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saignement intermenstruel

Saignement intermenstruel : comment le différencier des règles ?

Les idées clés

  • Tous les saignements vaginaux ne sont pas des règles.
  • Les règles sont la conséquence d’une ovulation survenue en amont.
  • Tous les saignements entre les règles ne racontent pas la même chose : spotting d’ovulation, pertes avant les règles, saignement de nidation, saignement sous contraception, saignement anovulatoire, etc, ont des explications physiologiques distinctes !
  • Le vrai enjeu est donc de distinguer un saignement menstruel normal des autres saignements du cycle.
  • Un saignement semblable aux menstruations peut survenir sans ovulation : on parle alors de saignement anovulatoire.
  • En cas de saignements répétés, abondants, douloureux ou inhabituels, un avis médical est nécessaire.

Observer du sang dans ses sous-vêtements ne signifie pas forcément que les règles sont arrivées ! Au cours d’un cycle menstruel, plusieurs types de saignements peuvent survenir, et ils n’ont pas tous la même signification.

C’est justement là que la confusion s’installe : on a tendance à appeler “règles” tout saignement rouge, alors qu’il peut s’agir d’un spotting d’ovulation, de pertes avant les règles, d’un saignement lié à une contraception, de saignements de début de grossesse, entre autres !

Le problème, c’est que ce terme de “saignement intermenstruel” est souvent utilisé comme un fourre-tout, alors que, sur le plan physiologique, ces saignements ne correspondent pas du tout aux mêmes mécanismes.

Dans cet article, on va donc voir comment différencier un vrai saignement menstruel d’un saignement intermenstruel, et comprendre pourquoi certains saignements qui ressemblent à s’y méprendre à des règles sont en réalité des saignements anovulatoires.



règles définition

Les règles, toujours la conséquence d’une ovulation réussie

Les règles correspondent à l‘évacuation de la muqueuse utérine, de l’endomètre qui a été bâti pendant le cycle précédent. L’utérus se contracte, la muqueuse se détache et est évacuée avec les saignements !

Les règles ont une particularité physiologique : elles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie, non suivie d’une fécondation.

En première partie de cycle (pendant la phase pré-ovulatoire ou folliculaire), les oestrogènes épaississent l’endomètre.

Après l’ovulation (en phase lutéale ou post-ovulatoire), la progestérone prend le relais, stoppe l’épaississement de l’endomètre et vient maintenir + vasculariser cette muqueuse utérine, pour qu’un embryon puisse s’accrocher et être irrigué. Sans fécondation, la progestérone finit par chuter au bout de 14 jours (en moyenne) : lorsque la progestérone chute, l’endomètre n’est plus maintenu : il se détache, et les règles débutent.

Ainsi,pour avoir ses règles, il faut qu’un ovule ait été libéré en amont ! C’est ce qui explique pourquoi, en cas d’absence d’ovulation, la plupart du temps, les règles ne se déclenchent pas : on reste en réalité bloquée dans une longue phase pré-ovulatoire, et on parle alors d’aménorrhée (plus de 3 mois sans règles).

Mais il arrive aussi qu’on ait des saignements très ressemblants aux règles, sans ovuler !


saignement anovulatoire

Peut-on saigner sans ovuler ? Le cas du saignement anovulatoire

Qu’est-ce qu’un saignement anovulatoire ?

Un saignement anovulatoire est un saignement qui peut ressembler aux règles en termes de durée, de couleur et d’abondance, sans que le corps ne soit parvenu à ovuler. C’est ce qui peut le rendre trompeur !

Contrairement aux règles, ce saignement n’est pas déclenché par une chute hormonale nette, mais par une instabilité de l’endomètre.

En effet, en l’absence d’ovulation, la progestérone n’est pas produite : l’endomètre est alors stimulé uniquement par les œstrogènes, ce qui le rend épais mais fragile ! En parallèle, le cerveau continue de stimuler les ovaires (via la FSH) et peut tenter une ovulation. Mais cette stimulation n’a pas d’effet stabilisateur sur l’endomètre !

La FSH agit en effet sur les ovaires, pas sur la muqueuse utérine : ainsi, même en présence de stimulation hormonale, l’endomètre peut se détacher si la progestérone n’est pas sécrétée.

Dans quels contextes les saignements anovulatoires sont plus fréquents ?

Tout comme l’absence d’ovulation, les saignements anovulatoires peuvent survenir de manière ponctuelle au cours de la vie d’une femme, sans que ça ne soit problématique pour son cycle menstruel ou sa fertilité.

Néanmoins, dans certains cas, le processus ovulatoire peut être difficile ou compromis et les saignements anovulatoires sont donc plus fréquents !

  • Adolescence : lorsque le cycle menstruel se met en place et débute, il peut être brouillon et les premières ovulations peuvent être compliquées !
  • Post-arrêt de contraception hormonale : là encore, le cycle menstruel ayant été mis à l’arrêt durant plusieurs mois/années en raison de la prise d’hormones synthétiques bloquant l’ovulation, celle-ci peut mettre un peu de temps à revenir de manière optimale
  • SOPK : les troubles de l’ovulation font partie des 3 critères de Rotterdam pour diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiques (en plus de l’hyperandrogénie et des ovaires polykystiques).
  • Périménopause : cette période qui peut durer plusieurs années avant la ménopause est marquée par des fluctuations hormonales un peu anarchiques, qui peuvent contrecarrer l’ovulation
  • Les périodes de stress (émotionnel ou physique) peuvent aussi impacter directement l’ovulation.

saignements en dehors des règles

Le saignement anovulatoire, l’une des causes de saignements entre les règles

On confond parfois saignement intermenstruel et saignement anovulatoire : en réalité, le saignement anovulatoire partie par des saignements intermenstruels, de tous ces saignements qui peuvent apparaître en dehors des règles (que le corps médical appelle métrorragies)

  • Le spotting d’ovulation : environ 5 % des femmes présentent de légers saignements au moment de l’ovulation.
  • Le spotting de nidation : au moment de l’implantation de l’embryon, dans l’utérus, un léger saignement peut survenir. Ce n’est pas toujours le cas, mais ça arrive !
  • Les spottings avant les règles : ici, ce peut être le signe d’une ‘insuffisance en progestérone, qui ne parvient pas à complètement maintenir l’endomètre.
  • Lessaignements de début de grossesse : les femmes enceintes peuvent parfois avoir des saignements vaginaux survenant au même timing que les règles habituelles. Si vous avez un doute, pensez toujours à faire un test de grossesse, et si vous êtes effectivement enceinte, parlez-en avec votre médecin par précaution (même si un saignement pendant la grossesse n’est pas forcément signe d’une complication, c’est même courant !).  
  • Unpolype, un fibrome, une infection, etc : il s’agit de causes organiques qui peuvent causer des saignements entre les règles, qui ne sont pour autant pas liés au cycle lui-même.
  • Un changement de contraception : le spotting est fréquent lors des deux premiers mois de prise d’une nouvelle contraception.

Les saignements intermenstruels sont généralement des spottings : le spotting est en principe plus léger et de courte durée par rapport à un flux menstruel normal. Les spottings sont souvent indolores et peuvent être de couleur rose, rouge ou marron, on peut les observer seulement sur un papier toilette quand on s’essuie, par exemple.

Les saignements intermenstruels peuvent être bénins, mais ils doivent être évalués par un médecin pour exclure des causes plus graves, d’autant plus s’ils sont accompagnés de douleurs, de démangeaisons ou d’autres symptômes !

On a consacré un article complet à l’ensemble des saignements entre les règles qu’on peut observer, n’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin !


différence règles et saignement anovulatoire

Comment faire la différence entre les règles et un saignement anovulatoire ?

LA grande question ! En effet, si le saignement anovulatoire ressemble à s’y méprendre aux menstruations, comment on fait pour les distinguer ?!

La symptothermie est l’un des meilleurs outils pour confirmer l’ovulation

La symptothermie est aujourd’hui l’un des seuls outils permettant de confirmer qu’une ovulation a bien eu lieu, grâce à l’observation de la glaire cervicale et de la température.

Dans un cycle ovulatoire classique, on observe une montée en qualité de la glaire cervicale avant l’ovulation : et c’est normal, car elle est directement influencée par les oestrogènes, qui augmentent de manière exponentielle avant l’ovulation, au fur et à mesure que les follicules se développent. Elle est donc plus élastique, lubrifiée et transparente au fur et à mesure que l’ovulation approche et on observe des pertes crémeuses, laiteuses, blanc d’oeuf cru, avec une sensation humide, mouillée.

Une fois l’ovulation passée, cette glaire cervicale s’assèche (puisque les oestrogènes chutent) et la température au repos augmente légèrement (du fait de la progestérone) : la combinaison de ces deux indicateurs confirme qu’on a bien ovulé.

Ainsi, si votre courbe de température ne présente pas de plateau haut, l’ovulation n’a pas eu lieu ! Côté glaire, votre glaire cervicale peut être peu présente, mais vous pouvez aussi avoir un pic de glaire + un assèchement si votre corps a tenté d’ovuler sans y parvenir. La glaire seule ne suffit donc pas pour valider l’ovulation 🙂 Si vous avez des saignements semblables à des règles sans avoir ovulé, vous savez que vous êtes en présence d’un saignement anovulatoire.

Pour info, le cycle menstruel se poursuit en présence d’un tel saignement, puisque sans ovulation, on ne peut pas dire que le cycle menstruel est fini, vous restez dans cette phase pré-ovulatoire jusqu’à ce que l’ovulation aboutisse. Et pour rappel, la FSH continue de stimuler les ovaires et l’ovulation peut avoir lieu à tout moment.

Pourquoi faire la différence entre règles et saignement anovulatoire est essentiel ?

Faire la différence entre règles et saignement anovulatoire change complètement la manière de lire son cycle !

  • On sait précisément quand son cycle est complet et terminé (ovulation, puis saignements qui correspondent aux règles), ou s’il est toujours en cours (absence d’ovulation, puis saignement anovulatoire)
  • On sait si on se trouve dans sa période de fertilité (et on synchronise ses rapports en fonction, qu’on soit en désir de grossesse ou en mode contraception naturelle)
  • On peut repérer plus facilement certaines anomalies, comme un trouble de l’ovulation ou un déséquilibre hormonal.

Si vous souhaitez vous initier à la symptothermie, voici notre Guide de Démarrage à télécharger gratuitement ci-dessous !


Saignement intermenstruel : quand consulter

Saignement intermenstruel : quand consulter ?

Les saignements entre les règles peuvent porter à confusion et inquiéter : c’est bien normal et comme dit plus haut, la plupart des saignements entre les règles sont bénins, mais certains méritent l’avis de votre gynécologue ou de votre sage-femme pour en comprendre la cause, avec éventuellement un bilan hormonal + un examen clinique).

Voici quelques signaux d’alerte à prendre en compte :

  • saignements fréquents ou abondants
  • après un rapport (même s’il peut que ce soit simplement votre col de l’utérus qui soit un peu sensible)
  • douleurs pelviennes associées
  • s’ils surviennent après la ménopause, car on n’est plus censée saigner lorsque l’on est plus en âge de procréer
  • si vous constatez une absence d’ovulation sur plusieurs cycles
  • si les spottings prémenstruels apparaissent tôt en phase post-ovulatoire : des spottings 2 à 3 jours avant les règles sont fréquents, mais s’ils apparaissent plus tôt dans la phase post-ovulatoire, ils peuvent évoquer un déséquilibre hormonal.


pour résumer questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


On espère que cet article vous sera utile, afin de comprendre ce qui se joue dans votre cycle, avec une lecture plus fine de vos différents saignements ! Comprendre la différence entre règles, spotting, saignement intermenstruel et saignement anovulatoire permet de mieux lire son cycle, de savoir précisément où on en est, et d’éviter de tout mettre dans le même panier 🙂

L’idée n’est pas de s’alarmer au moindre spotting, mais de savoir repérer ce qui semble physiologique et lié à votre cycle, et ce qui mérite d’être creusé.

Si vous avez d’autres questions, surtout n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires !

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Auteur/autrice de l’image

Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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