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glaire cervicale après ménopause

Tout comprendre sur les pertes vaginales et la glaire cervicale après la ménopause

Lorsque la ménopause approche, on peut constater tout un tas de symptômes plus ou moins sympas. Si on entend beaucoup parler des bouffées de chaleur ou de la perte d’élasticité de la peau, figurez vous qu’il se passe aussi des choses dans des zones plus intimes, je parle bien sûr de nos culottes ! Car parmi les effets inattendus de la péri-ménopause, figurent les modifications des pertes blanches issues du vagin ainsi que de la glaire cervicale !

Cela peut varier d’une femme à l’ autre, mais généralement, les pertes blanches (et notamment la glaire) ont tendance à perdre en quantité. Au contraire, d’autres femmes vont observer une augmentation de leurs pertes blanches une fois la ménopause installée.

Bon du coup, que se passe-t-il au niveau de la glaire cervicale, des hormones et du vagin à la ménopause ? Quelles sont les pertes vaginales normales ou au contraire, celles qui doivent pousser à consulter ? Comment réduire les soucis de sécheresse vaginale ou au contraire de pertes vaginales plus abondantes à la ménopause ? Place aux explications (et aux tips !) !



glaire cervicale

Qu’est-ce que la glaire cervicale et pourquoi est-elle importante ?

Back to basics : qu’est-ce que la glaire cervicale ? La glaire cervicale fait partie des « pertes blanches » (ou leucorrhées) que les femmes peuvent observer au niveau de leur vulve. Elle est sécrétée par les cryptes du col de l’utérus sous l’influence des oestrogènes, et donc du cycle menstruel et s’écoule par le vagin.

La glaire cervicale, dès la puberté, nous donne des signaux de notre fertilité tout au long du cycle. Elle est en effet transparente, filante et étirable en période ovulatoire (tout en étant produite en plus grande quantité), et plutôt blanche, pâteuse, voire absente le reste du temps.

C’est également une très belle alliée de la conception, puisqu’elle nourrit et protège les spermatozoïdes en phase fertile, tout en leur facilitant le passage vers le col de l’utérus et donc vers l’ovule. En dehors de la période fertile, elle fait office de bouchon au fond du vagin pour empêcher le passage des spermatos, mais aussi pour prévenir toute infection.


Ménopause glaire cervicale

Comment la ménopause affecte-t-elle la glaire cervicale ?

Qu’est-ce que la ménopause ?

La ménopause est l‘arrêt du cycle menstruel et de la fonction reproductive chez la femme. Elle survient en moyenne vers l’âge de 50 ans, mais cela ne se fait pas d’un coup net : les femmes ménopausées peuvent généralement remarquer que leurs hormones se dérèglent, que leur cycle est moins régulier, plus aléatoire avant la véritable arrivée de la ménopause. Cette période de transition, qui peut durer plusieurs années, s’appelle la pré-ménopause. On considère qu’une femme est ménopausée après un an sans avoir eu de règles.

Les pertes blanches à la pré-ménopause

Avant que le cycle ne s’arrête totalement à la ménopause, la période de pré-ménopause peut être marquée par l’apparition de beaucoup de pertes blanches, et donc de glaire cervicale ! En effet, durant les premières années de pré ménopause, le cerveau va commencer par s’emballer et sur-solliciter les ovaires qu’il trouve un peu trop paresseux, qui vont du coup produire plus d’oestrogènes. On pourra donc observer beaucoup de glaire cervicale !

En parallèle, l’ovulation étant en revanche de moins bonne qualité du fait du vieillissement des follicules notamment, la progestérone, qui est sécrétée en deuxième partie de cycle et a pour rôle d’assécher la glaire, va être moins présente.

Par ailleurs, les cycles peuvent être plus courts durant ce début de péri-ménopause, car les ovaires étant sur-stimulés, l’ovulation se concrétise plus vite.

Au bout d’un moment toutefois, le cerveau s’épuise, il va moins bien stimuler  les ovaires, donc les cycles vont se rallonger, puis finir par totalement s’arrêter.

La diminution de glaire cervicale est normale après la ménopause

Comment l’arrêt définitif du cycle menstruel peut impacter les pertes vaginales et la glaire cervicale ? Quelle est la relation de cause à effet ? L’explication est toute simple : lorsque le cycle s’arrête, les ovaires ne sont plus stimulés par le cerveau (via la FSH et la LH) pour produire des oestrogènes et lancer une ovulation. Or, ce sont les oestrogènes qui « commandent » au col de l’utérus de produire de la glaire cervicale !

Cette diminution de la glaire cervicale est donc normale pendant la péri ménopause. Elle n’impacte pas la santé des femmes ménopausées, mais fait partie des symptômes observés, au même titre que les bouffées de chaleur, par exemple (la baisse des oestrogènes est aussi en cause by the way). Le souci, c’est que la diminution des pertes vaginales peut conduire à… la sécheresse ou l’atrophie vaginale.


vaginite

Quels sont les symptômes et les risques de la sécheresse vaginale après la ménopause ?

Qu’est-ce que la sécheresse vaginale ?

La sécheresse vaginale est tout simplement une diminution des sécrétions et de la lubrification du vagin. Pendant la ménopause, elle est donc liée à la diminution de la glaire cervicale mais pas que : les oestrogènes sont aussi responsables de l’élasticité, de la lubrification et de la souplesse de la paroi du vagin, ainsi que du pH de la flore vaginale.

Donc double effet kiss cool qui explique la sécheresse pouvant être ressentie…

Quels sont les symptômes de la sécheresse vaginale ?

La sécheresse vaginale est quelque chose de vraiment désagréable, pour ne pas dire de réellement incommodant pour certaines femmes. Elle provoque des irritations, des démangeaisons, des brûlures, voire des douleurs et des saignements, ainsi qu’une difficulté à avoir des rapports sexuels :s

Quels sont les risques de la sécheresse vaginale ?

La sécheresse vaginale n’est pas dangereuse en soi, mais elle altère véritablement la qualité de vie, la sexualité, la relation de couple et même tout simplement, la relation à soi et avec son corps ! C’est aussi un terrain favorable à l’ inflammation locale, aux cystites, à la vaginite ou encore aux prolapsus génitaux.


Quelles sont les raisons des pertes vaginales à la ménopause ?

Cette question peut vous paraître contradictoire : en quoi la sécheresse vaginale peut augmenter les pertes blanches à la ménopause, une fois que les cycles sont totalement arrêtés ?

Et bien, comme dit précédemment, cette sécheresse de la paroi vaginale peut l’irriter et la rendre plus perméable : c’est la porte ouverte aux bactéries et pathogènes ! De plus, la glaire cervicale a aussi l’avantage d’avoir un pH acide en dehors des phases fertiles et elle est donc protectrice pour le vagin : sans elle, il perd un peu ses précieuses défenses.

Mycoses, bactéries et infections vaginales peuvent alors s’installer, provoquant des pertes blanches anormales : elles sont en général plus épaisses, colorées ou malodorantes que les pertes vaginales « classiques ». Elles sont le signe qu’un parasite, une levure ou une bactérie a décidé de squatter la muqueuse vaginale, fragilisée par la baisse hormonale.

Si vous observez ce type de pertes (et même au moindre doute !), n’hésitez pas à consulter votre médecin, votre sage-femme ou votre gynécologue. Il pourra vérifier ce qu’il en est grâce à un examen clinique et un prélèvement vaginal, afin de vous prescrire le traitement adéquat si besoin 🙂


Quelles sont les solutions naturelles pour mieux vivre la sécheresse vaginale après la ménopause ?

Heureusement, les solutions ne manquent pas pour soulager la sécheresse vaginale et ses conséquences une fois la ménopause installée 🙂

On peut bien sûr opter pour un traitement hormonal substitutif, qui, un peu comme la pilule, va venir apporter des oestrogènes de synthèse et atténuer les symptômes de la ménopause : cela dit, ces traitements ne sont pas sans effets secondaires et présentent des contre-indications. Pour celles qui préfèrent s’en passer, de nombreuses pistes sont possibles !

L’hygiène de vie

Comme à tout âge de la vie, avoir une alimentation équilibrée, c’est un peu la base de tout. À la ménopause, elle peut être enrichie en phytoestrogènes (soja, lin, houblon…) afin d’apporter des oestrogènes par l’assiette, mais aussi en acides gras essentiels (huile d’olive, de colza, de noix) et en antioxydants. Bien s’hydrater et boire suffisamment d’eau est aussi important ! Les probiotiques présents dans les aliments fermentés viendront aussi nourrir les bonnes bactéries de la flore vaginale.

A contrario, on peut également éviter les aliments irritants, comme le thé, le café, l’alcool, le sucre et les produits laitiers ou industriels, par exemple.

Pratiquer une activité physique régulière et travailler sur la gestion du stress et des émotions sont également de bonnes pistes (notamment pour retrouver une relation apaisée avec son corps et mieux vivre sa ménopause malgré les bouleversements en cours). Parler de son intimité avec son partenaire peut aussi permettre de renouer le dialogue et trouver des solutions pour relancer sa libido !

Les plantes de la ménopause

Certaines plantes peuvent aussi aider, qu’elles soient sous forme de tisanes, de gélules, de teintures-mères ou encore d’huiles essentielles. On a par exemple la sauge ou le trèfle rouge qui ont une action hormonale oestrogène-like (elles sont déconseillées en cas d’antécédent personnel ou familial de cancer hormono-dépendant). On peut aussi penser à la tisane de mauve, qui est très douce et a une action émolliente.

Les soins locaux

Il est également possible d’appliquer des produits naturels directement sur zone, sur la muqueuse vaginale : on peut choisir du gel d’aloé vera et/ou des huiles végétales comme l’huile de calendula ou d’amande douce, agrémentées d’une goutte d’huile essentielle de lavande, notamment en cas de vaginite.

Les lubrifiants naturels à base d’eau sont aussi les bienvenus lors des rapports sexuels ! On trouve également des ovules d’huile de bourrache ou de vitamine E. Les probiotiques vaginaux, lorsqu’ils sont bien choisis, viennent aussi renforcer le microbiote vaginal 🙂


questions fréquentes ménopause

Questions fréquentes

Est-ce normal de ne plus avoir de pertes blanches après la ménopause ?

Oui, il est tout à fait normal que les sécrétions soient bien plus discrètes à la ménopause, puisque les oestrogènes ne sont plus sécrétés (ou du moins beaucoup moins !) et ne stimulent plus la production de glaire cervicale.

Comment sont les pertes à la ménopause ?

A la ménopause, les pertes vaginales « normales » sont discrètes, peu abondantes, plutôt blanches et sans odeur, ni douleurs. Ces pertes sont liées à la desquamation des cellules du vagin.

Est-il normal d’avoir des pertes après la ménopause ?

On peut donc avoir des petites pertes à la ménopause, mais les pertes blanches abondantes, odorantes et/ou colorées sont un signe d’infection, de mycose ou de vaginite. Il est important de consulter, surtout si ces leucorrhées s’accompagnent de douleurs et de fièvre.

Les pertes blanches après la ménopause sont-elles un signe d’infection ?

Oui, comme expliqué précédemment, c’est tout à fait plausible, car la glaire cervicale et le pH de la flore vaginale sont perturbés à la ménopause et ne remplissent plus leur fonction protectrice auprès du vagin.

Comment améliorer la qualité de la glaire cervicale après la ménopause ?

On n’aura pas de glaire cervicale après la ménopause puisqu’elle est liée à l’ovulation, mais pour apaiser les symptômes liés à la chute des oestrogènes, on peut se tourner vers des plantes oestrogène-like pour combler le vide laissé par les oestrogènes naturels (sauge, trèfle rouge, lin, soja…), mais aussi vers des plantes fluidifiantes comme la mauve. Côté hygiène de vie, il est important de boire 1,5L d’eau par jour et de bouger tous les jours.


Pour conclure, il est donc absolument normal de constater une baisse de la sécrétion de glaire cervicale après la ménopause et cela ne doit pas vous inquiéter ! Les organes reproducteurs et les hormones féminines sont mis au repos et avec eux, les pertes blanches liées au cycle menstruel.

Ce qui est moins normal ou en tout cas qu’on préfère éviter en revanche, c’est la sécheresse vaginale et ses complications, comme les douleurs (pendant ou en dehors des rapports sexuels), la vaginite et/ou les écoulements douloureux ou douteux, signe d’une infection ou d’une mycose ! Dans ces cas-là, des solutions naturelles existent et il ne faut pas hésiter à en parler à votre professionnel de santé en cas de doute ou de symptômes persistants (pas de sujet tabou !).

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous aussi, vous avez constaté des changements au niveau de vos pertes blanches à la ménopause ? N’hésitez pas à partager votre expérience et vos ressentis ci-dessous, en commentaires 🙂

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Émancipés redonne aux femmes le contrôle sur leur cycle menstruel.

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