Les idées clés
- L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, elle est légale et son accès est protégé par la Constitution depuis 2024.
- Deux méthodes existent : l’IVG médicamenteuse, possible jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée (7 semaines de grossesse), et l’IVG instrumentale, réalisable jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée (14 semaines de grossesse).
- Une IVG réalisée dans de bonnes conditions médicales n’altère pas la fertilité. L’ovulation peut reprendre rapidement, parfois dès les 2 à 3 semaines suivant l’intervention.
- Les saignements qui suivent une IVG ne correspondent pas à de véritables règles. Les premières menstruations surviennent généralement entre 4 et 8 semaines plus tard.
- Après une IVG, certains signes doivent conduire à consulter rapidement : une fièvre persistante, des douleurs très importantes, des saignements extrêmement abondants ou un malaise.
Chaque année en France, près de 240 000 femmes ont recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Pourtant, lorsqu’on est directement concernée, les questions sont souvent nombreuses : jusqu’à quand est-il possible d’avorter ? Quelle méthode choisir ? Est-ce douloureux ? Mon cycle menstruel va-t-il être perturbé ? Une IVG peut-elle avoir un impact sur ma fertilité ?
Entre les idées reçues, les informations parfois contradictoires et l’émotion que peut susciter cette situation, il n’est pas toujours facile de trouver des réponses claires, fiables et rassurantes.
Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir sur l’IVG : les différentes méthodes, les délais légaux, le déroulement de la prise en charge, les effets secondaires possibles, les signes qui doivent amener à consulter, mais aussi ce qui se passe ensuite dans votre corps, avec un focus sur la reprise du cycle menstruel et de la fertilité.
Et comme toujours, notre objectif est de vous donner des informations claires, scientifiques, objectives et fiables afin que vous puissiez prendre vos décisions de manière libre et éclairée 🙂
Sommaire
- IVG : qu’est-ce que c’est ?
- IVG ou IMG : quelle différence ?
- Quelques chiffres sur l’IVG en France
- Les deux méthodes d’IVG
- Quel est le délai à respecter pour réaliser une IVG ?
- Qui peut avoir recours à une IVG en France ?
- Comment se déroule une IVG ?
- Que ressent-on pendant une IVG ?
- Quels sont les signaux d’alerte après une IVG ?
- Les impacts de l’IVG sur le cycle menstruel et la fertilité
- Quelle contraception après une IVG ?
- IVG : les idées reçues les plus fréquentes
- Pour résumer : les questions fréquentes sur l’IVG

IVG : qu’est-ce que c’est ?
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) ou « avortement volontaire » est un acte médical qui permet de mettre fin à une grossesse non prévue, que l’on ne souhaite pas poursuivre. En France, elle est strictement encadrée par la loi et réalisée par des professionnels de santé formés 🙂
Depuis la loi Veil de 1975, toutes les femmes ont le droit de recourir à une IVG et ce droit a d’ailleurs été renforcé en 2024 avec son inscription dans la Constitution française !
Concrètement, une IVG peut être réalisée par un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, selon la méthode choisie et le lieu de prise en charge. Si votre professionnel de santé habituel ne veut pas procéder à l’IVG, il peut refuser mais a l’obligation légale de vous orienter vers un confrère ou une consoeur qui pourra réaliser l’intervention.
Une idée reçue revient souvent : celle selon laquelle les femmes ayant recours à une IVG n’utilisaient pas de contraception. En réalité, c’est loin d’être le cas ! Dans près de deux tiers des IVG, la grossesse survient malgré l’utilisation d’un moyen de contraception : un oubli de pilule, un préservatif qui se déchire, une erreur d’utilisation ou, plus rarement, un véritable échec de la méthode. Aucune contraception n’étant efficace à 100 % et une grossesse non prévue peut malheureusement toujours arriver, même lorsque l’on pensait avoir tout fait « comme il faut ».
IVG ou IMG : quelle différence ?
Ces deux termes sont souvent confondus, alors qu’ils correspondent à des situations très différentes !
L’IVG (interruption volontaire de grossesse) est une démarche personnelle : c’est la femme enceinte qui choisit d’interrompre sa grossesse.
L’IMG (interruption médicale de grossesse) intervient, elle, lorsqu’une poursuite de la grossesse met gravement en danger la santé de la mère, ou lorsque le fœtus présente une anomalie d’une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic (par exemple certaines anomalies chromosomiques, malformations ou maladies). Elle n’est pas soumise aux mêmes délais que l’IVG, et répond à une procédure médicale bien spécifique.
Quelques chiffres sur l’IVG en France
L’IVG est une situation beaucoup plus fréquente qu’on ne l’imagine : chaque année, près de 240 000 IVG sont réalisées en France. Les études estiment également qu’environ une femme sur trois y aura recours au moins une fois au cours de sa vie.
Ces chiffres rappellent qu’une grossesse non prévue peut concerner des femmes de tous âges, qu’elles soient étudiantes, déjà mères, en couple ou célibataires !
Les deux méthodes d’IVG
Selon le terme de la grossesse, deux méthodes peuvent être proposées : l’IVG médicamenteuse ou instrumentale.
L’IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments, à 24 à 48 heures d’intervalle l’un de l’autre : le premier interrompt l’évolution de la grossesse, tandis que le second provoque les contractions de l’utérus afin de permettre l’expulsion.
L’IVG instrumentale (également appelée IVG chirurgicale) est réalisée dans un établissement de santé et consiste à stopper la grossesse grâce à une aspiration utérine, sous anesthésie locale ou générale.
Si les deux méthodes sont possibles, vous pourrez choisir la meilleure option pour vous avec votre professionnel de santé, en tenant compte du terme de la grossesse, de votre état de santé, mais aussi de vos préférences.

Quel est le délai à respecter pour réaliser une IVG ?
En France, les délais pour réaliser une IVG dépendent de la méthode choisie. Ils sont exprimés soit en semaines d’aménorrhée (SA), soit en semaines de grossesse (SG).
Petit rappel : les professionnels de santé raisonnent généralement en semaines d’aménorrhée (SA), c’est-à-dire en comptant les semaines écoulées depuis le premier jour des dernières règles. Pourquoi ? Parce que la plupart des femmes connaissent cette date, alors qu’il est souvent difficile de connaître précisément le jour de l’ovulation ou de la fécondation.
Les semaines de grossesse (SG), quant à elles, correspondent au temps réellement écoulé depuis la fécondation. Par convention, on considère qu’elles sont inférieures d’environ deux semaines aux semaines d’aménorrhée, car on suppose que l’ovulation a eu lieu 14 jours après le début des dernières règles.
Bien sûr, cette convention ne reflète pas toujours la réalité : toutes les femmes n’ovulent pas au 14ᵉ jour ! Si vous connaissez votre date d’ovulation (par exemple grâce à la symptothermie ou à un suivi médical), cela permet souvent d’estimer plus précisément l’ancienneté réelle de la grossesse. En pratique, c’est toutefois l’échographie, associée à l’ensemble des informations disponibles, qui permettra au professionnel de santé de dater la grossesse et de vérifier que vous êtes bien dans les délais légaux.
Le délai légal pour une IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse peut être réalisée jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée (9 SA).
Au-delà de ce terme, cette méthode n’est plus recommandée en France et une IVG instrumentale sera proposée.
Le délai légal pour une IVG instrumentale
L’IVG instrumentale peut être réalisée jusqu’à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d’aménorrhée (16 SA).
Au-delà de ce délai, une IVG n’est plus autorisée en France et seule une interruption médicale de grossesse (IMG) peut être envisagée dans des situations médicales bien précises, lorsque les critères prévus par la loi sont réunis.
Un conseil, n’attendez pas pour consulter : même si vous hésitez encore, il est préférable de prendre rapidement rendez-vous avec un professionnel de santé. Les délais d’obtention d’une consultation ou d’une intervention peuvent parfois être de plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon les régions. Vous aurez toujours le temps de réfléchir à votre décision, mais consulter tôt permet de conserver toutes les options possibles 🙂

Qui peut avoir recours à une IVG en France ?
En France, toute femme enceinte qui souhaite interrompre sa grossesse peut avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG), dans le respect des délais prévus par la loi. Il n’est pas nécessaire de justifier sa décision ni de démontrer un motif particulier.
Comme dit plus haut, le droit à l’IVG est inscrit dans la Constitution française depuis 2024, renforçant ainsi la protection de cette liberté fondamentale.
Les femmes mineures peuvent-elles avoir recours à une IVG ?
Oui, une femme mineure peut demander une IVG sans l’autorisation de ses parents si elle ne souhaite pas les informer.
Dans cette situation, elle devra être accompagnée par une personne majeure de son choix (un membre de sa famille, un proche ou toute autre personne de confiance) lors de sa démarche et l’ensemble de la prise en charge est réalisé dans le respect de la confidentialité.
Vers qui se tourner ?
Si vous envisagez une IVG, plusieurs professionnels de santé peuvent vous accompagner :
- un gynécologue-obstétricien ;
- un médecin généraliste formé à cette pratique ;
- une sage-femme ;
- un centre de santé sexuelle ou le Planning Familial.
Le site officiel du gouvernement consacré à l’IVG permet également d’obtenir des informations fiables sur les démarches, les délais, les différentes méthodes et les structures de prise en charge proches de chez vous.

Comment se déroule une IVG ?
Le déroulement d’une IVG dépend de la méthode utilisée, médicamenteuse ou instrumentale. Dans les deux cas, la prise en charge commence par une consultation médicale, puis se termine par une vérification que l’IVG a bien fonctionné.
Une IVG peut être pratiquée par un professionnel formé : médecin, gynécologue-obstétricien ou sage-femme, selon la méthode et le lieu de prise en charge. Elle peut avoir lieu en cabinet, en centre de santé sexuelle, au Planning Familial ou dans un établissement de santé.
La première consultation : une étape commune
La première consultation permet de faire le point sur votre situation et de vous expliquer les options possibles. Le professionnel de santé va notamment :
- confirmer la grossesse
- dater la grossesse, parfois à l’aide d’une échographie ou d’un dosage sanguin de bêta-hCG
- vous informer sur les deux méthodes d’IVG
- vérifier quelle méthode est possible selon le terme de la grossesse et votre situation médicale
- répondre à vos questions
- prescrire, si besoin, des traitements contre la douleur
- évoquer une contraception pour la suite, si vous le souhaitez.
Précisons que consulter ne vous engage pas à poursuivre la démarche : cette première consultation vous permet avant tout d’obtenir une information fiable et de connaître les possibilités qui s’offrent à vous.
Les étapes d’une IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse repose sur la prise de deux médicaments, pris l’un après l’autre à 24 à 48 heures d’intervalle.
Etape 1 : la prise de la mifépristone
Le premier médicament est la mifépristone : elle bloque l’action de la progestérone, l’hormone indispensable au maintien de la grossesse, qui maintient et vascularise notamment l’endomètre dans l’utérus.
Cette prise peut avoir lieu en cabinet, en centre de santé, au Planning Familial ou à l’hôpital.
Après la prise de mifépristone, il est possible d’avoir quelques saignements ou de légères douleurs, mais certaines femmes ne ressentent presque rien à ce stade.
Etape 2 : la prise du misoprostol, 24 à 48 heures plus tard
Le deuxième médicament est le misoprostol, qui provoque des contractions de l’utérus afin de permettre l’expulsion de la grossesse. Il peut être pris à domicile ou dans un établissement de santé, selon votre situation.
Dans les heures qui suivent, des douleurs de type contractions et des saignements apparaissent : les saignements peuvent être plus abondants que des règles, surtout au moment de l’expulsion. Des nausées, des frissons, de la diarrhée ou une fatigue importante peuvent aussi survenir.
Etape 3 : Les jours qui suivent
Après l’expulsion, les douleurs diminuent progressivement et les saignements peuvent continuer pendant plusieurs jours, parfois une à deux semaines.
Il est important de consulter rapidement en cas de fièvre persistante, de douleurs très importantes, de malaise ou de saignements extrêmement abondants.
Les étapes d’une IVG instrumentale
L’IVG instrumentale, parfois appelée IVG chirurgicale, est réalisée dans un établissement de santé. Elle consiste à aspirer le contenu de l’utérus lors d’une intervention courte.
Etape 1. la préparation du col de l’utérus
Avant l’intervention, un médicament peut être administré pour ramollir et ouvrir progressivement le col de l’utérus. Cette préparation facilite le geste médical et diminue le risque de complications, et peut avoir lieu quelques heures avant l’intervention, ou parfois la veille selon le terme de la grossesse et les pratiques de l’établissement.
Etape 2 : l’intervention proprement dite
L’intervention a lieu à l’hôpital ou en clinique, sous anesthésie locale ou générale : le professionnel dilate doucement le col de l’utérus, puis retire le contenu de l’utérus par aspiration. Le geste en lui-même dure généralement une dizaine de minutes.
Etape 3 : La surveillance après l’intervention
Après l’intervention, une surveillance est prévue pendant quelques heures, et on peut généralement rentrer chez soi le jour-même.
Des douleurs comparables à des règles et des saignements légers à modérés sont fréquents pendant quelques jours.
La consultation de contrôle
Dans les deux cas, une consultation de contrôle est généralement prévue 14 à 21 jours après l’IVG. Elle permet de vérifier que la grossesse est bien interrompue et que l’IVG est complète. Cette vérification peut se faire par un examen clinique, un dosage sanguin de beta hCG ou une échographie si nécessaire.
C’est également l’occasion pour votre médecin de vérifier que la récupération se passe bien, de répondre à vos éventuelles questions sur la reprise de votre cycle menstruel ou votre contraception si besoin.
Ce qu’il faut retenir
Quelle que soit la méthode choisie, une IVG comprend toujours :
- une première consultation pour confirmer la grossesse, la dater et expliquer les options possibles
- une méthode adaptée au terme de la grossesse, à votre situation médicale et à vos préférences
- une vérification après l’IVG pour s’assurer que tout s’est bien déroulé.
À noter également que depuis la loi du 2 mars 2022, il n’existe plus de délai de réflexion obligatoire avant une IVG en France : vous pouvez prendre le temps que vous jugez nécessaire pour prendre votre décision, dans la limite du délai légal de réalisation de l’IVG.
Voici un petit récapitulatif concernant les deux méthodes d’IVG possibles :
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|---|---|---|
| JUSQU’À QUAND ? | Jusqu’à 9 SA (7 semaines de grossesse) |
Jusqu’à 16 SA (14 semaines de grossesse) |
| PRINCIPE | Deux médicaments : l’un interrompt la grossesse, l’autre provoque son expulsion. | Aspiration du contenu de l’utérus lors d’une intervention. |
| LIEU DE RÉALISATION | Cabinet médical, cabinet de sage-femme, centre de santé, Planning Familial ou établissement de santé. | Hôpital ou clinique. |
| ANESTHÉSIE | Aucune. | Locale ou générale. |
| DURÉE | Le processus se déroule sur 24 à 48 h, puis les saignements peuvent durer plusieurs jours. | Intervention d’environ 10 minutes, suivie de quelques heures de surveillance. |
| DOULEURS | Contractions souvent comparables à de fortes douleurs de règles. | Généralement faibles pendant l’intervention grâce à l’anesthésie ; crampes possibles ensuite. |
| SAIGNEMENTS | Souvent plus abondants que des règles au moment de l’expulsion. | Généralement plus modérés. |
| CONVALESCENCE | Variable selon les femmes ; 1 à 2 jours de repos sont souvent appréciés. | Retour à domicile le jour même dans la majorité des cas. |
| CONSULTATION DE CONTRÔLE | Oui, généralement 14 à 21 jours après. | Oui, généralement 14 à 21 jours après. |
| PEUT-ON CHOISIR ? | Oui, lorsque les deux méthodes sont possibles, le choix est fait avec le professionnel de santé en tenant compte du terme de la grossesse, de votre état de santé et de vos préférences. | |

Que ressent-on pendant une IVG ?
Il est difficile de décrire précisément ce que l’on ressent pendant une IVG, car chaque femme vit cette expérience différemment : l’intensité des douleurs, des saignements et des émotions peut varier selon la méthode utilisée, le terme de la grossesse, mais aussi la sensibilité de chacune !
Dans tous les cas, des traitements contre la douleur sont proposés afin de rendre la prise en charge la plus confortable possible.
Pendant une IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse reproduit, d’un point de vue physiologique, le mécanisme d’un arrêt de grossesse naturel, mais provoqué par les médicaments.
Après la prise du misoprostol, l’utérus se met à se contracter pour expulser la grossesse et ce sont ces contractions qui sont le plus souvent responsables des douleurs.
Vous pouvez ressentir :
- des douleurs comparables à de fortes douleurs de règles, parfois plus intenses
- des contractions qui surviennent par vagues pendant plusieurs heures
- des saignements souvent plus abondants que des règles (en particulier au moment de l’expulsion)
- l’émission de caillots, ce qui est généralement normal
- une fatigue importante dans les heures ou les jours qui suivent.
Certaines femmes décrivent une douleur modérée, tandis que d’autres rapportent une expérience plus difficile. Il n’existe donc pas de ressenti « normal » : chaque expérience est différente !
Les douleurs sont généralement les plus intenses pendant les premières heures suivant la prise du misoprostol, puis diminuent progressivement. Les saignements, eux, peuvent persister pendant une à deux semaines, parfois un peu plus longtemps.
Pendant une IVG instrumentale
L’IVG instrumentale est réalisée sous anesthésie locale ou générale : le ressenti dépend donc en partie du type d’anesthésie choisi.
Pendant l’intervention, la plupart des femmes ne ressentent pas de douleur importante. En revanche, après l’intervention, il est fréquent de présenter :
- des douleurs comparables à des crampes ou à des règles
- des saignements légers à modérés pendant quelques jours
- une sensation de fatigue, notamment après une anesthésie générale.
L’intervention étant très courte, la récupération est généralement rapide. La majorité des femmes peuvent rentrer à domicile le jour même et reprendre progressivement leurs activités habituelles dans les jours qui suivent, en fonction de leur niveau d’énergie, bien sûr.
Et sur le plan émotionnel ?
Au-delà des manifestations physiques, une IVG peut s’accompagner d’émotions très diverses : certaines femmes ressentent principalement un soulagement, d’autres de la tristesse, de la culpabilité, de l’inquiétude ou, souvent, un mélange de toutes ces émotions à la fois. Toutes ces réactions sont légitimes et il n’existe bien évidemment pas de manière « normale » de vivre une IVG !
Si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un(e) proche ou par un professionnel de santé. Des dispositifs d’écoute et de soutien psychologique existent également !

Quels sont les signaux d’alerte après une IVG ?
Comme on vient de le voir, il est normal de ressentir des douleurs comparables à des règles, d’avoir des saignements pendant plusieurs jours et de se sentir fatiguée après une interruption volontaire de grossesse. Dans la grande majorité des cas, ces symptômes diminuent progressivement au fil des jours !
En revanche, certains signes peuvent évoquer une complication, comme une infection ou une hémorragie, et nécessitent de contacter rapidement le professionnel de santé qui vous suit ou de consulter un service d’urgences. Les principaux signaux d’alerte sont :
- Une fièvre persistante (supérieure à 38 °C) ou des frissons qui durent plus de quelques heures après l’IVG.
- Des douleurs très importantes, qui ne sont pas soulagées par les traitements prescrits ou qui s’aggravent au lieu de diminuer.
- Des saignements extrêmement abondants, par exemple si vous imbibez deux protections hygiéniques par heure pendant deux heures consécutives, ou si vous présentez des saignements accompagnés d’un malaise.
- Des pertes vaginales malodorantes, qui peuvent être le signe d’une infection.
- Un malaise, une sensation de faiblesse importante, des étourdissements, une pâleur marquée ou une perte de connaissance.
En cas de doute, il est toujours préférable de consulter, même si les symptômes vous semblent modérés ! Un professionnel de santé pourra vérifier que tout évolue normalement et vous rassurer si nécessaire.
En revanche, des douleurs modérées, des saignements comparables ou un peu plus abondants que des règles, ainsi qu’une fatigue passagère sont des suites habituelles d’une IVG et ne doivent pas, à eux seuls, vous inquiéter.

Les impacts de l’IVG sur le cycle menstruel et la fertilité
L’une des inquiétudes les plus fréquentes concerne les conséquences d’une IVG sur la fertilité future : la bonne nouvelle est qu’une IVG réalisée dans de bonnes conditions médicales ne diminue pas les chances de tomber enceinte plus tard !
En revanche, comme toute interruption de grossesse, une IVG s’accompagne de changements hormonaux importants. Votre corps peut avoir besoin d’un peu de temps pour retrouver son fonctionnement habituel, exactement comme après un arrêt de grossesse ou un accouchement.
Pourquoi le cycle est-il perturbé après une IVG ?
Pendant une grossesse, votre organisme produit de grandes quantités d’hormones, notamment de bêta-hCG, de progestérone et d’œstrogènes, qui permettent à la grossesse de se développer. La présence de beta hCG et de progestérone notamment, verrouille le dialogue cerveau-ovaires et bloque l’ovulation pendant la grossesse.
Après une IVG, ces hormones chutent progressivement et ce dialogue peut alors reprendre : les ovaires recommencent alors à préparer un nouveau follicule, jusqu’à la reprise de l’ovulation.
Autrement dit, comme après un accouchement, le cycle menstruel ne reprend pas exactement là où il s’était arrêté : il redémarre progressivement !
Quand l’ovulation revient-elle ?
Chez la plupart des femmes, l’ovulation peut reprendre environ 2 à 3 semaines après une IVG, parfois même un peu plus tôt.
Les premières règles surviennent ensuite généralement entre 4 et 8 semaines après l’IVG. Ce délai est très variable d’une femme à l’autre et dépend notamment de la vitesse à laquelle les hormones de grossesse disparaissent et de l’équilibre de votre cycle menstruel à la base !
La reprise du cycle est semblable après une IVG médicamenteuse et après une IVG instrumentale : c’est avant tout l’arrêt de la grossesse qui entraîne ces modifications hormonales, bien plus que la méthode utilisée.
À partir de quand considérer que le cycle reprend ?
En pratique, on considère que le premier « vrai » J1 est le premier jour des premières règles qui suivent l’IVG, et non le jour de l’IVG lui-même.
Les saignements qui suivent une IVG ne correspondent pas à des règles, mais aux suites de l’interruption de la grossesse. Avant de retrouver un cycle menstruel, votre organisme doit d’abord éliminer progressivement les hormones de grossesse, reprendre son activité ovarienne, puis ovuler. Ce n’est qu’après cette première ovulation que surviennent les premières véritables règles, qui marquent le début d’un nouveau cycle.
Attention, cela ne signifie pas que vous n’êtes pas fertile avant ces premières règles ! L’ovulation survient avant les règles, parfois dès 8 à 10 jours après une IVG, même si elle a lieu le plus souvent dans les 2 à 3 semaines qui suivent. Il est donc tout à fait possible de retomber enceinte avant le retour des premières règles, et c’est ce qui explique que votre professionnel de santé puisse aborder avec vous le choix de votre contraception au moment de préparer l’intervention.
Observer la reprise de son cycle
Si vous souhaitez mieux comprendre comment votre cycle reprend après une IVG, il peut être intéressant d’observer vos différents signes de fertilité.
Pour ce faire, vous pouvez utiliser la symptothermie, qui repose sur l’observation de plusieurs biomarqueurs du cycle menstruel : la glaire cervicale, la température basale et, si vous le souhaitez, la position et l’ouverture du col de l’utérus.
Ces indicateurs permettent de suivre progressivement le retour de l’activité hormonale et de repérer votre fenêtre de fertilité, qui, finalement, ne dure que 6-7 jours par cycle menstruel :
- La réapparition de la glaire cervicale, un mucus produit par les cryptes du col de l’utérus sous l’influence des oestrogènes, est souvent le premier signe que les ovaires recommencent à fonctionner et que la fenêtre de fertilité s’ouvre ! Si un rapport non protégé a lieu en présence de glaire cervicale crémeuse, laiteuse, huileuse ou semblable à du blanc d’oeuf cru, il peut être fécondant, car généralement l’ovulation a lieu dans les jours qui suivent (voir le jour même) ! On reste également fertile le lendemain de l’ovulation, car l’ovule a une durée de vie d’environ 12-24 heures.
- Après l’ovulation, la température au réveil augmente légèrement, sous l’influence de la progestérone. Une hausse de température combinée à un assèchement de la glaire cervicale pendant au moins 3 jours permet de confirmer que l’ovulation a eu lieu et que la fenêtre de fertilité est refermée jusqu’aux règles suivantes.
Comprendre ce qui se passe dans son corps, c’est aussi reprendre un peu de pouvoir sur une période qui peut parfois sembler difficile à traverser 🙂 Néanmoins, attention : les premiers cycles après une IVG peuvent être un peu différents de vos cycles habituels, avec des tentatives d’ovulation qui n’aboutissent pas du premier coup, le temps que les hormones de grossesse disparaissent complètement et que votre équilibre hormonal se réinstalle 🙂
Si vous souhaitez observer votre cycle avec la symptothermie, une formation et un accompagnement personnalisé sont donc fortement recommandés, surtout en mode contraception !
Et en attendant, si cette méthode vous parle, voici notre guide de démarrage de la Symptothermie, qui vous donne les grandes lignes de la méthode 🙂

Quelle contraception après une IVG ?
Vous l’avez compris, il est possible de retomber enceinte très rapidement après une IVG, parfois avant même le retour des premières règles, puisque l’ovulation a lieu avant les menstruations.
Si vous ne souhaitez pas débuter une nouvelle grossesse immédiatement, il est donc recommandé de réfléchir à une méthode de contraception adaptée à votre situation. Néanmoins, bien sûr, on rappelle qu’une grossesse non désirée survient le plus souvent chez des femmes qui avaient bien un moyen de contraception en amont 🙂
Plusieurs options sont possibles :
- une contraception hormonale comme la pilule, fiable à 93%
- un dispositif intra-utérin (DIU), hormonal ou au cuivre, qui peut parfois être posé immédiatement après une IVG selon les situations. Leur taux de fiabilité réel est supérieur à 99%.
- la symptothermie : cette méthode naturelle est fiable à 98,2%, mais cette excellente fiabilité est observée chez des couples formés ! Si vous le souhaitez le Serenity Club est là pour vous 🙂
- le préservatif masculin ou féminin, qui reste la seule méthode protégeant également des infections sexuellement transmissibles. Leur fiabilité pratique est en revanche moindre, de l’ordre de 85% pour le préservatif masculin et de 79% pour son équivalent féminin.
Il n’existe pas de « meilleure » contraception, c’est un choix très personnel ! L’essentiel est que vous ayez toutes les informations en main sur les différentes méthodes proposées, pour faire votre choix de manière éclairée 🙂
IVG : les idées reçues les plus fréquentes
❌ Une IVG rend stérile
❌ Une IVG augmente le risque de grossesse arrêtée (« fausse couche ») par la suite
❌ Une IVG provoque toujours une dépression (les réactions émotionnelles sont très variables et la majorité des femmes ne développent pas de trouble psychiatrique du fait de l’IVG elle-même)
❌ Une IVG est forcément très douloureuse.
❌ Une IVG augmente le risque de grossesse extra-utérine
❌ Une IVG augmente le risque de cancer du sein
❌ Après une IVG, il faut attendre longtemps avant de pouvoir retomber enceinte
❌ Les saignements après une IVG correspondent aux premières règles.

Pour résumer : les questions fréquentes sur l’IVG
Quel est le délai pour faire une IVG ?
En France, le délai dépend de la méthode choisie. Une IVG médicamenteuse peut être réalisée jusqu’à 7 semaines de grossesse (9 semaines d’aménorrhée). Une IVG instrumentale est possible jusqu’à 14 semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée).
Les délais d’obtention d’un rendez-vous pouvant parfois être longs, il est recommandé de consulter rapidement si vous pensez être enceinte et envisagez une IVG.
Est-il possible d’avorter à 3 mois de grossesse ?
Oui, une grossesse de 3 mois correspond généralement à un terme compatible avec une IVG instrumentale, qui peut être réalisée jusqu’à 14 semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée). En revanche, une IVG médicamenteuse n’est plus possible à ce stade.
Où se rendre pour avorter ?
Vous pouvez vous adresser à un gynécologue, un médecin, une sage-femme, un centre de santé sexuelle, le Planning Familial, un hôpital ou une clinique pratiquant les IVG. Si vous ne savez pas vers qui vous tourner, le site officiel ivg.gouv.fr permet également de trouver une structure de prise en charge proche de chez vous.
Une IVG peut-elle rendre stérile ?
Non, une IVG réalisée dans de bonnes conditions médicales n’altère pas la fertilité future !
Les études montrent qu’elle n’augmente pas le risque d’infertilité, de grossesse extra-utérine ou de « fausse couche » lors des grossesses suivantes. Les complications graves étant aujourd’hui très rares, la grande majorité des femmes retrouvent ensuite un cycle normal et peuvent mener une grossesse lorsqu’elles le souhaitent.
Une IVG fait-elle mal ?
Chaque femme vit l’IVG différemment 🙂 Lors d’une IVG médicamenteuse, les douleurs sont souvent comparées à de fortes douleurs de règles, parfois plus intenses au moment de l’expulsion.
Lors d’une IVG instrumentale, l’intervention se déroule sous anesthésie locale ou générale et les douleurs sont généralement modérées après le geste. Dans les deux cas, des traitements contre la douleur sont proposés.
Quand reviennent les règles après une IVG ?
Les premières règles reviennent généralement entre 4 et 8 semaines après une IVG. Ce délai varie d’une femme à l’autre et dépend notamment du temps nécessaire à la disparition des hormones de grossesse et à la reprise de l’ovulation.
Peut-on retomber enceinte immédiatement ?
Oui, une nouvelle grossesse est possible très rapidement après une IVG, car l’ovulation peut reprendre assez rapidement. Il est donc possible de tomber enceinte avant le retour des premières règles !Accordion Content
Peut-on travailler le lendemain ?
Cela dépend de la méthode utilisée et de votre ressenti : après une IVG médicamenteuse, certaines femmes préfèrent prévoir un ou deux jours de repos en raison des douleurs et des saignements.
Après une IVG instrumentale, beaucoup reprennent leurs activités dès le lendemain, mais un temps de récupération peut être nécessaire, notamment après une anesthésie générale.
Écoutez votre corps et n’hésitez pas à demander un arrêt de travail si besoin.
Peut-on avoir des rapports sexuels après une IVG ?
Il n’existe pas de délai à respecter, mais il est toutefois conseillé d’attendre que les saignements diminuent et que vous vous sentiez physiquement et émotionnellement prête.
Gardez également à l’esprit qu’une ovulation peut survenir rapidement après une IVG : si vous ne souhaitez pas débuter une nouvelle grossesse, pensez à utiliser une méthode de contraception adaptée.
Peut-on utiliser un tampon après une IVG ?
Il est généralement recommandé d’utiliser des serviettes hygiéniques plutôt que des tampons ou une coupe menstruelle tant que les saignements persistent, afin de limiter le risque d’infection et de mieux évaluer l’abondance des pertes.Accordion Content
Une IVG est-elle remboursée ?
Oui, en France, l’IVG est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, qu’elle soit médicamenteuse ou instrumentale. Cette prise en charge comprend également les consultations, les examens et les soins directement liés à l’IVG.
L’IVG est-elle confidentielle ?
Oui, toute femme majeure peut demander que son IVG reste confidentielle. Les femmes mineures peuvent également recourir à une IVG sans autorisation parentale si elles le souhaitent, elles devront alors être accompagnées par une personne majeure de leur choix. Les professionnels de santé sont également tenus au secret médical.
On espère que cet article aura su répondre à vos interrogations ! En effet, quelles que soient les raisons qui vous conduisent à envisager cette démarche, vous avez le droit d’accéder à une information fiable, de poser toutes vos questions et de prendre une décision libre et éclairée, sans jugement <3
Au-delà du déroulement de l’IVG, n’oubliez pas que votre corps va progressivement retrouver son fonctionnement habituel : soyez douce avec vous et si vous avez le moindre doute, que ce soit avant ou après une IVG, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé : il pourra répondre à vos questions, vérifier que tout évolue normalement et vous accompagner si besoin.
Enfin, sachez que vous n’êtes pas seule : de nombreux professionnels de santé, le Planning Familial et les ressources officielles sont là pour vous informer, vous écouter et vous accompagner à chaque étape de votre parcours. On est également à votre disposition si vous avez des questions, vous pouvez nous les poser en commentaire ! Ces derniers sont modérés, donc n’hésitez pas à préciser si vous souhaitez que l’on vous réponde plutôt par mail, en privé 🙂
Les sources complémentaires
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse – Mise à jour (2021)
- IVG.gouv.fr – Site officiel d’information sur l’IVG (Direction générale de la Santé)
- DREES – En 2024, 251 270 IVG ont eu lieu en France, dont 80 % sont médicamenteuses
- DREES – IVG : État des lieux et perspectives d’évolution du système d’information
- INED – Recourse to abortion is decreasing, but repeat abortions are more frequent
- CNGOF – Recommandations de pratique clinique sur l’IVG
- National Academies of Sciences – The Safety and Quality of Abortion Care in the United States
- Männistö et al. – Induced abortion and future use of IVF treatment: A nationwide register study
- Cameron et al. – Ovulation resumption after medical abortion with mifepristone and misoprostol
- Lahteenmäki et al. – Ovulation following therapeutic abortion