Les idées clés
- Les douleurs aux seins avant les règles sont très fréquentes et toucheraient près de 3 femmes sur 4.
- L’augmentation de la progestérone et de la prolactine peut expliquer les douleurs mammaires ressenties après l’ovulation, mais le plus souvent, elles sont plutôt liées à un excès d’oestrogènes en deuxième partie de cycle, voire à un syndrome prémenstruel.
- Si les douleurs sont réellement gênantes, il est possible de travailler sur son équilibre hormonal et son niveau d’inflammation pour soulager cet inconfort (et tous les autres symptômes prémenstruels pouvant être liés !).
- Dans tous les cas, des douleurs aux seins méritent toujours un avis médical, pour s’assurer que la cause est bien hormonale. Si oui, certaines modifications dans votre hygiène de vie et des astuces naturelles (comme l’huile d’onagre) peuvent être de vrais « game-changers » !
Vos seins sont tendus, « lourds », gonflés, douloureux et/ou hypersensibles avant les règles ? Vous n’êtes pas la seule ! Selon une étude récente, 67 à 75 % des femmes ressentent une douleur aux seins avant les règles (ou mastodynies cycliques) : il s’agit donc d’un symptôme très fréquent (qui fait d’ailleurs partie des symptômes du syndrome prémenstruel) et clairement lié aux changements hormonaux à l’oeuvre en fin de cycle.
Dans cet article, on va vous expliquer pourquoi nos hormones féminines peuvent avoir un tel impact sur nos seins, mais également vous donner des conseils pour soulager vos douleurs et améliorer votre confort avant vos règles 🙂
L'article, en bref
ToggleQue se passe-t-il au niveau hormonal avant les règles ?
Nos seins sont, comme d’autres parties de notre corps, soumis à l’influence de nos hormones féminines qui fluctuent au fil du cycle menstruel.
En première partie de cycle, notre cerveau et nos ovaires travaillent ensemble pour permettre l’ovulation et ce sont les oestrogènes sécrétés par les follicules en maturation qui dominent.
Après l’ovulation, notre « paysage » hormonal change, puisque c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune (l’ancien follicule vidé de son ovocyte) qui s’impose. Elle augmente de manière exponentielle pendant quelques jours, puis, sans grossesse, le corps jaune se désagrège et la production de progestérone diminue progressivement jusqu’aux règles.

Ainsi, après l’ovulation, on a :
- Une progestérone qui grimpe progressivement, puis qui décline doucement
- Des oestrogènes qui continuent d’être sécrétés (mais en quantité bien moindre !), puis qui chutent également à l’approche des règles
Pourquoi a-t-on parfois les seins douloureux avant les règles ?
Maintenant qu’on a un peu « planté » le décor hormonal pré-menstruations, pourquoi ces hormones provoquent des douleurs mammaires ?

La progestérone prépare les seins à l’allaitement
Pour commencer, il faut savoir que la progestérone est une hormone qui nous prépare à la grossesse dès que l’ovulation a eu lieu : et ce, qu’on soit en essai bébé ou non, et même s’il n’y a pas eu de fécondation !
Ainsi, cette hormone « pro-gestation » vascularise et maintient la muqueuse utérine bien en place dans l’utérus (ce qui explique que dès qu’elle atteint son niveau minimal en fin de cycle, nos règles débarquent !), relaxe nos muscles et notre système nerveux, augmente légèrement notre appétit et notre température et… prépare nos seins à l’allaitement (oui, elle n’a pas de temps à perdre, visiblement !).
En ce sens, la progestérone augmente la vascularisation du sein, stimule le développement des lobules et des alvéoles (les structures qui produisent le lait), épaissit et permet la maturation du tissu glandulaire en vue d’une éventuelle grossesse.
C’est ce qui peut expliquer que vous puissiez avoir mal aux seins plusieurs jours avant vos règles, quand la progestérone est encore à son maximum !

Un potentiel excès d’oestrogènes
Hormis l’impact de la progestérone, les oestrogènes peuvent aussi être impliqués dans nos douleurs mammaires. Si vous avez bien suivi, ils sont censés être plus discrets durant cette deuxième phase du cycle menstruel : néanmoins, il peut arriver qu’ils soient finalement un peu trop présents ! Cette hyperoestrogénie peut être liée à un véritable excès d’oestrogènes, ou à une carence en progestérone.
Or, les oestrogènes ont également un impact non négligeable sur nos seins, et ce, dès la puberté ! En effet, ils sont responsables de l’apparition de nos caractères secondaires féminins, tels que la répartition des graisses sur nos fesses, nos seins et nos hanches, et la croissance de notre poitrine. Ensuite, ils ont tendance à favoriser la rétention d’eau et la dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui peut expliquer cette sensation de tension dans nos seins en fonction des périodes du cycle 🙂
C’est pourquoi certaines femmes ont d’ailleurs davantage mal aux seins aux alentours de l’ovulation, quand les oestrogènes sont au max ! Après l’ovulation, vous l’avez compris, un déséquilibre hormonal en faveur des oestrogènes et au détriment de la progestérone est plutôt à blâmer. Cela peut arriver de manière transitoire à l’arrêt d’une contraception hormonale, en post partum ou à l’adolescence, mais également durant la périménopause (vos seins peuvent donc commencer à vous faire mal à 40 ans, alors que tout allait bien auparavant !).
Petite subtilité à noter ! Les tensions et douleurs mammaires peuvent également être influencées par la sensibilité tissulaire aux œstrogènes et à la progestérone, indépendamment de leur taux. C’est la raison pour laquelle à quantité d’hormones équivalente, certaines femmes ont mal aux seins et d’autres jamais 🙂
Autre chose : on peut tout à fait avoir une hyperoestrogénie juste avant les règles sans que cela ne soit inquiétant, si la progestérone chute un petit peu avant les oestrogènes. C’est vraiment lorsque la progestérone ne parvient pas à s’imposer pendant toute la phase ovulatoire que l’on bascule sur un véritable déséquilibre hormonal.

Syndrome prémenstruel
Les douleurs mammaires font partie des symptômes les plus courants du SPM, aka le syndrome prémenstruel !
Ce syndrome prémenstruel touche un grand nombre de femmes, mais peut se manifester d’une multitude de manières : douleurs utérines, déprime, tristesse, irritabilité, fringales, tensions lombaires, etc. Plus de 150 symptômes seraient recensés à ce jour, avec tous un point commun : ils surviennent dans les jours qui précèdent les règles, et disparaissent une fois que les saignements démarrent !
Et bien sûr, les douleurs mammaires sont régulièrement citées par les femmes atteintes de SPM, ce qui semble logique, puisque le syndrome prémenstruel semble se développer plus facilement chez les femmes présentant un excès d’oestrogènes après l’ovulation (absolu ou relatif si c’est en réalité la progestérone qui est en souffrance) et une inflammation de bas-grade, silencieuse mais délétère pour l’ensemble de notre organisme et notre équilibre hormonal.
Précisions que le syndrome prémenstruel est courant, mais n’est pas un phénomène physiologique : il n’est donc pas normal d’avoir hyper mal au ventre/aux seins/au dos ou de vous sentir hyper triste ou en colère à l’approche de vos règles. Des solutions existent, on en parle plus bas !
Si vous souhaitez savoir avec plus de certitude si vos douleurs mammaires sont bien liées à un SPM, voici un quiz qui devrait vous aider !
Augmentation de la prolactine
Comment parler de nos seins sans évoquer une hormone qui a un impact encore plus direct sur eux, la prolactine ?
La prolactine est l’hormone de l’allaitement, sécrétée en grande quantité en post-partum. Mais on en sécrète aussi un peu en dehors de la grossesse !
Bien sûr, si on ne vient pas d’accoucher, la prolactine n’est pas ultra élevée comme en fin de grossesse : toutefois, elle augmente légèrement après l’ovulation, et peut également être un peu haute chez certaines femmes, notamment en raison du stress ou d’une hypothyroïdie, par exemple. Or, cette petite montée suffit parfois à activer le tissu mammaire !
Par ailleurs, même avec un taux de prolactine “normal”, certaines femmes ont une hypersensibilité mammaire à la prolactine, qui peut provoquer une réponse exagérée des tissus.

Contraception hormonale
Ensuite, votre pilule contraceptive peut également être à l’origine de douleurs dans les seins en raison des hormones de synthèse qu’elle contient, surtout si elle est mal dosée, par exemple.
Ainsi, si votre cycle menstruel est à l’arrêt total parce que vous prenez une pilule combinée ou progestative, et que vous avez systématiquement mal aux seins dans les jours qui précèdent les saignements de privation, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour qu’il/elle vous propose une autre pilule, voire une autre contraception.
Un traitement hormonal hors contraception peut également être en cause, notamment dans le cadre d’un parcours PMA ou si vous prenez un traitement hormonal substitutif en lien avec la ménopause (dans ce deuxième cas, vous pouvez en parler avec votre gynécologue pour ajuster le traitement si nécessaire !).

Début de grossesse
Enfin, dernière chose mais non des moindres : si vous avez mal aux seins alors que cela ne vous arrive jamais d’habitude, il peut s’agir d’un signe précoce de grossesse !
Attention néanmoins, car seul un test de grossesse permet de confirmer que vous êtes bien enceinte 🙂 De plus, les cycles peuvent être très différents d’un « mois » à l’autre, et les symptômes peuvent également aller et venir en fonction des fluctuations hormonales qui se jouent. Donc prudence, mais ça peut néanmoins être un très bon signe, surtout si ce n’est pas fréquent chez vous !

Comment soulager les douleurs mammaires avant les règles ?
Si les douleurs mammaires avant les règles peuvent s’expliquer par les variations de nos hormones féminines, elles ne sont pas une fatalité, loin de là ! Voici quelques pistes qui peuvent vous aider à apaiser les douleurs et les tensions que vous pouvez ressentir 🙂
Limiter la rétention d’eau
Pour commencer, il est important de réduire votre rétention d’eau et du même coup, le gonflement de votre poitrine !
Pour ce faire, même si cela semble contre-intuitif, hydratez-vous bien (au moins 1,5l d’eau par jour) et évitez les aliments trop salés ainsi que l’alcool et le café. Pensez aussi à bouger et faire du sport, pour favoriser une bonne circulation sanguine !
Apaiser son SPM
Si vous pensez souffrir de SPM, vous pourrez soulager votre poitrine (et les autres symptômes associés) en travaillant directement dessus ! Car oui, comme dit plus haut, avoir un syndrome prémenstruel n’est pas une fatalité et on peut tout à fait apaiser nos hormones, quand on sait comment s’y prendre 🙂
Une piste clé est donc de travailler sur son équilibre hormonal après l’ovulation !
- Pour savoir si vous avez trop d’oestrogènes ou pas assez de progestérone, n’hésitez pas à réaliser un bilan hormonal 7 jours après votre ovulation (si possible validée en symptothermie, et non via une application ou un simple calcul des jours), afin d’y voir plus clair
- En parallèle, notez bien tous vos symptômes et à partir de quel moment ils apparaissent 🙂
- Ensuite, en fonction du déséquilibre en présence, vous pouvez soit travailler sur la bonne élimination des oestrogènes en excès, soit booster votre sécrétion de progestérone par le corps jaune.
Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée pour rééquilibrer vos hormones, le Moody Club peut vous être grandement utile : vous aider à bâtir votre routine anti-SPM est toute sa raison d’être ! 💪
Une autre piste tout aussi importante est de calmer l’inflammation, notamment en :
- adoptant une alimentation la plus proche possible du régime méditerranéen, avec des légumes de saison, des lipides et des protéines de qualité.
- choisissant des compléments alimentaires riches en oméga-3
- limitant le stress, qui contribue énormément à l’inflammation silencieuse, au manque de progestérone et à l’augmentation de la prolactine !
Autres astuces naturelles
Au-delà de ce travail « de fond » sur vos hormones et votre inflammation (qui peut prendre du temps mais être efficace sur le moyen-long terme !), voici d’autres tips naturels pour soulager vos douleurs mammaires de manière plus instantanée :
- Utiliser des plantes médicinales axées sur la circulation sanguine comme la vigne rouge, ou diurétiques comme la piloselle
- Appliquer de l’huile végétale de calophylle
- Prendre des gélules d’huile d’onagre, qui présente des vertus anti-inflammatoires grâce à ses bons acides gras
- Appliquer du chaud sur votre poitrine (ou du froid, si vous sentez que ça vous soulage davantage)
- Troquer votre soutien-gorge habituel pour une brassière confortable (ne pas hésiter à prendre une taille au-dessus de votre taille habituelle !)

Douleurs mammaires : quand consulter ?
Si les douleurs aux seins sont courantes et très souvent sans danger, n’hésitez pas, dans tous les cas, à en parler à votre médecin (votre gynécologue, votre sage-femme ou simplement votre médecin traitant !).
On vous recommande d’autant plus d’évoquer le sujet en consultation en cas de douleurs importantes, qui ne semblent pas liées au cycle menstruel et/ou s’intensifient. Idem en cas de rougeur, de chaleur, ou si votre mamelon rentre vers l’intérieur, voire si vous constatez un écoulement ou des ganglions au niveau des aisselles.
Votre médecin pourra procéder à une évaluation visuelle, une palpation, voire à des examens d’imagerie s’il estime que c’est nécessaire.
Si cela peut vous rassurer, les douleurs à la poitrine sont rarement évocatrices d’un cancer du sein 🙂 Elles peuvent aussi être liées à une mauvaise posture ou être d’origine nerveuse (en cas de compression de nerfs de la colonne vertébrale, par exemple). Un kyste bénin peut également être en cause !
Néanmoins, il est essentiel d’agir en prévention et de bien connaître sa poitrine : n’hésitez donc pas à réaliser une auto-palpation de vos seins en début de cycle menstruel, après vos règles, à un moment où vos hormones (et notamment vos oestrogènes) ne sont pas encore trop élevés 🙂

Pour résumer – Questions fréquentes
Quels sont les signes qui montrent que les règles arrivent ?
Chaque femme est différente et les signes avant-coureurs des règles peuvent l’être aussi ! Néanmoins, généralement, les règles « s’annoncent » via une fatigue plus prononcée, des crampes et des tiraillements dans le bas ventre et on peut sentir que nos seins sont plus « lourds ».
Par ailleurs, pour beaucoup de femmes, ces jours qui précèdent les règles peuvent être plus pénibles à vivre, avec des désagréments plus prononcés : des douleurs vives dans le ventre, le dos et les seins, des troubles de l’humeur (irritabilité, déprime, tristesse), des envies de manger irrépressibles, etc. Ce sont des manifestations du syndrome prémenstruel, un trouble féminin courant, mais qui n’est pas normal (et sur lequel on peut travailler !).
Comment savoir si mes douleurs aux seins sont liées à l’arrivée des règles ou à une grossesse ?
Les douleurs mammaires sont souvent un symptôme qui interroge, que l’on soit en essai bébé ou non : « serais-je enceinte ? ». Pour vous répondre, elles peuvent être un signe précoce de grossesse, mais aussi simplement signaler un déséquilibre hormonal avant les règles !
Il ne faut donc pas se fier à ce symptôme seul (même si cela ne vous arrive jamais d’habitude) et garder en tête que le meilleur moyen de savoir si vous êtes enceinte est de réaliser un test de grossesse. On a bien conscience que l’attente peut être très pénible à vivre (que la grossesse soit souhaitée ou non) mais malheureusement, c’est le seul indice vraiment fiable 🙂
En revanche, votre poitrine peut aussi vous « parler » grâce aux tubercules de Montgomery ! Ce sont de petites protubérances sur l’aréole qui peuvent aussi faire leur apparition en début de grossesse (même si, encore une fois, ce n’est pas infaillible et un test reste incontournable en cas de doute !).
Est-ce normal d’avoir mal à un seul sein avant les règles ?
Oui, cela peut arriver, si l’un de vos seins est un peu plus sensible que l’autre aux fluctuations hormonales 🙂
Combien de jours avant les règles les seins deviennent douloureux ?
Cela dépend ! Certaines femmes ont mal dès l’ovulation (en raison de l’importante sécrétion d’oestrogènes pendant le pic ovulatoire) jusqu’aux règles (si les oestrogènes restent trop hauts après l’ovulation face à la progestérone), tandis que d’autres vont seulement ressentir des douleurs mammaires 2-3 jours avant les règles.
Comment différencier douleur mammaire cyclique et non cyclique ?
Une douleur mammaire cyclique revient systématiquement au même moment du cycle menstruel : ovulation, jours avant les règles ou sur toute la deuxième partie du cycle. La cause est très certainement hormonale !
Une douleur non cyclique est soit constante (vous avez mal tout le temps), soit fluctuante, mais son apparition ne semble pas intervenir au même moment de votre cycle. La cause peut être nerveuse, posturale, musculaire ou liée à une pathologie, donc n’hésitez pas à consulter 🙂
Et voilà ! Vous savez maintenant pourquoi nous les femmes, nous avons parfois des douleurs ou une sensibilité accrue au niveau des seins avant les règles : nos hormones (et notamment les oestrogènes) sont clairement impliquées !
Encore une fois, les douleurs doivent vraiment être raisonnables : si elles impactent votre bien-être et votre qualité de vie, on vous invite à en parler à votre médecin, notamment pour écarter un kyste, une infection, une cause nerveuse ou musculaire ou un autre souci de santé.
En tout cas, si les douleurs sont liées à votre cycle et à vos hormones, vous pouvez complètement agir dessus grâce à de bonnes habitudes d’hygiène de vie et des astuces naturelles. À nouveau, si vous ressentez le besoin d’être guidée, le Moody Club est là pour vous !
Et bien sûr, s’il vous reste des questions, l’espace Commentaires est ci-dessous 😉