Les idées clés
- Le préservatif masculin présente une efficacité pratique de 85%.
- Son efficacité est souvent diminuée par une mauvaise utilisation : il peut être mal posé, périmé, mis trop tard, ne pas être à la bonne taille, ou craquer pendant le rapport. Il est également important de le stocker et de l’ouvrir correctement !
- En revanche, c’est le seul moyen de contraception, avec son homologue féminin, qui protège des infections sexuellement transmissibles (IST), ce qui le rend indispensable en début de relation et avant un dépistage.
- Chez un couple stable, après un dépistage des deux partenaires, si on n’a pas envie de prendre d’hormones, il est possible d’envisager d’autres méthodes de contraception plus efficaces, comme la symptothermie.
Le préservatif masculin est sans conteste l’un des moyens de contraception masculine les plus populaires, autant chez les hommes que chez les femmes ! Et on le comprend, car il est plutôt simple d’utilisation, assez accessible, protège des IST et a le bon goût de ne pas interférer avec nos hormones féminines.
Néanmoins, son fonctionnement et sa bonne utilisation ne sont pas toujours bien compris, ce qui explique notamment que sa fiabilité ne soit pas toujours au rendez-vous. Quels sont ses avantages, ses limites et les erreurs les plus fréquentes à éviter ? Dans cet article, on vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le préservatif masculin !
Sommaire
- Comment fonctionne le préservatif masculin ?
- Comment bien utiliser un préservatif ?
- Quel est le taux de fiabilité du préservatif masculin ?
- Les avantages et les inconvénients du préservatif masculin
- Pour résumer – Questions fréquentes

Comment fonctionne le préservatif masculin ?
Généralement, le fonctionnement du préservatif masculin n’est un mystère pour personne ! Il se présente sous la forme d’une sorte de gaine de latex (ou en polyuréthane) qu’on enfile sur le pénis, pour retenir le sperme.
Il s’agit donc d’une méthode de contraception barrière, puisque sur le principe, il empêche la rencontre entre les spermatozoïdes et l’ovule, et donc la fécondation.
Comment bien utiliser un préservatif ?
En revanche, il y a quelques subtilités à connaître quant à l’utilisation du préservatif masculin, pour qu’il reste le plus fiable possible 🙂
Vérifier la date de péremption
Avant toute utilisation, commencez par vérifier la date de péremption indiquée sur l’emballage. En effet, avec le temps, le matériau peut perdre de sa résistance et devenir plus fragile, ce qui augmente le risque de déchirure pendant le rapport.
Il vaut mieux conserver vos préservatifs dans un endroit sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière, et on évite de les garder dans une voiture, une poche ou un portefeuille, car cela peut les exposer à la chaleur, aux frottements et aux pliures, et ainsi fragiliser leur emballage ou leur matière.
Vérifier que l’emballage est intact
L’emballage de votre préservatif ne doit être ni percé, ni déchiré, ni déjà ouvert !
Petite astuce : pressez-le légèrement entre les doigts pour vérifier qu’il contient toujours une petite bulle d’air, signe qu’il est resté hermétique 🙂
En cas de doute sur son état, mieux vaut ne pas prendre de risque et utiliser un autre préservatif.
Ouvrir sans les dents ni objets coupants
Le sachet doit être ouvert délicatement avec les doigts, au niveau de l’encoche prévue à cet effet : évitez d’utiliser les dents, des ciseaux, un couteau ou tout autre objet coupant, car une toute petite entaille peut suffire à fragiliser le préservatif, même si elle n’est pas immédiatement visible.
Les ongles et les bijoux peuvent également l’abîmer au moment de sa manipulation !
Le poser correctement
Le préservatif doit ressembler à un petit chapeau dont le bord se déroule vers l’extérieur. Posez-le sur l’ extrémité du pénis en érection, avant de commencer à le dérouler !
Au moment de la pose, pincez l’extrémité du préservatif entre deux doigts afin de chasser l’air présent dans le réservoir, qui lui permettra de recueillir le sperme. Une bulle d’air laissée à l’extrémité peut créer une tension et favoriser la déchirure du préservatif ! Tout en maintenant le réservoir pincé, déroulez ensuite complètement le préservatif jusqu’à la base du pénis en érection : il doit être suffisamment ajusté pour ne pas glisser, sans être trop serré.
Choisir une taille adaptée est important : un préservatif trop large risque de glisser, tandis qu’un modèle trop étroit peut être inconfortable et davantage sollicité pendant le rapport.
Par ailleurs, si votre préservatif a été posé dans le mauvais sens et qu’il a déjà touché le pénis, mieux vaut en prendre un nouveau plutôt que de le retourner. Sa face externe peut en effet avoir été en contact avec du liquide pré-éjaculatoire ou avec une éventuelle infection !
Le mettre avant tout contact sexuel
Le préservatif ne doit pas être posé uniquement avant la pénétration, mais bien dès le début du rapport, notamment lorsqu’il est employé pour réduire le risque d’infection sexuellement transmissible. Certaines IST peuvent en effet se transmettre sans éjaculation, par les sécrétions sexuelles, les muqueuses ou le contact avec des lésions cutanées !
Et bien sûr, on n’attend pas de le mettre juste avant l’éjaculation, car le liquide pré-séminal peut déjà contenir des spermatozoïdes. C’est ce qui explique notamment l’efficacité très relative de la méthode du retrait (78%) !
Choisir le bon lubrifiant
Un manque de lubrification augmente les frottements et peut favoriser l’inconfort ou la déchirure du préservatif : il est donc tout à fait possible (voire carrément recommandé !) d’ajouter du lubrifiant avant ou pendant le rapport.
En revanche, avec un préservatif en latex, choisissez un lubrifiant à base d’eau ou de silicone, et évitez les corps gras comme les huiles végétales, l’huile de coco, la vaseline, les crèmes ou les huiles de massage qui peuvent altérer le latex et le rendre plus fragile.
Le retirer après l’éjaculation en maintenant sa base
Après l’éjaculation, le pénis commence progressivement à perdre son érection : le préservatif peut alors devenir plus lâche et risquer de glisser ou de laisser s’écouler du sperme.
Il est donc conseillé de se retirer rapidement, avant la perte complète de l’érection, tout en maintenant fermement le préservatif à sa base, puis de le retirer avec précaution et de faire un petit nœud pour bien le refermer avant de le jeter à la poubelle.
Utiliser un nouveau préservatif à chaque rapport
Un préservatif est strictement à usage unique ! Il ne doit jamais être lavé, retourné ou réutilisé, même en l’absence d’éjaculation : il peut avoir été fragilisé par les frottements et avoir été en contact avec des sécrétions sexuelles.
Ne jamais superposer deux préservatifs
Mettre deux préservatifs externes en même temps ne double pas la protection : au contraire, les frottements entre les deux matières peuvent favoriser leur rupture ou leur glissement !
Pour la même raison, il ne faut pas associer un préservatif externe à un préservatif interne (ou préservatif féminin) : il faut choisir l’un ou l’autre, mais jamais utiliser les deux simultanément.

Quel est le taux de fiabilité du préservatif masculin ?
Lorsque les chercheurs souhaitent établir un taux de fiabilité pour un moyen de contraception, ils se basent sur l’ indice de Pearl, qui évalue le nombre de grossesses non désirées observées par les couples qui utilisent ledit moyen de contraception pendant un an.
Il est évalué sur 100 et plus l’indice de Pearl est bas, plus la méthode est fiable. Ainsi, un indice de Pearl de 1 signifie qu’une seule grossesse non désirée a été observée, pendant un an. Mais il ne s’arrête pas là ! On peut distinguer deux indices de Pearl :
- L’indice de Pearl théorique, établi sur le principe de la méthode et lorsqu’elle est parfaitement utilisée
- L’indice de Pearl pratique, lorsque la contraception est utilisée par de vrais couples, dans la vraie vie, en tenant compte de leurs erreurs d’utilisation, par exemple.
Et c’est pour cela qu’on peut avoir deux taux de fiabilité totalement différents pour une même contraception, et le préservatif en est un exemple parfait ! Si son taux de fiabilité théorique est de 98% (puisqu’en théorie, les spermatozoïdes ne rentrent pas dans le vagin et ne peuvent pas remonter le col de l’utérus pour rencontrer l’ovule), son taux de fiabilité pratique tombe à 85%. Cela signifie qu’environ 15 femmes sur 100 utilisant uniquement le préservatif pendant un an connaissent une grossesse.
En effet, comme on l’a vu dans la partie précédente, il faut vraiment avoir les bons gestes et éviter certaines erreurs pour que le préservatif puisse remplir pleinement son rôle. Il est donc très dépendant de sa bonne utilisation avant, pendant et après un rapport !

Les avantages et les inconvénients du préservatif masculin
Ses avantages
Le préservatif masculin fait partie des moyens de contraception les plus populaires : selon la grande enquête Contexte des sexualités en France publiée en 2023 par l’INSERM et l’ARS, il est utilisé par 18,2% des femmes. Il figure donc à la troisième place du podium, derrière le stérilet au cuivre (31% des femmes) et la pilule (26%).
Voici les principaux avantages du préservatif masculin :
- C’est le seul moyen de contraception qui protège des infections sexuellement transmissibles (IST). Il est donc primordial de l’utiliser en tout début de relation (envie de grossesse ou non), avant de réaliser un bilan complet et éventuellement utiliser un autre moyen de contraception si tout est OK (ou non, selon votre objectif !). Toujours selon l’enquête de l’ANRS et de l’INSERM, lors d’un premier rapport avec un nouveau partenaire, 49,4 % des femmes et 52,6 % des hommes déclarent avoir utilisé un préservatif, ce qui est encore insuffisant !
- Il n’agit pas du tout sur le cycle menstruel et n’a donc aucun effet sur nos hormones
- Il convient quasiment à tout le monde, que l’on soit en début de relation, en période de dépistage, après un accouchement ou l’arrêt d’une contraception hormonale et quel que soit son âge.
- Il ne nécessite pas de rendez-vous avec un professionnel de santé ou de prescription médicale
- Il ne demande pas de formation particulière (même si vous pouvez vous entraîner à sa mise en place en amont !)
- Il est relativement peu coûteux, et il est même gratuit pour les moins de 26 ans en pharmacie, pour tout le monde dans les centres de santé sexuelle et dans les associations de lutte contre le VIH (SIDA). Certaines marques sont également remboursées à 60% par l’Assurance Maladie (mais les plus populaires comme Durex ou Manix n’en font pas partie).
- Il est réversible : on peut finalement décider de concevoir au cycle suivant sans problème
- Il permet de répartir la charge contraceptive et de pleinement impliquer son partenaire masculin.
Ses limites et contre-indications
En revanche, comme tout mode de contraception, le préservatif masculin présente aussi quelques désavantages !
- Son taux de fiabilité pratique est assez moyen (85%), puisqu’il faut faire très attention de bien le mettre notamment, de choisir la bonne taille, de ne pas l’abîmer etc. D’autres méthodes sont bien plus efficaces : les méthodes hormonales certes, mais également la symptothermie, qui est une méthode naturelle dont le taux de fiabilité est de 98,2%, qui peut être combinée au préservatif pendant la période fertile.
- Devoir le poser en plein rapport peut couper l’élan et la spontanéité, en plus de réduire la sensibilité, ce qui peut être dommage dans un couple installé qui se sait sans IST !
- Certaines personnes sont allergiques au latex
- Le préservatif protège moins bien certaines IST transmises par contact cutané (HPV, herpès, molluscum contagiosum…), même s’il réduit bien sûr le risque.

Pour résumer – Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un préservatif masculin et un préservatif féminin ?
Le préservatif masculin, aussi appelé préservatif externe, se déroule sur le pénis en érection : il recueille le sperme et empêche les spermatozoïdes d’entrer dans le vagin !
Le préservatif féminin (ou préservatif interne), est quant à lui une gaine munie de deux anneaux, qui se place à l’intérieur du vagin : un anneau reste au fond du vagin, tandis que l’autre recouvre partiellement la vulve. Il peut être mis en place avant le rapport !
Les deux méthodes peuvent protéger à la fois d’une grossesse et de la majorité des infections sexuellement transmissibles, à condition d’être correctement utilisées. En revanche, elles ne doivent jamais être utilisées ensemble, car les frottements entre les deux préservatifs augmenteraient le risque de glissement ou de déchirure.
Peut-on utiliser deux préservatifs pour être plus protégés ?
Non ! Superposer deux préservatifs masculins est une fausse bonne idée et ne double pas la protection. Au contraire, les frottements entre les deux matières peuvent favoriser leur rupture ou leur glissement.
Peut-on utiliser un préservatif avec un lubrifiant ?
Oui, et le lubrifiant peut même améliorer le confort et réduire les frottements, ce qui limite le risque de déchirure ou de glissement du préservatif.
Avec un préservatif en latex, choisissez un lubrifiant à base d’eau ou de silicone (même si on ne vous recommande vraiment pas les lubrifiants en silicone, qui ont une composition généralement assez douteuse et sont en contact direct avec vos muqueuses !).
Le préservatif protège-t-il de toutes les IST ?
Le préservatif réduit fortement le risque de transmission de la majorité des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, les infections à chlamydia et la gonorrhée, lorsqu’il est utilisé correctement dès le début et pendant toute la durée du rapport.
Cependant, la protection n’est pas absolue et certaines IST, comme l’herpès, le papillomavirus humain ou la syphilis, peuvent se transmettre par contact avec une zone de peau ou une lésion qui n’est pas recouverte par le préservatif. Il protège donc très efficacement, mais pas contre toutes les contaminations possibles.
Que faire si le préservatif craque ?
En cas de rupture, de glissement ou de retrait accidentel du préservatif, il faut agir rapidement. S’il existe un risque de grossesse, une contraception d’urgence peut être utilisée, comme la pilule du lendemain (à prendre le plus tôt possible et jusqu’à trois ou cinq jours selon le médicament) ou le DIU au cuivre (qui peut être posé dans les cinq jours suivant le rapport et constitue la méthode de contraception d’urgence la plus efficace).
S’il existe un risque d’exposition à une IST, il est conseillé de contacter rapidement un médecin, un centre de dépistage ou un CeGIDD afin d’évaluer la nécessité d’un dépistage et, en cas de risque de VIH, d’un traitement post-exposition. Il ne faut pas attendre l’apparition de symptômes, car de nombreuses IST peuvent rester silencieuses !
Peut-on utiliser un préservatif pendant les règles ?
Oui, le préservatif peut tout à fait être utilisé pendant les règles !
Contrairement à une idée reçue très répandue, on peut tomber enceinte pendant les règles : une ovulation précoce est possible et les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les voies génitales, grâce à la glaire cervicale qui les protège de l’acidité du vagin.
Par ailleurs, le risque de transmission d’une IST reste présent pendant les règles, et tout au long du cycle menstruel.
Comment savoir si l’on est allergique au latex ?
Une allergie au latex peut provoquer des démangeaisons, une sensation de brûlure ou d’irritation, des rougeurs, un gonflement et des plaques ressemblant à de l’urticaire.
Ces symptômes ne signifient pas toujours qu’il s’agit d’une allergie au latex : ils peuvent aussi être liés au lubrifiant, à un parfum, à un spermicide, aux frottements ou à une infection. En cas de réactions répétées, il est préférable d’en parler à un médecin ou à un allergologue !
Sachez qu’il existe des préservatifs sans latex, notamment en polyuréthane, en polyisoprène ou en nitrile, qui peuvent être des solutions alternatives 🙂
Le préservatif masculin est-il la contraception la plus fiable ?
Non ! Le préservatif masculin est efficace à environ 98 % lorsqu’il est utilisé parfaitement, mais son efficacité tombe à environ 85 % en utilisation courante.
D’autres méthodes sont plus fiables en pratique, comme la symptothermie qui est notre expertise ici et présente une fiabilité élevée (98,2% en pratique) lorsqu’elle est apprise selon une méthode validée et appliquée rigoureusement.
En revanche, le préservatif possède un avantage unique : il est, avec le préservatif interne, la seule méthode contraceptive qui protège également contre les infections sexuellement transmissibles. Il peut donc être utilisé seul ou en complément d’une autre contraception.
Pour conclure, le préservatif masculin reste aujourd’hui un bon moyen de contraception, à condition d’être utilisé correctement.
Comme souvent lorsqu’il est question de santé sexuelle, il n’existe pas de méthode parfaite ou universelle ! Le meilleur choix est avant tout celui qui correspond à votre situation, à votre couple et à vos besoins. En début de relation ou avec un nouveau partenaire, le préservatif reste incontournable, mais chez un couple stable, après un dépistage et si vous recherchez une méthode bien plus fiable, d’autres options peuvent être envisagées, qu’elles soient hormonales ou non.
L’essentiel est finalement de choisir une contraception que vous comprenez, que vous utilisez correctement et avec laquelle vous vous sentez en confiance 🙂 Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous saviez tout ça sur le préservatif masculin ? Dites-nous tout en commentaire !