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pourquoi on ne tombe pas enceinte à chaque ovulation

Pourquoi on ne tombe pas enceinte à chaque ovulation ? Comprendre pour mieux agir

Les idées clés

  • La fenêtre de fertilité d’une femme est d’environ 6 jours par cycle : 5 jours avant l’ovulation + le lendemain.
  • Ovulation ne veut donc pas forcément dire fécondation, même quand tout va bien !
  • Un couple qui n’a pas de difficultés particulières a 20-30% de chances de concevoir par cycle, même en ayant des rapports sexuels pendant la phase de fertilité.
  • Une mauvaise estimation de la date de l’ovulation, l’arrêt d’une contraception hormonale ou un problème de fertilité féminine et/ou masculine peuvent expliquer que les rapports ne donnent pas lieu à une grossesse.
  • Il peut donc être intéressant d’investiguer avec son équipe médicale, en réalisant un bilan hormonal, une échographie des ovaires et de l’utérus, mais aussi un spermogramme côté masculin. Si la cause n’est pas trouvée sur le plan médical, se pencher sur son hygiène de vie peut changer la donne !

Il n’est pas rare que certaines femmes se disent « J’ai des cycles réguliers et des rapports au bon moment… et pourtant, toujours rien.” Cette phrase, on la lit très souvent dans nos mails et messages privés ! Et c’est tout à fait normal, car on pense parfois qu’il suffit de « viser juste » pour tomber enceinte.

Sauf que dans les faits, la réalité est tout autre ! En effet, même en ayant des rapports non protégés pendant la phase ovulatoire, on ne tombe pas systématiquement enceinte. Comment expliquer cela ? La fusion des gamètes n’est pas une science exacte, et faire un bébé est l’aboutissement de tout un processus qui n’a rien d’infaillible, même sans souci de fertilité !

Ensuite, bien sûr, des problèmes d’infertilité, chez l’homme comme chez la femme, peuvent expliquer que les rapports ne donnent rien, sans oublier une clé essentielle : une mauvaise estimation de l’ovulation ! Bref, trêve de bavardages, on vous explique tout ça en détail 🙂



Comprendre l’ovulation et la fenêtre de fertilité : quand peut-on vraiment tomber enceinte ?

Une femme n’est pas fertile tous les jours : sa fenêtre de fécondité dure en réalité 6 jours par cycle environ, 5 jours avant l’ovulation + 1 jour après (le lendemain). Pourquoi ?

  • Le vagin est un milieu très acide et très hostile pour les spermatozoïdes, qui meurent en quelques minutes une fois à l’intérieur… sauf en présence de glaire cervicale ! Cette sécrétion, au pH plus alcalin, sert à envelopper les spermatozoïdes pour les protéger de l’acidité du vagin, mais aussi à les filtrer et les nourrir. Et comme il n’y a pas de hasard, la production de glaire cervicale est corrélée à celle des oestrogènes, hormones féminines de la phase pré-ovulatoire : c’est donc pour cela qu’elle est plus abondante, lubrifiée, transparente et élastique (voire huileuse/aqueuse) à l’approche de l’ovulation ! Elle peut ainsi garder les spermatozoïdes en vie pendant plusieurs jours, 5 environ.
  • L’ovule, une fois libéré, survit 12-24 heures : s’il n’est pas fécondé dans ce laps de temps, il s’auto-détruit.

fenêtre de fertilité femme

probabilité grossesse jour du cycle


Les raisons pour lesquelles on ne tombe pas enceinte à chaque cycle

Maintenant que les bases de la fenêtre de fertilité sont posées, pourquoi, si on a bien un rapport dans cette fenêtre de 5-6 jours, on ne peut pas tomber enceinte à chaque ovulation ?

Une réalité statistique : 20% des rapports sexuels en phase fertile mènent à une fécondation

Pour commencer, il faut bien distinguer la théorie (spermatozoïdes + ovule en vie en même temps = une fécondation) et la pratique. Même si les deux partenaires ont une fertilité parfaite, leurs chances de concevoir sont de 20-30% par cycle menstruel environ !

En effet, la fécondation et la conception d’un embryon viable est une prouesse génétique incroyable et la magie ne peut pas opérer à tous les coups 🙂 Ainsi, vous pouvez avoir besoin de plusieurs cycles avant de réussir à concevoir, sans que cela signifie que vous ayez un problème de fertilité.

Une mauvaise estimation de l’ovulation

Une autre réalité, que l’on rencontre très souvent : on pense avoir un rapport dans la bonne fenêtre de tir… mais en fait, on rate le coche !

En effet, on lit encore trop souvent que toutes les femmes ovuleraient le 14e jour du cycle qui, lu, durerait toujours 28 jours. Or cela ne concerne que 13% des cycles !

Par ailleurs, même quand il est admis que l’ovulation n’arrive pas systématiquement le jour 14 et que, donc, la phase pré ovulatoire ne dure pas immuablement 14 jours,, il existe une autre idée reçue qui a la vie dure, et qui voudrait que la phase post ovulatoire, quant à elle, durerait toujours 14 jours (bref qu’on serait de vrais robots !).

Plus précisément, c’est l’idée selon laquelle lorsqu’on a un cycle menstruel régulier, il suffit de retrancher 14 jours à la durée moyenne de ses cycles pour connaître le jour de son ovulation… alors qu’elle est totalement fausse. Cette méthode de calcul s’appelle la méthode Ogino et, bien qu’elle ait été réfutée depuis longtemps et qu’elle présente un taux de fiabilité de seulement 75%, elle est encore largement utilisée, notamment par les applications de suivi de cycle menstruel. Et c’est ainsi que beaucoup de couples pensent « tout faire bien », alors que ce calcul les induit clairement en erreur, avec des spermatozoïdes qui sont là soit trop tôt, soit trop tard pour féconder l’ovule :s

Idem pour les tests d’ovulation : ces tests détectent l’hormone LH, qui permet à la membrane du follicule ovarien de se rompre pour que l’ovocyte puisse être libéré. En temps normal, l’ovulation se produit environ 16-18 heures après le pic de LH, mais il peut se produire beaucoup de choses entre-temps, et l’ovulation peut finalement échouer. Ces tests ne sont également pas adaptés aux femmes qui ont un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ou des troubles de l’ovulation, et, pour enfoncer le clou, la Direction Générale des Fraudes a émis un rapport déclarant que 4 tests urinaires de grossesse et d’ovulation sur 10 n’étaient pas conformes et fiables.

Pour réellement connaître votre phase de fertilité, appuyez-vous sur les signaux que votre corps vous envoie, tout simplement ! On en parle un peu plus bas, et ce n’est pas si compliqué, vous verrez 😉

Ovulation ne veut pas dire fécondation + implantation !

On l’a dit, on peut ovuler sans qu’une fécondation n’ait lieu, mais il est aussi possible qu’une fécondation ait lieu lieu sans que l’embryon ne réussisse à s’implanter dans l’utérus ! C’est notamment ce qui arrive en cas de grossesse bio-chimique (souvent appelée « fausse couche précoce »), notamment en raison d’un manque de progestérone ou d’un manque de réceptivité de l’endomètre.

Dans ce cas, hormis en faisant un test de grossesse positif très tôt après l’ovulation (10 jours environ), la grossesse peut passer totalement inaperçue, car les saignements surviennent quasiment au même moment que les règles.

contraception hormonale

La transition nécessaire après l’arrêt d’une contraception hormonale

Il se peut aussi que votre cycle menstruel et votre ovulation soient un peu perturbés après l’arrêt de la pilule contraceptive ou le retrait de votre stérilet hormonal : en effet, la contraception hormonale vient tout simplement altérer le dialogue cerveau/ovaires permettant le bon déroulé de votre cycle menstruel ! C’est la raison pour laquelle l’ovulation est généralement bloquée sous contraception hormonale.

Sauf qu’à l’arrêt, le cycle menstruel ne reprend pas tout de suite de manière optimale et vos premiers cycles sans contraception hormonale peuvent être anovulatoires, ou tout simplement longs et perturbés car l’ovulation peine à se faire. De plus, qui dit ovulation de qualité moyenne, dit aussi phase lutéale (ou post-ovulatoire) moyenne, ce qui complique les chances de nidation.

Néanmoins, on vous rassure : ce déséquilibre hormonal est normalement transitoire, et la reprise de l’ovulation est rétablie au bout de quelques semaines. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire notre article Quel est le délai pour tomber enceinte après un arrêt de pilule ? 🙂

Cette reprise un peu « laborieuse » du cycle vaut aussi en post-partum par exemple, l’ovulation ne reprend pas forcément tout de suite et/ou de manière régulière après un accouchement ! 🙂

infertilité féminine

Un souci de fertilité

Si les cycles s’enchaînent sans que vous ne parveniez à tomber enceinte, il est possible que vous rencontriez un souci de fertilité. La fertilité féminine peut être impactée par plusieurs éléments :

  • Ovulation absente ou irrégulière : à l’arrêt d’une contraception hormonale, on l’a vu, mais aussi en cas de SOPK, de problème de thyroïde, etc.
  • Trouble anatomique : trompes bouchées, anomalies utérines, kystes, fibromes, polypes
  • Glaire cervicale absente ou hostile
  • Endomètre non réceptif
  • Mauvaise qualité ovocytaire
  • Une pathologie comme l’endométriose
  • Une hygiène de vie qui ne soutient pas le processus ovulatoire : stress intense, grosse fatigue, carences nutritionnelles, etc.
fertilité masculine

Entre autres ! Sans oublier que l’infertilité d’un couple peut aussi venir d’un souci masculin : en effet, dans 40% des cas, les troubles de fertilité impliquent un problème de fertilité masculine (soit seul, soit combiné à des troubles côté féminin). Dans ce cas, la réalisation d’un spermogramme peut mettre en lumière une baisse de concentration ou de mobilité, un souci de morphologie et de vitalité des spermatozoïdes, ainsi qu’une fragmentation de l’ADN spermatique, par exemple. À ne pas négliger, donc !

Si vous souhaitez creuser ce point, on vous a préparé une petite check-list de toutes les pistes à creuser quand les essais bébé se prolongent, à retrouver en téléchargement ci-dessous 🙂


Comment augmenter ses chances de tomber enceinte ?

À ce stade de votre lecture, vous vous dites peut-être que vos chances de concevoir sont limitées et/ou trop fortement impactées par des choses qui échappent à votre contrôle : autant vous rassurer tout de suite, vous avez beaucoup de cartes en main pour optimiser vos chances de grossesse !

Savoir repérer sa vraie ovulation

symptothermie

Tout d’abord, l’enjeu crucial est de savoir vraiment repérer votre ovulation. Comme dit plus haut, votre corps vous envoie des signaux de fertilité que vous pouvez observer et interpréter pour savoir si vous êtes en train d’ovuler ou non, et ceux qui sont les plus fiables sont :

  • La glaire cervicale qui est donc plutôt crémeuse, laiteuse, d’aspect « blanc d’oeuf cru » en phase fertile, alors que sa consistance est plus sèche et pâteuse le reste du temps, quand elle n’est pas totalement absente. Elle est le reflet des oestrogènes !
  • La température corporelle au réveil, qui elle, augmente de quelques dixièmes (0,3 degrés environ) après l’ovulation. Elle est en effet le reflet de la progestérone, qui est une hormone sécrétée seulement après l’ovulation !

La combinaison de ces deux indicateurs s’appelle la symptothermie (« sympto » pour « symptôme » et plus précisément pour la glaire cervicale, et « thermie » pour la température). Cette méthode d’observation présente un taux de fiabilité pratique de 98,2% (contre, on le rappelle, 75% pour la méthode du calendrier).

Faire un bilan hormonal / de fertilité

Si vous voulez vous assurer que votre fertilité se porte bien, vous n’êtes pas forcément obligée d’attendre un an d’essais infructueux 🙂 En effet, vous pouvez prendre les devants en observant votre cycle menstruel grâce à la symptothermie (qui peut déjà vous apporter de précieux indices !), mais aussi :

  • En réalisant un bilan hormonal par prise de sang
  • En faisant des examens d’imagerie et notamment une échographie endo-vaginale pour vérifier l’aspect de vos ovaires et de votre endomètre
  • En encourageant votre partenaire à passer un spermogramme, afin d’écarter tout ceci côté masculin.

En fonction des résultats et si un souci est effectivement détecté, votre soignant (gynécologue, sage-femme) pourra vous proposer un traitement médical, ou d’intégrer un parcours PMA.

Si les résultats sont normaux ou pour compléter votre protocole médical, vous pouvez aussi prendre de nouvelles habitudes d’hygiène de vie !

Améliorer son hygiène de vie

Le cycle menstruel est une machinerie complexe et incroyablement orchestrée, qui peut néanmoins être impactée par des éléments de notre vie quotidienne qui peuvent paraître insignifiants ou totalement décorrélés de notre fertilité, alors que pourtant !

Voici quelques conseils généraux qui peuvent soutenir votre ovulation et votre phase lutéale :

  • Adoptez une alimentation équilibrée et suffisamment nutritive, avec des repas faits maison comprenant des fruits, des légumes, des bons gras et des protéines de qualité
  • Ayez un apport suffisant en micronutriments essentiels pour la fertilité, notamment en vitamine B9 méthylée (qui est plus efficace que l’acide folique !), en zinc, en magnésium, ou encore en vitamines du groupe B. Il est parfois difficile de les retrouver en quantité suffisante dans notre alimentation, alors vous pouvez vous tourner vers un complément alimentaire fertilité adapté, qui contient tous ces éléments.
  • Soyez attentive à votre niveau de stress, énorme pourvoyeur d’inflammation et de dérèglements hormonaux
  • Veillez à dormir suffisamment
  • Limitez les perturbateurs endocriniens.

Ces éléments peuvent paraître « bateau », mais ils sont vraiment la base essentielle d’une santé et d’une fertilité optimales, et peuvent faire une grande différence, que vous soyez déjà suivie médicalement ou non.

Si vous avez besoin d’aller un cran plus loin et d’être guidée pour vous construire une routine ultra adaptée à vos besoins, c’est tout l’objectif du Fertility Club 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Pour conclure sur cette question ô combien intéressante, l’ovulation et la fécondation (et donc le début de grossesse) sont deux phénomènes qui ne sont pas forcément consécutifs : une ovulation doit avoir lieu pour permettre la fécondation, mais toutes les ovulations ne donnent pas lieu à une grossesse !

Concevoir un embryon reste un petit miracle réalisé par notre corps, qui ne se produit pas à tous les coups, même quand tout va bien. Néanmoins, si vraiment, les essais s’éternisent, il est possible d’investiguer auprès de son médecin, pour s’assurer qu’il n’y a pas de problème de fertilité : si les résultats des examens sont normaux et que le diagnostic « d’infertilité inexpliquée » tombe, dans ce cas, des pistes plus naturelles, basées sur l’hygiène de peuvent être précieuses (et c’est tout l’objet du Fertility Club !).

En espérant que les choses sont désormais plus claires pour vous, sachez néanmoins que l’espace Commentaires ci-dessous vous est ouvert si vous avez des questions 🙂

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Auteur/autrice de l’image

Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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