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endométrite chronique

Endométrite chronique : ses impacts sur le cycle menstruel et la fertilité

Les idées clés

  • L’endométrite chronique est une inflammation persistante et souvent silencieuse de l’endomètre, la plupart du temps liée à une infection (mais pas toujours !)
  • Elle est fréquemment mise en évidence lors de problèmes de fertilité, notamment en cas d’arrêts de grossesse précoces à répétition ou d’échecs d’implantation en PMA.
  • Il est souvent difficile de diagnostiquer une endométrite chronique de manière claire, car elle peut être asymptomatique ou se manifester via des symptômes non spécifiques, comme des douleurs utérines ou des saignements entre les règles.
  • Une cure d’antibiotiques ciblés peut être proposée, mais elle n’est pas toujours suffisante et ne constitue pas un traitement au long cours. Des anti-inflammatoires peuvent être prescrits (notamment en parcours PMA, au moment du transfert de l’embryon) et on peut également atténuer l’inflammation via de bonnes habitudes d’hygiène de vie.

Troubles de la fertilité inexpliqués, arrêts de grossesse précoces à répétition, échecs d’implantation… derrière ces situations éprouvantes peut se cacher une pathologie féminine encore peu connue : l’endométrite chronique !

Souvent silencieuse, cette inflammation persistante de la muqueuse utérine passe fréquemment inaperçue. Elle n’entraîne pas toujours de symptômes évidents et peut être diagnostiquée assez tardivement, souvent un peu « par hasard » lors d’un bilan de fertilité ! Pourtant, ces dernières années, de plus en plus d’études s’intéressent à son rôle potentiel dans les difficultés de conception, notamment en PMA.

Dans cet article, l’objectif est de faire le point de manière claire sur ce que l’on sait aujourd’hui de l’endométrite chronique : ses mécanismes, ses symptômes, son diagnostic, son impact sur la fertilité, mais aussi comment on peut faire en sorte de la tempérer, médicalement ou par le biais de son hygiène de vie 🙂



définition endométrite chronique

Endométrite chronique, de quoi parle-t-on ?

Une endométrite est une inflammation de l’endomètre (la muqueuse utérine), le plus souvent associée à une infection ou à un déséquilibre du microbiote utérin.

Car oui, contrairement à ce que l’on a longtemps cru, l’ utérus n’est pas totalement stérile ! Il existe bien un environnement bactérien dans l’ utérus, encore mal connu, mais susceptible d’influencer l’équilibre inflammatoire de l’endomètre.

Endométrite aigüe / endométrite chronique

Quand on parle d’endométrite, on parle le plus souvent d’endométrite aigüe, qui arrive soudainement, et peut faire suite à une intervention chirurgicale (accouchement, pose d’un stérilet) ou une IST (la chlamydia, par exemple). Elle s’accompagne généralement de fièvre, de douleurs et doit être prise en charge médicalement.

Ce que l’on sait moins, c’est que l’on peut également souffrir d’une endométrite chronique, une inflammation à bas bruit de la muqueuse utérine qui persiste dans le temps.

Endométrite / Endométriose

En revanche, il ne faut pas confondre endométrite chronique et endométriose !

En effet, l’endométrite est donc une inflammation de l’endomètre, alors que l’ endométriose est une pathologie qui se caractérise par la prolifération de cellules similaires à l’endomètre en dehors de l’utérus, qui réagissent aux fluctuations hormonales et peuvent provoquer des lésions, des kystes et des adhérences.

Il s’agit donc de deux mécanismes différents, même si endométrite et endométriose peuvent coexister et qu’elles sont toutes les deux étroitement liées à des problématiques inflammatoires.


symptômes de l'endométrite chronique

Quels sont les symptômes de l’endométrite chronique ?

L’endométrite chronique est souvent asymptomatique, ce qui explique qu’elle passe longtemps inaperçue ! Toutefois, elle peut aussi se manifester via les signes suivants :

  • Des saignements anormaux entre les règles
  • Des douleurs utérines modérées, mais persistantes
  • De pertes vaginales qui diffèrent de la glaire cervicale, parfois associées à une odeur inhabituelle
  • Parfois un peu de fièvre (même si c’est assez peu fréquent, on la retrouve plutôt dans l’endométrite aigüe)
  • Des difficultés à concevoir, avec des « fausses couches » à répétition, notamment des échecs d’implantation observés en parcours PMA, après une FIV. En effet, après la fécondation, l’embryon doit s’implanter dans la muqueuse utérine pour pouvoir se développer, et en cas d’endométrite chronique, l’inflammation persistante de l’endomètre peut altérer sa réceptivité et compromettre cette implantation ! Le principal écueil de l’endométrite chronique est que ces symptômes ne lui sont pas spécifiques et peuvent être liés à d’autres troubles gynécologiques ou hormonaux. Cela explique pourquoi le diagnostic est souvent posé tardivement, voire uniquement dans le cadre d’un bilan d’infertilité ! Si vous avez un doute, n’hésitez pas à poser la question à votre gynécologue en rendez-vous pour qu’il puisse envisager et explorer cette piste 🙂

causes de l'endométrite chronique

Quelles sont les causes de l’endométrite chronique ?

Un peu comme pour les symptômes qui ne permettent pas de confirmer une endométrite chronique de manière évidente, une incertitude scientifique demeure quant à ses causes, surtout qu’elle peut résulter de mécanismes multiples, parfois intriqués.

Les études et recherches en cours évoquent plusieurs pistes :

  • Une infection bactérienne persistante, même si on n’arrive pas toujours à retrouver la/les bactérie(s) responsables
  • Un déséquilibre du microbiote utérin (en sachant que le microbiote utérin est un champ de recherche assez récent, encore peu exploré)
  • Des antécédents d’actes intra-utérins (césarienne, pose/retrait d’un DIU, chirurgie, etc.)
  • Une ancienne IST ou une IST mal-traitée, pouvant laisser persister une inflammation chronique
  • Une réponse immunitaire locale inadaptée, car quand le système immunitaire se déclenche, l’un de ses premiers mécanismes de défense est l’inflammation de la zone concernée ! Et si l’inflammation devient chronique, cela peut vraiment altérer la muqueuse sur la durée.

Vous l’aurez compris, la recherche avance sur ce sujet sans qu’on ait de réponse tout à fait claire pour le moment !


diagnostic de l'endométrite chronique

Comment diagnostiquer une endométrite chronique ?

Qui dit symptômes non-spécifiques, dit aussi pas de procédure claire ou de test unique permettant de poser le diagnostic de manière certaine !

Le gynécologue peut établir son diagnostic en se basant sur :

  • une hystéroscopie réalisée en première intention, car l’ endomètre peut présenter des signes d’inflammation ou apparaître irrégulier à l’examen. Attention, en revanche, une hystéroscopie peut être évocatrice mais n’est pas suffisante pour poser le diagnostic !
  • La biopsie de l’endomètre, qui constitue l’examen de référence. Elle permet de rechercher la présence de plasmocytes, des cellules immunitaires qui reflètent une inflammation chronique de la muqueuse utérine. Ces cellules sont identifiées grâce à un marquage spécifique, le marqueur CD138. Toutefois, cet examen n’est pas encore systématiquement réalisé, et la question du seuil de plasmocytes à partir duquel on parle d’endométrite chronique fait encore débat.
  • L’analyse du microbiote utérin, parfois proposée dans certains parcours de fertilité ou de PMA. Néanmoins, encore une fois, les connaissances actuelles sont encore assez limitées à ce sujet !

impact endométrite grossesse

Quel est l’impact de l’ endométrite chronique sur les chances de grossesse ?

L’endométrite chronique peut compliquer un projet bébé si elle s’installe sur le long terme, notamment en altérant la réceptivité de l’endomètre, c’est-à-dire sa capacité à accueillir un embryon et à permettre son implantation dans la paroi utérine.

En effet, la bonne préparation de la muqueuse utérine après l’ovulation fait partie des conditions sine qua non pour permettre une grossesse ! En phase post-ovulatoire, la progestérone peaufine l’endomètre préalablement épaissi par les oestrogènes avant l’ovulation : elle crée des aspérités pour que l’embryon puisse s’implanter, et elle vascularise la muqueuse. En cas d’endométrite chronique, l’inflammation persistante de l’endomètre peut altérer cette réceptivité, même lorsque la progestérone est correctement produite !

La progestérone a également pour mission de moduler la réponse immunitaire de l’utérus après la potentielle fécondation, afin que le corps de la mère « accepte » l’embryon qui lui est à 50% étranger. Or, en cas d’endométrite, le système immunitaire est en état d’alerte constante (notamment en raison de la présence d’agents infectieux), et ne répond plus très bien à cette modulation exigée par la progestérone.

Enfin, de manière peut-être plus indirecte, l’inflammation chronique et la sur-activation du système immunitaire peuvent également perturber le cycle menstruel, en altérant la bonne communication entre notre cerveau et les ovaires, et notre bonne synthèse hormonale.


traitements de l'endométrite chronique

Endométrite chronique : quels sont les traitements ?

Les solutions médicales

L’endométrite chronique étant souvent plutôt diagnostiquée lors d’un parcours PMA, elle est souvent prise en charge dans ce cadre ! Si vous êtes concernée, votre médecin peut vous proposer une cure d’ antibiotiques ciblés pendant 14 jours. Dans tous les cas, le choix de l’antibiotique est souvent crucial et doit être adapté à la situation, en fonction des bactéries identifiées lors des examens.

Toutefois, ce traitement ne marche pas forcément à tous les coups, et lorsque l’endométrite ne passe pas, les médecins considèrent qu’elle n’est alors plus uniquement liée à une infection active, mais qu’elle relève d’un déséquilibre immuno-inflammatoire local.

Dans ce cas, les médecins proposent plutôt des anti-inflammatoires (souvent des corticoïdes à faible dose) sur une durée courte, souvent autour du transfert de l’embryon en cas de fécondation in vitro. L’idée n’est pas forcément de résoudre totalement l’endométrite chronique, mais plutôt d’optimiser une fenêtre très précise ! En revanche, leur utilisation n’est pas systématique et pensée au cas par cas, car certains d’entre eux peuvent interférer avec l’ovulation et le cycle menstruel.

Pistes liées à l’hygiène de vie

En complément de la prise en charge médicale, certaines mesures d’hygiène de vie peuvent contribuer à limiter le terrain inflammatoire !

Vous pouvez notamment opter pour une alimentation anti-inflammatoire (riche en bons gras comme des oméga-3, et en antioxydants), veiller à avoir un sommeil suffisamment réparateur et travailler sur votre niveau de stress, qui peut participer à l’inflammation chronique.

Les probiotiques peuvent également être une bonne idée pour soutenir le microbiote utérin (surtout après la prise d’ antibiotiques), mais attention, les données sont encore limitées et il est capital de trouver le traitement vraiment adapté.


Pour conclure, l’endométrite chronique reste une pathologie féminine encore imparfaitement comprise, souvent silencieuse et parfois découverte tardivement, notamment dans le cadre d’un bilan de fertilité ou d’un parcours de PMA !

Si elle peut compliquer l’implantation embryonnaire et les chances de grossesse chez les femmes qui en souffrent, elle n’est ni une fatalité, ni une condamnation définitive à l’infertilité, on vous rassure 🙂 Des pistes de solution existent, qu’elles soient médicales ou plus « naturelles », ancrées dans votre hygiène de vie, en essayant d’enrayer cette réaction inflammatoire de l’ utérus. Si vous le souhaitez, on peut aussi vous accompagner sur ce point dans le cadre du Fertility Club 🙂

Et si vous avez des questions sur ce thème, n’hésitez pas à les poser en commentaire !

9 réflexions au sujet de “Endométrite chronique : ses impacts sur le cycle menstruel et la fertilité”

  1. Bonjour Laurène,
    Je sors du FC 12 (team Eva) mais je viens d’avoir un rendez vous post opératoire à la suite d’une hysteroscopie et biopsie de l’endomètre , il s’avère que j’ai une endométrite chronique et je me demandais si en plus de l’alimentation et de l’hygiène de vie il y a des plantes qui peuvent aider à « guérir » , je ne suis pas dans un parcours pma .
    Merci

    Répondre
    • Coucou Céline,
      Oh je comprends complètement !
      Alors l’idéal ce serait que tu contactes Bénédicte du Fertility Club, elle saura te répondre, et tu seras pour sûr entre de bonnes mains !
      Je suis de tout coeur avec toi !
      A bientôt !

      Répondre
  2. Bonjour
    Mon endomètre reste mince malgré stimulation (letrozole et menopur) on parle de 3mm… mon estradiol est à 124 en début de cycle et ma progestérone de 52,4 7 DPO..
    J’ai des règles quasi inexistantes depuis l’arrêt de la pilule en juillet 2025 (spotting brun) est ce que le premier réflexe serait une endométrite chronique?

    Répondre
    • Coucou Caroline ! Un endomètre à 3 mm sous stimulation, c’est effectivement très fin, mais le premier réflexe n’est pas forcément l’endométrite chronique et éventuellement plutôt un manque d’oestrogènes.
      En effet, la croissance de l’endomètre dépend directement des œstrogènes, et dans ton cas, plusieurs éléments font plutôt penser à une imprégnation œstrogénique insuffisante (ou peu efficace) : règles très faibles, spotting, et traitement par letrozole qui diminue justement les œstrogènes.
      Ta progestérone est en revanche très bonne, donc le problème ne semble pas être en phase lutéale, mais bien en amont, au moment où l’endomètre est censé se construire.
      L’endométrite chronique peut exister, mais ce n’est pas la cause la plus fréquente dans ce type de tableau. Avant d’aller là-dessus, ça vaut vraiment le coup d’explorer la réponse aux œstrogènes (naturels ou en stimulation). Ton taux de 124 n’est pas catastrophique, et pris isolément, on peut se dire que c’est OK : mais quand on le couple à tes symptômes, on peut se dire qu’il est un peu bas 🙂 Bonne journée !

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  3. Merci pour cet article. Je souffre moi même d’une endométrite chronique. J’ai du faire 3 cure d’antibiotiques pour à priori m’en débarrassé, même si je n’en suis pas sûre…
    La plupart des femmes souffrant de cela arriveront elles à avoir un enfant malgré tout ?

    Répondre
    • Coucou Chloé ! Oui, bien sûr : ce qui compte est d’être bien suivie et d’essayer aussi, de ton côté, de limiter l’inflammation (stress, alimentation, etc). Je t’envoie toutes mes bonnes ondes !!

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  4. Merci pour cet article, il m’a vraiment interpellé.

    Je me pose une question : quand on commence à avoir des cycles plus irréguliers en pré-ménopause, comment savoir si c’est “juste hormonal”… ou si quelque chose comme une endométrite peut être en cause ?

    Y a-t-il un signe en particulier qui doit alerter ?

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    • Bonjour Aurélie ! Il est assez compliqué de diagnostiquer une endométrite, mais si on a des saignements entre les règles par exemple ou des douleurs utérines persistantes, on peut creuser cette piste grâce à une biopsie, par exemple. Bonne journée !

      Répondre

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Auteur/autrice de l’image

Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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