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Fonctionnement de la pilule : les réponses aux 10 questions les plus fréquentes

La pilule contraceptive est une méthode de contraception figurant parmi les plus populaires en France, utilisée par 26,8% des femmes (juste derrière le dispositif intra utérin au cuivre) : et pourtant c’est aussi l’un des plus méconnus quant à son fonctionnement !

Comment cette contraception hormonale agit-elle concrètement sur notre cycle, sur notre ovulation et sur nos règles ? Quels sont ses risques et effets secondaires avérés ? Comment optimiser sa prise pour ne pas courir de risque (notamment de grossesse non désirée !) ? On vous partage des réponses aux questions les plus courantes sur la pilule !



types de pilule

Quels sont les différents types de pilule et comment fonctionnent-ils ?

Il existe deux types de pilule contraceptive : les pilules oestroprogestatives et les pilules progestatives.

Les pilules oestroprogestatives (aussi appelées pilules combinées),

Ces pilules sont formulées à base d’oestrogènes et de progestérone de synthèse. Généralement, ces pilules combinées agissent en bloquant l’ovulation, en atrophiant l’ endomètre et en modifiant la consistance de la glaire cervicale.

Comment ça marche ? Lors d’un cycle menstruel classique, le cerveau et les ovaires communiquent par hormones interposées : le cerveau commence par stimuler les ovaires en envoyant de la FSH et en retour, les ovaires (ou plutôt les follicules qui contiennent chacun un ovocyte) sécrètent des oestrogènes. Au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et produit beaucoup d’oestrogènes : en réponse, le cerveau envoie un pic massif de LH pour déclencher l’ovulation. Enfin, le restant du follicule vide devient le corps jaune et sécrète de la progestérone, qui bloque l’ovulation jusqu’aux prochaines règles.

En cas de prise de pilule combinée, ce dialogue entre les ovaires et le cerveau est brouillé/bloqué : par conséquent, l’ovulation ne se fait plus, le cycle menstruel est en pause et les hormones naturelles féminines sont remplacées par des hormones synthétiques.

Les pilules combinées peuvent être monophasiques (tous les comprimés de la plaquette contiennent la même dose d’hormone de synthèse), biphasiques (avec deux dosages différents pendant la plaquette) ou triphasiques (trois dosages différents, pour imiter davantage les variations naturelles du cycle). En pratique, la plupart des pilules oestroprogestatives sont monophasiques !

Les pilules progestatives (ou microprogestatives)

Comme leur nom l’indique, ces pilules progestatives ne contiennent qu’un progestatif de synthèse. Ces pilules progestatives ne bloquent pas toujours l’ovulation, mais agissent aussi sur l’endomètre et épaississent la glaire cervicale (ce qui empêche le passage des spermatozoïdes dans le col de l’utérus).

Pour plus d’information sur ces contraceptifs oraux, rendez-vous sur notre article dédié à la pilule contraceptive, mais également sur les progestatifs !


Quelle est l’efficacité de la pilule ?

Un moyen de contraception est scientifiquement évalué selon un critère objectif, qui est l‘indice de PEARL : il désigne l’efficacité dudit moyen de contraception chez les femmes l’ayant adopté sur une durée d’un an, selon un score sur 100. Ainsi, un moyen de contraception ayant un indice de PEARL de 100 voudrait dire que sur 100 femmes, aucune d’elles n’est tombée enceinte par accident, avec donc 100% de réussite ou d’efficacité (spoiler : aucun moyen de contraception, même la ligature des trompes; n’est efficace à 100% !).

Il est ensuite scindé en 2 : l’indice théorique (son efficacité selon son mécanisme de fonctionnement sur le papier, en conditions absolument parfaites) et l’indice pratique (son efficacité selon l’usage réel des personnes qui l’utilisent, en prenant compte des aléas et des erreurs).

L’indice de PEARL de la pilule est de 99,7% d’un point de vue théorique (c’est-à-dire si on respecte parfaitement les règles de prise) et de 93% d’un point de vue pratique (avec les aléas de la vie et notamment risques d’oubli de pilule, etc.).

Pour info, en comparaison, l’indice de PEARL du préservatif masculin est de 98% en théorique et de seulement 85% en pratique, et s’agissant des méthodes naturelles comme la symptothermie, ils sont respectivement de 99,6% et 98,2%.


Que faire en cas d’oubli de pilule ?

Si l’un de ses avantages est d’être facile à prendre, l’oubli de pilule, c’est un peu LE point noir de cette méthode de contraception. C’est lui qui fait chuter en flèche son taux de fiabilité pratique et qui est responsable de bien des grossesses sous pilule.

Il faut savoir que chaque comprimé produit des effets pendant 24 heures, raison pour laquelle il faut le prendre à heure fixe et ne surtout pas sauter une prise, sinon l’effet contraceptif n’est plus assuré et l’ovulation n’est plus bloquée. 

S’agissant du délai de retard toléré, il diffère selon le type de pilule : 12h maximum en cas d’oubli de pilule oestroprogestative, et 3h seulement pour la pilule progestative. 

Ainsi, en cas de voyage avec décalage horaire, il faut au maximum rester sur le fuseau horaire d’origine et ne pas décaler sa prise de plus 3 ou 12h, selon le type de pilule.

De même, si vous vomissez ou avez la diarrhée dans les heures qui suivent la prise du comprimé, il est préférable d’en reprendre un (dans ce cas, l’idéal est d’avoir une plaquette “de rab” dans laquelle piocher les comprimés supplémentaires pour les pilules monophasiques).

Si vous dépassez le retard toléré dans votre prise de pilule et avez un rapport sexuel non protégé ensuite, vous pouvez avoir recours à une contraception d’urgence (aussi appelée pilule du lendemain). Son mode d’action consiste en fait à décaler l’ovulation, afin que si l’un des spermatozoïdes se trouve sur zone, il soit finalement mort quand l’ovulation se produit ! La pilule du lendemain est également une contraception hormonale qui demande de respecter un certain timing pour être efficace (elle doit être prise entre 3 et 5 jours maximum après le rapport non protégé, selon le type de pilule) ; si le délai est dépassé, on peut également faire poser un dispositif intra utérin au cuivre, pour empêcher non pas la fécondation, mais l’implantation de l’embryon. La contraception d’urgence est prise en charge par l’ Assurance Maladie, comme la plupart des pilules « classiques ».

Il faut aussi avoir en tête que l’oubli de pilule contraceptive n’a pas le même impact selon la semaine de prise ! En effet, un oubli est particulièrement critique en début de plaquette : après la pause de 7 jours (ou la prise de comprimés placebo), le dialogue cerveau/ovaires peut reprendre et relancer une ovulation. Si un oubli a lieu à ce moment-là, la protection contraceptive peut être compromise, et il est recommandé d’utiliser un autre moyen de contraception en complément, comme le préservatif masculin, pendant au moins 7 jours.

En revanche, un oubli survenant en 3e semaine est généralement moins risqué car l’ovulation a déjà été bloquée depuis plusieurs semaines. Toutefois, selon les recommandations officielles, il est alors conseillé d’enchaîner directement sur une nouvelle plaquette sans faire de pause, pour maintenir la protection sans interruption.

Dans tous les cas, si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre professionnel de santé (médecin traitant, gynécologue ou sage-femme) ou d’un pharmacien pour faire le point et savoir comment rectifier le tir en cas d’oubli !


Peut-on prendre 2 pilules le même jour ?

Tant que l’on respecte le délai de retard toléré (il faut bien penser à vérifier sur la notice pour chaque pilule), il peut arriver que l’on doive prendre 2 comprimés le même jour

En effet, si vous prenez normalement votre pilule combinée à 20h et que vous vous rendez compte le lendemain matin que vous l’avez oublié, vous pouvez la prendre jusqu’à 8h, et ensuite prendre la suivante le soir.

Vous aurez donc pris 2 pilules le même jour, et c’est OK !


À partir de combien de temps la pilule contraceptive fait-elle effet ?

Tout dépend du moment où l’on commence la plaquette et du type de pilule utilisé !

En ce qui concerne la pilule combinée (œstrogènes + progestatif) : la protection contraceptive est immédiate, si elle est débutée le premier jour des règles. En revanche, si la première prise a lieu plus tard dans le cycle, il faut attendre 7 jours avant d’être protégée de manière fiable. Pendant cette période, il est recommandé d’utiliser un moyen de contraception complémentaire (type préservatif masculin).

Pour ce qui est de la pilule progestative seule :
– Si elle est commencée le premier jour des règles, l’effet contraceptif est acquis au bout de 2 jours.
– Si elle est commencée à un autre moment du cycle, il faut aussi attendre 7 jours pour être protégée.

Attention : pour les pilules progestatives de dernière génération à base de désogestrel (type Cérazette, Optimizette), certaines notices précisent que la protection est immédiate si prise dès le premier jour des règles, mais en pratique, les médecins recommandent par prudence d’attendre 7 jours, surtout en cas d’oubli ou de doute sur le jour du cycle.


Combien de temps après avoir arrêté la pilule peut-on tomber enceinte ?

L’action de la pilule n’est pas irréversible et on peut bien sûr tomber enceinte une fois qu’on a arrêté de la prendre 🙂

Néanmoins, il est compliqué de donner une réponse tranchée, car le timing du retour de l’ovulation et de la fertilité dépend de chacune ! Selon les femmes, le cycle menstruel et l’ovulation peuvent revenir tout de suite, ou prendre quelques mois.

Selon une étude, tomber enceinte après avoir arrêté la pilule contraceptive prendrait en moyenne 3 à 18 mois.

Pour mieux comprendre, n’hésitez pas à lire notre article Quel est le délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule ?


Les saignements en cours de cycle sont-ils normaux lorsqu’on prend la pilule ?

Il peut y avoir différents types de pertes de sang lorsqu’on prend la pilule : 

  • Les saignements assimilés à des règles, qui n’en sont pas en réalité mais qui sont des hémorragies de privation, artificiellement créées. Pour mieux comprendre, n’hésitez pas à lire notre article consacré aux règles sous pilule 🙂
  • Les spottings légers, qui sont un des effets secondaires des pilules en continu pendant les 4 premiers mois principalement.

Tous les autres cas de saignements peuvent indiquer une pilule inadaptée, il faut donc en parler avec votre médecin, gynécologue ou sage femme.


A-t-on toujours un cycle menstruel avec la pilule ?

Non, la pilule bloque généralement l’ovulation et les règles : sous pilule, le corps ne fonctionne plus de façon cyclique naturellement, mais de manière artificielle sous l’effet d’hormones de synthèse. Il est placé dans un état simulé de grossesse, avec des taux hormonaux constants.

Avec les pilules combinées (œstrogènes + progestatif), l’ovulation est systématiquement bloquée.

En revanche, avec les pilules progestatives seules, c’est plus nuancé :

  • Les pilules au désogestrel (comme Cérazette®) bloquent l’ovulation dans 97 à 99% des cas.
  • Les pilules progestatives de première génération (type Microlut®, Microval®) n’empêchent pas systématiquement l’ovulation. Leur action contraceptive repose surtout sur l’épaississement de la glaire cervicale, ce qui rend le passage des spermatozoïdes très difficile.

Dans tous les cas, sous pilule, les saignements ne sont pas des vraies règles : ce sont des hémorragies de privation, artificiellement déclenchées par l’arrêt temporaire des hormones.
Ces saignements pourraient d’ailleurs tout à fait être évités, notamment en prenant la pilule en continu.


effets indésirables pilule contraceptive

Quels sont les effets secondaires de la pilule ?

Les effets indésirables communs à tous les types de pilule sont la prise de poids éventuelle, les maux de tête, de seins ou de dos, les troubles de l’humeur, voire un SPM sous pilule.

La pilule combinée, quant à elle, peut entraîner des effets secondaires plus sérieux, comme la thrombose veineuse (phlébite, embolie pulmonaire), la thrombose artérielle (infarctus, accident vasculaire cérébral) ou encore l’hypertension et le diabète.

C’est la raison pour laquelle la pilule oestroprogrestative est déconseillée aux fumeuses, aux femmes présentant des risques liés aux maladies listées ci-dessus, et aux femmes de plus de 35 ans (du fait du risque plus élevé de cancer).

En effet, des recherches suggèrent que les femmes sous contraceptif hormonal auraient un risque légèrement plus élevé d’avoir un cancer du sein ou du col de l’utérus. En revanche, la pilule offrirait une certaine protection contre le risque de cancer de l’endomètre et de l’ovaire (puisqu’elle les met au repos), mais aussi du côlon.

Une étude a par ailleurs montré que les femmes sous pilule avaient 23% plus de risques de souffrir de dépression…

Enfin, certaines pilules à base de progestatifs ont été associées à un risque accru de développer un méningiome, une tumeur le plus souvent bénigne du cerveau. D’après l’étude Epi-Phare, les molécules principalement concernées sont : l’acétate de cyprotérone (Androcur®), le nomégestrol (Lutényl®), le chlormadinone (Lutéran®), mais aussi la promégestone (Surgestone®), l’acétate de médroxyprogestérone (Depo Provera®) et la médrogestone (Colprone®).


Quel est le risque si on fume lorsqu’on prend la pilule ?

Surtout dans le cas des pilules combinées, associer les hormones de synthèse et le tabac augmente les risques d’accident cardiovasculaire. Il est donc fortement recommandé de ne pas fumer avec ce type de contraceptif, cela fait partie des contre indications réelles de la pilule contraceptive !

Dans tous les cas, votre médecin sera votre meilleur conseiller !


Voici nos réponses aux questions qui reviennent le plus souvent sur la pilule contraceptive ! Vous l’aurez compris, bien qu’il soit a priori très facile de prendre un petit comprimé tous les jours pour éviter une grossesse non désirée, ce moyen de contraception soulève pas mal d’interrogations concrètes, sur son fonctionnement, la conduite à tenir en cas d’oubli, son efficacité et ses éventuels effets indésirables.

Précisons que cet article se concentre uniquement sur la pilule contraceptive, et non sur d’autres méthodes de contraception hormonale, telles que l’implant, le patch et les injections, dont le fonctionnement, la fiabilité et les éventuelles contre indications peuvent être différents 🙂

En tout cas, si une question reste sans réponse à la lecture de cet article, venez nous partager vos interrogations en commentaire ! Et n’hésitez pas à lire notre article sur la pilule contraceptive en tant que tel, qui explique vraiment dans le détail tout ce qu’il faut savoir à ce sujet 🙂

2 réflexions au sujet de “Fonctionnement de la pilule : les réponses aux 10 questions les plus fréquentes”

  1. Bonjour.
    Je prends Optimizette depuis début Février. Je ne la prends pas vraiment à heure fixe.
    J’ai possiblement eu un dérèglement hormonal le mois dernier (j’ai eu des saignements marrons pendant quelques jours).
    J’ai eu un oubli complet dimanche 25 et un autre lundi 26 mai. J’ai pris mon comprimé d’hier soir aujourd’hui mais au delà du délai des 12h. J’ai des rapports non protégés depuis le 24 mai.
    Depuis aujourd’hui, j’ai des saignements.
    Ya t’il un risque de grossesse ?

    Répondre
    • Coucou Clara ! Il y a effectivement un risque de grossesse car la pilule Optimizette doit être prise à heure régulière, à moins de 12 heures d’écart :s Concernant tes saignements, ils peuvent être soit liés au dérèglement hormonal à cause des oublis ou des prises décalées (ce qui est fréquent avec Optimizette), soit tout simplement à tes règles,mais ils n’excluent pas une grossesse en cours (certaines femmes enceintes ont des saignements en début de grossesse). Ainsi, si tu as un doute, tu pourras faire un test de grossesse urinaire à 19 jours après le dernier rapport à risque (ou une prise de sang 14 jours après). Si tu le souhaites, n’hésite pas à faire le point avec ton pharmacien ou ton médecin, ne serait-ce peut-être que pour rediscuter de ta contraception et voir si d’autres options seraient préférables pour toi, sans avoir besoin de prendre une pilule tous les jours. Je t’envoie toutes mes bonnes ondes !

      Répondre

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Auteur/autrice de l’image

Émancipées redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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