Les idées clés
- Les femmes produisent de la testostérone, via les ovaires et les glandes surrénales.
- La testostérone a un rôle à jouer sur le cycle menstruel, notamment en raison de son implication dans la croissance des follicules ovariens et de sa conversion en oestrogènes.
- Elle a également un impact sur notre santé globale et plus particulièrement sur notre santé osseuse, notre masse musculaire, notre libido et notre énergie. Son influence sur notre santé mentale et cognitive fait pour le moment encore débat, mais certaines études prouvent un effet protecteur de la testostérone.
- Une carence ou un excès de testostérone ont tous les deux un impact sur l’ovulation et la fertilité, via différents mécanismes.
- Des solutions médicales et des pistes d’hygiène de vie aident à retrouver un taux de testostérone optimal
La testostérone n’est pas une hormone que l’on associe spontanément à la féminité et à la fertilité : en effet, on en parle surtout quand il est question de la sexualité, de la fertilité, et de la musculature des hommes !
Pourtant, les femmes produisent bel et bien de la testostérone, et généralement, quand le corps dépense de l’énergie pour produire quelque chose, c’est qu’il y a une raison : et la testostérone ne fait pas exception, car elle a un vrai rôle à jouer dans le cycle menstruel, l’ovulation et notre fertilité, et pas seulement en stimulant notre libido ;)) !
L'article, en bref
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Qu’est-ce que la testostérone ?
La testostérone fait partie des hormones stéroïdes (au même titre que les oestrogènes et la progestérone), et elle est produite chez les femmes par les glandes surrénales, mais aussi par les ovaires et le tissu adipeux. Elle appartient au groupe des hormones androgènes, c’est-à-dire les hormones « mâles » : les hommes ont d’ailleurs davantage de testostérone que les femmes.
Néanmoins, la testostérone est une hormone très importante pour l’équilibre féminin ! C’est la raison pour laquelle lorsque sa production chute à la ménopause, les femmes peuvent ressentir un certain nombre d’effets secondaires pas forcément faciles à vivre, au niveau physique et mental.

Les bénéfices de la testostérone chez la femme
Testostérone et fertilité féminine
Pour commencer, la testostérone est un précurseur des œstrogènes : en effet, la testostérone est transformée en estradiol (les oestrogènes produits par les ovaires) par l’enzyme aromatase. Donc, un déficit en testostérone peut tout à fait impacter la production d’œstrogènes nécessaire à l’ovulation et à la maturation folliculaire.
Elle agit également directement sur les follicules ovariens, car on retrouve des récepteurs à androgènes (testostérone, DHEA) dans les cellules de la granulosa et de la thèque dans les follicules, ce qui influence la croissance folliculaire et la sensibilité des follicules à la FSH (qui est l’hormone envoyée par le cerveau en début de cycle pour stimuler leur maturation).
- Cellules de la thèque : elles sont situées autour du follicule ovarien et répondent à la LH et produisent des androgènes (androstènedione, testostérone).
- Cellules de la granulosa : elles tapissent l’intérieur du follicule et répondent à la FSH et transforment les androgènes en œstrogènes grâce à l’aromatase.
Plus technique encore, la testostérone participe à la sécrétion pulsatile de GnRH et de LH ! Ces deux hormones, respectivement sécrétées par l’hypothalamus pour lancer le cycle menstruel (la GnRH) et par l’hypophyse pour déclencher l’ovulation (la LH), ne sont pas sécrétées en continu, mais plutôt par « à coups ». La testostérone contribue à la régulation de la fréquence de ces pulsations qui peuvent donc être plus ou moins rapides (et cela a un impact sur l’équilibre hormonal et la maturation folliculaire, on y revient plus loin !).
Ainsi, on peut dire que la testostérone, bien qu’elle soit considérée comme une hormone masculine, est une hormone de support de la fertilité féminine, car elle prépare le terrain à une ovulation réussie par son action sur la production d’oestrogènes et la maturation des follicules.
Voici pour les bénéfices connus et documentés de la testostérone sur le cycle menstruel ; toutefois, cette hormone pourrait présenter d’autres bénéfices potentiels, encore à l’étude et débattus par la communauté scientifique :
- Elle pourrait stimuler le recrutement et la croissance des follicules antraux, surtout chez les femmes avec faible réserve ovarienne.
- Des études montrent qu’un apport d’androgènes (sous forme de testostérone transdermique ou de DHEA orale) avant une FIV (fécondation in vitro) pourrait améliorer le nombre d’ovocytes matures.
Testostérone et santé féminine globale
Outre notre fertilité et l’ovulation, la testostérone agirait aussi sur notre équilibre global, en impactant notre niveau d’énergie, notre santé osseuse, notre masse musculaire et notre cognition.
Énergie et vitalité
La testostérone contribue au métabolisme énergétique, à la manière dont on utilise nos ressources pour créer de l’énergie : ainsi, une carence pourrait donc se traduire par une fatigue chronique.
Par ailleurs, il existe un lien entre la testostérone et la dopamine, ce qui entretient notre motivation et notre vitalité (ce mécanisme explique aussi le lien entre testostérone et libido !).
Santé osseuse
La testostérone joue un rôle indirect sur la bonne santé de nos os, de nos articulations, de nos tendons et de nos ligaments grâce à sa bonne conversion en estradiol (les oestrogènes sont essentiels à la robustesse de notre système ostéo-articulaire !).
Il ne faut néanmoins pas oublier qu’elle joue aussi un rôle direct, dans la mesure où la testostérone stimule l’activité ostéoblastique, c’est-à-dire la construction osseuse et le renouvellement osseux.
Masse musculaire
Globalement, la testostérone est une hormone anabolisante, une hormone qui « construit » : ainsi, elle stimule aussi la formation de nos muscles et préserve notre masse maigre. Elle favorise aussi une meilleure répartition musculaire par rapport à notre tissu graisseux !
Humeur et santé cognitive
La testostérone a également un impact sur notre cerveau et certains de nos comportements. Elle est par exemple très connue pour stimuler la libido en agissant sur notre système nerveux central ! C’est la raison pour laquelle chez la femme, on observe un petit pic de libido juste avant l’ovulation, du fait d’une hausse de la testostérone à ce moment du cycle ) 😉 Aujourd’hui, la supplémentation en testostérone n’est d’ailleurs autorisée que pour traiter une baisse du désir sexuel.
Certaines études démontrent que des taux de testostérone adéquats sont associés à une meilleure humeur, moins d’irritabilité et moins de symptômes dépressifs.
Enfin, d’autres études suggèrent que la testostérone pourrait favoriser la mémoire, la concentration ou d’autres fonctions cognitives chez les femmes, voire protéger du déclin cognitif, des maladies neuro-dégénératives et de la démence. Néanmoins, une étude randomisée et de plus grande ampleur manque encore pour prouver ces points de manière irréfutable, car les scientifiques se penchent encore assez peu sur les effets de la testostérone sur les femmes (les études sur les hommes sont bien plus nombreuses). Mais la recherche avance !
Trop ou pas assez de testostérone : l’équilibre est clé !
Vous l’aurez compris, la testostérone est une hormone importante chez la femme, à ne pas négliger autant pour sa fertilité que pour son bien être. Néanmoins, comme toutes les hormones, elle doit être présente en quantité normale, être suffisamment présente sans non plus être en excès.
Voici les indices qui peuvent mettre sur la voie d’un taux de testostérone trop bas, ou au contraire trop élevé !

Les signes d’un déficit en testostérone
- Fatigue
- Baisse de libido
- Perte musculaire
- Troubles de l’humeur
- Risque osseux accru
- Troubles de l’ovulation et de la fertilité : quand la testostérone est trop basse, la stimulation ovarienne par la FSH est trop faible. On a également moins d’oestrogènes, car pour rappel, la testostérone est convertie (en partie) en oestrogènes ! Enfin, quand la testostérone est trop basse, cela réduit aussi la sécrétion de GnRH et de LH, essentielles à l’ovulation.

Les signes d’un excès de testostérone (hyperandrogénie)
- Acné
- Hirsutisme (pilosité à des endroits auxquels habituellement, une femme n’a pas de poils, comme le menton, les joues, la poitrine ou le dos)
- Perte / chute de cheveux (alopécie androgénique)
- Troubles métaboliques (par exemple une résistance à l’insuline dans le cadre d’un SOPK)
- Parfois des troubles de fertilité si l’excès de testostérone perturbe l’ovulation.
Sur ce dernier point, on s’explique ! Pour ovuler, notre hypothalamus (dans notre cerveau) envoie de la GnRH à son sous-chef, l’hypophyse, qui lui, stimule les ovaires et les follicules ovariens en leur envoyant de la FSH. En maturant, les follicules sécrètent des oestrogènes et au bout de quelques jours, un follicule grossit plus vite et sécrète plein d’oestrogènes : en réponse, l’hypophyse envoie une dose massive d’une seconde hormone, la LH et ce pic de LH déclenche ensuite l’ovulation. Normalement, en phase folliculaire, LH et FSH restent relativement équilibrées, jusqu’au pic brutal de LH qui déclenche l’ovulation.
Pour en revenir à la testostérone, nous vous avons précédemment expliqué qu’elle avait un rôle à jouer sur la fréquence de sécrétion de la GnRH : avec un taux de testostérone normal, la GnRH est pulsée toutes les 90–120 min (environ !), mais en cas d’excès, la cadence est accélérée, avec des pulses toutes les 30–60 min (c’est là encore, une fourchette) ! Or, cette accélération va ensuite favoriser la sécrétion de LH au détriment de la FSH, car un rythme plus rapide de GnRH envoie un signal à l’hypophyse de sécréter de la LH (et non de la FSH).
Conséquence : l’hypophyse sécrète plus de LH que de FSH et c’est ainsi que l’hyperandrogénie conduit à un rapport LH/FSH augmenté. Pour couronner le tout, un excès de LH, stimule encore plus les cellules de la thèque, ce qui engendre une production accrue de testostérone. C’est un cercle vicieux ! Pendant ce temps, la FSH est trop faible pour permettre une bonne maturation folliculaire : il n’y a donc pas de follicule dominant, ce qui peut conduire à une absence d’ovulation.
À noter : il faut préciser le lien entre testostérone et hyperandrogénie, car la testostérone fait partie des hormones androgènes, mais elle n’est pas la seule ! La DHEA, la DHEA-S ou encore la DHT et l’androsténédione appartiennent aussi à cette catégorie d’hormones. Ainsi, on peut avoir une testostérone normale mais présenter une hyperandrogénie en raison d’un excès d’une autre hormone androgène. Un excès de testostérone conduit à une hyperandrogénie, mais tous les cas d’hyperandrogénie ne sont pas forcément liés à un excès de testostérone !
Pour compléter, la DHEA et la DHEA-S sont souvent les plus élevées en cas d’origine surrénalienne, tandis que la testostérone et l’androstènedione reflètent plus l’origine ovarienne de l’hyperandrogénie.

Quelles sont les causes d’un déséquilibre en testostérone chez la femme ?
Causes d’un excès de testostérone chez la femme
- Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : il s’agit de la cause la plus fréquente d’un excès de testostérone, en raison d’une hyperstimulation des cellules de la thèque (dans les follicules) par la LH, et éventuellement d’une résistance à l’insuline, qui conduit elle aussi à un excès des hormones androgènes. Nuance néanmoins : toutes les femmes souffrant de SOPK ne présente pas une hyperandrogénie / un excès de testostérone !
- Une insulinorésistance (qui n’est pas forcément liée à un SOPK) : l’insuline agit directement sur les cellules de la thèque des ovaires en stimulant la production d’androgènes. Elle réduit aussi la production de SHBG par le foie : la SHBG est une protéine de transport qui véhicule dans le sang les hormones stéroïdes (dont la testostérone). Quand la testostérone est liée à la SHBG, elle est inactive (en gros, tant qu’elle est dans le taxi, elle ne peut pas agir). Mais si la SHBG diminue, la proportion de testostérone libre augmente, ce qui renforce ses effets androgéniques sur les cellules cibles. C’est pourquoi le surpoids, l’obésité ou encore le stress chronique (via le cortisol qui entretient l’hyperinsulinémie) peuvent favoriser ou aggraver un excès d’androgènes.
- Une tumeur ovarienne ou surrénale sécrétante : ceci est rare mais les médecins peuvent creuser cette piste en cas d’excès brutal et sévère.
- La prise de certains médicaments : androgènes, corticoïdes, anabolisants.
Causes d’un déficit de testostérone chez la femme
- La périménopause : plus la ménopause approche, plus l’activité ovarienne ralentit et le taux de testostérone diminue progressivement.
- La ménopause : les ovaires continuent à sécréter des androgènes (surtout androstènedione et testostérone) et les glandes surrénales restent une source importante de DHEA/DHEAS et androstènedione, qui peuvent être converties en testostérone. Les femmes ménopausées voient leur taux de testostérone se réduire environ de moitié.
- Insuffisance ovarienne prématurée : en cas d’IOP, l’activité ovarienne est fortement ralentie et assez irrégulière, ce qui impacte la production de testostérone, d’oestrogènes et de progestérone.
- Chirurgie des ovaires : en enlevant les ovaires ou un kyste ovarien, on retire des tissus qui peuvent sécréter de la testostérone
- Certaines maladies chroniques : les maladies auto-immunes (notamment celles qui s’attaquent aux ovaires et aux glandes surrénales) ou encore une insuffisance hypophysaire peuvent impacter la production hormonale
- La prise de certains traitements, comme la pilule contraceptive combinée (qui « baillonne » nos ovaires et qui, de plus, diminue la testostérone libre via une augmentation de la protéine SHBG, et ) ou les agonistes de la GnRH (qui bloquent le dialogue cerveau/ovaires).
- Le stress chronique, le manque de sommeil et certaines carences nutritionnelles peuvent avoir un impact, notamment en raison de l’inflammation générée par ces « habitudes » d’hygiène de vie, mais aussi tout simplement parce que notre corps a besoin de ressources et de repos pour fabriquer nos hormones !

Comment savoir si j’ai trop ou pas assez de testostérone ? Quand consulter ?
Si vous avez des symptômes évocateurs d’un déséquilibre de la testostérone, n’hésitez pas à creuser cela avec votre médecin, gynécologue ou endocrinologue : il /elle s’appuiera sur les symptômes cliniques, mais également sur un bilan hormonal (souvent fait en début de cycle pour mesurer également les oestrogènes, la FSH et la LH) pour déterminer si votre testostérone est dans les clous, ou non.
À noter qu’il est important de doser la testostérone bien sûr, mais aussi la testostérone libre, car c’est celle-ci qui est biologiquement active. De plus, comme expliqué plus haut, il est tout aussi essentiel de mesurer les autres hormones androgènes, comme la DHEA ou la DHEA-S qui peuvent aussi être impliquées dans certains troubles de la fertilité et des soucis de santé. Quant à la DHT, elle ne fait généralement pas partie des examens de routine et est plutôt réservée à des cas particuliers (hirsutisme sévère, suspicion d’anomalie enzymatique).
Enfin, petite nuance qui nous semble pertinente : on peut tout à fait être en situation d’hyperandrogénie dite relative. Cela signifie que la testostérone et les autres androgènes sont OK, mais que les oestrogènes sont trop bas ! Dans ce cas, un défaut de conversion de la testostérone en oestrogènes (via l’aromatase) peut être partiellement en cause, même si généralement, cela vient plutôt d’un problème au niveau ovarien qui empêche la stimulation des follicules ou d’un manque de réponse des ovaires à la stimulation hypophysaire.
Si vous souhaitez vous y retrouver dans les hormones à tester lors d’un bilan hormonal, savoir quoi doser à quel moment et comprendre vos résultats, voici notre Guide Bilan Hormonal, à télécharger gratuitement ! 🙂

Quelles sont les solutions en cas d’un déséquilibre en testostérone ?
En cas de souci de testostérone avéré, il existe heureusement des solutions, naturelles et médicales, pour corriger un excès ou une carence 🙂
Les solutions médicales
En cas d’un excès de testostérone
Les médecins disposent de plusieurs traitements pour faire baisser la testostérone :
- La pilule combinée : en bloquant le cycle menstruel et l’ovulation, elle empêche la maturation folliculaire et le pic de LH. Elle vient également augmenter la SHBG, la protéine qui désactive la testostérone.
- Les anti-androgènes, comme le spironolactone, l’acétate de cyprotérone, ou le flutamide, utilisés en cas d’hirsutisme sévère ou d’hyperandrogénie, souvent associés à une contraception pour éviter toute grossesse (car tératogènes pour un fœtus masculin).
- La metformine en cas d’insulinorésistance associée.
En cas de désir d’enfant, l’équipe médicale peut proposer une stimulation ovarienne avec du citrate de clomifène (Clomid) ou du létrozole, qui bloquent les récepteurs aux œstrogènes au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse. Ainsi le cerveau “croit” qu’il n’y a pas assez d’œstrogènes et envoie plus de GnRH, ce qui conduit à une augmentation de la FSH par l’hypophyse, qui compense le déficit de FSH provoqué par l’excès de testostérone 🙂
Défaut de testostérone
Si la testostérone est en déficit, les médecins peuvent prescrire :
- de la testostérone (en gel ou patch), mais les autorités de santé valident cet usage (à ce stade), seulement en cas de trouble de la libido et du désir sexuel, et ce traitement n’est donc généralement pas prescrit pour d’autres symptômes liés au manque de testostérone
- de la DHEA, parfois prescrite en PMA, surtout chez les femmes avec diminution de la réserve ovarienne pour améliorer le recrutement folliculaire.
Les solutions naturelles et liées à l’hygiène de vie
Outre les traitements médicaux, certaines habitudes d’hygiène de vie peuvent aussi faire la différence pour rééquilibrer son taux de testostérone !
Excès de testostérone
- La gestion du poids et la pratique d’une activité physique régulière : cela améliore la sensibilité à l’insuline, ce qui a pour effet de baisser les androgènes circulants.
- Une alimentation à index glycémique bas, riche en fibres et bons gras, qui stabilise l’insuline et réduit les risques de résistance à l’insuline
- La réduction du stress : le stress augmente la sécrétion de cortisol, l’hormone de l’action et de la résistance au stress. Or, cette hormone provoque une hausse de la glycémie (pour mobiliser de l’énergie en cas de menace) et si les situations de stress sont trop fréquentes, cela entraîne un excès d’insuline, qui peut stimuler la production d’androgènes par les ovaires, entretenant ainsi l’hyperandrogénie.
Déficit en testostérone
- Une nutrition riche en bons gras et protéines de qualité : les protéines sont les briques de fabrication de tous nos tissus et bien sûr, de nos hormones ! Les hormones sexuelles (oestrogènes, testostérone, progestérone, cortisol, notamment) ont la particularité d’être des hormones stéroïdes, qui ont besoin de cholestérol pour être fabriquées.
- Le renforcement musculaire, qui stimule naturellement la production androgénique.
- Un sommeil réparateur : on n’y pense pas toujours, mais la production hormonale nocturne dépend aussi de la qualité de notre sommeil !
- La réduction de l’alcool et du tabac, qui diminuent la production d’androgènes, notamment en altérant la qualité de nos follicules ovariens
- Des plantes adaptogènes (ashwagandha, maca), qui ont des effets positifs sur la résistance au stress, la libido et l’énergie.
Voici pour les grandes bases ! Si vous souhaitez soutenir votre fertilité via un accompagnement plus poussé et personnalisé, on est à votre disposition dans le Fertility Club : on vous explique tout sur vos hormones (dont la testostérone, forcément, mais pas que !) et votre cycle menstruel, tout en vous donnant des clés pour les comprendre et les équilibrer quand elles en ont besoin 🙂
Excès / carence en testostérone : tableau récap des symptômes, causes et solutions
Cet article étant assez dense, avec plein d’informations parfois un peu techniques (désolée, mais c’est souvent intéressant de comprendre les mécanismes précis qui se jouent !), voici un tableau récapitulatif au sujet de la carence en testostérone et d’un excès 🙂


Pour résumer – Questions fréquentes
Quel est le rôle de la testostérone chez la femme ?
Outre le désir sexuel et la libido, la testostérone est impliquée dans le développement des follicules ovariens et a donc son rôle à jouer dans l’ovulation et la fertilité féminine.
Elle soutient également notre santé osseuse et cardiovasculaire (notamment grâce à sa conversion en oestrogènes) et aurait des effets sur notre santé mentale et cognitive, qui font l’objet de recherches scientifiques et sont encore débattus pour le moment.
Quels sont les symptômes d’un manque de testostérone chez la femme ?
Chez la femme, on peut suspecter un manque de testostérone en cas de baisse de la libido et de la masse musculaire, de fatigue ou de troubles du développement des follicules ovariens et de l’ovulation.
Quels sont les effets de trop de testostérone chez la femme ?
Lorsque la testostérone est en excès chez la femme, elle peut avoir de l’acné, de l’hirsutisme, une alopécie, des troubles liés à l’insuline, mais également des problèmes de fertilité (notamment un SOPK).
Quel est le taux normal de testostérone chez la femme ?
Chez une femme en âge de procréer, la testostérone circule à des taux très bas comparés à ceux de l’homme : la testostérone totale se situe généralement entre 0,2 et 0,8 ng/mL (0,7–2,7 nmol/L), et la testostérone libre autour de 1 à 4 pg/mL.
Attention, ces chiffres sont des fourchettes indicatives : il faut toujours les observer en tenant compte de votre physiologie et d’autres hormones comme la LH, la FSH ou les oestrogènes.
À noter qu’elle est plus basse en phase folliculaire, puis augmente progressivement jusqu’à faire un petit pic juste avant l’ovulation, en même temps que le pic de LH. Ensuite, elle redescend en phase lutéale.
Après la ménopause, ces taux diminuent encore d’environ un tiers à la moitié, mais ils ne tombent pas à zéro : les ovaires et surtout les glandes surrénales continuent d’en produire de petites quantités.
Et c’est ainsi que s’achève notre tour d’horizon consacré à la testostérone ! Vous l’aurez compris, elle est bien plus intéressante et complexe que la vision très réductrice selon laquelle la testostérone est surtout une affaire d’homme (et de testicules !) : elle a toute sa place et son importance chez la femme également, avec un rôle clé pour la fertilité.
Qu’en pensez-vous ? Si vous avez encore des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire !
Les sources complémentaires
8 réflexions au sujet de “Testostérone chez la femme : rôle, symptômes d’un déséquilibre et solutions”
Je me pose cette question (sur la présence de la testostérone chez la femme, et son éventuelle influence sur le psychisme) car j’ai fait quelques recherches sur René Ecochard, le fondateur de la méthode M (ce qui m’a, à vrai dire, complètement rebutée à l’idée d’apprendre la symptothermie avec cette méthode, car René Ecochard est un catholique qui n’hésite pas à intervenir sur des médias d’extrême droite pour défendre la différence ontologique entre l’homme et la femme, en les cantonnant dans des rôles traditionnels, du moins me semble-t-il… et si je suis la première à penser que notre condition physiologique colore certainement d’une manière ou d’une autre notre façon d’être au monde, je n’en suis pas moins féministe !) ; je suis alors tombée sur cette publication, « Ce que l’homme doit à son chromosome Y » : ce dernier serait notamment impliqué dans la production de testostérone, ce qui aurait une influence considérable sur le psychisme…
Je voulais donc savoir ce que tu pouvais me dire à propos de tout cela, et aussi, si d’autres scientifiques non catholiques s’étaient penchés sur ce sujet, et pouvaient adresser à René Ecochard une réponse critique (mais la publication est toute récente, elle date de 2024).
Voilà, encore merci !
Coucou Eulalie ! Merci pour ta question et oui, en effet, la testostérone aurait un impact considérable sur l’humeur et les capacités cognitives, c’est pour cela qu’elle est très importante pour la femme également 🙂 Et oui, aux Etats Unis, tu as des chercheurs (et surtout des chercheuses !) qui se sont penchées sur le sujet, comme Kelly Casperson. Très bonne journée !
Bonjour Laurène,
Je viens de survoler ton article (désolée, je le lirai attentivement quand j’aurai davantage de temps, car cela me semble très intéressant, comme tout ce que tu publies sur ce site !) pour tenter d’y trouver une confirmation de cette affirmation lue sur Wikipédia, « bien que couramment appelée hormone mâle, [la testostérone] est aussi celle qui est la plus présente chez les femmes », mais ce n’est apparemment pas le cas ; dans le lien en appui de cette assertion de Wikipedia, j’ai trouvé « T is the most abundant biologically active female hormone », ce qui n’est pas si probant que cela, car « hormone biologiquement active la plus abondante » ne veut pas forcément dire que « la plus présente »… Pourrais-tu m’éclairer ?
Merci !
Coucou Eulalie ! Pour te répondre, chez la femme, la testostérone est produite en continu par les ovaires, les glandes surrénales et par conversion périphérique (à partir de la DHEA et de l’androstènedione) : ainsi, si on additionne production + conversion, la quantité totale d’androgènes circulants (dont la testostérone) dépasse celle des œstrogènes ou de la progestérone sur 24 h. Néanmoins, les œstrogènes (surtout l’estradiol) et la progestérone atteignent, selon les phases du cycle, des concentrations plasmatiques plus élevées que la testostérone, qui elle circule à des taux plus bas, mais très stables dans le temps, avec peu de variations cycliques.
De plus, la testostérone ne pilote pas le cycle menstruel : elle soutient l’énergie, la libido, la masse musculaire, la densité osseuse, la motivation, la cognition… et même indirectement la fertilité, sans jamais “prendre le pouvoir” sur le cycle. Toutefois, elle est l’un des piliers hormonaux majeurs de la physiologie féminine, souvent sous-estimé 🙂 Bonne journée !
Est ce que chez la femme avant ménopause à partir de 40 ans avec taux de testo très bas 0,08 et des signe cliniques surtout graisse abdominale résistanteMalgré gym 5/7 musculation et diete propres , complément alimentaire , fatigue , irritabilité
Est une indication pour une supplementation ?
Coucou ! Le mieux est de demander l’avis de ton médecin, qui saura te répondre avec précision en fonction de ton suivi 🙂 Tu peux aussi voir avec un(e) naturopathe pour un bilan global ! Bonne journée 🙂
J’aurais aimé connaître les causes psychologiques et spirituelles d’un excès de testostérone chez la femme. Est-ce qu’une petitte fille de 6 ans , confrontée à un gros stress relatif à des agressions psychologiques de ses propres parents sur sa personne, peut développer, par réaction et pour sa propre survie, des hormones mâles ? Merci de me répondre. Mme Mathy , une grand-mère très anxieuse
Coucou Christiane ! C’est une très bonne question, pour laquelle je n’ai hélas pas la réponse, car on est sur quelque chose qui n’est pas documenté 🙂 Je t’envoie en tout cas tout mon réconfort, peut-être peux-tu parler de cette situation aux parents de ta petite fille, ou directement avec elle (même si je comprends que ce ne soit pas facile :s) ? Bonne soirée !