Les idées clés
- La symptothermie peut s’apprendre avant, pendant ou après une grossesse : il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » moment.
- Avant une grossesse, elle permet d’identifier sa fenêtre fertile et d’optimiser les chances de concevoir.
- Pendant la grossesse, on peut apprendre toute la théorie afin de préparer sereinement le retour de la fertilité après l’accouchement.
- Après la naissance, la symptothermie aide à repérer la reprise de l’ovulation, qui peut survenir avant le retour de couches, même pendant l’allaitement.
- Le post-partum nécessite des règles d’interprétation spécifiques : un accompagnement est fortement recommandé, notamment en contraception naturelle.
Faut-il apprendre la symptothermie avant d’être enceinte ? Est-il encore utile de se former pendant la grossesse ou vaut-il mieux attendre l’accouchement ? Ce sont des questions que l’on reçoit très souvent !
Et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’existe pas de moment idéal : vous pouvez vous former à la symptothermie avant, pendant ou après votre grossesse.
En effet, s’il n’y a plus vraiment de cycle menstruel ni de signaux de fertilité à observer pendant la grossesse, cette période peut être particulièrement propice pour apprendre toute la théorie et préparer sereinement le retour de votre fertilité après l’accouchement 🙂
D’ailleurs, c’est précisément en se demandant quand se former à la symptothermie que l’on mesure tout l’intérêt de la méthode ! Avant une grossesse, elle peut vous aider à repérer votre fenêtre fertile et à optimiser vos chances de concevoir. Après l’accouchement, elle peut devenir une méthode de contraception naturelle très fiable, à condition d’être correctement apprise et adaptée au post-partum. On fait le point ensemble ?
Sommaire
- Quelques rappels sur la symptothermie
- Pourquoi se former avant une grossesse ?
- La grossesse, une mise en pause du cycle menstruel
- Observer la reprise de son cycle menstruel après l’accouchement
- Pour résumer
- Questions fréquentes

Quelques rappels sur la symptothermie
La symptothermie est une méthode d’observation du cycle menstruel, qui permet de repérer l’ovulation et de baliser la fenêtre fertile grâce à l’observation des signaux de fertilité : glaire cervicale, col de l’utérus et température basale.
- On ouvre la fenêtre fertile et on voit l’ovulation approcher grâce à la glaire cervicale, qui devient plus élastique, lubrifiée et transparente à mesure que l’ovulation approche
- Dans le même temps, le col de l’utérus, s’ouvre, remonte, se ramollit et s’aligne avec le vagin dans les jours qui précèdent l’ovulation. Il peut être un signe alternatif ou complémentaire à la glaire !
- On confirme ensuite l’ovulation avec l’assèchement de la glaire cervicale et surtout la montée de température basale, sur plusieurs jours (d’environ 0,2 – 0,3°C). La fenêtre fertile est refermée quand on a 3 jours de température haute + 3 jours d’assèchement de glaire cervicale.
Quand elle est utilisée en guise de méthode de contraception naturelle, la symptothermie présente un taux de fiabilité de 98,2% !
Pourquoi se former avant une grossesse ?
La symptothermie peut être une alliée précieuse en pré-conception, pour les femmes qui souhaitent tomber enceinte. En effet, elle permet de :
- Repérer le bon moment pour avoir des rapports : la fenêtre fertile étant courte (6 jours par cycle environ), il n’est pas necéssaire d’avoir des rapports tous les jours, ou tous les deux jours !
- Déceler des dysfonctionnements du cycle menstruel, comme une phase lutéale courte ou une absence d’ovulation, qui peuvent compliquer un projet bébé.
Mais ensuite, une fois qu’on est enceinte, est-ce bien utile de se lancer dans une formation en symptothermie ?

La grossesse, une mise en pause du cycle menstruel
Lorsqu’une grossesse démarre, notre « paysage » hormonal change, car le cycle menstruel est mis sur pause jusqu’à l’accouchement.
En effet, le trophoblaste (le futur placenta) commence à sécréter de la bêta hCG dès l’implantation de l’embryon dans l’utérus. Cette sécrétion de bêta-hCG permet au corps jaune de survivre et de continuer à produire de la progestérone. Or, cette hormone, que nous sécrétons toutes après l’ovulation (qu’il y ait une grossesse ou non), bloque l’hypophyse et empêche le déclenchement d’une nouvelle ovulation.
C’est ce qui explique qu’on n’ovule pas pendant la grossesse ! La progestérone est une véritable gardienne du temple, qui empêche le déclenchement d’une nouvelle ovulation pendant la grossesse. Il n’y a donc pas de signaux de fertilité à observer et il n’est pas utile de pratiquer la symptothermie enceinte.
Néanmoins, la grossesse peut être une période toute trouvée pour se former à la théorie, quel que soit son objectif après l’accouchement ! Cela laisse le temps de bien se familiariser avec les règles de la méthode et anticiper la reprise de son cycle menstruel après l’accouchement.
On pense souvent que la fertilité revient avec le retour de couches, les premières règles après l’accouchement : sauf qu’en réalité, on peut être fertile avant ! En effet, les règles sont généralement la conséquence d’une ovulation, ce qui signifie qu’on peut être fertile jusqu’à 2 semaines avant le retour de couches.
La grossesse est donc une excellente période pour :
- comprendre la physiologie du cycle menstruel, comment les hormones interagissent entre elles et se succèdent au fil des phases
- comprendre les règles de la méthode symptothermique (comment observer sa glaire cervicale, prendre sa température, noter ses observations et les interpréter)
- intégrer la manière dont les biomarqueurs de fertilité (glaire cervicale, col de l’utérus, température) changent au cours du cycle menstruel
- préparer sereinement le post-partum et le retour de la fertilité après l’accouchement.
De plus, comme il n’y a pas encore d’enjeu contraceptif immédiat, l’apprentissage est souvent plus détendu ! On se concentre sur une chose à la fois : la théorie pendant la grossesse, puis la pratique après l’accouchement 🙂

Observer la reprise de son cycle menstruel après l’accouchement
Une fois l’accouchement passé, le cycle menstruel peut alors reprendre progressivement. Le timing du retour de l’ovulation dépend beaucoup de l’allaitement :
- Sans allaitement : l’ovulation peut reprendre sous 3 semaines
- En cas d’allaitement : la reprise est plus progressive, notamment sous l’influence de la prolactine. La prolactine est l’hormone de la lactation, qui interfère avec l’ovulation ! En sa présence, le dialogue cerveau / ovaires responsable du processus ovulatoire est au mieux brouillé, au pire bloqué.
Il est néanmoins possible de pratiquer la symptothermie en post-partum ! En attendant la confirmation de l’ovulation, la jeune maman pourra observer des allers/retours de glaire sans montée de température, qui traduisent des tentatives d’ovulation.
Ensuite, une fois que la température basale aura grimpé de quelques dixièmes de degré de manière durable (+0.2°C sur au moins 3 jours), l’ovulation sera confirmée et on sait que les premières règles devraient survenir dans les 16 jours qui suivent. En effet, hors grossesse, le corps jaune responsable de la production de progestérone après l’ovulation ne survit pas plus longtemps 🙂 Ces deux indicateurs, glaire cervicale + température sont indispensables pour confirmer l’ovulation et ne vont pas l’un sans l’autre.
Néanmoins, le post-partum est une période très particulière sur le plan hormonal et on vous recommande vivement de vous former avant de pratiquer la symptothermie, surtout en guise de contraception naturelle !
On l’a vu, attendre le retour de couches est insuffisant pour éviter une grossesse et le post-partum est une période où le cycle menstruel peut être un peu chaotique et moins lisible. Donc, en plus de connaître la théorie, il est précieux d’être accompagnée par une conseillère en symptothermie expérimentée, qui pourra interpréter vos courbes avec vous pour ne pas faire d’erreur.
On peut également apprendre à adapter la méthode symptothermique à cette période si particulière du post-partum, notamment pour la prise de la température, avec des nuits hachées !
Pour résumer :
Ainsi, à la question « faut-il se former à la symptothermie avant, pendant ou après la grossesse ? », la réponse est :
- Avant la grossesse : il est hyper utile de se former à la symptothermie, notamment pour augmenter ses chances de concevoir en optimisant le timing des rapports ;
- Pendant la grossesse : il est pertinent de se former à la théorie, en vue de bien préparer son post-partum et anticiper le retour de sa fertilité ;
- Après l’accouchement : on peut passer à la pratique, avec un accompagnement personnalisé pour bien lire son cycle menstruel en post partum, qui peut être perturbé par l’allaitement et le rythme de vie souvent chamboulé par le bébé !
Dans ce cadre, on vous recommande très vivement d’être formée de manière sérieuse, afin de bénéficier de l’excellente efficacité de la méthode symptothermique. Si vous souhaitez le faire à nos côtés, le Serenity Club vous est ouvert, que vous soyez enceinte, ou en post-partum !

Pour résumer – Questions fréquentes
Faut-il continuer à prendre sa température basale pendant la grossesse ?
Non, ce n’est généralement pas utile ! Une fois la grossesse confirmée, la température basale reste élevée sous l’effet de la progestérone, mais son évolution ne permet pas de suivre le bon déroulement de la grossesse.
Vous pouvez donc arrêter de prendre votre température, dès le test positif !
Pourquoi j’ai de la glaire cervicale pendant ma grossesse ?
Si vous observez une glaire cervicale plutôt abondante pendant votre grossesse, c’est normal ! Les oestrogènes grimpent fort et cela se répercute fatalement sur la glaire cervicale 🙂 De son côté, la progestérone vient la faire coaguler pour former le bouchon muqueux, qui scelle le col de l’utérus pour protéger l’embryon de toute infection.
La symptothermie est-elle une méthode fiable en post-partum ?
Oui, à condition d’être correctement adaptée à cette période particulière ! Après un accouchement, surtout en cas d’allaitement, les cycles peuvent être très irréguliers et les signes de fertilité différents de ceux observés avant la grossesse.
La symptothermie reste applicable, mais les règles d’interprétation sont spécifiques au post-partum. C’est pourquoi il est fortement recommandé d’être accompagnée par une formatrice qualifiée !
Comment apprendre la symptothermie ?
La meilleure façon d’apprendre la symptothermie est de suivre une formation dispensée par une personne formée à une méthode scientifique reconnue, comme Sensiplan®.
Vous apprendrez à observer votre glaire cervicale, votre température basale et, si vous le souhaitez, votre col de l’utérus, puis à interpréter ces signes selon des règles validées scientifiquement. Quelques cycles suffisent généralement pour acquérir de bonnes bases, mais un accompagnement permet d’éviter les erreurs les plus fréquentes !
Quand commencer la symptothermie ?
Vous pouvez commencer la symptothermie à presque n’importe quel moment de votre vie reproductive : en désir de grossesse, pour une contraception naturelle, après un arrêt de contraception hormonale, pendant le post-partum ou même pendant la périménopause. La symptothermie peut même vous être utile pour comprendre votre cycle menstruel, sans désir de grossesse ou de contraception particulier.
En revanche, plus vous apprenez à observer votre cycle tôt, plus vous serez à l’aise lorsque vous en aurez réellement besoin 🙂
La symptothermie est-elle adaptée à toutes les femmes ?
Oui ! La symptothermie ne repose pas sur des calculs de calendrier, mais sur l’observation quotidienne des signes de fertilité : elle peut donc être utilisée même si les cycles sont irréguliers, en cas de SMOP (anciennement SOPK), après un arrêt de pilule, pendant l’allaitement ou à l’approche de la ménopause.
Seules certaines situations particulières nécessitent des adaptations ou un accompagnement spécifique, telles que le post-partum.
Peut-on commencer la symptothermie pendant l’allaitement ?
Oui, il est tout à fait possible de débuter la symptothermie pendant l’allaitement, même si les règles ne sont pas encore revenues : les observations permettent justement de détecter la reprise progressive de la fertilité avant le retour des menstruations.
Néanmoins, comme cette période obéit à des règles d’interprétation spécifiques, une formation est particulièrement recommandée.
Pourquoi peut-on tomber enceinte avant le retour de couches ?
On peut tomber enceinte avant son retour de couches parce que la première ovulation peut survenir avant les premières règles !
Or, si un rapport a lieu dans les jours qui précèdent cette première ovulation, une fécondation peut se produire alors même que les règles ne sont jamais revenues. C’est précisément pour cette raison que le post-partum est une période où la symptothermie peut être particulièrement utile, pour repérer cette première ovulation après l’accouchement 🙂
Est-on fertile pendant l’allaitement ?
Oui, c’est possible ! L’allaitement exclusif retarde souvent la reprise de l’ovulation grâce à l’effet de la prolactine, sans forcément la bloquer de manière systématique. La fertilité revient progressivement, à un moment qui varie beaucoup d’une femme à l’autre. Il est donc impossible de prévoir cette reprise à partir de la seule durée de l’allaitement.
Néanmoins, on peut évoquer la méthode MAMA (Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée), qui est une méthode de contraception naturelle justement basée sur l’allaitement exclusif : fiable à 99%, elle exige toutefois de répondre à des exigences strictes pour être efficace, comme celle de nourrir son enfant au moins toutes les 4 heures en journée et toutes les 6 heures durant la nuit. Par ailleurs, elle n’est fiable que durant les 6 premiers mois du bébé !
Quand reprendre sa température après l’accouchement ?
Vous pouvez reprendre vos prises de température dès que vous commencez à revoir de la glaire cervicale après votre accouchement.
En revanche, les nuits souvent fragmentées du post-partum peuvent compliquer l’interprétation des températures : c’est pourquoi la température doit toujours être analysée en association avec les autres biomarqueurs de fertilité, notamment la glaire cervicale. Et on le répète, mais c’est important : soyez accompagnée !
Pour conclure, il n’existe pas de « mauvais » moment pour apprendre la symptothermie 🙂 Que vous soyez en désir de grossesse, enceinte, en post-partum ou simplement curieuse de mieux comprendre votre cycle, il est toujours possible de vous former !
D’une période à l’autre, il vous faudra peut-être simplement adapter votre apprentissage : pendant la grossesse, vous pourrez vous concentrer sur la théorie, tandis qu’en post-partum, il faudra tenir compte des fluctuations hormonales propres à cette période toute particulière 🙂
Dans tous les cas, une chose compte : bien choisir votre formation en symptothermie ! Vous pouvez choisir une conseillère près de chez vous, ou voir avec votre sage-femme ou votre gynécologue si il/elle est formé(e) à la méthode, ou bien rejoindre le Serenity Club !
Sur ce, on espère que cet article aura su vous apporter des réponses : si une question subsiste, l’espace Commentaires est là pour vous !