pas encore démarré après l’âge de 16 ans

  • Des saignements en dehors des règles (autres qu’un spotting d’ovulation ou qu’un saignement de nidation)

  • Des douleurs de règles anormales ou de la fièvre


Colorimétrie des règles

  • Roses : cela peut se produire lorsque le sang se mélange à la glaire cervicale, en début ou en fin de cycle. Les contraceptifs hormonaux peuvent aussi rendre le sang des règles plus clair, tout comme l’anémie ou une carence en oestrogènes.
  • Rouges : c’est la couleur normale des règles.
  • Brunes : cela peut se produit en début ou fin de cycle, quand le flux n’est pas assez abondant pour que le sang s’écoule rapidement. Il a alors le temps de s’oxyder et de prendre une couleur marron.
  • Noires : l’oxydation du sang peut là aussi être à « blâmer », tout comme certains contraceptifs hormonaux. Certaines femmes souffrant d’endométriose ou d’une IST (infection sexuellement transmissible) peuvent aussi avoir des règles noires.

Si la couleur de vos règles ne vous semble pas OK ou change au fil du temps, n’hésitez pas à en parler à votre médecin 🙂


calcul date prochaines règles

Calculer la date de ses prochaines règles

Cette question du calcul de la date des prochaines règles est partout ! On trouve notamment beaucoup de calculateurs, et les applications de suivi de cycle aiment bien nous les annoncer en amont 🙂

Le seul hic, c’est que ce n’est pas tout à fait possible de connaître la date de ses règles à l’avance, car la durée du cycle et la date de l’ovulation peuvent varier d’un cycle à l’autre. Néanmoins, quand on suit son ovulation grâce à la glaire cervicale + la température basale, on sait qu’elles ont lieu, hors grossesse, maximum 16 jours après 🙂

Voici quelques symptômes qui peuvent prévenir de leur arrivée :

  • Crampes, tiraillements dans le bas-ventre
  • Fatigue, besoin de ralentir, de rester un peu avec soi
  • Appétit plus grand
  • Sommeil agité, cauchemars
  • Sueurs nocturnes

Entre autres ! Encore une fois, tout dépend de chacune et on sait toutes à peu près quand elles vont arriver, en fonction des signaux envoyés par notre propre corps.

Celles qui pratiquent la symptothermie peuvent aussi et surtout voir leurs règles arriver grâce à la température qui chute (mais pas toujours) et au retour de la glaire cervicale (selon les femmes).


Que faire en cas de règles douloureuses ?

Douleurs de règles : normal ou pas ?

En matière de règles douloureuses, il faut distinguer : 

  • Les crampes ou douleurs abdominales, appelées dysménorrhées, qui ont une explication mécanique : l’endomètre produit une substance, les prostaglandines, pour favoriser son élimination. Ces prostaglandines provoquent une contraction de l’utérus qui peut engendrer des douleurs au ventre, mais aussi d’autres petits désagréments comme des maux de dos, des ballonnements, voire un mal de tête (on parle dans ce cas de « douleur projetée », qui provient de la contraction mais qui se projette dans une autre partie du corps).  

Cela peut démarrer avant le début des règles, et cela fait partie du syndrome prémenstruel (ou SPM).

Ce n’est pas du tout systématique, certaines femmes ne ressentent pas les contractions, mais c’est en tout cas normal et ça ne doit pas vous inquiéter. 

  • Les douleurs plus importantes, avant et pendant les règles, accompagnées d’une grande fatigue, de malaises, etc., qui ne sont quant à elles pas normales et qui peuvent être le signe d’un dysfonctionnement, notamment d’une endométriose (cela concernerait 40% des femmes ayant des douleurs de règles intenses) ou encore d’un fibrome.

Soulager les douleurs de règles

On a tendance à répondre à ces douleurs de règles en prescrivant la pilule de façon systématique, ou en se gavant d’anti douleurs (qui pourtant ne sont pas forcément efficaces, comme le démontre cette étude qui conclut à l’inefficacité du Spasfon pour réduire les douleurs de règles…). Or, il existe de nombreuses façons plus naturelles de les atténuer : du sport de façon modérée, des techniques de respiration et de relaxation, du yoga, des massages, des habitudes alimentaires pour rééquilibrer ses hormones, mais aussi le recours à une bouillotte ou un bain chaud. 

Les douleurs plus importantes, avant et pendant les règles, accompagnées d’une grande fatigue, de malaises, etc., qui ne sont quant à elles pas normales et qui peuvent être le signe d’un dysfonctionnement, notamment d’une endométriose (cela concernerait 40% des femmes ayant des douleurs de règles intenses) ou encore d’un fibrome.


protection menstruelle

Quelles sont les meilleures protections menstruelles ?

Chez Émancipées, on est plutôt team culottes de règles, qui sont clairement des « game changers » pour mieux vivre nos règles 🙂 Par ailleurs, les tampons et serviettes jetables, même bio, n’ont pas une composition ultra safe. Donc, on préfère éviter ou les réserver aux menstruations ayant lieu quand on est en voyage, par exemple.

La cup menstruelle est aussi une bonne alternative, si vous maîtrisez bien son insertion dans le vagin, et surtout, son retrait (qui peut transformer vos toilettes en scène de crime quand on s’y prend mal, true story). Les femmes portant un DIU doivent également veiller à bien pincer la cup au moment de l’enlever, pour éviter qu’un appel d’air ne déloge leur stérilet.

Il est également possible d’essayer le flux libre instinctif, c’est-à-dire de maîtriser le flux de ses règles, afin de les évacuer dans les toilettes au moment opportun. Cela demande de l’entraînement, mais certaines femmes y arrivent très bien !


retard de règles

Que faire en cas de retard de règles ?

La seule chose qui est sûre est que les règles arrivent entre 11 et 16 jours après l’ovulation, avec une moyenne à 14 jours. Comme dit précédemment, lorsque l’on sait observer son cycle menstruel, il est facile de repérer son ovulation et donc d’anticiper l’arrivée des règles. Sinon, c’est plus compliqué, car la phase pré-ovulatoire, quant à elle, varie beaucoup d’un cycle à l’autre (on vous en parle dans notre article sur le concept de calendrier d’ovulation).

Mais il faut bien avoir en tête que la phase post ovulatoire peut varier aussi, notamment en cas d’insuffisance en progestérone, et durer alors moins de 11 jours. 

Un retard de règles peut être le signe d’une grossesse, donc il est préférable de faire un test de grossesse si vous constatez un retard de règles. Néanmoins, il peut aussi s’agir d’un léger dérèglement hormonal ou d’une période de stress qui a décalé votre ovulation. De plus, le cycle menstruel est irrégulier après la prise d’une contraception hormonale, en post-partum ou en cas de SOPK.

Si votre test de grossesse est négatif et que vous n’avez toujours pas vos règles, cela signifie que l’ovulation est bloquée ou retardée, pour plein de raisons, que l’on creuse avec vous dans notre article « Comment expliquer un retard de règles ?« . Cela arrive parfois, mais on vous recommande de consulter votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme si vos règles sont absentes depuis plus de 3 mois : en effet, cela signifie que vous êtes en aménorrhée secondaire (on en parle juste après !).

Et si vous sentez que vos règles ont du mal à démarrer ou à revenir, on vous donne ici quelques astuces pour travailler sur votre ovulation (condition indispensable pour avoir ses menstruations) et/ou déclencher vos règles naturellement.


Est-il possible de ne plus avoir ses règles ?

Hormis le cas des contraceptifs hormonaux, il y a donc des moments dans la vie d’une femme où elle n’a plus ses règles. On parle d’aménorrhée, sachant qu’elle peut être primaire ou secondaire : 

  • L’aménorrhée primaire, chez une fille de plus de 16 ans (ou de plus de 14 ans mais pubère depuis plus de 2 ans) qui n’a encore jamais eu ses règles 

  • L’aménorrhée secondaire, chez une femme déjà réglée qui a une interruption dans ses menstruations pendant plus de 3 mois, en cas de pathologie, d’anorexie, de stress important, de prise de certains médicaments ou encore d’une pratique sportive trop intense.

L’absence de règles est normale pendant la grossesse, l’allaitement et la ménopause, mais aussi en cas de prise de pilule en continu.


cycle menstruel sous pilule

Les règles sous pilule… ne sont pas de vraies règles !

En effet, les règles sous pilule ne sont pas le résultat d’une absence de fécondation lors de la phase ovulatoire, puisque avec une pilule (et toute autre contraceptif hormonal combiné), il n’y a pas d’ovulation.

Techniquement, on devrait plutôt parler de “saignement de privation”, dû à l’arrêt de la prise d’hormones de synthèse. On s’explique : avec un contraceptif hormonal, vous prenez des hormones de synthèse pendant 21 jours (en général, cela peut varier d’une pilule à l’autre), puis des comprimés placebo, sans hormones, pendant les 7 derniers jours. 

Pendant les 21 premiers jours, les hormones bloquent votre cycle naturel et votre corps n’ovule pas et ne fait pas épaissir l’endomètre. 

Lors des 7 jours sans hormone, cette privation hormonale entraîne un saignement, plus léger qu’au naturel puisqu’il n’y a pas de “nid” à évacuer. 

NB : ce raisonnement vaut pour les contraceptifs hormonaux combinés (à base d’oestrogènes et de progestérone de synthèse), les plus courants. S’agissant des contraceptifs progestatifs (composés uniquement de progestérone), seuls ceux à base de désogestrel bloquent l’ovulation, tandis que ceux à base de lévonorgestrel ne la suppriment pas toujours, mais modifient l’endomètre pour empêcher la nidation. 

En synthèse, les règles sous pilule sont des “fausses” règles, ou encore des règles artificielles ou règles de privation, dont l’objectif est simplement de rassurer les femmes sur le fait qu’elles auraient un cycle. Il existe d’ailleurs des pilules qui s’affranchissent de cette illusion et qui suppriment complètement les règles. Mais le cycle est en sommeil, le contraceptif simule un état de grossesse permanent pour qu’il ne prépare pas l’ovule et le nid chaque mois. Le Dr Martin Winckler nous en parlait d’ailleurs dans l’épisode du podcast sur les règles sous pilule 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Bravo, vous êtes arrivées au bout de ce long article sur les règles ! On espère avoir répondu à la plupart de vos interrogations à leur sujet, et vous avoir convaincu qu’elles sont loin d’être taboues ou honteuses et devraient, au contraire, être accueillies comme un signe de votre bonne santé. D’autant qu’il est possible de les vivre sans douleurs, en étant à l’écoute de son corps, de son cycle et de ses fluctuations hormonales 🙂

Vous avez encore des questions ? Venez nous en parler en commentaire !

La méthode Ogino ou méthode du calendrier : la fausse bonne idée !

méthode Ogino

Les idées clés

  • La méthode Ogino (ou méthode du calendrier) est une méthode naturelle qui s’appuie sur une règle de calcul basée sur la longueur des cycles menstruels pour déterminer la date de l’ovulation, la phase fertile du cycle et les prochaines règles.
  • Cette méthode, très simple et largement utilisée par les applications de suivi de cycle et les calendriers d’ovulation, n’est pourtant pas très fiable.
  • Son manque de fiabilité vient du fait qu’elle ne prend pas en compte la réelle physiologie féminine et les signaux envoyés par le corps au moment de l’ovulation.
  • Elle n’est pas recommandée pour les femmes ayant un cycle irrégulier, mais elle ne l’est pas non plus pour les femmes ayant un cycle considéré comme régulier, car la date de l’ovulation peut toujours varier.
  • D’autres méthodes naturelles sont bien plus efficaces, telles que la symptothermie.

Nous avons toutes eu un calendrier papier sur lequel nous notions, avec une croix, la date de nos dernières règles, en nous disant que les prochaines devraient débarquer environ 28 jours, non ? Ensuite, je pense que nous sommes nombreuses à avoir téléchargé une application de suivi de cycle menstruel, qui calcule pour nous la date de notre ovulation + des règles à venir.

Mais si on vous disait que cette méthode du calendrier, la méthode Ogino, est en réalité une méthode obsolète, qui n’est pas recommandée par les professionnels pour éviter ou pour favoriser une grossesse ? En effet, « calculer son cycle » n’est pas une si bonne idée ! On vous explique pourquoi et surtout, quelles sont les alternatives naturelles pour vous y retrouver, pour de vrai, dans votre cycle et votre fertilité 😉

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Beta hCG : dosage, prélèvement, évolution… le guide complet !

beta hcg

Les idées clés

  • La bêta HCG (hormone chorionique gonadotrope) est l’hormone détectée par les tests de grossesse (urinaires ou par prise de sang).
  • Cette hormone est sécrétée par le trophoblaste, le « prédecesseur » du placenta en début de grossesse, à partir de la nidation de l’embryon dans l’utérus. Sa sécrétion s’arrête au 4ème mois de grossesse.
  • Au-delà de sa valeur absolue, ce qui compte est son évolution : elle est censée doubler toutes les 48 heures (à peu près).
  • Un taux de hCG trop haut ou trop bas (ou du moins, qui n’évolue pas comme attendu) peut révéler un souci au niveau de la grossesse : une grossesse extra utérine, une grossesse molaire, une fausse couche, ou tout simplement une erreur dans la date de conception ou une grossesse multiple (il ne faut pas partir défaitiste !) !

Généralement, quand on souhaite avoir un bébé, il y a une hormone que l’on connait bien, au moins de nom : c’est la béta hCG. Baptisée « hormone de grossesse », c’est elle qui est détectée par les tests et elle indique donc si un bébé est venu se nicher au creux de notre ventre 🙂

Une fois qu’on a repéré sa présence, c’est son taux qui peut être scruté de près, par les futurs parents et par l’équipe médicale : en effet, le taux de hcg et son évolution donnent des indications précieuses sur le bon déroulement du début de la grossesse.

Comment la doser ? Quels sont les taux « normaux » et quand faut-il s’inquiéter d’un taux de hcg trop haut ou trop bas ? On vous dit tout ça 🙂

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